Articles avec #cinema tag

Publié le 24 Mai 2026

La jeune Sheeta porte une « pierre volante » que tout le monde veut lui voler, des pirates aux militaires accompagnés d'un mystérieux homme aux lunettes noires. Elle croise le chemin de Pazu, un jeune garçon qui travaille dans une mine, et dont le père est mort à la recherche d'un mythique château volant appelé Laputa. Or il se trouve que Sheeta est elle-même originaire de Laputa, même si plusieurs générations en ont effacé les souvenirs. Les deux enfants vont partir à la recherche de cette cité idéale, avec l'aide des pirates qui finalement ne sont pas si méchants que ça.

Je lis que c'est le premier film du studio Ghibli, et le troisième film de Miyazaki (après Le Château de Cagliostro et Nausicaä). On y retrouve des éléments récurrents dans son œuvre (en particulier dans Mononoké, qui est manifestement celui qui m'a le plus marqué) : un monde idéal et merveilleux, en lien avec la nature, qui se retrouve détruit à cause de la cupidité et de la violence des hommes ; des méchants qui ne le sont pas tant que ça (les pirates)… On trouve évidemment beaucoup de machines volantes ; mais la réflexion sur le genre n'est pas encore totalement amorcée : Sheeta est une princesse que l'on doit aider et secourir, et qu'on met sans se poser de question à la cuisine ; pendant que Pazu est un garçon fort et courageux, que l'on met aux machines et au bricolage, et qui subit plusieurs injonctions à « se comporter comme un homme »… Ça fait partie des choses qui évolueront dans l'œuvre de Miyazaki – tout comme le travail graphique et l'animation, qui s'affinera avec le temps.

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Publié le 23 Mai 2026

Miriam (Léa Drucker) et Antoine (Denis Ménochet) sont en cours de divorce, et il s'agit de savoir comment sa s'organiser la garde des enfants. L'ainée Joséphine (Mathilde Auneveux) a 18 ans, donc elle peut légalement choisir de faire ce qu'elle veut, mais le sort de Julien (Thomas Gioria), 11 ans, est suspendu à la décision de la juge. Miriam a beau accuser Antoine de violence, elle n'a pas de preuve ; Julien a beau dire qu'il ne veut pas voir son père, on soupçonne Miriam de le manipuler. Finalement, la mère obtient la garde principale, et Antoine a droit de voir son fils un week-end sur deux, ce dont il va se servir pour maintenir une emprise.

C'est un film très fort, bien écrit, bien réalisé et très bien interprété. C'est souvent stressant, Xavier Legrand (dont c'est le premier film !) faisant souvent durer les scènes plus que nécessaire, ou utilisant régulièrement des plans séquence : on ne sait pas ce qui va se passer après, mais c'est indéniable que ça crée une vrai tension.
C'est intéressant de noter que ce film sur un homme qui se sert de ses enfants pour avoir une emprise sur son ex-femme est écrit et réalisé par un homme, un an avant la déferlante #metoo.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 8 Mai 2026

Martin Eden est un jeune marin, qui un jour sauve un jeune homme des mains d'une brute. Ce jeune homme s'avère être le fils d'un riche aristocrate, et le frère d'Elena, dont Martin tombe amoureux.
Martin se découvre également une passion pour la littérature, en tant que lecteur d'abord, puis comme écrivain. Elena l'aide à s'instruire ; mais il reste en décalage avec ce milieu, et l'objet de moqueries.
Il demande à Elena deux ans, qui lui permettront de montrer au monde ses qualités d'écrivains – autant dire que c'est la galère. Sur fond de luttes sociales, il rencontre un vieux socialiste qui l'initie à la politique, mais Martin se convertit plutôt à l'individualisme de Herbert Spencer.
On retrouve Martin quelques années plus tard, devenu un écrivain riche et célèbre – alors que les extraits de ses livres ressemblent à des prêches politiques où il insulte les gens, bon. C'est aussi un type seul et dépressif.

Je n'ai jamais lu Martin Eden de Jack London (1909), ce récit de transfuge de classe avant l'heure. L'adaptation proposée ici est transposée dans l'Italie des années 1960-1970, même si la temporalité est volontairement un peu floue. Il y a plein de qualités cinématographiques dans ce film, les acteur·ices sont très bien, à commencer par Luca Marinelli qui incarne le rôle-titre, et qui dégage quelque chose de fort. Il y a également quelques séquences « oniriques » (de vieux films colorisés, de la pellicule abimée…) qui ponctuent le film, séparant les différents chapitres. C'est un peu déroutant au début, mais assez beau.
Mais malgré toutes ses qualités je suis resté un peu en dehors du film : j'ai un peu eu l'impression d'être devant un résumé d'un œuvre plus vaste, de voir un film qui finalement passe rapidement sur les scènes, les personnages, les situations, sans leur laisser le temps de s'installer, ou sans pouvoir approfondir les relations entre les personnages. Peut-être que le roman est un peu ample pour être adapté au cinéma de façon satisfaisante ?

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Italie

Publié le 3 Mai 2026

Deux abrutis se retrouvent embarqués dans une histoire à laquelle ils ne comprennent rien.

C'était nuuuuuul ! Évidemment qu'un film avec des personnages débiles ça peut être marrant (il y a plein d'exemples, de La Cité de la peur à Idiocracy en passant par Hot Shots! 2 ou Burn After Reading) ; un personnage stupide qui se retrouve embarqué dans une histoire de gangsters à laquelle il ne comprend rien c'est un grand classique du cinéma (une partie des films des frères Coen repose sur ce principe, comme dans The Big Lebowski ou Fargo ; je sais que Pierre Richard a donné dans ce genre) ; mais ça ne suffit pas. Là c'est laborieux, c'est pas drôle (à part 2-3 blagues de prout), c'est beauf (les meufs en bikini à la fin), c'est sans surprise homophobe et sexiste, et c'est looooong ! Une sacrée grosse bouse.

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Publié le 2 Mai 2026

Nous sommes à la suite directe de Retour vers le futur 2 : Marty est revenu en 1955, et il a appris par une lettre de Doc qu'il est en 1885, où tout va très bien. Il a planqué la DeLorean dans une mine, et laissé la notice permettant de réparer les pièces cassées en 1955. Mais quand Marty découvre au cimetière que Doc meurt quelques jours après sa lettre, il décide de revenir dans le passé pour sauver son ami.

C'est probablement une bonne suite (la meilleure suite qu'ils auraient pu faire ?), parce qu'elle explore une époque inédite, parce qu'il y a plein de clins d'œil aux précédents opus. Pourtant je ne suis pas sûr que ce soit un excellent film, et clairement pas le meilleur de la série, paradoxalement en partie pour les raisons déjà citées : on retrouve les mêmes mécaniques scénaristiques que dans les précédents épisodes, la structure est toujours un peu la même, et les clins d'œils ont déjà été faits dans le 2, et il n'y a plus vraiment de surprise. Heureusement qu'il n'ont pas fait de 4 !

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Publié le 27 Avril 2026

Trois adolescentes sont séquestrées par un type aux multiples personnalités.

Je pense que tout le film est contenu dans ce pitch. Ensuite, tout l'intérêt de Split, et tout ce qui le rend aussi effrayant, réside dans la finesse de l'écriture de ce méchant, et dans la qualité de son interprétation. Et M. Night Shyamalan a fait un très bon boulot : le film est habilement écrit et stressant comme il faut. Évidemment on sait à peu près comment les choses vont se passer (mal), ce qui n'est pas un défaut mais plutôt un règle du genre ; il n'y a pas de retournement final (juste un habile clin d'œil à un autre film).
Le film tient également beaucoup sur la performance de James McAvoy, qui joue le méchant, et dont le talent transformiste est impressionnant. Il est tout aussi terrifiant que charmant ; les adolescentes jouent très bien leur rôle de victimes sans pour autant être des cruches ; la mise en scène est aussi habile, maline et efficace que dans Incassable. Il ne me reste plus qu'à voir Signes (même si je crois que le film ne pourra pas être aussi intéressant que ce qu'en dit Karim Debbache) et je crois que j'aurais vu tous les bons films de Shyamalan.

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Publié le 25 Avril 2026

D'un côté, nous avons Elijah (Samuel J. Jackson), atteint de la « maladie des os de verre », galeriste spécialisé dans les comics, passionné par les super-héros. De l'autre, David (Bruce Willis), un agent de sécurité, père d'un garçon, plus en moins en train de se séparer de sa femme (Robin Wright). Un jour, le train dans lequel se trouve David déraille : il est le seul survivant indemne. Elijah le contacte : serait-il un super-héro du monde réel ?

Dès les premières minutes du film, il est évident que c'est bien mieux que Piégée de Soderbergh, vu la veille. La mise en scène est passionnante, jouant beaucoup sur des plans séquences qui laissent aux personnages et aux situations le temps de se développer. La caméra de Shyamalan est souvent mobile, il aime bien jouer avec les éléments de premier plan qui masquent un élément important dévoilé ensuite : le journal qui dévoile le fils de David endormi contre lui ; ce plan dans le train, filmé depuis l'interstice entre deux sièges, qui filme alternativement les deux personnages qui dialoguent. Ça pourrait être artificiel, parce qu'on « voit » la caméra qui filme, mais comme le sujet filmé est intéressant, bien écrit, ça marche très bien.
Shyamalan a manifestement un goût pour les personnages taiseux et inexpressifs, j'ai eu peur un moment que ce soit encore un film avec un personnage qui ne dit tellement rien qu'il finit par ne pas pas exister, mais on ne tombe pas dans ce travers – ouf ! 

Le film est une réflexion sur la figure du super-héro transposée dans la banalité du quotidien d'un homme apparemment ordinaire – on pense un peu aux Indestructibles, mais ici le personnage ne sait même pas qu'il est un super. Shyamalan se tient plutôt bien à cette idée*, mais les choses deviennent un peu plus caricaturales quand David s'attaque à un tueur qui a décidé de rentrer dans une maison au pif et de tuer toute la famille qui y habite : ça ressemble vraiment trop à un méchant de comic book pour qu'on y croie à fond – mais la scène est bien fichue quand même, et la chute de David sur la piscine est vraiment effrayante. Le petit plot-twist final (Elijah a en secret organisé des « accidents » pour trouver un homme invincible, c'est lui qui a fait dérailler le train, et il est donc responsable de centaines de morts) est marrant sans vraiment bouleverser le film : on n'en avait pas réellement besoin. La toute fin, avec des phrases qui s'affichent à l'écran racontant la suite du parcours des personnages, est étonnamment kitch.

* Sauf quand David se met à soulever tous les poids de son gym : il parait improbable qu'il ne se soit jamais rendu compte qu'il était aussi fort…

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