Articles avec #suede tag

Publié le 15 Mars 2026

Pour l'été, Melker a décidé de partir en vacances avec ses quatre enfants, l'ainée Malin, les deux jeunes ados Jonas et Niklas, et le cadet Pelle, enfant sensible amoureux des animaux – de tous les animaux. Melker a loué la maison du menuisier, sur une petite île dans la mer suédoise. Même si les premiers instants sont un peu compliqués – la maison est beaucoup plus délabrée que prévu ! – iels tomberont vite amoureux·es de l'île et de ses habitant·es, enfants, adultes et animaux.

C'est un beau roman jeunesse, plein de joies, de drames, d'aventures, d'amour et de tendresse. C'est joliment écrit, les personnages sont vraiment très attachants, les émotions qu'iels vivent nous transportent avec elleux.
C'est un roman qui a surtout vieilli dans le travail sur le personnage de Malin : elle joue le rôle de la maman de la famille en faisant à manger, le ménage et en prenant toute la charge émotionnelle, et la plupart des autres personnages sont obsédé·es par l'idée de son mariage – que ce soit pour chercher son prince charmant ou pour faire fuir ses éventuels prétendants. Mais ça n'a suffit pas à me gâcher ce joli roman.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #Suède

Publié le 14 Juin 2024

Tous les fils narratifs posés dans le précédent opus se dénouent. Lisbeth se remet de ses blessures en attendant son procès pour tentative de meurtre contre son père Zalachenko ; celui-ci essaye de placer ses pions pour se couvrir tout en enfonçant les autres ; les agents de la police secrète essayent de garder un coup d'avance ; Mikael Blomkvist enquête et essaye d'aider son amie.

C'est un peu moins le bordel que dans le deuxième film, probablement parce que les intrigues trouvent une résolution. Pour autant ça reste compliqué à suivre : plein de personnages, des enquêtes dans tous les sens, plusieurs couches d'intrigues… Tout ça est un peu confus ; il aurait sans doute été possible de raconter la même histoire plus simplement, de façon plus resserrée, comme le premier film avait réussi à le faire. Mais comme je n'ai pas lu les romans, je n'arrive pas à savoir : est-ce un défaut de l'histoire telle qu'elle est racontée dans le film, ou ces défauts sont-ils présents dans les livres aussi ?
En tout cas, je trouve la réalisation un peu moins nanardesque que pour le deuxième film (notamment parce que je n'ai pas vu d'erreur de montage)… Ce qui ne veut pas dire que c'est du bon travail pour autant : on trouve les mêmes tics de couleur nocturnes orange/bleu, le même jeu approximatif des acteur·ices ici ou là, les mêmes scènes d'action pas très maitrisées…
Je suis content d'être allé au bout de cette trilogie, mais je ne la recommanderais pas.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Suède, #Polar

Publié le 3 Juin 2024

Un nouveau collaborateur entre à Millénium, avec sous le bras une grosse enquête sur des réseaux de prostitution et leurs clients, impliquant des politiques, des flics, des juges… Mais ce journaliste, ainsi que sa compagne qui enquête également, sont retrouvés tués chez eux. On a retrouvé l'arme du crime, avec les empreintes de Lisbeth Salander… D'ailleurs, où est-elle passée ? Mikael Blomkvist, qui ne croit pas à la culpabilité de la jeune femme, mène l'enquête.

Le réalisateur change après le premier opus, plutôt honnête. Le changement se voit, et c'est globalement moins bien. Daniel Alfredson aime bien, dans les scènes nocturnes, opposer un extérieur bleuté avec des intérieurs aux lumières artificielles orangées ; c'est un contraste qui marche bien et qui a fait ses preuves, qui mais qui est ici sur-utilisé au point que ça devient un peu ridicule. Il y a ici ou là des maladresses de montage (des personnages qui entrent ou sortent dans le champ sans qu'il y ait de continuité, des continuités étranges entre deux scènes…) ; quelques acteur·ices ont un jeu un peu nanardesque. Même l'histoire est moins bien, et nous laisse avec une fin ouverte un peu frustrante.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Suède, #Polar

