Pour être très franc, comme pour La Ménagerie de papier de Ken Liu, le recueil est un peu inégal. Il y a de très beaux textes (La règle des noms, Neuf existences, Plus vaste qu’un empire), d'autres plutôt bien (La boîte d’ombre, Le Roi de Nivôse, Les choses, Étoile des profondeurs), d'autres moins intéressants (Voyage, La forêt de l’oubli, Le chêne et la mort). On y trouve de la SF, de la fantasy dans l'univers de Terremer, d'autres textes peut-être fantastiques mais plus ancrés dans notre quotidien. C'est un recueil d'une autrice qui explore et qui cherche.
J'ai principalement acheté ce recueil parce qu'on y trouve À la veille de la révolution, un très beau texte sur la révolutionnaire Odo vieillissante, celle qui a inspiré la communauté anarchiste des Dépossédés.
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Le collier de Semlé (1964)
Une reine cherche un collier possédé par ses ancêtres, perdu depuis des générations, probablement en possession des autres espèces humaines de cette planète.
Première nouvelle publiée de l’autrice, le style est un peu lourd. C’est de la fantasy avec un petit twist SF à la fin qui pour moi donne à cette nouvelle son intérêt.
Avril à Paris (1962)
Un universitaire américain s’ennuie à Paris, quand il se retrouve transporté 500 ans plus tôt, chez un alchimiste qui se lance dans la magie noire.
Mieux écrit que la précédente, amusant mais il n'y a pas de chute ?
Les maîtres (1963)
Un futur revenu à un temps de moyen âge, des savants ignorants, quelques-uns qui découvrent le calcul, à leurs risques et périls.
La boîte d’ombre (1963)
Une sorcière, des armées qui combattent sur la plage, des pendules toujours à 10h moins 10, et une mystérieuse boîte.
Le mot de déliement (1964)
Premier texte de Terremer. Un sorcier est enfermé dans une geôle magique dont on ne peut sortir.
Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris au texte, mais il a un souffle certain.
La règle des noms (1964)
Terremer. Une île isolée, tranquille, sur laquelle s’est installé un sorcier pas très doué. On ne connaît pas son vrainom (« prononcer le vrainom, c’est se rendre maître de la chose »), on l’appelle Taupin parce qu’il passe ses journées dans ce qui ressemble à sa taupinière.
Le Roi de Nivôse (1969)
Nivôse/Gethen, planète de La Main gauche de la nuit, mais avant que UKLG ait l’idée des androgynes. C’est un peu confus, mais il y est question du Argaven, de sa difficulté à régner et d’un possible complot contre la couronne. Le récit devient plus clair à partir de la moitié, et c’est mieux.
Voyage (1970)
Une sorte de récit de trip sous LSD.
Neuf existences (1969)
Deux mecs sont sur une planète pour en miner les ressources. Un jour on leur envoie une dizaine de clones (hommes et femmes) pour les assister. Iels donnent l’impression d’être comme un groupe d’oiseau, bougeant du même mouvement, parlant les mêmes mots, vivant les mêmes choses. Et c’est un peu étrange voire flippant : est-ce que c’est une seule personnalité dans plusieurs corps, est-ce qu’il s’agit de plusieurs personnes partageant un seul corps ? (non) Et que se passe-t-il si un de ces clones est isolé de tous les autres ?
C’est plutôt bien. Je remarque que UKLG a tendance à commencer ses textes par des images souvent impossibles à décoder (le visage qui est une planète), ce qui rend l’entrée dans certains textes difficile voire un peu rebutante.
Les choses (1970)
C’est bientôt « la fin » et les Furieux brûlent toutes les choses qu’ils possèdent, ils brûlent même les champs et empoisonnent les puits. Lif est briquetier et il n’a pas envie de se débarrasser de ses choses. Après qu’il ait rêvé d'Îles au loin, derrière la mer, il se demande s'il serait possible d’y aller.
La forêt de l’oubli (1970)
Quelqu'un (quelque chose ?) se réveille, sans savoir qui il est ni même son nom.
Plus vaste qu’un empire (1971)
Des vaisseaux envoyés en exploration aux confins de l'Univers, peuplés de gens assez fous pour faire ce voyage. Dans un de ces vaisseaux, Odsen, qu’un médecin a « guéri de l’autisme » en provoquant l’inverse : une empathie totale, presque maladive. L’équipe finit par arriver sur une planète entièrement recouverte de plantes. Mais que se passe-t-il dans les forêts, et d’où vient cette peur qui les habite toustes ?
Étoile des profondeurs (1974)
On brûle le laboratoire d’un astronome, accusé d’hérésie. Il ne lui reste plus, pour échapper au bûcher, qu’à se cacher dans les mines, immenses, et infiniment sombres.
Le champ de vision (1973)
Des trois hommes envoyés sur Mars, un est devenu aveugle, un autre catatonique, et le dernier est mort au cours du voyage retour. Mais qu'a-t-il pu bien pu se passer dans cette mystérieuse « Cité », dont on n’arrive même pas à savoir si c’est une construction artificielle ou une simple concrétion naturelle ?
Le chêne et la mort (1973)
Un chêne sur le côté d’une route.
Ceux qui partent d’Omelas (1973)
Une grande fête, décrite par un narrateur un peu hésitant. Pour que les gens soient heureux, il faut qu'il y ait un enfant malheureux, enfermé seul dans une cave : c’est comme ça que les choses marchent. Certain.es ne semblent pas être d’accord, et partent d’Ormelas.
Un texte étrange et un peu mystérieux.
À la veille de la révolution (1974)
Quelques instants de la vie d’Odo, la vieille révolutionnaire au corps fatigué, que tout le monde considère comme une sorte de monument.
C’est pas grand-chose, mais c’est très fin dans l’écriture, habilement structuré.