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Publié le 15 Août 2024

Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor, 2010)

Nous sommes autour de l'actuel Soudan, dans un futur post-apo pas très défini. Onyesonwu (« Qui a peur de la mort ») est une jeune ewu, issu du viol d'un dangereux nuru subi par sa mère okeke. Après avoir passé quelques années seules dans le désert, les deux femmes s'installent dans une petite ville okeke. Rapidement Onyesonwu se rend compte qu'il lui arrive des choses magiques et mystérieuses qui dépassent le simple juju, et elle part en quête de son propre pouvoir, accompagné par Mwita, un autre ewu qui semble lui aussi doté d'un pouvoir et d'un savoir étonnant – le tout sur fond du génocide organisé, au loin, par les nuru contre les okeke.

Mon résumé est peut-être un peu obscur, mais c'est ainsi que l'on entre dans ce formidable roman : en étant un peu perdu et en devant déchiffrer les relations entre le différentes ethnies – il est question de couleur de peau derrière tout ça. Sur le chemin, on croisera des créatures fantastiques, des sorciers plus ou moins inquiétants, des ami·es plus ou moins fidèles… C'est une longue et passionnante quête, dans un univers post-apo africain inhabituel, avec des personnages particulièrement attachants – pas étonnant que le livre ait eu un tel succès.

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Publié le 11 Mai 2024

La mère de Jenny, courageuse aviatrice, est morte au cours de la guerre nucléaire qui a ravagé la planète et tué plus d'un milliard d'humains. Son père ne s'en remet pas, il est à l'hôpital et on ne donne pas cher de sa peau. Jenny en a marre d'habiter dans Manhattan, au cœur d'une société qui s'est maintenue alors que tout s'effondre autour : elle a besoin de se sentir vivante. Elle rejoint une des bandes qui s'entretue dans le Bronx. Pas loin du QG de sa bande rôde un drôle de type avec une tête de Sioux ; qu'est-ce qu'il peut bien leur vouloir ?

C'est un chouette roman ado post-apo. C'est aussi une biographie de Sitting Bull, habilement mise en scène et mêlée au récit – ça m'a donné envie de relire Tristesse de la Terre.

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Publié le 26 Janvier 2024

Dans un futur d'apocalypse zombie, où les deux seuls endroits safe sont Weimar et Iéna, deux jeunes femmes (une sorte de Lara Croft pas très agréable et une jeune geek à la ramasse) fuient Weimar pour rejoindre Iéna, perdues au milieu de la nature hostile.

C'était sympathique mais pas ouf quand même. Les actrices sont bien, même si leurs personnages manquent de finesse et de profondeur. Le récit est parfois un peu confus, même s'il y a beaux moments (la rencontre avec la Jardinière, mi-femme mi-plante au discours écolo).
Probablement rien de mémorable là-dedans, malheureusement – il va falloir que je me méfie un peu plus des films allemands sur le site d'Arte.

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Publié le 13 Février 2023

Le film entremêle plusieurs récit de plusieurs époques : 1849, un aristocrate anglais en voyage dans l'Océan Pacifique confronté à la violence du système esclavagiste ; 1936, un jeune musicien homosexuel devient l'assistant d'un célèbre compositeur sur le déclin ; 1973, une journaliste enquête sur des centrales nucléaires aux États-Unis ; 2012, un vieil éditeur anglais a des problèmes d'argent ; 2144, une jeune clone employée d'un fast-food sort de son restaurant ; 2321, 106 ans après « la chute », une tribu de chasseurs-cueilleurs reçoit la visite de Prescients, derniers vestiges d'une civilisation technologiquement avancée.

C'est un film formidable. Chacun des récits est intéressants, écrits dans des genres différents, respectivement : roman d'aventure, roman épistolaire, polar à la Erin Brokovitch, récit humoristique à la première personne, film d'action dans le futur, post-apo. Une dizaine d'acteurices (Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Ben Whishaw, Donna Bae…) se partage la majorité des rôles, certains personnages apparaissent d'une époque à l'autre, d'autres lisent les lettres écrites par d'autres… Il y a également un sous-texte autour de la réincarnation ou du karma. C'est un jeu de miroirs assez passionnant, qu'on a envie de passer du temps à décortiquer – un des plaisirs du film est d'essayer de reconnaître les acteurices sous leurs maquillages.
Il n'y a pas de grande révélation finale qui donnerait une autre perspective aux récits, comme c'est le cas dans les romans de Tristan Garcia, Les Cordelettes de Browser et surtout 7. Mais ce n'est pas l'idée des Wachowski, qui réussissent un film passionnant, le genre qu'on a envie de revoir pour en saisir toutes les subtilités.

