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Publié le 20 Juillet 2026

Il y a trois histoires dans ce film.
Tout d'abord, un employé d'un spa trouve un sac Vuitton abandonné, rempli de pognon, et il se demande comment il peut se débrouiller pour récupérer le sac sans se faire voir.
Un type s'est endetté auprès de la mauvaise personne (enfin plus précisément c'est sa copine qui s'est endettée, mais elle a disparu), et il cherche comment filouter pour rembourser.
Et une femme se fait tabasser par son alcoolique de mari. Elle rencontre, dans le bordel où elle travaille, un immigré chinois qui pourra peut-être l'aider à se débarrasser de ce mari.

Et on se doute que ces histoires vont se croiser, et que le sac de pognon risque de passer entre plusieurs mains, mais ce film recèle quand même plein de surprises. Le scénario, adapté d'un roman de Keisuke Sone (non traduit), est finement ciselé, machiavélique et tordu à souhait, et, comme j'ai l'impression que ça arrive souvent dans le cinéma coréen, plein de noirceur.
Les acteurices sont excellent·es ; il y a tout un jeu sur les soupirs, les silences et les respirations d'une grande finesse. Visuellement c'est un régal, la photo est magnifique, la mise en scène d'une grande précision. C'est d'autant plus impressionnant que c'est un premier film !

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Polar, #Corée

Publié le 6 Mars 2026

Quand des Américains rachètent l'usine de papier dans laquelle il travaille depuis 25 ans, Yoo Man-soo fait partie du contingent d'employés licenciés du jour au lendemain. Tout sa vie s'effondre : sa femme Mi-ri doit trouver un travail, la famille doit se séparer dess chiens, et revendre les voitures… Et aucune autre papeterie n'embauche. Yoo Man-soo n'a pas le choix : il doit tuer ses concurrents les plus sérieux s'il veut être le premier à retrouver un poste.

J'aime bien le cinéma de Park Chan-wook souvent passionnant. Je dois dire que j'ai été un peu déçu par Aucun autre choix : je trouve qu'il manque de rythme, et qu'il est finalement un peu longuet. c'est dommage, parce qu'il y a vraiment beaucoup d'éléments intéressants dans son film : un fond social intéressant (qui m'a un peu fait penser à Parasite), des acteur·ices très bien, des scènes réussies, une histoire maline, une mise en scène toujours intelligente… mais je n'arrive pas vraiment à savoir pourquoi, je trouve que la mayonnaise ne prend pas, qu'il manque des ingrédients (de l'humour ? un peu plus de férocité dans son regard ?) pour que ce soit le chef-d'œuvre que ça pourrait être.

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Publié le 9 Avril 2025

Mickey (Robert Pattinson) et son ami Timo (Steven Yeun) se sont endettés auprès de gens peu recommandables. Une seule échappatoire : s'engager sur le vaisseau partant coloniser la lointaine planète Nilfheim, une mission dirigée par Kenneth Marshall (Mark Ruffalo), un politicien raté à qui des gens vouent un drôle de culte. Mickey s'engage comme « remplaçable » : un ouvrier que l'on peut cloner à loisir après sa mort – et à qui l'on réserve les tâches les plus ingrates.
Alors que Mickey 17 participe à une mission d'exploration sur la planète glacée, il tombe sur des « rampants » (de sortes de grosses larves extraterrestres). Tout le monde le croit mort, mais les rampants semblent laisser Mickey tranquille. Alors qu'il rentre à la base, il découvre qu'il a déjà été réimprimé, et c'est la catastrophe : il ne devrait pas y avoir deux exemplaires du même homme !

Je pense que les (rares) personnes qui suivent ce blog savent que j'adore Bong Joon-ho ; j'aurais eu des scrupules à rater son dernier film. Soyons honnêtes : ce n'est pas son meilleur, même si ça reste un très bon film – mais il est vrai les critères pour juger les films de Bong Joon-ho sont particulièrement sévères… Dans les thématiques, on pense à Okja (la question animale, la bêtise agressive des humains), même si j'avais préféré ce premier film : la satire est comparable, mais Okja est incomparablement plus émouvant. On pense un peu aussi au Transperceneige (la neige, un certain rapport à la lutte des classe du futur).
Il faut quand même mentionner que Robert Pattinson est très bien dans ses multiples rôles ; et que Mark Ruffalo a du beaucoup s'amuser pour jouer son personnage furieusement inspiré d'un certain président des États-Unis orange. La satire est souvent drôle, c'est évidemment très bien filmé, l'histoire est belle, les thématiques soulevées sont intelligemment traitées : si ce n'est pas le meilleur film de Bong Joon-ho, c'est quand même un très bon moment.

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Publié le 7 Janvier 2023

Une jeune femme (IU) abandonne son bébé, que deux hommes (Song Kang-ho et Kang Dong-won) récupèrent (volent), afin que ce bébé soit vendu à des des parents plutôt riches, et de préférence aimants : ce n'est pas parce qu'on fait du trafic d'enfants qu'on est un monstre. Alléchée par l'argent et probablement par d'autres motifs qu'on apprendra plus tard, la mère se joint à eux.
Ils se lancent dans un road trip, suivis de près par un duo de policières qui aimeraient bien les voir tomber.

