Nous sommes en 1868 au Texas. La guerre de Sécession est finie depuis trois ans, Ethan Edwards (John Wayne), soldat confédéré, rentre dans le ranch que tient son frère Aaron. Celui-ci vit avec sa femme et ses trois enfants, Lucy, Ben et Debbie, ainsi qu'avec Martin Pawley (Jeffrey Hunter), un jeune homme avec un huitième de sang Cherokee, qui est en quelque sorte leur fils adoptif. Ethan fait bien comprendre à tout le monde le mépris qu'il a pour lui et pour les Natifs en général.
Et d'ailleurs, il se trouve que des Comanches attaquent le ranch d'Aaron et tuent une bonne partie de la famille, sauf les deux filles, dont on ne trouve pas la trace. Sont-elles encore en vie ? Ethan et Martin partent à la recherche des filles.
C'est un film très inspiré par l'histoire de Cynthia Ann Parker/Naduah, sur laquelle je suis en train de travailler, comme c'est en plus un grand classique du western, il fallait que je le voie. Force est de constater qu'on a pris des parti-pris bien différents.
Ici, on est du côté des cowboys. Les Natifs sont des figures lointaines, exotiques et/ou menaçantes. Certes, le film explique que le chef Comanche (joué par un acteur anglo-saxon) agit avec cruauté parce que lui-même a perdu ses fils des mains des Blancs, il n'est pas complètement raciste (selon Wikipedia en tout cas). Mais ça ressemble à une justification de cinéphiles, puisque tout le film nous montre la supériorité des Blancs sur les sauvages. Ainsi, la jeune femme est sauvée de son horrible condition dans un assaut héroïque des Blancs, avec trompette triomphale, c'est un peu ridicule et très gênant.
Comme souvent dans ce genre de films, d'autant plus à cette époque, il y a une course à la démonstration de masculinité qui est assez lamentable. Ethan/John Wayne est un parfait connard viril, Martin/Jeffrey Hunter est un petit jeune qui essaye de montrer qu'il en a une aussi grosse, mais dans ce film on nous rappelle sans arrêt que les jeunes sont pas encore de vrais hommes, dommage pour lui. Les femmes n'existent quasiment pas, elles ne sont que des objets qui motivent les hommes à agir.
Bref.
En tout cas, c'est visuellement assez beau, les plans d'ouverture et de fermeture du film sont à juste titre célèbres, les couleurs Technicolor sont vraiment belles – sauf dans les scènes tournées en studio ou ça devient n'importe quoi.