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Publié le 6 Novembre 2016

Butch Cassidy (Paul Newman), « Sundance Kid » (Robert Redford) et leur gang sont des bandits qui attaquent banques et trains. Un jour, Butch et le Kid sont pris en chasse par une équipe constituée des plus fins limiers du pays, engagée par l'Union Pacific, lasse de voir ses trains se faire piller. Ils fuient, courent, se cachent, et finissent par arriver sains et saufs chez Etta, la femme du Kid. Ils décident de fuir tous trois en Bolivie pour se faire oublier. Ils reprennent leurs activités diverses, un peu handicapés par leur faible maîtrise de l'espagnol. Recherchés par tous les policiers du pays, ce qui devait arriver se produit : ils se font coincer.

Première chose : Paul Newman et Robert Redford. Rien que ça, ça pose un film. Ils sont majestueux et magnétiques. Paul Newman, tout en charisme, en légèreté, désinvolture  et spontanéité ; Robert Redford, beau malgré sa moustache ridicule, très taiseux au début, limite autiste, un peu plus bavard par la suite, rugueux et nerveux.
Mais ce n'est pas tout, puisque le film est très beau, vraiment très réussi. Il y a plein de beaux moments. L'ouverture est très belle, avec un générique plagiant les films muets, puis, dans un très beau noir et blanc (sépia), Paul Newman qui observe une banque, Robert Redford qui joue aux cartes dans un plan-séquence plein de palpable tension. C'est lyrique tout en étant finalement assez simple, ça dit beaucoup en quelques plans, la lumière et les cadres sont magnifiques... La couleur arrive ensuite, au cours de la première chevauchée, dans des décors évidemment très beaux (c'est un western).
La tension monte rapidement pendant la traque, pleine de mystère, un peu diluée, puisqu'ils ne savent pas dans un premier temps qui leur court après, ni s'ils ont réussi à semer leurs poursuivants. Il y a de belles scènes, le montage est assez inventif. Tout le début de la fuite vers la Bolivie des trois complices est montrée avec des photogrammes : la route, les trains, et surtout le séjour vibrionnant à New York – pour une séquence en images fixes c'est étonnamment vif et rythmé. On pense à La Jetée et en même temps ça n'a rien à voir.
Le générique indique : « la plupart de ce qui suit est vrai » (« most of what follows is true »), et j'aime bien la liberté que suppose « la plupart ».

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser par moments à Bonnie and Clyde (que j'ai vu il y a plus ou moins un an déjà comme le temps passe), plus ou moins issu du même mouvement et à la même époque, même si B & C a un sous-texte plus creusé (sexualité, impuissance, violence...) Pourtant, dans Butch Cassidy..., il y a une désinvolture, un humour qui surprennent par leur fraîcheur, et la musique participe de ce mouvement : signée Burt Bacharach, elle est étonnamment pop et légère pour un western comme celui-ci – c'est dans ce film qu'on trouve Raindrops keep fallin' on my head. Mais on est en 1969, c'est le Nouvel Hollywood, il faut vivre avec son temps. La modernité se situe peut-être dans cette forme d'irrévérence vis-à-vis d'un genre codifié (j'en suis rien, je ne suis pas historien du cinéma hollywoodien)

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Publié le 22 Septembre 2015

Ce livre est un vaste western littéraire. Il y a plein de personnages, ce qui, avouons-le, peut perdre un peu les gens qui comme moi ont du mal à retenir les noms, surtout dans la première partie qui alterne entre ces différents personnages sur la route magistrale de la conquête de l'Ouest. Deux frères avec un fils en caravane, transportant leur mère malade, accompagnés de loin par une jeune chinoise, un type paumé qui se fait aider par une chaman indienne, Eau-qui-court-sur-la-plaine, des types qui jouent tout ce qu'ils ont au jeu, des voleurs de chevaux... Tout ce joyeux monde finit par s'installer dans une ville nouvelle, avec barbier, corrals et saloon/maison close.

Bien que ce soit un roman réellement brillant, il faut quand même que j'avoue une préférence pour la première partie, celle de la route. Peut-être parce qu'il correspond plus à mon idéal romantique du moment – traverser les États-Unis, cheveux au vent, sur un courageux cheval, sans savoir ce qui nous attend, en bien comme en mal. Parce que c'est la route des rencontres, des dangers, des aventures. Aussi parce que dans cette première partie, les Indiens ne sont jamais loin, et qu'une part de magie, rêvée ou réelle, a sa place. Et aussi parce que le décor formidable a une importance que ne parviennent pas à faire oublier les personnages, pourtant magnifiquement campés. Ce livre se lit comme un roman d'aventure épique et grandiose, avec, par moments, quelques saillies magnifiques, telles que « la lune apparut entre deux masses de nuages en pleurs, trempée de blanc ». Peut-être suis-je influencé par le fait que le western est le genre cinématographique par excellence, mais il m'a semblé, à plusieurs moments du récit, avoir sous les yeux des scènes de cinéma, ou du moins des scènes citant des techniques de cinéma. Sans en avoir l'air, sans le souligner, en faisant tout passer par le style, par l'écriture : quelques ralentis saisissants, notamment dans des scènes de bagarre, et des montages alternés haletants.

Ah, un détail qui m'a légèrement dérangé : je n'aime pas la façon dont Cécile Minard place ses virgules. Ça peut paraître bête dit comme ça, mais une virgule mal placée ou oubliée, à mon avis, casse un peu le rythme de la phrase. Mais est-ce raison suffisante pour ne pas lire ce livre ?

Edit du 30/90/2016 : en relisant cet article presque un an après, je me rends compte que je n'ai pas du tout suffisamment insisté sur l'importance du paysage dans ce roman, qui est pourtant un personnage à part entière – du moins dans la première partie du roman, dans la seconde, l'action se déroulant presque intégralement dans une petite ville, l'horizon se réduit. Et pourtant c'est une des forces du roman, et c'est une des choses qui me reste en tête : la beauté et l'immensité des décors, que l'on sent à travers l'écriture de Céline Minard. Bien sûr, les paysages sont essentiels dans ce genre, et à la lecture toutes les images des films reviennent en tête, mais Céline Minard se sert de cet acquis pour incarner et rendre vivant l'espace américain.

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