Le deuxième opus est clairement plus intéressant que le premier, parce que manifestement plus personnel, la patte de del Toro étant sans dote plus visible, son implication également. Le travail sur les créatures et surtout sur les personnages est plus poussé, plus profond. Ces personnages, un peu archétypaux dans le premier film, deviennent plus crédibles et plus humains (oui oui) dans le second, parce que malgré tout le fantastique, ce qui leur arrive peut arriver à tout le monde. Certaines des créatures du 2e film ne font clairement pas partie de l'univers de Mignola, et sont des créations de del Toro.
Il faut aussi noter que del Toro cherche manifestement cette incarnation dans son travail sur les monstres, il évite autant que possible l'usage des CGI et privilégie les animatronics. Le résultat n'est pas toujours très réussi (on voit parfois les costumes), mais il gagne en véracité, en réalisme, en incarnation. Il n'évite pas pour autant la bouillie numérique à la fin des films, comme c'est fréquent dans ce genre de blockbusters.
Guitry a filmé en 1915 plusieurs « hommes illustres » : André Antoine, Sarah Bernhardt, Edgar Degas, Henri Desfontaines, Jane Faber, Anatole France, Lucien Guitry, Octave Mirbeau, Claude Monet, Auguste Renoir, Henri-Robert, Auguste Rodin, Edmond Rostand et Camille Saint-Saëns. Il s'agissait de garder trace de leur talent. Il présente alors ce film sur scène, avec un commentaire et/ou une retranscription des dialogues. En 1952, il filme un commentaire, assis à sa table de bureau, lisant ses notes et commentant les images des différents artistes (et un avocat) qu'il présente.
Et c'est évidemment fascinant, parce que c'est toujours émouvant de voir Monet ou Saint-Saëns, et puis parce que l'éloquence et l'humour de Guitry, son phrasé si particulier, si daté. J'avoue que je n'ai pas été insensible à ce charme.
Monroe Stahrest le producteur vedette d'un studio hollywoodien dans les années 1930. À la suite d'un accident, il croise une jeune femme qui ressemble beaucoup à une actrice qui fut sa femme avant sa mort tragique. Une idylle naîtra entre ces deux personnages.
Et c'est un très beau film, d'une facture assez classique, qui se joue des tourments de son personnage principal. Le casting est assez spectaculaire : Robert De Niro, Robert Mitchum, Jack Nicholson, Jeanne Moreau, Tony Curtis…
Pourtant, il présente pour moi plusieurs problèmes. Déjà le présupposé de base est assez glauque : je suis le seul à voir un problème dans le fait de sortir avec une femme qui ressemble trait pour trait à son épouse défunte ? C'est une histoire qui dès le début ne me plaît guère, et dont j'ai un peu de mal à accrocher ensuite – le film tourne principalement autour de cette romance. C'est aussi un film qui joue sur le fameux cliché « une femme qui dit non en vrai elle pense oui » qui m'agace pour plein de bonnes raisons (mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas aimer ce film, certes) (et Elia Kazan, qui a aussi tourné Un Tramway nommé Désir, n'était pas vraiment connu pour ses engagements féministes).
Bref, je crois que j'aurais préféré qu'il soit plus question de cinéma dans ce film, qu'il se concentre plus sur la vie du studio, sur les enjeux qui s'y trament (les jeux de pouvoirs, la guide des scénaristes qui se crée à ce moment-là) plutôt que de nous raconter l'amourette un peu creepy de ce producteur avec cette jeune femme.
Nous sommes en 1916. Un couple se fait passer pour frère et sœur parce que sinon les gens se mettent à parler (?). Bill et Abby, accompagnés de Linda, la petite sœur d'Abby, quittent Chicago pour le Texas, où la saison des moissons va commencer. Ce sont des travailleurs pauvres comme il en existe beaucoup, cherchant le travail là où on le trouve tout en rêvant d'un avenir meilleur.
Les choses changent quand le propriétaire fermier tombe amoureux d'Abby. Bill la pousse dans les bras du fermier, qu'il sait malade et bientôt mourant, avec l'espoir de l'héritage. Sauf que le fermier ne meurt pas, et qu'Abby, mariée, finit par tomber amoureuse. Bill a le seum, mais le fermier commence à avoir des doutes sur les vrais rapports entre Bill et Abby.
L'année suivante, alors que la moisson approche, les champs sont envahis de criquets. Catastrophe, panique, tous les ouvriers essayent de chasser les indésirables. Le fermier, plein de rage après avoir surpris Bill et Abby s'embrasser, déclenche accidentellement un incendie qui ravage les champs. Il part à la recherche de Bill avec la ferme intention de le tuer, mais c'est lui qui le tue. Il s'enfuit avec Abby et Linda, mais finit par se faire rattraper et tuer par la police.
Abby dépose Linda dans un institut de jeunes filles, avant de partir dans un train de soldats en route pour la guerre. Linda s'enfuit avec une amie.