Publié le 3 Juin 2024

Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist) est un célèbre journaliste dans le journal d'investigation Millénium, qui vient de perdre son procès en diffamation contre un industriel. Il est contacté par Henrik Vanger, un vieil industriel qui aimerait son aide pour retrouver sa nièce disparue dans les années 1960. Blomkvist va recevoir l'aide d'une jeune hackeuse, Lisbeth Salander (Noomi Rapace), qui a préalablement enquêté sur le journaliste, à la demande d'un membre de la famille Vanger. Pour le moment, elle est en train d'essayer de se débrouiller avec sa nouvelle tutelle – et c'est peu dire que ça commence mal.

Fun fact : la critique du Millénium de David Fincher est une des raisons qui m'a poussé à faire ce blog (j'avais même fait des illus, c'était le bon vieux temps).
Je n'avais jamais vu la version suédoise, donc on m'avait dit le plus grand bien (en mode « c'est ça la vraie version, c'est carrément mieux que celle de Fincher »). Bon. Honnêtement le travail de Niels Arden Oplev n'est pas mauvais, mais on ne peut pas dire qu'il soit bon. C'est plutôt efficacement raconté, malgré il y a quelques kitcheries ici ou là (des images d'écran qui s'incrustent et se superposent pendant des phases de recherche). C'est de bonne qualité téléfilm, mais c'est pas du grand cinéma.
Mais l'histoire est toujours aussi bien, évoquant Agatha Christie avec plus de violence, les acteurices sont très bien aussi.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Suède, #Polar

Publié le 4 Avril 2023

 

Dani a peur que sa sœur fasse une bêtise. Son petit ami Christian la rassure - il n'arrive pas à lui dire qu'il aimerait la quitter. Mais Dani avait raison de s'inquiéter : sa sœur se suicide et tue leurs parents au passage.
Quelque temps plus tard, Christian ne sait pas comment dire à Dani qu'il veut partir en Suède avec ses potes de fac. Leur camarade suédois Pelle les invite participer à la grande fête d'été qui se tiendra chez lui. Comme il est lâche, Christian ne voit pas d'autre solution que d'inviter Dani.

Le début est très bien vu, Ari Aster arrive très bien à camper des personnages et leurs relations avec très peu d'éléments, c'est du super cinéma. Tout le film est d'ailleurs très beau, belle lumière, beau cadres, intelligence de mise en scène, visuellement, c'est une belle réussite.
Florence Pugh, qui joue le rôle principal, est formidable. Tous les autres acteurices sont très bien aussi, mais à peu près tous les autres personnages (particulièrement les personnages masculins) sont trop stupides, lâches ou nuls pour qu'on s'intéresse vraiment à eux.
On sait dès le début que quelque chose va mal se passer à cette fête suédoise, tout ça ressemble beaucoup trop à secte pour qu'on soit rassurés. Si on ne sait jamais vraiment ce qui va arriver, on n'est pourtant jamais surpris, parce que le film suit à la lettre le déroulement de tout bon film d'horreur. Finalement, on n'a jamais vraiment peur, et on finit presque par s'ennuyer à regarder ces personnages faire des trucs stupides ou absurdes. On se demande un peu ce qu'Ari Aster à bien voulu raconter avec tout ça.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #horreur, #Suède

Publié le 11 Août 2019

Directeur d'un musée d'art moderne et contemporain, Christian se fait voler son portefeuille, et au lieu d'appeler la police, il distribue une lettre de menace à tous les habitants de l'immeuble où se trouve son téléphone, localisé via le tracker GPS.
Dans le même temps, une artiste prépare une exposition, centrée sur The Square, un carré lumineux décrit ainsi : « The Square est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs ».

