Articles avec #documentaire tag

Publié le 6 Avril 2025

Souvenons-nous : en 2008 c'est la Crise, celle qui a suivi la crise des subprimes, et en France le taux de chômage explose. La journaliste Florence Aubenas décide de partir dans une ville qu'elle ne connait pas, Caen en l’occurrence, et de chercher du travail comme si elle venait de se séparer sans avoir jamais travaillé. Elle se confronte à la dure réalité du monde du travail (ou plutôt de l'absence de travail), et aux conditions impossibles faites aux femmes de ménage. Malgré la fatigue, les douleurs, la précarité, il y a aussi de la joie et de l'entraide.

Je n'avais pas lu le livre à sa sortie*, et c'est étonnant comme il semble à la fois venir d'un autre monde, et toujours être extrêmement actuel – je doute que les conditions offertes aux demandeur·euses d'emploi se soient vraiment amélioré. C'est une livre passionnant, écrit avec simplicité et beaucoup de finesse.

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* j'avais quand même écouté la formidable adaptation radiophonique sur France Culture. Mais en même temps ma mère faisait encore du ménage à l'époque, et ça se passe pas loin de là où j'ai grandi, je ne pouvais pas passer à côté !

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Publié le 5 Avril 2025

Borat (Sacha Baron Cohen) est un journaliste Kazakh qui part pour découvrir les États-Unis d'Amérique.

J'étais allé voir ce film jadis à sa sortie au cinéma, je ne l'avais jamais revu depuis. Il y a quelques passages qui étaient déjà problématiques à l'époque (en particulier la représentation du Kazakhstan comme un pays arriéré et barbare, écueil que Sacha Baron Cohen aurait pu facilement éviter en inventant un pays). Je me suis quand même bien marré ; SBC a l'intelligence d'alterner les séquences où l'on rit de Borat et celles où on rit des énergumènes qu'il rencontre sur sa route – parce que l'Amérique qu'il traverse est gratinée, engluée dans les guerres en Irak et en Afghanistan, et qu'on voit déjà le trumpisme poindre son nez.

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Publié le 9 Février 2025

Ce documentaire commence par un remontage de l'incroyable épisode de Striptease intitulé « Pizza Americana » qui se concentre sur l'ouverture d'un Domino's Pizza à Strasbourg : le responsable, tout emprunt de l'« esprit » de la boite, est incroyable. La suite alterne principalement entre des interviews de gens ayant choisi de ne pas travailler (à la suite d'un licenciement, d'un accident, par choix politique) ; et des interviews sauvages à un congrès du Medef.
Il y a d'autres séquences : quelques publicités invraisemblables (la Société Générale fait une comédie musicale) ; des employés de Michelin lisant le livre de leur patron…

Les questions posées par le film et ses intervenant·es sont riches et passionnantes. Je regrette un peu la forme du docu, qui ne les met pas vraiment en valeur : c'est un peu décousu, et un peu long : il y aurait été possible de faire des coupes pour mieux articuler le propos. Et c'est aussi parfois inégal. Cela tient surtout au fait que les interviews restent en général en surface et dans les généralités : le travail aliène, rend con/fou/triste, ne pas travailler permet d'avoir le temps de lire des livres… Mais comment vivent ces gens ? Comment se débrouillent-iels avec seulement le RMI ? Que fait vraiment celui qui se vante d'avoir une vie sociale hyper riche ? J'aurais bien aimé qu'il y ait moins d'intervenant·es mais qu'iels se racontent plus en profondeur.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #documentaire

Publié le 25 Juillet 2024

En y réfléchissant, peut-être qu'Océans est un de mes films préférés. C'est un documentaire que j'avais vu au cinéma à sa sortie, plein de poésie, de majesté, et d'images impressionnantes, parfois terribles. Il est presque muet, avec un peu de voix off (par Jacques Perrin, le marin des Demoiselles de Rochefort), et une grande place à la musique. Certaines scènes et certaines images sont gravées à tout jamais dans ma mémoire ; il fait partie des raisons plus ou moins conscientes qui m'ont poussé à travailler sur Ce qui demain fera peur.

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Publié le 2 Février 2024

Le journaliste new-yorkais Jeff Harris se rend au Brésil pour écrire un livre sur la naissance de la bossa nova. Au fil de ses recherches, il découvre le pianiste Tenório Júnior, un musicien brillant, subitement disparu en 1976 alors qu'il accompagnait Vinicius de Moraes en Argentine. Jeff Harris développe une obsession pour ce personnage, et mène l'enquête pour comprendre ce qui lui est arrivé.

Sur le papier il y a plein de choses qui auraient dû me plaire dans ce film (un documentaire pour 90%) : de la musique, de l'animation, plein de langues différentes, une biographie de pianiste…
Déjà, visuellement, je ne suis pas convaincu par le style graphique du film. Je n'aime pas les couleurs, je ne suis pas convaincu par la rotoscopie, je n'aime pas que la plupart du temps il n'y ait que deux images par seconde…
Ensuite, il y a vraiment trop de longueurs. Je comprends que Fernando Trueba, qui a écrit le scénario, ait eu envie de faire figurer la plupart de ses interviews de stars de la bossa, mais ils finissent par tous se répéter : « Tenório Júnior était un super musicien, quelqu'un de très gentil, il nous manque beaucoup ». Le récit se déroule sans surprise, sans révélation, exactement comme on nous l'annonce dans les cinq premières minutes (au contraire de Sugar Man, que j'ai bien envie de revoir du coup). J'en viens presque à me demander si Tenório Júnior est vraiment un personnage si intéressant : c'est un bon pianiste, mais un type sans aspérité, qui a juste eu une fin tragique et surprenante. Peut-être qu'il aurait fallu creuser un peu les relations de sa femme et de sa maitresse, seul élément un peu romanesque ?
Le dernier point qui me gène, c'est la distance que prend le film avec son sujet. Parce que le medium de l'animation, tel qu'il est traité ici, crée une distance avec les personnages et les témoignages : quand un des musiciens interviewés se met à pleurer sur la mort de son ami, je ne suis pas ému, je ne vois que des dessins mal animés. Surtout, je ne comprends pas pourquoi Fernando Trueba est allé inventer le personnage de ce journaliste : le film raconte clairement l'enquête qu'a menée Trueba, j'aurais sans doute préféré qu'il assume le « je » de l'auteur et qu'il se mette en scène, le résultat aurait peut-être été plus sincère et plus touchant.

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