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Publié le 4 Janvier 2021

Victor, un imbécile pas très ouvert, est traîné par sa femme sur une ZAD luttant contre un aquapark. La confrontation avec ces gens va prendre une autre tournure quand ils découvrent que l'humanité a été décimée suite à une pandémie.

Éric Judor joue le rôle de l'imbécile imbu de lui-même qu'il tenait déjà dans Platane, et j'aime bien ce rôle, j'aime bien cet humour. Platane jouait plus sur la gêne, un peu à la façon de Ricky Gervais ; là c'est sans doute plus gentil mais on rit des ZADistes autant que de Victor (le scénario est écrit par Noé Debré et Blanche Gardin).
Comme souvent avec les comédies, ça finit par s'essouffler un peu quand on se souvient que dans un film il faut un scénario, il y a quelques pistes qui ne débouchent sur rien... Mais c'était quand même un bon film de 1er janvier.

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Publié le 31 Mai 2020

Nous sommes en 2022. La société s'est effondrée, l'électricité manque, les gens s'entassent, personne n'a vu de légumes depuis des lustres, on se nourrit de « soylent » jaune, rouge, bleu, et en particulier de soylent vert, variété qui fait fureur en ce moment.
Frank Thorn (Charlton Eston) est un policier qui enquête sur le meurtre d'un type très riche, meurtre aux motifs qui risquent de dévoiler une machination de grande ampleur. Il est aidé par Sol Roth (Edward G. Robinson), un vieil érudit.

Bon, ça a quand même vieilli. C'est visuellement plutôt réussi, la ville post-apocalypse est foisonnante, grouillante, sale, triste, morne, il y a de beaux plans d'ensemble. L'ouverture, qui montre par un montage nerveux l'industrialisation et la chute du monde moderne, est particulièrement épatante.
Le problème vient du fait que l'intrigue est souvent confuse, que les enjeux ne semblent pas très importants, qu'on peine à s'intéresser aux personnages… Ça manque de souffle, d'épaisseur, on regarde ça de loin, sans vraiment être impliqué. Les personnages sont un peu creux, on ne ressent pas l'urgence de la situation, l'ampleur de la machination, puisque tout ça est assez linéaire.
On peut déplorer un sexisme assez affligeant, dans la mesure où tous les personnages féminins sont des prostituées, des « meubles » fournis avec les appartement.
C'est dommage, ça aurait pu être un grand film parce que visuellement il y a des idées, mais le scénario aurait mérité d'être réécrit. Le film aborde des thématiques intéressantes : écologie, surpopulation, pollution, questions éthiques ; sur de nombreux sujets il semble en avance, mais comme il n'en traite que très peu, et pas très bien, on n'est pas plus avancés.

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Publié le 23 Mars 2020

Dans un futur très proche mais qui a pas super bien tourné, de mystérieuses créatures déciment tout ce qui fait du bruit. Tu parles, tu éternues, couic, tu es lacéré vite fait bien fait.
Le film se concentré sur une famille américaine, papa, maman, deux enfants. Accessoirement la mère est enceinte, ce qui semble être la pire idée du monde dans ces circonstances (mais on est aux États-Unis et il n'est toujours pas question d'avorter).

C'est un film d'horreur qui paraît un peu indé, qui pourrait être un Sundance movie à l'envers (on est pas dans le feel-good movie, plutôt dans le feel-angoissé movie. Cette idée d'être dans le silence total marche plutôt bien en période de confinement.
C'est bien écrit, bien mené, bien réalisé, il y a 1 ou 2 jump scares pas indispensable et un insistance un peu lourde sur une histoire de clou, mais à part ça rien à redire.

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