Articles avec #coree tag

Publié le 15 Décembre 2019

Un prêtre passant du temps auprès de malades se rend dans un dispensaire pour tester un vaccin contre le terrible virus Emmanuel. Le vaccin échoue, le prêtre meurt, mais revient à la vie quelques minutes après, peut-être à cause du sang qu'on lui a transfusé. Devenu un miraculé, il est poursuivi par des pèlerins qui espèrent de lui guérison. Mais d'autres changements sont en cours dans son corps, qui vont radicalement changer sa vie.

Thirst est un film de vampire coréen inspiré par Émile Zola (voilà un beau kamoulox). Le prêtre se transforme petit à petit en vampire, son corps change, ses désirs et appétits aussi. Une bonne partie de l'intrigue tourne autour de l'histoire d'amour entre le prêtre et une jeune femme, figure de Cendrillon mariée à un imbécile et maltraitée par sa belle-mère. Évidemment, tout ça finira dans un bain de sang.
C'est le troisième film de Park Chan-wook que je vois (après Old Boy et Mademoiselle), je savais donc plus ou moins à quoi m'attendre en matière de violence physique et psychologique : meurtres, gore, auto-mutilation… Ce n'est pour autant pas le pire que j'ai pu voir.
C'est au final un film très beau, tant dans ce qu'il raconte, qui parvient malgré tout ce sang à être touchant ; que dans la manière magistrale qu'a Park Chan-wook de filmer : chaque plan est superbe, la caméra virevolte de manière virtuose… C'est parfois un peu visible, voire démonstratif, mais le résultat est tellement beau et émouvant qu'on lui pardonne ses effets de style.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #horreur, #Corée

Publié le 17 Octobre 2019

Dans la Corée des années 1930-40 (?) occupée par le Japon, le comte Fujiwara, un imposteur coréen qui se fait passer pour japonais, et Sook-hee, une jeune voleuse coréenne, décident de monter une arnaque contre mademoiselle Hideko, une riche héritière japonaise. Sook-hee est embauchée comme dame de chambre au service de Hideko, pendant que Fujiwara va tout faire pour épouser Hideko. Et à la fin, les deux complices partageront le butin.

Beaucoup de choses à dire sur ce film, je ne vais qu'effleurer la surface. C'est beau, bien filmé, la photo est très belle, en terme de cinéma c'est assez formidable.
Il y a pourtant quelques défauts dans l'écriture et la structure. Au milieu du film, il y a un renversement (que je ne vais pas dévoiler) qui fait revoir la première partie sous un autre jour. Et c'est précisément ce que Park Chan-wook fait : il passe en revue ce qu'on n'avait pas vu dans le premier acte. Donc on revoit un certain nombre de scènes sous un autre angle. Et c'est un peu long, on comprend rapidement, et on a vite envie de passer à la suite. Certes, il fait ça intelligemment, avec beaucoup d'ellipses, mais on ne fait que revoir ce qu'on a déjà vu.
On trouve dans ce film quelques défauts (subjectifs) d'Old Boy, le voyeurisme ou le torture porn, mais moins poussé que dans son précédent film, c'est une expérience beaucoup moins douloureuse.
Je note quelques similitudes avec Parasite : la problématique de la lutte des classes, arnaquer des riches en se faisant passer pour quelqu'un d'autre… La question de la lutte des classes est ici doublée par celle du nationalisme, Corée vs Japon.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 21 Juillet 2019

L'immense et contestée entreprise agro-alimentaire Mirando Corporation annonce la découverte au Chili de cochons géants. Vingt-six cochonnets sont envoyés à travers le monde pour être élevés par des fermiers locaux ; dans dix ans un concours couronnera le plus beau des cochons.
En Corée, la jeune Mija élève un de ces cochons, qu'elle a nommé Okja, en compagnie de son grand-père. Elle est très proche de l'animal (une sorte de gros chien en forme de cochon-hippopotame). Le tableau idyllique est troublé par le retour de Mirando, qui constate qu'Okja est de loin le plus beau des cochons : il faut donc le ramener à New York pour le concours. Mais c'est sans compter sur l'opposition et la détermination de Mija, déterminée à ne pas laisser partir son ami cochon.

Et c'est formidable. La mise en scène est précise, la lumière magnifique, les acteur·trice·s tous parfaits, en particulier Ahn Seo-hyeon (Mija), un vrai roc face à Mirando, elle est superbe. C'est également assez drôle, grâce entre autres à des acteurs qui ne se prennent pas trop au sérieux (notamment Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal), ce qui donne au film des airs de farce, tout en restant assez féroce et acerbe. Comme dans Parasite, Bong Joon-ho mélange les styles et les tons avec brio, sans jamais perdre le fil de son récit. On sent une liberté totale de sa part.
Au final, c'est une fable animaliste émouvante, un film de vegan anticapitaliste, ce qui n'est pas pour me déplaire non plus.

(Et même si les premières minutes j'ai scruté Okja sous toutes les coutures pour voir si elle était vraiment réussi, on oublie très vite cet aspect pour se concentrer sur le récit)

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Publié le 13 Juin 2019

Ki-taek, sa sœur et ses parents sont pauvres, désœuvrés, au chômage et plutôt malins. Pistonné par un ami, Ki-taek devient le prof d'anglais d'une fille de riches, les Parks. Il va œuvrer pour faire entrer toute sa famille chez eux.

Hé oui, même si Bong Joon-ho a explicitement demandé de ne pas spoiler le film, je vais le faire quand même, mais hey, je préviens.