Si je suis très honnête, il me faut avouer que je suis partagé sur ce film. Bien sûr, c'est superbe, la photo, les images, cette attention aux détails, ce regard poétique porté sur la nature, c'est vraiment magnifique, et c'est une marque de fabrique de Terrence Malik. Cette douceur du regard, cette tendresse nostalgique, cet amour des petites choses (un lapin, des épis de blé qui ondulent au vent, les reflets de l'eau, la poussière qui vole), je suis complètement client, ça m'emporte et me touche.
Et pourtant, je suis resté un peu en dehors. Parce que c'est un drame, et que ça manque à mon avis d'incarnation pour que ça marche vraiment. Je trouve que le style de Malik trouve ici ses limites : à force de travailler le fragment, d'avoir des lignes de dialogue qui n'excèdent pas deux phrases, les personnages ne sont que des esquisses (même s'il arrive très bien à dessiner un caractère en deux phrases), on n'arrive pas vraiment à les connaître, à s'y identifier, et donc à être vraiment ému par ce qui leur arrive.
Je l'ai déjà dit, un de mes super-pouvoirs devant un film, c'est que je m'identifie très facilement à n'importe quel personnage. Mais le revers de la médaille, c'est que si je ne m'identifie pas, parce qu'on m'en donne trop peu, je reste un peu en dehors.
De plus, comme je le laisse sous-entendre dans le résumé, je ne comprends pas le prémisse du film, sur lequel va reposer toute l'intrigue : pourquoi est-il préférable pour un couple de se faire passer pour frère et sœur ? Manifestement, les gens se mettent à parler encore plus quand ils constatent leur drôle de proximité. Je ne comprends pas cette logique, et tout le drame repose là-dessus.
Bref, j'arrête ici. Je crois que fond du problème est que je suis un peu déçu. J'aime le cinéma de Terrence Malik, j'aime le regard qu'il porte sur les choses, je trouve que c'est un grand réalisateur et j'aurais vraiment aimé apprécier ce film, mais il y a à mon sens des problèmes de scénario qui gâchent le plaisir.
Deux bandes rivales s'affrontent pour le contrôle d'un quartier de New York : les Jets, des Américains d'origines diverses, et les Sharks, des immigrés portoricains. Tout va se compliquer avec le coup de foudre de Tony, ex-leader des Jets, et de Maria, sœur du leader des Sharks.
L'histoire est complètement adaptée du Roméo et Juliette, donc pas besoin d'en faire des caisses pour décrire l'intrigue, elle suit dans les grandes lignes celle de la tragédie de Shakespeare.
Je n'avais jamais vu ce grand classique, un peu rebuté par les 2h30 du film, et franchement il mérite bien d'être au panthéon du cinéma. La musique est formidable, les chorégraphies impressionnantes, les acteurs tous très bons, chaque plan est beau, le travail sur les lumières et les couleurs est impressionnant… C'est tout de même un peu longuet à la fin, parce que le dénouement met vraiment du temps à arriver - mais c'est à mon avis un défaut de la pièce, avant d'être celui du film.
Holly est ce qu'il conviendrait d'appeler une courtisane, si ce n'est une prostituée, cherchant la compagnie d'hommes riches. Alors qu'elle essaye d'échapper à un type disons, insistant, elle rencontre son voisin du dessus, Paul, un écrivain peu inspiré lui-même entretenu par une riche bourgeoise.
Et c'est évidemment un film magnifique. Nous sommes en 1961, c'est plutôt étonnant de voir un film qui aborde (presque) frontalement la question de la prostitution masculine et féminine. Le mot n'est pas prononcé, mais c'est de ça qu'il s'agit. Holly est d'ailleurs un personnage particulièrement intéressant, fantasque, joueuse, fêtarde, libre, indépendante, merveilleusement portée à l'écran par la délicieuse Audrey Hepburn, qui porte tout le film.
Ce film est adapté d'un court roman de Truman Capote - note : il faut vraiment que je lise cet auteur - qui du coup m'intrigue : Capote va-t-il plus loin dans son roman ? Dans le film la question sexuelle est totalement absente, alors que ça aurait pu être un sujet.
La famille Yang est tombée dans un piège monté de toutes pièces par le général Pan Mei, qui a pactisé avec l'ennemi : seuls deux survivants restent sur les sept frères partis au combat, alors que le père a préféré se suicider en s'explosant la tête contre une stèle plutôt que de se faire battre par les méchants. Le 6e frère rentre fou chez lui, le 5e frère (Gordon Liu) trouve refuge dans un monastère, même si sa colère guerrière est peu adaptée aux préceptes du bouddhisme.
Mais évidemment, tout cela n'en restera pas là, puisque l'honneur de la famille est à venger.
Le scénario est un peu confus au début : les enjeux sont posés très très vite, mais peut-être est-ce lié au fait que c'est inspiré d'une histoire vraie, et que le public asiatique connaît cette histoire ? Malgré un certain manque de moyen (la première scène, qui se voudrait être une bataille épique, est filmée dans un studio dans 40m2, et ça se voit vraiment beaucoup), c'est un très bon film d'arts martiaux. Les acteurs sont très bons, les chorégraphies spectaculaires, il y a même un peu de gore kitch à la fin.
Je note quand même que le genre veut que les personnages se foutent sur la gueule avant même de se dire bonjour, et je crois que ça m'amuse beaucoup.