Articles avec #cinema tag

Publié le 20 Juillet 2026

Il y a trois histoires dans ce film.
Tout d'abord, un employé d'un spa trouve un sac Vuitton abandonné, rempli de pognon, et il se demande comment il peut se débrouiller pour récupérer le sac sans se faire voir.
Un type s'est endetté auprès de la mauvaise personne (enfin plus précisément c'est sa copine qui s'est endettée, mais elle a disparu), et il cherche comment filouter pour rembourser.
Et une femme se fait tabasser par son alcoolique de mari. Elle rencontre, dans le bordel où elle travaille, un immigré chinois qui pourra peut-être l'aider à se débarrasser de ce mari.

Et on se doute que ces histoires vont se croiser, et que le sac de pognon risque de passer entre plusieurs mains, mais ce film recèle quand même plein de surprises. Le scénario, adapté d'un roman de Keisuke Sone (non traduit), est finement ciselé, machiavélique et tordu à souhait, et, comme j'ai l'impression que ça arrive souvent dans le cinéma coréen, plein de noirceur.
Les acteurices sont excellent·es ; il y a tout un jeu sur les soupirs, les silences et les respirations d'une grande finesse. Visuellement c'est un régal, la photo est magnifique, la mise en scène d'une grande précision. C'est d'autant plus impressionnant que c'est un premier film !

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Polar, #Corée

Publié le 19 Juillet 2026

Nous sommes en 1932, dans un Mississippi très rural. Deux frères jumeaux (Michael B. Jordan) reviennent de Chicago, où ils ont fait fortune auprès de la pègre ; ils achètent une grange à un propriétaire blanc pour en faire un club de blues. Ils font le tour de leurs anciennes connaissances pour les embaucher dans leur club, et vont en particulier voir un de leurs jeunes cousins, Sammy « Preacherboy » (Miles Caton), qui s'avère être un excellent chanteur de blues.

Pendant toute la première partie du film, il n'est question que de ce retour au sources, de ce qu'on peut laisser derrière soi en suspens quand on part pendant plusieurs années ; il est aussi beaucoup question du blues évidemment ! Mais (petit spoil) c'est aussi un film fantastique, un film de vampires plus précisément, et effectivement le film bascule dans autre chose quand les vampires1 débarquent.
Et c'est excellent. Le film est probablement un peu long, mais en même temps j'aime bien qu'il prenne le temps de planter le décor, de faire vivre ses personnages. Les acteur·ices sont super2,  la lumière est magnifique, la mise en scène très belle. C'est pas vraiment touchant, mais les personnages sont très bien, l'action est bien fichue (en même temps on a le réalisateur de Black Panther aux manettes, l'inverse serait surprenant).

* * *

1. Des Irlandais, qui n'étaient pas vraiment considérés comme des Blancs à l'époque aux USA, mais qui sont quand même vachement plus blancs que le reste du casting. Je sais que ce n'est pas innocent mais je ne suis pas sûr de bien saisir pourquoi. Je suis certain que Bolchegeek saura éclairer ma lanterne.
La question raciale est évidemment centrale dans le propos du film : quasiment tous les personnages sont Noirs, avec une famille d'immigrés chinois ; en face il y a les vampires irlandais, et plus loin les Blancs du KKK. Est-ce que la vampirisation qui menace (et atteint) les Noirs est une façon de parler d'une acculturation ?

2. Même si : pourquoi avoir dédoublé Michael B. Jordan pour jouer les jumeaux, il n'était pas possible de trouver de vrais jumeaux noirs ? c'est impressionnant de technique, mais ça ressemble un peu à de l’esbroufe. Après je sais combien il est difficile de financer un film sans une grosse tête d'affiche, ça doit jouer.

Voir les commentaires

Publié le 19 Juillet 2026

Nous sommes dans le futur, quelques jours avant le passage à l'an 2000. Un casque que l'on pose sur le crane permet de capter et de revivre les souvenirs ; Los Angeles semble déchirée entre policiers ultra violents et criminels qui ravagent la ville ; L.A. est au bord de l'émeute depuis le meurtre inexpliqué de Jeriko One, un rappeur très engagé dans la défense des droits des Noirs.
Lenny (Ralph Finnes) est un trafiquant de souvenirs (souvent du porno), qui vit lui-même dans un passé perdu : il passe trop de temps à revoir des moments de sa vie avec Faith (Juliette Lewis), qui l'a quitté depuis. Accompagné de son amie Mace (Angela Bassett), Lenny va essayer de comprendre la menace qui plane sur Faith.

C'est un classique du cyberpunk (le nom de famille de Lenny est Nero, clin d'œil explicite au Neuromancien). Le monde qu'il décrit est apocalyptique : quand les personnages roulent dans la ville autour d'eux on ne voit que pillages, braquages, violences policières, poubelles qui brûlent… Les voyous ne semblent pas être des enfants de chœur, mais c'est surtout la police qui parait violente et corrompue. Le fond de lutte raciale est très fort, et fait écho aux émeutes qui ont touché Los Angeles après l'affaire Rodney King (l’acquittement de policiers blancs qui ont tabassé un homme noir).
Il y a quelques beaux moments, en particulier des longs plans séquences en vue subjective (des souvenirs, un braquage et une ballade en rollers), qui évoque le jeu vidéo – avant l'heure. Sinon, disons-le, c'est un peu long, parfois un peu confus (en particulier la fin, où les personnages sont obligés d'expliquer ce qui se passe pendant de longues minutes). Toute l'esthétique est vraiment très très 1990's.
Si le film montre un personnage féminin badass (Mace/Angela Bassett), il montre aussi une scène de viol en vue subjective dont on se serait bien passé. Le film a beau être réalisé par Kathryn Bigelow, il ressemble vraiment à un « film de mec » (peut-être que le fait qu'il ait été écrit par James Cameron n'y est pas étranger).

