Publié le 1 Mars 2019

Le pasteur Huuskonen reçoit un ourson orphelin à son anniversaire. Excentrique et largement en dehors des dogmes, il finit par être démis de ses fonctions, et part autour de l'Europe avec son ours vivre des aventures rocambolesques.

Nous sommes en 2007, je suis en train de commencer à travailler sur L'Ours, et j'entends parler de ce livre qui vient d'être traduit en français. Comme il y est question d'un ours, ça m'interpelle et je me dis qu'il faut que je le lise. Il ne m'aura fallu qu'une douzaine d'années pour mettre ce plan à exécution.
Mais en même temps, ce n'était pas vraiment indispensable. Oh, ce n'est pas vraiment un livre désagréable, ça se lit comme un roman de vacances, mais c'est très oubliable. Tout dans ce livre vise à être amusant, et y réussit souvent, mais rien n'y est vraiment original, ou ne semble faire preuve d'une grande réflexion. J'ai passé des mois à m'interroger sur le statut de l'animal et en particulier sur celui de l'ours (coucou Pastoureau), et voir cet ours réduit ici à une créature de cirque à qui on apprend à faire du repassage, forcément ça me gêne. Je ne vois pas bien l'intérêt. Le même manque de réflexion de l'auteur me paraît flagrant sur la question de la recherche de signaux extraterrestres (type SETI), où Paasilinna se montre ici, disons, trèèès léger sur ses bases scientifiques (mais on s'en fout, c'est pour être amusant). Et les autres personnages ne sont pas beaucoup plus riches : le pasteur est rapidement insupportable, les personnages secondaires se résument à un trait de caractère, la manie qu'a Paasilinna de faire coucher le pasteur (un gros cinquantenaire alcoolique désagréable) avec de jeunes femmes belles et stupides est pénible.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #Finlande

Publié le 1 Mars 2019

Mary s'ennuie dans le manoir de sa grande tante. Elle découvre, guidée par un chat noir aux yeux d'émeraudes, de rarissimes « fleurs de la sorcière » qui lui permettent, l'espace d'une nuit, d'avoir des pouvoirs de sorcière, d'entrer à l'école de magie, et plus ou moins de sauver le monde.

Et c'est un beau film réalisé par le studio Ponoc, d'anciens de chez Ghibli, et ça se voit : il emprunte évidemment à Kiki la petite sorcière, mais aussi à Mononoke, à Totoro, à Chihiro, au Château ambulant (et à Harry Potter aussi évidemment)… Bref, c'est tout l'imaginaire de Miyazaki qu'on retrouve dans le film, mais les ingrédients sont suffisamment intelligemment remixés pour que ça ne ressemble pas à un plat froid. Et ils n'ont pas oublié ce qui fait qu'on aime les films de Miyazaki : des personnages féminins forts et qui portent quasiment toute l'action (c'est la fille qui sauve le garçon, tout de même), des décors magnifiques, un soin apporté aux détails et à l'évocation du quotidien. Bref, pas un chef d'œuvre mais un bon film à conseiller.

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Publié le 1 Mars 2019

Centré autour du personnage de Tirone, le film se divise en trois parties qui concernent trois âge : l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte. Il raconte le destin d'un enfant noir qui découvre son homosexualité, qui grandit avec une mère célibataire junkie et trouve une figure paternelle chez Juan (Mahershala Ali), un dealer.

Et c'est un film magnifique, dont mon résumé peine évidemment à rendre la richesse et la subtilité. Les personnages sont riches et complexes, tout en nuances. Barry Jenkins filme avec une caméra (dont j'ignore le nom) qui créée beaucoup de reflets ; alors que d'habitude j'ai du mal avec le côté « caméra qui se voit » (genre caméra au poing et shaky cam1), ici j'ai juste trouvé ça superbe, parce que c'est l'évidence : la photo est sublime, les couleurs riches, les cadres soignés, la lumière parfaite. Les acteurs sont tous impressionnants de justesse, l'histoire est simple, violente, belle et touchante… Ai-je besoin d'en rajouter ?

* * *

1. Tiens, un chouette article sur le sujet.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 25 Février 2019

Le général Maximus Decimus Meridius est très fort à la guerre et tout le monde l'aime bien. L'empereur Marc Aurèle veut même qu'il lui succède après sa mort, avec pour mission de donner le pouvoir au Sénat, pour créer une république et en finir avec l'empire.
Mais Commode, le fils de Marc Aurèle, héritier légitime de l'empire, ne l'entend pas de cette oreille. Il tue son père, fait tuer Maximus et s'empare du trône vite fait bien fait.
Sauf que Maximus n'est pas mort. Devenu gladiateur, il jure de se venger.

