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Publié le 22 Janvier 2021

Au XVe siècle, le jeune roi Sejong est porteur de nouvelles idées progressistes. Féru de sciences, il rencontre un peu par hasard Jang Yeong-sil, un esclave cultivé, intelligent et doué de ses mains, qui lui construit une horloge hydraulique. Impressionné, Sejong fait de lui un savant officiel, et le charge de travailler sur une horloge plus précise et sur un calendrier stellaire. Sauf que l'Empereur ne l'entend pas de cette oreille : il est hors de question qu'un roi décide du temps, prérogative qui appartient à l'empereur seul.

C'est un film sur l'amitié entre deux hommes, basé sur des faits historiques, même si vraisemblablement les choses ont été un peu romancées ici ou là. C'est touchant, bien écrit, sensible, et il faut souligner la performance de Choi Min-sik (l'acteur principal d'Old boy), à fleur de peau, toutes les émotions semblent défiler sur son visage, c'est magnifique. Le travail sur les cadres et la couleur est remarquable, c'est un beau film. C'est juste dommage qu'il n'y ait aucune femme dedans.

Ce film m'a fait regretter de ne pas mieux connaître l'histoire de la Corée : certains détails de l'histoire m'ont échappé – mais ce n'est pas vraiment un obstacle à la compréhension du film. Celui-ci décrit en tout cas un pays très strict, très protocolaire, avec une sorte de système de castes (un esclave devenant un savant de la cour du roi !). C'est assez étrange de regarder ça de loin – mais la cour de Louis XIV doit être au moins aussi exotique pour un Coréen.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 23 Décembre 2020

Le film se déroule dans un hôpital psychiatrique. On y croise de nombreux personnages hauts en couleur : celle qui ne peut s'empêcher de mentir, celui qui est tellement humble qu'il ne peut marcher qu'à reculons et se sent coupable pour tout et tout le monde, celle qui mange trop, celui qui vole objets et personnalités…
Young-goon, persuadée d'être un cyborg, est admise dans ce service. Elle refuse de manger de peur d'abimer ses circuits, se donne des règles de vie un peu absurdes, et peine à exécuter sa mission : rendre son dentier à sa grand-mère, internée elle aussi parce qu'elle se prenait pour une souris, et tuer tous les infirmiers. II-soon, le kleptomane, va l'aider à se trouver elle-même.

J'ai vu que des critiques expliquent que c'est un film trop étrange et trop gore pour être une vraie comédie romantique, mais qu'il est trop mignon pour les fans du réalisateur Park Chan-wook (Oldboy, 2003Thirst, ceci est mon sang, 2009 Mademoiselle, 2016 ; ), dont le cinéma est plutôt gore et violent. Et c'est exactement ça : le film est à cheval sur plusieurs genres, ça peut en déconcerter certain·e·s, mais c'est pour moi ce qui le rend unique et sensible.
C'est un film touchant, étrange et parfois drôle, d'un humour improbable et anar qui fait mouche. Servi par une mise en scène élégante et habile et par des acteur·trice·s parfaits, c'est un film très singulier.

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Publié le 11 Octobre 2020

Une femme a été tuée et violée dans une petite ville de Corée. L'enquête piétine, un inspecteur de Séoul se porte volontaire pour aider les policier locaux, aux méthodes plutôt artisanales et violentes : ils ont beau essayer de retirer des aveux par la torture, les meurtres se multiplient.

C'est donc le dernier film de Bong Joon-ho qu'il me restait à voir, et son deuxième, après Barking Dogs Never Bite et avant The Host. Et c'est une merveille. Le scénario est tendu comme un polar, la mise en scène est magistrale, les acteur·trice·s parfaits. Il se passe plein de choses dans les cadres, l'humour vient souvent par les arrière-plans qui sont souvent riches, il joue sur les ensembles et les groupes dans le cadre pour suggérer des enjeux.
Comme souvent, il y aurait sans doute des milliers de lignes à écrire sur ce film, mais j'imagine que quelqu'un de plus talentueux que moi s'en occupera – comme Tony Zhou de la chaîne Youtube Every Frame a painting, qui s'occupe justement de la façon de composer les groupes de personnages de ce film.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Polar, #Corée

Publié le 18 Septembre 2020

Une mère vit seule avec son fils qui souffre d'un handicap mental léger. Ce fils s'embarque souvent dans des histoires compliquées, en partie à cause de son ami un peu voyou sur les bords, et se retrouve régulièrement au commissariat. Les choses prennent une autre tournure quand il est accusé du meurtre d'une adolescente, et qu'il se retrouve en prison. Sa mère va tout faire pour l'innocenter.

Il se passe plein d'autres choses dans ce film que je ne dévoile pas, par peur de gâcher les surprises qui émaillent le film. Pas de grande révélation pour autant, ce n'est pas Parasite. Le film joue plus sur des détails, l'acupuncture, certaines insultes, certains objets ; il brasse large dans ses thèmes parfois difficiles : le handicap, la prostitution, la violence, la solitude… C'est très habilement écrit, très intelligemment filmé, minutieusement monté. L'actrice principale, Kim Hye-ja, est merveilleuse, le plan d'ouverture où elle danse au milieu d'un champ est sublime, et prend encore plus de force dans la suite du film.
Situé entre The Host (2006) et Snowpiercer (2013), ce n'est pourtant pas vraiment le meilleur Bong Joon-ho à mon avis. Je n'ai rien à reprocher à ce film, peut-être est-ce juste à cause de thèmes qui me touchent moins.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 2 Avril 2020

C'est à peu près impossible de résumer ce film, surtout si on espère ne pas en dévoiler l'intrigue… Donc tant pis, on y va, on va essayer de faire quelque chose de cohérent.
Yun-ju est un ancien étudiant sans travail, qui est sous la coupe de sa femme enceinte qui le malmène pas mal. Les aboiements d'un petit chien dans sa barre d'immeuble le rendent fou, il veut s'en débarrasser. Dans sa quête, il va rencontrer un homme d'entretien qui se fait de drôle de plats, un SDF peu sympathique, une jeune fille maladroite qui se sent investie d'une mission de justicière…

Le scénario est parfaitement improbable, il se passe plein d'autres choses que je n'ai mentionnées ici. Ce film est plein de l'humour grotesque que Bong Joon-ho développera dans ses films suivants ; les questions de rapports de classe y sont moins présentes. C'est drôle, plein de péripéties rocambolesques mais jamais on ne perd le fil, jamais ça ne devient vraiment n'importe quoi. La mise en scène est assez belle, même si elle n'a pas encore la finesse et la perfection qu'il développera ensuite. C'est un premier étonnant, que j'ai sans doute d'autant plus apprécié que j'ai vu à peu près tous ses autres films suivants.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 25 Mars 2020

J'avais déjà fait une note sur ce film, mais elle est trop incomplète pour être vraiment intéressante.
(pour autant je ne vais pas m'ennuyer à résumer encore ce film).

Depuis la première fois, j'ai appris qui était Bong Joon-ho : Parasite, Okja, The Host, je commence à voir ce qu'il aime, son style, ses thématiques. Comme par exemple la question de la lutte des classes, des distinctions et hiérarchies qui est au cœur du Transperceneige. Pas étonnant qu'il ait voulu l'adapter.
On peut aussi parler de son sens de l'humour un peu grotesque et absurde (la salle de classe, le personnage de Tilda Swinton...) qu'on retrouve ici ou là dans d'autres films- je pense en particulier à Okja et son côté farce satirique féroce.
Tout de même, les premières bagarres sont particulièrement mal filmées, en mode shaky-cam mal (foutue en plus) ; ça s'améliore par la suite. Mais est-ce que c'est le côté américain du film qui l'a poussé à ce mauvais choix ? En tout cas, à part ça, c'est très habile et efficace. Et c'est un film parfait à regarder en période de confinement.

Il faudra maintenant que je lise la BD, pour savoir quelles libertés Bong Joon-ho a prises.

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Publié le 20 Mars 2020

À la suite d'un déversement de produits toxiques dans le Han, une dangereuse créature mutante a grandi, et s'apprête à terroriser la ville.
Park Gang-du travaille dans un petit snack au bord du fleuve avec sa fille Hyun-seo et son père Hee-bong. Lorsque la créature surgit, elle emmène avec elle Hyun-seo. Le frère et la sœur de Gang-du les rejoindront, au milieu d'un confinement lié à un étrange virus que l'on suspecte la créature de transmettre, et alors que l'on n'est pas sûr qu'Hyun-seo soit morte.

On trouve des similitudes entre ce film et Parasite, du même réalisateur (qui a également signé Le Transperceneige et Okja), puisque les des familles se ressemblent pas mal : mêmes personnages hauts en couleur, débrouillards tout en étant paumés, excentriques, improbables. The Host est mené d'une main de maître, avec un sens du rythme et du montage impressionnant, avec une tension narrative qui n'empêche pas des moments de comédie un peu grotesque (dans le bon sens du terme), avec déjà un rapport à la lutte des classes – personne ne croit Gang-du, parce qu'il est pauvre et a l'air un peu simplet… C'est un film un peu anarchiste, contestataire (on retrouve ces éléments également dans Okja), qui me permet d'y voir plus clair dans les obsessions de ce décidément passionnant réalisateur qu'est Bong Joon-ho.

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