Publié le 29 Mai 2016

Je n'avais jamais vu ce film, dont j'ai pas mal lu/entendu du bien ces derniers temps. Je sais bien que c'est dommage de le découvrir maintenant, alors que le film est presque aussi vieux que moi et que ça fait bien longtemps que je n'ai pas fait l'école buissonnière.

Toujours est-il que ce film est l'histoire de Ferris Bueller (Matthew Broderick), un lycéen que tout le monde aime parce qu'il est trop gentil et trop mignon. C'est pour ça que personne ne soupçonne qu'il ment quand il dit être malade et incapable d'aller à l'école (alors qu'il pète la forme). Personne sauf Ed Rooney, le directeur du lycée, obsédé par le fait de démasquer Ferris Bueller.
Donc Ferris Bueller fait l'école buissonnière. Accompagné de son ami Cameron, qui traine un peu les pieds, et de Sloane, sa petite amie, il va s'encanailler à la Ville, Chicago, et passer une journée folle et surprenante.

Et c'est un vrai plaisir à regarder. Le film est plein de surprises, imprévisible, drôle et plein d'une joie communicative. Les personnages sont intéressants, les acteurs s'amusent manifestement, il y a de bonnes idées de cinéma, comme les adresses au spectateur que fait régulièrement Ferris Bueller... C'est vraiment un film où il se passe plein plein de choses, très différentes, des personnages secondaires ont droit à une histoire propre, c'est un joyeux bordel mais qui reste cohérent. Il n'y a finalement que l'évolution de Cameron qui me laisse un peu sceptique.
Matthew Broderick est très bien, mignon comme tout, on a envie d'être son copain, mais il faut bien dire qu'il est sans doute trop vieux pour ce rôle de lycéen : il avait 24 ans au moment du film, et ça se voit un peu, tout comme pour son copain Cameron (Alan Ruck avait 30 ans), alors que comme par hasard, c'est la fille qui était plus ou moins dans la bonne tranche d'âge (Mia Sara, 19 ans).

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

Publié le 26 Mai 2016

Après Amistad, Le Pont des espions et Munich, je continue mon exploration/découverte du versant « historique » du cinéma de Spielberg avec Il faut Sauver le soldat Ryan.

6 juin 1944. Les alliés américains débarquent en Normandie à Omaha Beach. Ils sont sévèrement accueillis par les Allemands sur la plage de Dog green, qui bombardent et canardent à tout va : c'est un massacre. Les américains, dirigés par le capitaine John H. Miller, arrivent quand même à ouvrir une brèche et à prendre possession des fortifications allemandes.
Le général George Marshall apprend qu'au cours des affrontements, trois frères Ryan sont morts et qu'un 4e est porté disparu, parachuté dans la campagne du Cotentin. Miller est chargé de montrer une équipe pour aller sauver le soldat Ryan (tiens, c'est marrant, on dirait le titre du film), afin de le ramener en Iowa retrouver sa maman. Miller et quelques hommes traversent donc une partie d'une Normandie en pleine guerre pour retrouver ce James Francis Ryan, en espérant qu'il vaille la peine qu'ils se donnent tant de mal (parce que c'est pas une promenade de printemps).

C'est du Spielberg : c'est beau, la mise en scène est impeccable, c'est peut-être moins classique que les films cités en début d'article. La scène du débarquement (et d'autres), impressionnante et remarquable, est filmée caméra au poing, en mode « shaky cam », avec un montage assez serré et nerveux, ce que je l'ai rarement vu faire. C'est en tous cas terriblement efficace, et c'est parfaitement fait : toujours utilisé à bon escient, sans qu'on ne perde le fil de l'action ni la clarté de la scène. Bref, tout ce que la plupart des réalisateurs ratent ces dernières années (un bon exemple).
Comme souvent quand le film est réussi, sans être à mon avis un chef d'œuvre, je n'ai pas grand-chose à dire. Tom Hanks est évidemment un homme plein de droiture et de courage ; le film évite le sentimentalisme un peu appuyé dans lequel tombe souvent Spielberg ; il y a quelques rebondissements un peu prévisibles mais le scénario est tout de même bien mené...
Ah si, il faut que je parle de la fin, parce qu'elle m'a fait penser à une nouvelle de Borgès. Je vais donc ouvrir une #zone spoilers# le début du film nous montre un vétéran se rendant dans un cimetière militaire se recueillir sur une tombe. La caméra zoone sur ses yeux embués de larmes, cut sur les yeux embués de peur de Tom Hanks qui est dans le bateau amenant les alliés à Omaha Beach. On se dit donc que le vieux est Tom Hanks, et que c'est probablement la tombe du soldat Ryan qu'il a devant lui. Et bien non, c'est l'inverse. On nous a bien eus. C'est un procédé qui, bien que très efficace, est presque malhonnête, puisque tout nous suggérait que le vieux et Tom Hanks étaient le même personnage. Or, il se trouve que Borgès utilise ce « truc » dans La Forme de l'épée (Fictions, 1944), mais de façon autrement plus maline (c'est Borgès, en même temps) : un type raconte une histoire qu'il a vécue à un autre, une histoire de traitre et de héros. Le narrateur est le traitre, mais il raconte l'histoire comme s'il en était le héros. « Je vous ai raconté l'histoire de cette façon pour que vous l'écoutiez jusqu'à la fin » : racontée dans le bon sens, personne n'aurait voulu écouter cette histoire, parce que le narrateur/traitre est un salaud. C'est génial (mais je raconte mal, LISEZ BORGES si ce n'est déjà fait). #zone spoilers# (tiens, ça faisait longtemps que j'avais joué à ça)

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Spielberg

Publié le 23 Mai 2016

Dans le futur, les humains sont en guerre contre une race d'insectes extraterrestres géants qui envoient on sait pas trop comment des méchantes météorites vers la terre. Des lycéens (de 25 ans, autant dire que c'est pas crédible, mais passons) s'engagent dans l'armée sous l'impulsion d'un professeur charismatique dans des corps différents : Johnny Rico et Dizzy Flores rejoignent l'infanterie, Carmen Ibanez se destine à être pilote et Carl Jenkins (Neil Patrick Harris, tout jeunot) devient officier scientifique. Leur choix est en partie motivé par le fait que dans le futur, dans ce régime militaire, seuls ceux qui ont fait leur service sont « citoyens », statut accordant un bon paquet de droits, tous les autres n'étant que des « civils » relégués en seconde zone.
Il va donc y avoir des bagarres, des histoires d'amour, du sang, du pan-pan-pan dans la tronche des méchants extraterrestres etc.

J'ai l'impression que je comprends l'intention de Paul Verhoeven, et ce qui a pu plaire chez un certain nombre de critiques (plutôt favorables dans l'ensemble) : faire un film de guerre critique, détourner les codes pour les subvertir, être dans la satire pour passer un message. C'est un beau projet. Sauf qu'à l'écran, que voit-on ? On voit effectivement tous les clichés du genre, on voit du gore filmé avec complaisance, et finalement assez peu de subversion.
Tout est cliché dans ce film, et le pire c'est que j'ai l'impression que c'est volontaire : les acteurs sont de beaux américains insipides et sans charisme comme on en voit dans n'importe quel blockbuster (Verhoeven a choisi exprès des acteurs de sitcom pour ce côté insipide, pour faire « comme dans les BD »), les personnages sont archétypaux et creux, le film commence dans un de ces incontournables lycées américains, il y a des triangles amoureux prévisibles, l'inévitable instructeur militaire sadique, la pilote débutante qui est évidemment la meilleure pilote du monde... Plus du gore, du sang, des cadavres coupés en deux, des gros monstres et des gros pistolets. On regarde une enfilade de clichés éculés (j'insiste, mais vraiment, tout le scénario est construit sur des clichés) en se disant « ha ha c'est marrant tous ces clichés, ça va être trop bien quand il va en prendre le contrepied », et on attend, et le contrepied ne vient pas, et on finit par s'ennuyer de se demander à quel degré il faut regarder ce film pour finalement trouver ça bête.
Et tout ça pour quoi ? Pour quelques séquences d'information propagandesque qui persèment le film, qui sont clairement satiriques et plutôt réussies mais de l'ordre de l'anecdotique dans le film ; et pour qu'à la fin les chefs militaires portent des costumes presque nazis, parce qu'en fait c'est les humains les barbares en vrai (révélation de ouf). Mon petit Paul, entre nous, c'est un message qu'on a entendu des millions de fois, et qui ne suffit pas à justifier les 2h de clichés... J'espérais qu'à un moment il y ait un retournement, une surprise, mais non, tout reste sur le même registre pan-pan-boum-boum-du sang-je t'aime Johnny.
Non, je trouve ce film raté et ennuyeux. Et même pas drôle. Sur une idée un peu similaire, le Mars Attacks de Burton est autrement plus féroce, plus drôle et satirique, et réussi au 1er, 2e et 3e degré.
Et contrairement à ce que j'ai lu, et peut-être contrairement à l'intention de Verhoeven, je trouve Starship Troopers finalement assez réactionnaire : je suis désolé, mais filmer avec un plaisir manifeste pendant 2h des brutes tirer avec des gros pistolets dans des marres de sang, sans aucun recul ou presque, même en faisant semblant d'être au second degré, c'est tout sauf subversif (et je pense à peu près la même chose de Robocop du même Verhoeven).

Sinon, sur un registre plus anecdotique, les effets spéciaux ont plutôt bien vieilli – alors que le film a quand même près de 20 ans.

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Publié le 18 Mai 2016

François Ruffin, rédac-chef de Fakir, arpente les terres du Nord en cherchant à redorer l'image de Bernard Arnault, patron de LVMH, responsable de la fermeture de plusieurs usines textiles dans la région. Il rencontre des syndicalistes, des inspecteurs des impôts belges, et Jocelyne et Serge Klur, tous les deux sans emplois depuis plusieurs années suite à la fermeture d'une de ces usines, délocalisée en Pologne. Ruffin va les aider à faire entendre leur voix à Bernard Arnault lors de l'assemblée générale de LVMH.

Ce documentaire satirique est un immense plaisir à regarder. Ruffin se met en scène lors des diverses péripéties de son sauvetage des Klur et de sa course derrière Bernard Arnault avec beaucoup d'humour, de tendresse et d'humanité. La mise en scène est celle de ce genre de documentaire fauché : plutôt sommaire, assez descriptif, mais avec quelques bonnes idées de montage, notamment sur les conversations téléphoniques, et un très bon travail sur le rythme. Bref c'est drôle, joyeux, plein d'énergie et d'enthousiasme et ça file une pèche d'enfer. Il faut le voir !

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #au cinoche