Voir les commentaires

Publié le 17 Juillet 2026

Samba (Omar Sy) est un Sénégalais installé en France depuis 10 ans, sans avoir le Graal du permis de séjour, et qui vit de petits boulots. Il rencontre Alice (Charlotte Gainsbourg), bénévole dans une asso d'aide aux sans-papiers.

J'ai un peu de mal à savoir ce que j'ai pensé de ce film. Il n'est pas nul, les acteurices sont très bien. C'est probablement un peu trop prévisible pour être vraiment passionnant. Je trouve que toute la fin est mal écrite et pas très claire (beaucoup trop de questions sur les raisons de faire des personnages), et c'est vraiment dommage de terminer sur une note comme ça.
À mon avis, le problème de fond est que Toledano et Nakache cherchent visiblement à plaire à tout le monde. Tout le monde est sympa, il n'y a pas de racisme, les policiers qui courent après Samba (parce que quand même) ne sont des silhouettes vues de loin – il ne faudrait surtout pas braquer les gens qui aiment la police. C'est sûrement bien d'avoir des films gentils, qui cherchent à réconcilier les gens, mais le problème c'est que le résultat est attendu et lisse – et donc très oubliable.

Voir les commentaires

Publié le 15 Juillet 2026

Victor (Vincent Lindon) se réveille ce matin, et découvre une lettre de sa femme lui annonçant qu'elle le quitte. Quand il arrive au boulot, il apprend qu'il est licencié. Il se sent hyper mal, mais personne ne l'écoute parce que tout le monde autour de lui est en crise également. Il tombe sur Michou (Patrick Timsit), un type gentil mais paumé qui se met à l'accompagner partout.

Tous ces gens tellement dans des crises existentielles qu'ils sont incapables de s'écouter les un·es les autres, c'est plutôt marrant – même s'il ne fait pas non plus s'attendre à de gros rires devant ce film. Il y a quelques beaux moments, en particulier quand la mère de Victor (Maria Pacôme, excellente bien que dans le film elle est sensée avoir 50 ans, alors qu'elle en a 69 et que ça se voit, WTF ?) fait un plaidoyer pour sa liberté de femme ; quand la belle-sœur de Michou explique à Victor qu'il est un peu con. Les dialogues sont très finement écrits, les acteur·ices (la crème de cette époque) les délivrent au cordeau, et ça fait toujours plaisir de voir un beau texte délivré avec une grande justesse.
Malgré toutes ses qualités, ça reste un film un peu foutraque, dans lequel Coline Serreau essaye apparemment de mettre plein de choses (les classes sociales, le racisme, l'homéopathie, l'alcoolisme, la liberté féminine, l'aliénation par le travail, la charge mentale, la médecine chinoise, le mépris des politiciens, etc) sans vraiment tout maitriser (le racisme, le classisme). Victor est un trou de balle, c'est à peu près évident, qui va petit à petit s'ouvrir aux autres – mais c'est dommage que même vers la fin du film il reste vraiment méchant avec Michou : ça casse un peu la progression du personnage.

Voir les commentaires

Publié le 9 Juillet 2026

Nous sommes à Chicago en 1929, en pleine prohibition. Deux musiciens fauchés (Tony Curtis et Jack Lemmon) se retrouvent au mauvais moment au mauvais endroit, et sont recherchés par la pègre. Leur solution : s'habiller en femmes pour rejoindre un orchestre féminin en tournée en Floride, à qui il manquait justement deux musiciennes…

Disons-le directement : c'est très fun à regarder. Les situations sont drôles, on est un peu dans le théâtre de boulevard, les deux acteurs principaux ont l'air de beaucoup s'amuser, c'est habilement mis en scène.
Et le film est beaucoup moins problématique que l'on pourrait craindre. Certes, un certain nombre de gags tournent autour du cul, parce que les deux musiciens sont entourés de jeunes et jolies musiciennes ; certes, Marilyn Monroe qui joue le love-interest d'un des musiciens (mais elle pense qu'il est une femme !) joue son personnage de blonde un peu cruche, et c'est dommage parce qu'il y aurait eu mieux à lui proposer ; certes tout le film baigne dans un léger bain de sexisme – mais franchement même pour des standards d'aujourd'hui ça va, et c'est un film qui a presque 70 ans ! Il n'y a au final pas de blague sur le thème de « oh la honte t'es une gonzesse », ce qui est quand même notable. Et le gag final (« je suis un homme – personne n'est parfait ») est tout bonnement excellent.

Voir les commentaires

Publié le 3 Juillet 2026

Dale (John C. Reilly) vit encore chez son père docteur Robert Doback (Richard Jenkins). Quand celui-ci épouse Nancy Huff (Mary Steenburgen), elle s'installe avec son fils Brennan (Will Ferrell). Les deux grands enfants commencent par se détester, avant de devenir les meilleurs amis du monde.

C'est complètement stupide, mais plutôt marrant. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment bien réalisé, il y a trop de jump-cuts chelous pour ça. Mais le timing comique comique est plutôt bien respecté, donc ça vaaaa.

Voir les commentaires