Voilà donc un péplum plein de grands sentiments, de bagarres et de gros muscles. C'est plutôt bien mené sans être toujours très clair (la temporalité est parfois un confuse pour moi), avec Ridley Scott aux manettes qui joue le jeu de la démesure.
C'est évidemment bien viriliste, probablement une règle du genre. Le seul personnage féminin, la sœur de Commode, est quand même intéressant et a un rôle politique non négligeable. C'est toujours ça.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 19 Février 2019

Dans l'Espagne des années 1920, le célèbre matador Antonio Villalta a un grave accident qui le laisse paralysé, pendant que sa femme meurt en couche. Villalta, ne supportant pas la vue de sa fille qui lui rappelle sa femme, confie l'enfant à sa grand-mère.
Encarna, l'infirmière qui s'occupe de Villalta pendant sa convalescence et qui en a après sa fortune, finit par épouser le matador et profite de son argent, laissant l'homme dans sa chambre, seul.
La grand-mère de Carmen meurt dans les danses de la fête de sa communion. la fillette retourne chez son père, où Encarna l'exploite comme domestique. Contournant l'interdiction de sa belle-mère, Carmen va voir son père, ils jouent, s'amusent, il lui enseigne la tauromachie. Découvrant ce qui se joue dans son dos, Encarna tue Villalta et envoie son chauffeur noyer Carmen, désormais jeune femme.
Miraculeusement, elle s'en sort. Amnésique, elle est recueillie par une troupe de nains toreros qui se donnent en spectacle. La jeune femme, surnommé Blanca Nieves (Blanche Neige), se révèle être une matadora de talent, et devient rapidement la star de la bande (non sans susciter de la jalousie chez le leader de la troupe).
Un jour, ils se produisent dans la ville où Carmen a grandit. Elle reconnaît Encarna et ses souvenirs remontent. Sa belle-mère lui offre une pomme empoisonnée, Carmen meurt sur le coup. Les nains, ayant compris ce qu'il se trame, poursuivent Encarna, qui meurt sous les assauts du taureau.
Embaumé, le corps de Carmen est utilisé comme attraction de foire (« Quel baiser pourra réveiller Blanche Neige ? »). Elle verse une larme après avoir reçu un baiser d'un des nains amoureux d'elle.

On l'aura compris, Blanca Nieves est une libre adaptation du conte de Blanche Neige dans l'Espagne du début du siècle, avec flamenco et corrida. Reste la belle-mère, les nains, la pomme empoisonné, et la tragédie. C'est une film muet dans l'esprit des films des années 1920, c'est beau, c'est triste, c'est macabre et glauque comme pouvait l'être Freaks (je pense surtout à la fin de Blanca Nieves).

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Espagne

Publié le 14 Février 2019

Un garçon et une fille imaginent des aventures de princes et princesses. Six contes nous sont proposés, explorant différentes facettes de ces figures archétypales, nous emmenant au Moyen âge, dans l'Égypte antique, au Japon, dans le futur…

Et c'est plutôt bien. L'animation en silhouettes en papiers découpés est belle, très inspirée par le travail de Lotte Reiniger.
Le défaut du film est probablement son sexisme. Bien sûr, la mythologie autour des princes et princesses est souvent sexiste, avec la princesse attendant passivement que le prince vienne la délivrer et l'épouser. Le film n'échappe pas à ce travers : c'est quasiment toujours le prince qui porte l'action, la princesse étant soit complètement passive, soit posant des problèmes au prince, charge à lui de les résoudre. Plusieurs contes proposent même une princesse en mariage en échange d'un exploit – alors que non, une femme n'est pas une récompense. Cela s'inverse un peu à la fin du film, avec quelques personnages féminins plus intéressants, notamment celui de la sorcière ; le dernier conte est le plus drôle, proposant différentes transformations du couple, jusqu'à inversion des rôles.

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Publié le 13 Février 2019

Dans Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet s'attaque à la figure de la sorcière. Après quelques passionnants rappels historiques en introduction (la chasse aux sorcières commence à la Renaissance et non au Moyen âge, cette chasse est misogyne et vise à effacer les femmes puissantes…), Chollet explore la continuation de cette misogyne à l'époque contemporaine. Dénigrement et effacement des femmes âgées, diabolisation des femmes sans enfants, volonté de contrôle des femmes…
Et c'est absolument passionnant. Une page sur deux contient une analyse tellement intelligente qu'on a envie de dire « waw », c'est fantastique. Mais je n'ai pas pris de notes, contrairement à ce que j'avais fait avec le livre de Virginia Woolf, donc vous devrez me croire sur parole et vous précipiter chez votre libraire préféré acheter ce livre, si ce n'est déjà fait.

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