Je dois avouer avoir des sentiments mitigés sur le film. C'est dû en grande partie parce que j'en ai entendu beaucoup (trop) de bien, que ce mystère sur les évènements du film me faisait attendre beaucoup, et que cette attente n'a pas été complètement comblée. Et c'est parfaitement injuste, parce qu'il n'y a rien à reprocher au film. Mais c'est toujours comme ça, quand on attend trop de quelque chose, on est déçu.

Il n'y a donc rien à reprocher au film. C'est beau, c'est même magistral, subtil dans la façon de filmer, les acteurs sont tous excellents… Bong Joon-ho jongle avec plusieurs genres : la comédie, le film de mœurs, l'horreur (quand on découvre ce type qui vit dans le sous-sol des Park), le thriller, le gore (la fin où tout le monde meurt)… Et ce n'est jamais forcé, toujours naturel, parce qu'il a manifestement un grand talent de narrateur.
Les thèmes sont nombreux et vastes, mais le film tourne surtout autour de la lutte des classes. Il y a les pauvres et les riches, les pauvres qui ont envie d'être riches mais qui ne se sentent pas de ce monde, et les riches qui sont sur une autre planète, un peu détraqués, et qui trouvent que les pauvres puent.
Il y aurait sans doute plein d'autres choses à en dire, le rapport aux métaphores par exemple (l'inondation, les égouts qui débordent etc).

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Publié le 4 Juin 2019

Yu est muté dans la ville (manifestement fictive) de Sori, tout à l'Ouest, dans un des endroits les plus reculés possibles cerné par la mer et la montagne. Cette mutation est une éviction, une punition. À laquelle s'ajoute l'humiliation que lui inflige sa femme, qui refuse de le suivre et préfère aller s'occuper d'un ancien amant gravement malade. Les choses partent donc mal.
Mais elles ne font que s'empirer une fois que Yu arrive à Sori. Rien ne se passe comme prévu, tout est catastrophique : il se fait voler son argent et son portefeuille, sa voiture est dépouillée, le bureau dans lequel il est sensé travailler n'existe pas… Incapable de partir, Yu est prisonnier de cette contrée hostile.

C'est un roman qui oscille entre plusieurs tonalités : il frôle le burlesque par moments (la suite des catastrophes qui arrivent à Yu), mais il ne va jamais vraiment dans l'humour, frôlant le tragique. Honnêtement, la suite des malheurs de Yu est au bout d'un moment un peu éprouvante – en mode « ça va, c'est bon, on a compris ». Mais dans le dernier tiers, une fois que Yu a bien touché le fond, Lee Seung-U amène autre chose, via la rencontre de personnages singuliers : Noé, une sorte de clodo céleste, qui vit dans une grotte et construit des « maisons » de pierre à l'intérieur de cette grotte, c'est-à-dire des tombes, des mausolées, des dernières demeures. Ce n'est pas un cimetière, ce sont des maisons dans lesquelles on se sent bien, prêt à mourir tranquille, détaché du monde extérieur. Yu sera guidé par la fille de Noé sur son initiation.
Et le roman prend alors une force poétique bienvenue et touchante. C'est une sorte de roman d'initiation à l'envers, dans lequel le personnage a besoin d'être détruit et au fond du trou pour renaître, libéré de toute contrainte, détaché. C'est beau, c'est fort, et c'est à recommander.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #Corée

Publié le 14 Avril 2019

Monsieur Han est un vieux monsieur acariâtre, alcoolique et taiseux. Il fait peine à voir et ses voisins ne l'apprécient guère. À sa mort, quelques rares proches viennent le pleurer.

Et le roman est le récit de la vie d'Han Yongdok, né en Corée du Nord, diplômé de gynécologie, dont la vie a petit à petit été détruite par une interminable guerre. Devenu indésirable au Nord, suspect au Sud, Han Yongdok cherche une place qu'on lui refuse.
Ce classique de la littérature coréenne moderne est un beau roman, tragique, terrifiant même par moments, porté par une plume élégante et réaliste. C'est aussi un roman très politique, démontrant par l'exemple comment la politique peut avoir une influence sur les vies ordinaires.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #Corée

Publié le 14 Novembre 2016

Oh Dae-su, sur le toit d'un immeuble, retient par la cravate un type qui avait manifestement envie de se suicider. Il lui raconte son histoire, qui commence dans un commissariat, où Dae-su, ivre, est retenu pour tapage. Son ami Joo-hwan vient le libérer, mais Dae-su disparaît mystérieusement. Enfermé dans une cellule dans laquelle il restera pendant 15 ans, proche de la folie, s'entraînant en boxant contre les murs, abruti par la télévision, creusant le mur pour s'échapper, il se promet de se venger contre celui qui l'a enfermé.
Libéré sans explication, il se rend dans un restaurant, où il reçoit un coup de téléphone du coupable. Après s'être évanoui, il se réveille chez Mi-do, la cuisinière, qui va l'aider dans sa longue recherche.

Voilà un film superbe et horrible, superbement horrible et horriblement superbe. Torture, auto-mutilation, perversité, sadisme, c'est un film qui ne nous épargne pas grand-chose – pas vraiment un film de dimanche soir apaisant, en somme.
Mais cela ne doit pas cacher l'impressionnante maîtrise filmique de Park Chan-wook. Les cadres sont superbement composés, la lumière est magistrale, le montage est plein de surprises... L'introduction du film, très abrupte, passant de scène en scène avec des ellipses de temps et de lieu très violentes, est magistrale. Il y a bien un ou deux effets kitchs (le passage du calendrier), mais tout de même, qu'est-ce que c'est bien foutu – y compris évidemment le fameux plan-séquence où Oh Dae-su affronte, dans un couloir, toute une armée de ses anciens geôliers.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée