Articles avec #western tag

Publié le 19 Juin 2020

Trois familles de colons sont perdues dans l'Oregon, guidées par Stephen Meek (j'apprends qu'il a réellement existé), un trappeur qui prétend connaître la région comme sa poche. Mais il faut se rendre à l'évidence : iels sont perdus. Et c'est terrible, parce qu'à l'horizon s'étend une sorte de désert, et que l'eau vient à manquer.
Ils croisent la route d'un Natif, un Païute, et finissent par le capturer, dans l'espoir qu'il les amène vers un point d'eau. La marche continue, l'impression d'être perdus aussi.

C'est donc le troisième film de Kelly Reichardt que je vois, après Wendy et Lucy, qui était bien (on retrouve la formidable Michelle Williams dans La Dernière Piste) et Night Moves, qui était pas terrible. Je l'avoue, je me suis pas mal ennuyé devant La Dernière Piste, parce qu'une film sur l'errance, est forcément un film sur l'attente et l'errance. Mais c'est dur de lui faire ce reproche : c'est d'une certaine façon le projet du film, d'être aussi aride que les paysages, et elle y réussit très bien. Kelly Reichardt reste ici aussi un peu trop en retrait de ses personnages pour qu'on s'y attache vraiment, et qu'on se sente vraiment impliqué.
Les cadres, les lumières, les couleurs sont magnifiques, mais dans un western, c'est un peu la base.
Je note que sans être féministe, c'est un film qui remet un peu en question la masculinité toxique qui envahit la plupart des autres westerns.

Voir les commentaires

Publié le 13 Juin 2020

Le Marshall Virgil Cole (Ed Harris) et son adjoint Everett Hitch (Viggo Mortensen) arrivent dans la petite ville d'Appaloosa, pour régler le problème que pose Bratt (Jeremy Irons), un assassin qui se croit tout permis. Pour faire régner l'ordre, Cole instaure une sorte de loi martiale où il peut tout faire et décider de tout.
Cole va se mettre en couple avec Allie (Renée Zellweger) et arrêter Bratt, mais tout ne va pas être si simple que ça.

Bon, je regarde des westerns en ce moment pour le boulot, mais ce n'est pas particulièrement un genre dont je raffole, en particulier parce que ce sont souvent des films de mecs, avec des histoires de mecs. Bien souvent on tombe dans le sexisme le plus lamentable, et les personnages ont tendance à illustrer le problème de la masculinité toxique. C'est parfaitement le cas ici.
Passons sur la différence d'âge entre Cole et Ellie (19 ans, quand même), pour nous concentrer sur cet unique (quasiment) personnage féminin : elle est menteuse et manipulatrice, et ne sert que de point faible pour Cole, puisque les méchants se serviront d'elle pour le faire chanter.
Cole illustre assez bien le problème de la masculinité toxique, qui explique que « Fellings get you killed ». Everett, qui est présenté comme moins bon que Cole, est pourtant un meilleur être humain que lui (il s'excuse, il parle presque de ce qu'il ressent, incroyable). Il finit pourtant le film dans un acte meurtrier sans émotion ni remords.
Ajoutez à ça que fait que le film a un gros problème dans la gestion de ses ellipses (on a l'impression que tout se passe en quelques jours, alors que manifestement non), et vous comprendrez que ce n'était pas forcément une super soirée ciné. Certes, la photo est belle, les plans élégants, les acteur·trice·s très bien, mais ça ne suffit pas.

Voir les commentaires

Publié le 12 Juin 2020

John Dunbar est fatigué de la guerre de Sécession, et il est bien content de pouvoir aller à un avant-poste de l'Ouest pour être pénard. Le « fort » est déserté, c'est une cabane entourée de détritu, mais qu'importe, c'est son nouveau chez lui. Il va rapidement rencontrer ses nouveaux voisins, de Sioux, avec qui il va se lier d'amitié.

J'ai vu la version « director's cut » (même s'il paraît que Costner n'a pas travaillé dessus) de4h, donc autant dire que mon résumé laisse de côté absolument toute la subtilité de ce récit. C'est bien écrit, c'est touchant, c'est bien filmé, les décors et la lumière sont vraiment splendides, c'est un petit peu un film atteint du syndrome du « sauveur blanc », mais sinon rien à redire, c'est vraiment très très bien.

Voir les commentaires

Publié le 8 Juin 2020

Alors que tout se passait bien dans la petite ville de Bright Hope, un type louche débarque. Il est mis en prison, mais se fait enlever, avec la femme qui soignait ce type et l'adjoint du shériff. Le shériff, aidé par l'époux et deux autres type, se lance à la poursuite des ravisseurs.

C'est un western flirtant avec l'horreur pas très mémorable, avec des méchants Natifs Américains cannibales, ce qui est une façon d'encore et toujours faire des Natifs les méchants de l'histoire. Kurt Russel, qui joue le shériff, a une très belle moustache. La photo est très belle, il y a quelques plans vraiment élégants, mais comme c'est filmé caméra au poing, c'est pas foufou non plus.

Voir les commentaires

Publié le 30 Mai 2020

Django est un ancien esclave libéré par le docteur King Schultz, un chasseur de tête. Les deux parcourent une partie du sud-est des États-Unis à la recherche de bandits à dézinguer. Mais Django cherche avant tout à récupérer sa femme Broomhilda, restée esclave. Avec Schultz, ils vont mettre en œuvre un plan pour la récupérer.

C'est un film assez beau visuellement, plutôt bien écrit, avec ces fameuses scènes de « négociations » affables en apparence mais qui risquent de déraper à tout moment. Tarantino fait ce qu'il sait faire, il s'amuse manifestement, cinématographiquement c'est plutôt habile (sauf quand lui-même se retrouve à l'écran, le montage devient bizarrement plus faible).
C'est cool & fun, j'avoue avoir vraiment pris du plaisir à le regarder – même si c'est un peu long, tout de même. Mais comme toujours chez Tarantino, c'est aussi un film problématique.

* * *

Django… est un film de vengeance : un ancien esclave tue des méchants Blancs. Mais comme souvent dans ce genre de les « revenge movies », il faut montrer de quoi détester les hommes que l'on tue, et on tombe alors souvent dans le « torture porn ». C'est ici moins flagrant que dans Kill Bill (Tarantino a manifestement plus de plaisir à torturer ses actrices que ses acteurs), le personnage de Django est relativement épargné, mais Broomhilda ne l'est pas, idem pour certains personnages plus ou moins secondaires. Dévoré par des chiens, pendu par les pieds, fouetté, marqué au fer rouge, battu à mort, crane éclaté à coups de marteau, laissé pourrir au soleil, la liste des tortures infligée aux Noirs est longue.
Un autre problème que pose cette façon de justifier la violence par la violence, c'est que c'est une facilité d'écriture. Tarantino veut des fusillades, du sang, des morts, et il justifie ça par le cliché du film de vengeance, qu'il a pourtant déjà beaucoup exploité : Kill Bill, Boulevard de la mort, Inglourious Basterds, ça fait 4 films à la suite qui exploitent le même cliché.
J'invite, pour aller plus loin, à lire ce très bon article de Célia Sauvage, « "Django Unchained" ou l'ambiguïté de la violence dans les films de Tarantino ».

* * *

Les films de Tarantino sont des films de mecs. Ça m'avait particulièrement marqué dans Reservoir Dogs, à mon avis le pire exemple de ce travers. Django… ne passe évidemment pas le test de Bechdel. Broomhilda n'est pas un personnage, seulement un MacGuffin que l'on torture pour motiver le héro ; on se croirait dans un jeu vidéo où le héro a pour récompense la princesse (un cliché bien évidemment problématique). La plupart des séquences de « négociations » dont je parlais plus haut sont des combats de coq, des affrontements virils, voire virilistes entre mecs.

