Publié le 19 Août 2019
Kris, un psychologue, se rend sur une station spatiale orbitant autour de Solaris, une planète-océan. Il a la surprise de voir que personne ne l'attend à son arrivée, voire même que les deux autres occupants de la station ne sont pas ravis-ravis de le voir (c’est le moins qu’on puisse dire). Il n'est pas au bout de ses surprises, puisque l'océan semble vivant, et a l'air d'avoir envie de jouer avec eux.
Depuis le temps que j'entends parler de Tarkovski, enfin, je me suis lancé dans l'aventure un peu intimidante de regarder un de ses films.
Solaris est donc un film de SF, on pense souvent au 2001 de Kubrick : même huis clos, même approche de thriller psychologique, même lenteur aussi (oui oui), même s'il y a évidemment des différences.
Le premier truc qui m'a sauté aux yeux, c'est le décor de la station : sale, foutraque, bordélique et décati, il reflète l'état intérieur des personnages ; j'ai pensé à Alien dont on dit, manifestement faussement, que c'est le premier film à montrer un vaisseau déglingué.
Spoilons un peu : l'océan matérialise de façon mystérieuse des humains auxquels pensent les cosmonautes. Dans le cas de Kris, il s'agit de Khari, sa femme morte quelques années plus tôt, dont il retombe amoureux. À ce moment, le film semble tomber dans une romance un peu malsaine, et traine un petit peu à mon goût, mais il soulève quand même quelques questions intéressantes (même si elles pourraient avoir plus de force par moments) : Khari est à la fois la femme de Kris, et en même temps elle sait qu'elle ne l'est pas puisqu'elle sait que Khari est morte, est-elle humaine ? On pense à Blade Runner, qui explore ces questions plus en profondeur.
Solaris est surtout un film avec des images puissantes et magnifiques, à la fin mystérieuse et forte qui fait un peu penser à celle de 2001 (en moins psyché quand même).
Quand même, je relève que Tarkovski n'a pas l'air très intéressé par l'aspect « science-fiction » du récit : on ne sait pas où est Solaris, on ne sait pas comment Kris se rend sur cette planète, on sait que Khari est constituée de « neutrinos » excités par le champ magnétique de la planète, mais ça soulève plus de questions que ça n'en résout… J'imagine que de nombreux points sont développés dans le roman éponyme qui a donné le film.
(Au passage, le résumé de Wikipedia est plus complet que le film).
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