Still the Water (Naomi Kawase)

Publié le 20 Octobre 2014

Still the Water (Naomi Kawase)

La difficulté de parler de ce film de Naomi Kawase réside dans le fait que l'histoire a moins d'importance que la beauté des scènes elles-mêmes. Ainsi les premières minutes montrent une mer grosse, la pleine lune, un (vrai) égorgement de chèvre, une danse traditionnelle ; un peu à la façon de L'Homme à la caméra.

On suit quand même la romance un peu compliquée de deux adolescents, Kyoko et Kaito, les rapports difficiles de celui-ci avec sa mère, dans l'ombre d'un père absent, et le chemin vers le deuil que doit accomplir Kyoko avec son père et sa mère, gravement malade. Mais, encore une fois, tout ceci compte finalement moins que la finesse de l'écriture, l'élégance du cadre, la beauté et la poésie des scènes, la justesse des acteurs. C'est à la fois très simple et très profond.

Ce film aurait pu être parfait sans la dernière demi-heure, où il devient un peu bavard le long de la crise d'adolescence de Kaito, dont on se fout un peu ; et sans l'utilisation de temps en temps de caméra au poing.

Sauf dans les films où ça a du sens, type Le Projet Blair Witch ou les documentaires, j'ai toujours eu du mal avec les images maladroites tournées à la caméra au poing, pour la simple raison que je vois la caméra, je vois le cadreur en train de filmer, je vois le film en train de se faire, les acteurs jouer : en un mot ça me sort du film, ça rompt le contrat de fiction passé avec le réalisateur. Mais heureusement ça ne représente que quelques scènes de Still the Water, qu'il faut tout de même aller voir.

Still the Water (Naomi Kawase)

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

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