Je n'arrive plus à savoir si j'ai déjà vu un film de Kore-eda (très probablement Tel père, tel fils, 2013 ; peut-être Notre petite sœur, 2015).
Celui-ci est en tout cas une pépite, un film très beau, très subtil, jamais manichéen : les personnages sont attachants mais ont leur part d'ombre. La mise en scène est élégante et réfléchie.
Le film est porté par des acteur.ices formidables, pour certain.es déjà vus dans des films de Bong Joon-ho. C'est d'ailleurs un des mystères de ce film : un film coréen d'un réalisateur japonais ?
C'est en tout cas très recommandable.

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Publié le 2 Août 2021

Interior design (Michel Gondry)
Un jeune couple cherche à s'installer à Tokyo, il est réalisateur débutant, elle ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Ils sont logés chez une amie, qui a un tout petit appartement et aimerait bien les voir partir.

C'est un beau film, sensible et élégant. Il débute comme une chronique sociale tendre et pleine d'humour, et bascule dans un fantastique très Gondry.

Merde (Leos Carax)
Une créature des égouts (Denis Lavant, of course) surgit et effraye la population. Quand elle balance des grenades un peu partout, la police l'arrête.

Carax s'est fait un délire, qui évoque un peu Godzilla. Mais c'est beaucoup trop long, ça s'enlise dans un jeu sur des langues inventées pendant lesquels les acteurs cabotinent le plus possible. Contrairement aux autres films, ça ne dit rien d'intéressant sur le Japon, ni sur la vie, ni sur rien. J'avoue que je trouve ce segment complètement raté et sans intérêt.

Shaking Tokyo (Bong Joon-ho)
Cela fait plus de dix ans que le personnage principal est hikikomori : il vit reclus chez lui, n'ouvrant la porte que pour se faire livrer de la bouffe. Un jour, une livreuse de pizza fait un malaise chez lui.

Comme toujours avec Bong Joon-ho, c'est finement filmé, monté avec soin et élégance. La fin du film est sans doute un peu trop appuyée, et c'est dommage parce que tout le reste est une merveille.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France, #Corée

Publié le 23 Juillet 2021

Lee Geum-ja se est en prison, accusée d'un meurtre qu'elle n'a pas commis. Pendant ses treize ans de réclusion, elle prépare sa vengeance.

Je me rends compte que c'est un film qu'il est difficile de classer dans un genre, puisqu'il emprunte à peu près à tout, et que différents moments dans le film ont des tons différents. Pour autant, je ne suis pas sûr que tout soit réussi.
Ça commence à être un réalisateur que je connais bien : Old Boy (2003), Je suis un Cyborg (2006), Thirst (2009) et Mademoiselle (2016). Je connais son goût du gore, du torture porn. C'est à ce titre un film plutôt soft comparé à d'autres (Old Boy étant sans doute le pire).
Mais je crois que je ne comprends pas ce que Park Chan-wook veut raconter ici. Il superpose et entremêle plusieurs récits (attention je vais spoiler) : la recherche de vengeance de Lee Geum-ja ; la vie de quelques-unes de ses co-détenues (c'est d'ailleurs souvent traité avec humour) ; les retrouvailles de Lee Geum-ja avec sa fille, qu'elle a du abandonner juste avant d'aller en prison ; la vengeance des parents d'enfants assassinés… Ça part un peu dans tous les sens, il y a plusieurs films qui se superposent sans qu'on sache vraiment où ça va.
C'est dommage, parce qu'il y a des choses intéressantes, des acteurs que j'étais content de voir et/ou d'apercevoir (Choi Min-Sik, rôle-titre d'Old Boy entre autres ; Song Kang-ho), et que c'est toujours filmé de façon brillante et inattendue.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 7 Avril 2021

Jongsu est un jeune homme réservé, aspirant écrivain sans emploi, qui habite dans la ferme de ses parents absents. Il croise par hasard Haemi, une jeune femme qui habitait le même village que lui, et iels passent du temps ensemble jusqu'à ce qu'Haemi décide d'aller voir les bushmen en Afrique Noire. À son retour, elle est accompagnée de Ben, un jeune homme riche, beau, élégant, plein d'assurance, à la déception jalouse de Jongsu.
Le film bascule quand Haemi disparaît sans donner de nouvelles. Jongsu se demande si l'assurance de Ben ne cacherai pas quelque chose.

C'est un beau film, qui prend son temps. Ce n'est pas toujours évident de savoir où il va, d'autant plus que Jongsu, le personnage principal, est quasiment muet durant tout le film. Il a l'air un peu vide, c'est comme s'il cherchait à se remplir de la présence d'Haemi, et ensuite avec son obsession autour de Ben. Au final, on sait assez peu de choses de lui, de nombreuses questions restent en suspens. J'ai revu Parasite il y a quelques jours, et les deux façons de construire le récit sont vraiment à l'opposé : autant Bong Joon-ho est précis et maintient une tension narrative dans son récit, autant Lee Chang-dong travaille plus d'une façon pointilliste.
Sa façon de filmer est assez douce et délicate, jouant sur les lumières, les flous, les différents plans.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée