Publié le 3 Mai 2019
Alors qu'il partait se suicider, Ted a un accident de la route. Sa tête passe à travers le pare-brise, alors que le corps reste dans l'habitacle. Sauf que trois jours plus tard, lors de son enterrement, Ted, la tête recousue sommairement, se relève.
C'est le troisième livre de cet auteur que je lis (après Effacement et Blessés) ; Désert américain se place pile poil entre les deux. Et c'est un livre assez différent des deux autres – décidément – puisqu'il commence comme une farce grotesque et féroce. Cet homme qui revient à la vie, c'est une sorte de miracle ou de malédiction, personne ne sait trop, mais dans tous les cas, son retour à la vie entraîne des journées entières d'émeutes et un rassemblement massif de journaliste devant la maison de Ted, qui aimerait simplement rester chez lui avec sa famille retrouvée. Même si évidemment c'est loin d'être simple : son cœur ne bat plus, il ne respire pas, sa peau est glacée, il fait peur à sa fille, mais pourtant il est là, il pense, il parle, il marche, il est plus lucide que jamais.
Percival Everett se frotte donc à la farce satirique grinçante. Sur son chemin Ted va croiser des journalistes, des membres d'une secte d'illuminés (pléonasme), des agents secrets, des scientifiques fous se livrant à des expériences secrètes… Un brin paranoïaque et complotiste, le roman ne se limite pas à cela, puisqu'il aborde également, sur un registre plus intime, la vie de ses personnages, les questions liées, à l'amour, la mort, la lâcheté, la trahison, la famille… Bref, le spectre est large, la lecture est souvent drôle, toujours passionnante, c'est encore un super livre.
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