Publié le 4 Juin 2019

La famille Wilson part en vacances près de Santa Cruz. Ce lieu rappelle de mauvais souvenirs à Adelaide (Lupita Nyong'o), qui a vécu, dans son enfance, une expérience traumatisante dans une maison hantée de fête foraine. Mais tout se passe plutôt bien, jusqu'au moment où des doubles maléfiques de chaque membre de la famille Wilson débarquent, avec la sérieuse intention de les tuer tous, sans oublier de les torturer un peu au passage.

Bon, donc on est clairement dans un film d'horreur, qu'on peut sans doute apparenter au genre du slasher. Les doubles maléfiques sont effrayants, comme des copies déformées et ratées des vrais personnages (Lupita Nyong'o et Elisabeth Moss sont d'ailleurs absolument terrifiantes). C'est très réussi, ça cloue dans son fauteuil, la mise en scène est élégante et tous les acteurs sont formidables. L'explication de l'origine de ces doubles est un peu foireuse (une expérience de clonage un peu ratée), mais c'est le risque de ce genre de prémisse : il marche tant qu'on ne cherche pas à l'expliquer. Mais ça ne réussit pas à gâcher le film.
Je crois tout de même que j'avais préféré Get Out, parce que jonglant avec plusieurs genres (l'horreur n'arrive qu'en deuxième partie du film), parce que les sujets abordés y étaient plus fouillés. Ici c'est juste un film d'horreur avec des doubles maléfiques, il n'y a pas de dénonciation ou de sujet caché (ou alors très bien caché), et ça me manque un peu.

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Publié le 4 Juin 2019

Nous sommes au IVe siècle après J.C., à Alexandrie. Hypatie est une savante, astronome et mathématicienne qui cherche à comprendre le fonctionnement du système solaire : dans le système de Ptolémée, les astres tournent autour de la Terre en décrivant des cercles à l'intérieur de leur orbite. Mais c'est bien compliqué, n'y aurait-il pas une solution plus élégante ?
Pendant ce temps, la grande histoire est à l'œuvre : un christianisme assez radical gagne en ampleur, allant jusqu'à supplanter les anciennes religions polythéistes.

Ce péplum est ambitieux dans son désir d'embrasser de nombreux sujets, et il réussit à mon avis à tenir son pari. La prise de pouvoir des chrétiens est terrifiante, leur violence et leur volonté de faire table rase du passé (ils détruisent la bibliothèque d'Alexandrie) évoque forcément les images de Daesh détruisant les temples de Palmyre. Plus que de religion, il s'agit de jeux de pouvoirs : le pouvoir des religieux s'oppose au pouvoir du préfet. Et Hypatie est au centre de ces jeux de pouvoirs : Oreste, le préfet, a une grande confiance en cette femme qui fut son enseignante et dont il fut (est toujours ?) amoureux. Sauf que selon les religieux, un homme ne peut pas être sous l'influence d'une femme, parce que celles-ci sont pas nature inférieures aux hommes et doivent se cantonner à la sphère privée (etc). Hypatie, personnage fort, libre, indépendant, au-delà de ces préoccupations, subira les conséquences de ces jeux politiques.
Agora est donc un film très politique et très critique envers le sectarisme religieux, d'où qu'il vienne. C'est aussi le beau portrait d'une femme (qui aurait pu être un peu plus développé à mon goût) indépendante, victime du masculinisme. C'est aussi une histoire très humaine, mêlant amours, amitiés, loyautés, trahisons. Bref, il se passe beaucoup de choses dans ce film, et Amenábar réussit à rendre le tout cohérent, équilibré, ce qui n'est pas rien. Son élégance formaliste rend en plus le tout très intéressant à regarder.

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Publié le 4 Juin 2019

Le résumé de ce drôle de film tient en une phrase : Dolph a perdu son chien. En le cherchant, il va se retrouver confronté à une série de personnages tout plus improbables les uns que les autres. La suite est difficile à décrire.

J'avoue ne pas trop savoir quoi en penser. C'est un bon film, c'est bien écrit, les acteurs sont formidables, c'est beau, la mise en scène est élégante, la lumière et les couleurs sont belles, assez désaturées, elles donnent un cachet assez unique au film qui participe à son étrangeté. Parce que tout est étrange ici, rien ne se passe comme ça devrait. Ce n'est pas spectaculaire, mais il y a un décalage perpétuel entre les personnages et la « norme ». Dolph a été licencié, mais il va quand même faire semblant de travailler dans son ancien bureau, dans lequel il pleut des trombes. Un palmier se transforme en sapin. Un enquêteur fouille dans la mémoire du dernier étron lâché par le chien de Dolph. Et caetera. Comme Réalité du même réalisateur, c'est étrange, perturbant et angoissant. Et ça montre une qualité d'écriture assez remarquable, parce que Wrong reste en permanence sur une ligne de crête fine mais qu'il tient jusqu'au bout.
C'est très réussi, mais je ne sais pas dire si ça m'a plu. Dans tous les cas c'est un film singulier, et ce n'est pas rien.

C'est juste dommage que le seul personnage féminin soit une folle qui gâche la vie des personnages masculins à cause de sa volonté romantique (#sexisme)

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Publié le 2 Juin 2019

Ça faisait quelque temps que j'entendais parler de Tsui Hark comme LE grand réalisateur du cinéma hong-kongais moderne, et il était largement temps que je me lance dans la filmographie de ce réalisateur.
Je crois que, comme souvent quand on met trop d'attente dans quelque chose, j'ai été un peu déçu. Comprenons-nous bien : Il était une fois en Chine est un bon film, Jet Li est impressionnant, certains combats (notamment à la fin, avec les échelles) sont vraiment spectaculaires. L'histoire (rendue un peu confuse par de médiocres sous-titres en anglais) parle, comme souvent dans les films de kung-fu, de domination de la Chine par des puissances étrangères – ici les Britanniques et les Américains –, du temps qui passe et du monde qui change : que peut le kung-fu contre les armes à feu ? Ces questions donnent un certaine mélancolie au film, l'impression d'assister aux derniers moments d'un monde voué à disparaître. Dans les dernières images, d'ailleurs, Wong Fei-Hong/Jet Li est habillé à l'occidentale pour une séance photo, marquant bien cette entrée dans une nouvelle modernité.
Bref, c'est un film assez riche. Mais comme je le disais au début, on m'avait vendu Tsui Hark comme un explorateur de la mise en scène et de la forme, et honnêtement, ce n'est pas ce que j'ai retrouvé. La mise en scène est irréprochable, mais elle est plus sage que ce à quoi je m'attendais, d'où ma déception. Il faudra sans doute que je revoie Il était une fois…, et que je voie d'autres films de Tsui Hark pour pouvoir avoir un avis plus prononcé et plus objectif. À suivre donc.

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Publié le 28 Mai 2019

Scott Pilgrim, bassiste dans un groupe de rock, sort avec une jeune lycéenne. Il rencontre Ramona Flowers, pour laquelle il a un coup de foudre. Il n'y a qu'un seul problème : Scott devra vaincre ses sept ex s'il veut sortir avec Ramona.

Et c'est le meilleur film de super-héros des années 2010, c'est aussi une merveilleuse adaptation de jeu vidéo (en fait de BD, mais tout fait tellement et intelligemment référence aux jeux vidéos qu'on est obligé d'y faire référence), et une comédie romantique probablement plus subtile qu'elle en a l'air – même si vraiment improbable.
Je ne sais pas trop comment parler de ce film, parce qu'il joue sur plein de registres. En deux mots, c'est génial. Il y a une idée de mise en scène par plan, le montage est très inventif, c'est drôle, c'est émouvant, les combats sont vraiment spectaculaires. C'est aussi particulièrement personnel, dans la façon de faire jouer les acteurs, dans le ton, dans l'humour.
J'insiste : c'est un film qui surpasse à peu près toute la soupe Marvel et tous les blockbusters en général (y compris Hellboy 2, que j'ai vu récemment et plutôt aimé). Si vous vous demandez ce que c'est la mise en scène, à quoi sert le montage dans un film, vous pouvez regarder celui-là – bon, c'est évidemment pas le seul, mais ça peut être un bon début.
Ça faisait quelque temps que j'avais envie de le voir : ma chaine Youtube cinéma préférée en parle (Every Frame a painting, la vidéo est indispensable), ainsi que Karim Debbache et Rafik Djoumi (que du beau monde). Je ne suis pas déçu, bien au contraire. J'ai adoré, et j'ai déjà envie de le revoir.

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Publié le 27 Mai 2019

À force de sauver tous les dragons, Hiccup a transformé le village de Berk en gros bazar débordant de créatures improbables. C'est d'autant plus problématique que des méchants cherchent – évidemment – à s'emparer les dragons. Ajoutez à tout ça qu'on découvre l'existence d'une femelle Night Fury, et que Toothless est tout émouvé.

J'ai vu ce film il y a deux jours, et que m'en reste-t-il ? Si je suis très honnête, pas grand-chose. Attention, c'est plutôt bien mené, écrit et réalisé, c'est vraiment un spectacle très agréable. Il aborde des sujets assez forts : l'amour, l'abandon, le passage à l'âge adulte (spoiler : Hiccup devra apprendre à se débrouiller sans son dragon).
Bref, je ne vois rien à reprocher au film. Pourtant je sais déjà que je n'en aurai aucun souvenir dans 2 mois. C'est peut-être de mal faute (j'étais fatigué, tout ça).

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Publié le 27 Mai 2019

L'action débute juste après la fin du premier film : les Indestructibles s'occupent de l'espèce de taupe qui s'appelle le Démolisseur, mais il s'échappe (tiens, on n'en entendra plus jamais parler de ce personnage). Les dégâts sont terribles, les Indestructibles sont arrêtés, personne ne les aime (toujours la question de la légitimité de l'acion de super-héros à qui personne n'a rien demandé).
Un riche industriel cherche à redorer le blason des super, et considère Helen/Elastigirl comme le meilleur personnage pour cette mission. Elle va donc botter les culs des méchants pendant que Bob, terriblement jaloux, reste à la maison s'occuper des enfants.

Et c'est une réussite. On retrouve les éléments qui faisaient le sel du premier opus, en particulier l'humour et le jeu sur la banalité du quotidien de personnages tout sauf banals. Bien sûr, de l'eau a coulé sous les ponts et le film se teinte de féminisme en mode « girl power » – même si ça reste un film composé très majoritairement de personnages masculins. Le film donne également plus de place aux enfants, et notamment à Jack-Jack.
Bref, c'est formidable, et dans un paysage saturé de films de super-héros tous construits pareil et racontant tous la même histoire, c'est rafraichissant, intelligent, toujours bien mené (même si parfois un peu prévisible), et ça fait du bien.

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