Pour moi, le problème avec ce film, c'est qu'il ne choisit pas. Il n'a pas le courage d'assumer un parti-pris, une position.
Ruben Östlund a manifestement envie de parler du monde de l'art contemporain, de faire une satire de ce monde ; il y a quelques belles scènes, notamment quand un artiste imite un gorille à un gala, poussant la performance trop loin. Mais ces quelques scènes éparses ne disent finalement pas grand-chose, elles ne débouchent sur rien, elles n'ont pas de suite : on n'entendra plus jamais parler d'Oleg ; que retenir de cette séquence d'interview d'un artiste perturbée par un type qui a le syndrome de la Tourette ? À quoi sert-elle, que dit-elle du monde ? The Square aurait pu être un film choral, parcellaire, morcelé, avec des scénettes qui, par accumulation, par pointillisme, forment un tout qui a du sens, un ensemble cohérent.
Or, ce n'est pas ce que fait Ruben Östlund : il essaye de raconter une histoire. Sauf que là non plus ça ne marche pas. Le fait que Christian soit un sale con égoïste ne m'aide certes pas à rentrer dans cette histoire ; le fait que les prémices de plusieurs fils narratifs (l'histoire du portefeuille, la vidéo choquante) reposent sur des décisions stupides (ne pas appeler la police, mettre une vidéo en ligne sans l'accord de personne) est un autre obstacle. En quelques mots : je trouve les récits de ce film mal foutus et pas intéressants.
Et finalement, qu'est-ce que Ruben Östlund raconte dans ce film ? J'ai envie de répondre : rien. Il ne dit rien d'intéressant du monde de l'art contemporain (« oh là là parfois ça va trop loin, et puis ils sont pas tous compétents dans les musées », merci du scoop), il ne dit rien d'intéressant du monde (« parfois les gens sont des cons », merci du scoop). Je trouve complaisante et appuyée la façon qu'il a de filmer des SDF ; le message sur l'altruisme versus l'égoïsme blablabla est asséné à coups de massue. Les quelques idées intéressantes (ce Square, comme la plupart des œuvres en fait, dont la performance dOleg) ne sont pas développées, elles sont juste posées là dans un coin pour faire joli. Je trouve la forme un peu poseuse, je ne vois pas de subtilité, pas de fond.
Bref, je crois bien que je n'ai pas aimé.
Et je ne comprends vraiment pas que The Square ait eu la palme d'or.

Voir les commentaires

Publié le 7 Juillet 2019

Tina est douanière dans un port suédois. Très laide, avec une sorte de gros nez bizarre, elle a un odorat particulièrement développé qui lui permet de détecter les individus suspects en sentant leur peur, leur honte, leur culpabilité. Elle habite dans une petite maison au fond d'une forêt en compagnie de Roland, un loser qui élève des chiens pour des concours.
Un jour elle rencontre Vore, un type qui lui ressemble étrangement. Sur un fond de scandale pédophile, elle va se rapprocher de lui et en apprendre un peu plus sur elle-même.

Et voilà un film étrange et un peu dérangeant. Je dévoile l'élément-clé de l'intrigue : Tina et Vore sont des trolls. Vore en est conscient, Tina a été élevée par des humains et ignore tout de sa nature, ses parents (trolls eux aussi) ont été élevés et torturés par des scientifiques dans un institut secret ; toute sa vie est un mensonge. Cette révélation éclaire sa personnalité : son visage difforme, son odorat, son lien presque charnel avec la nature.
C'est un film qui effectivement laisse une grande part au rapport à l'animalité et à la sauvagerie, dessinant un lien ancestral avec la nature.
Tina et Vore sont d'une certaine façon des monstres : ils mangent des insectes, ils ont en eux une violence qui peut effrayer, les rôles sexuels sont inversés – Tina a un pénis, Vore un vagin, les scènes de sexe sont un peu dégoûtantes, il faut bien l'admettre. Mais malgré tout il y a une beauté dans ces personnages et leur relation, dans la façon dont ils sont filmés et (paradoxalement) humanisés. C'est un film qui soulève de nombreuses questions (le rapport à la nature, à la difformité, à ce qui sort des normes, à la violence…) dont une bonne partie restent en suspens.

Voir les commentaires