Publié le 9 Octobre 2026

L'archiviste Chih, accompagné·e de sa huppe parlante Presque-Brillante, arrive dans une résidence où habite aujourd'hui la vielle Lapin. Elle fut jadis la favorite de l'impératrice In-yo, venue du Nord et exilée dans une résidence lointaine. Lapin va raconter à Chih ses années auprès de l'impératrice, les liens qui les unissent et la force retrouvée de cette femme.

Pour être très franc, j'ai pas trouvé ça dingue. Les premières pages nous plongent dans un monde magique peuplé de fantômes et d'oiseaux qui parlent, pourtant rien dans le récit qui suit n'est magique, et il pourrait totalement se dérouler dans notre monde, à une époque ancienne - de ces fantômes on n'entendra plus jamais parler, et c'est bien dommage !
On sent que l’autrice a envie de faire de Lapin une narratrice qui ment ou manipule ce qu'elle raconte, mais elle déroule un récit finalement assez linéaire : quand je pense par exemples aux constructions malicieuses et sophistiquées de Borges ou à Rashomon que j'ai revu récemment, je me dis que Nghi Vo reste en surface, je trouve le récit finalement assez classique par rapport à ses intentions.
Mais il est probable que ma sévérité provienne du fait que le livre ait reçu plusieurs prix prestigieux et des critiques élogieuses : je m'attendais certainement à mieux. Si cela ne suffira pas pour me faire acheter les autres tomes de cette série, j'ai quand même pris du plaisir à la lecture, et le destin de cette impératrice est plutôt beau.

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Publié le 8 Octobre 2026

Colin (Romain Duris) est un jeune homme tranquille, entouré par son meilleur ami Chick (Gad Elmaleh), fan éperdu de Jean-Sol Partre, et par son cuisinier-avocat Nicolas (Omar Sy). Il ne lui manque que l'amour, et ça tombe bien parce qu'il rencontre Chloé (Audrey Tautou).

Le roman est formidable, et Michel Gondry était tout indiqué pour en faire une adaptation. Et effectivement, c'est épatant : il y a presque une idée visuelle par plan, l'univers de Gondry se superpose avec merveille à celui de Vian et en regardant le film on ne sait plus trop de qui provient telle ou telle idée – Gondry reste malgré tout très proche du livre, on retrouve beaucoup de détails et il me semble qu'il a gardé une bonne partie des dialogues. Visuellement, le film reste fidèle à l'esprit « bricolé » du cinéaste : plats qui bougent en stop-motion un peu maladroite, projections et jeux de miroirs… on sent pourtant qu'il y a du pognon dans ce film, parce qu'il y a une grande générosité dans les décors et petits détails.

Dans ma note de lecture du livre, je parlais de la cruauté de l'humour de Vian, et je me demandais si Gondry n'était pas un peu trop gentil pour adapter ce livre. Je ne me souviens plus précisément de ce que j'entendais par là, il est bien probable que cette cruauté ait disparu ; mais elle ne m'a jamais manqué.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 5 Octobre 2026

Cette fois, il s'agit pour AssaSynth d'aller retrouver l'équipe de chercheureuses rencontré·es dans le premier épisode, pour leur fournir les données qu'iel a accumulées sur la méchante entreprise. Mais évidemment les choses vont se compliquer.

Après avoir été déçu par le troisième tome, j'ai trouvé celui-ci plutôt correct. Le récit est probablement plus lisible et moins confus, ce qui est une bonne nouvelle – ça ressemble à Metal Gear Solid, ça se lit bien, et c'est plutôt haletant. Mais pour moi, il continue de manquer ce qui m'avait plu dans le premier et le deuxième volume, à savoir l'humour. Le premier épisode nous présentait ce drôle de personnage, et ça marchait très bien, le deuxième introduisait l'IA du vaisseau qui était vraiment un super personnage ; ici il y a juste l'AssaSynth, qui est un super personnage, mais que j'ai déjà rencontré dans le premier épisode, et il n'y a rien de plus. Franchement, la recette marche bien, et j'ai plutôt pris du plaisir à la lecture, mais il aurait fallu quelque chose en plus pour que j'aie envie de poursuivre la série.

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Publié le 29 Septembre 2026

Je ne vais pas mentir, l'histoire est parfois un peu confuse, mais c'est sans doute volontaire. On suit principalement Geroges, un type qui a l'air ordinaire mais peut-être pas tant que ça, qui se retrouve au milieu d'histoires de bandits plus ou moins menaçants à la recherche d'héritage perdu. On croise aussi quelques femmes, des policiers qui regardent tout ça de loin, une drôle de secte et un perroquet.

Comme je l'ai dit l'histoire est un peu compliquée, mais Echenoz s'en amuse : il commence plusieurs chapitres en annonçant simplement qu'il y a deux types, et ce n'est qu'au fur et à mesure de la lecture que l'on comprend qui ils sont et quel est leur rôle ; il aime bien aussi commencer un chapitre par une description formelle, presque « objective », et il faut quelques paragraphes pour qu'on comprenne qu'il parle d'un film qu'un personnage est allé voir – sans qu'il ne l'explicite complètement. Bref, il mène le lecteur par le bout du nez, s'amuse à le perdre et à le surprendre. On ne sait jamais vraiment ce qui vient, et pourtant tout coule de source, soudé par sa langue magnifique, minutieuse, précise et joueuse – une page sur deux il y a une formule brillante qui mériterait d'être notée.
C'est probablement un peu le bordel, c'est peut-être pas mon Echenoz préféré, mais c'est toujours un plaisir à lire – et pour un deuxième roman, c'est vraiment pas mal.

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Publié le 28 Septembre 2026

Nicolas Charlet et Bruno Lavaine, auteurs des Messages à caractères informatifs, ont appliqué leur méthode de détournement et de doublage à des films pornos des années 1970 et 1980. En quelques mots : les gens se mettent à faire du cul partout dans le monde parce que l'ultra-sex a été volé, et d'autres gens dans des vaisseaux spatiaux se lancent à sa recherche pour rétablir l'ordre du monde.

J'avoue que je suis très réceptif à cet humour, c'est évidemment complètement con et souvent très drôle.

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Publié le 27 Septembre 2026

Trois extraterrestres sont envoyés en éclaireurs pour envahir la Terre, iels ont « volé » le corps de trois personnes, qui se retrouvent comme des coquilles vides. Leur mission est d'apprendre des choses sur les humain·es, en apprenant des concepts (la propriété, la famille…) qu'iels volent à des gens, qui se retrouvent dépourvus de ces notions.
Une illustratrice en colère retrouve son mari volage d'une illustratrice rancunière ; un ado trouve comme guide un journaliste très intrigué par cette histoire d'invasion extraterrestre ; une ado est ultra-violente.

Le point de départ est amusant, la mise en scène sobre et élégante, laissant souvent dérouler de longs plans séquences tout sauf démonstratifs. Le film est probablement trop long, avec trop de rebondissements inutiles ; le final est un peu cul-cul-la-praline (spoiler : en fait l'invasion est empêchée quand les extraterrestres découvrent, à la dernière minute, le concept de l'amour). C'est dommage !

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Publié le 27 Septembre 2026

David Dunn (Bruce Willis) continue de taper des méchants, et Kevin, le type aux multiples personnalités (James McAvoy), continue d'enlever des jeunes femmes. Alors que les deux font la bagarre, ils sont arrêtés par la police et envoyés dans un hôpital, où se trouve également Elijah Price, l'homme aux os de verre (Samuel L. Jackson). Une psy (Sarah Paulson) a « trois jours » pour essayer de les sortir de leur psychose, afin qu'ils arrêtent de croire qu'ils sont des super-héros.

Ce film est une suite de Incassable et de Split, même si plusieurs années se sont écoulées entre les différents films. C'est clairement un film de super-héros un peu méta, qui est par moments gâché par des invraisemblances (pourquoi trois jours pour les soigner ? qu'est-ce que c'est que cette histoire d'usine à produits chimiques dans un gratte-ciel ?) C'est d'autant plus idiot que ce n'est absolument pas nécessaire dans le récit.
J'avais bien aimé Incassable parce qu'il était ancré dans le réel ; j'avais aimé Split jusqu'à ce qu'il sorte de cet ancrage dans le réel, avec l'arrivée de la Bête. Bien que l'intrigue soit justement de nous faire nous demander si les personnages ne sont pas justes des gens ordinaires (on n'y croit pas), Glass est justement détaché du réel (des sociétés secrètes qui existent depuis 10 000 ans, des comic books qui racontent une vérité cachée), et j'ai l'impression qu'il perd ce qui faisait la saveur des précédents opus. Ça n'est pas un mauvais film pour autant, la mise en scène est bien, les acteur·ices sont excellent·es (James McAvoy toujours aussi impressionnant), mais je crois que j'ai été un peu déçu.

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