* * *

Tarantino joue dans son film, et c'est toujours intéressant de regarder quel rôle il se donne. En l'occurrence, il joue un couillon qui transporte des esclaves vers une mine où un sort horrible les attend. Je trouve un peu problématique que Tarantino lui-même s'offre le rôle d'un tortionnaire de Noirs. On me dira « oui mais il se donne pas le beau rôle, même à la fin il explose ; et puis c'est pour rire, ça vaaaa ». C'est une difficulté de l'analyse du travail de Tarantino : comme tout est ironique dans ses films, on peut balayer toute critique d'un revers de la main en disant « c'est pour rire » (c'est d'ailleurs un des axes du livre de Célia Sauvage Critiquer Quentin Tarantino est-il raisonnable ?) J'imagine très bien Tarantino choisir de jouer ce rôle pour le fun : jouer un crétin qui se fait exploser à la dynamite, c'est marrant. Mais on sait que même quand c'est « pour rire », on peut toujours trouver un discours derrière.
Il ne s'est pas choisi un rôle innocent : on le voit se foutre de la gueule des Noirs qu'il transporte, leur balancer de la dynamite à la tronche en riant. Quand on sait la façon qu'il a de (mal)traiter ses acteurs, et en particulier ses actrices, c'est problématique. Rien ne l'obligeait à jouer ce rôle, pourtant.
On pourrait presque voir le fait qu'il joue un crétin comme une mise en abyme du fait que lui-même n'a pas conscience du discours qu'il véhicule.

Voir les commentaires

Publié le 24 Septembre 2019

Mary Bee Cuddy (Hillary Swank, parfaite), 31 ans, est désespérément célibataire. Fervente croyante, elle cherche manifestement plus un mariage d'intérêt que d'amour ; il semble qu'elle a quitté New York pour suivre quelqu'un dans le Far West, qui l'a laissée tomber.
Toujours est-il que dans son bled trois femmes sont devenues folles, et faute d'hommes courageux, c'est Cuddy qui s'occupe de les amener dans l'Iowa, où un pasteur accepte de les prendre en charge. Elle tombe sur « George Briggs » (ce n'est pas son vrai nom) (Tommy Lee Jones), un vieux voyou qu'elle force à l'accompagner. Bref, cet étrange équipage va traverser une partie du désert des États-Unis.

Ce road trip sale et poussiéreux est évidemment beau, de grands paysages, de grandes lumières, tout ça. Rien de nouveau sous le soleil pourtant. C'est un film plutôt agréable, mais qui reste trop à distance de ses personnages, un peu opaques, et qui, à force de vouloir être pudique, en devient un peu froid. Il y a des moments tragiques, mais qui passent tellement vite qu'on n'a pas le temps de ressentir quoi que ce soit, et c'est bien dommage.

Voir les commentaires

Publié le 8 Juin 2019

Les Frères Sisters sont des tueurs à gage travaillant pour le Commodore. Ils doivent retrouver le détective John Morris, également engagé par le Commodore, qui suit la trace d'Hermann Kermit Warm, un chimiste qui a développé une technique (magique) pour récupérer de l'or. Mais les choses vont évidemment se compliquer.

C'est donc un western américain réalisé par Jacques Audiard. C'est un film assez irréprochable cinématographiquement : la lumière est très belle, les acteurs parfaits, le scénario bien ficelé. Il faut quand même noter l'absence quasi-totale de femmes dans ce film : c'est un film de mecs pour les mecs.
Le problème, c'est que j'ai vu ce film il y a quelques jours et que même si je l'ai apprécié sur le moment, il ne m'en reste presque rien. Je n'arrive pas vraiment à expliquer pourquoi, c'est pourtant un film qui brasse des sujets assez forts : la fraternité, la trahison, la place qu'on se donne, la confrontation à des évènements qui nous dépassent… Je n'arrive pas à savoir si c'est le film qui manque de souffle, ou si c'est juste moi qui ne suis pas réceptif à ces questions.

Voir les commentaires