Publié le 11 Janvier 2022

Ce roman est le deuxième volet d'une trilogie entamée avec Le Problème à trois corps.

C'est un roman fantastique, vertigineux, qui s'étale sur plusieurs siècles. Liu Cixin s'intéresse beaucoup à l'aspect politique du combat contre Trisolaris. C'est passionnant, bien écrit, bien mené, c'est malin et habile.
Même si c'est passionnant, c'est un petit peu long, je mentirai si je ne disais pas qu'à un moment j'avais envie de passer à autre chose ; mais en même temps je n'avais pas envie de poser le livre tellement il est prenant.
Dans une telle somme, dans une telle perfection de la technique d'écriture, les rares défauts ressortent d'autant mieux : encore une fois, Liu Cixin est passionné par la physique mais se désintéresse de la biologie ; il faut attendre la p. 525 pour avoir la première mention de l'écologie ; le roman manque cruellement de femmes…

C'est un livre qui n'appelle pas forcément de suite : j'ai donc hâte de savoir ce qu'il prépare pour le troisième volume.

Prologue
Ye Wenjie explique le concept de cosmosociologie à Luo Ji.
Mike Evans dialogue avec les Trisolariens. Ceux ci sont télépathes (transparence de la pensée), et sont donc incapables de même comprendre le concept de mensonge.

I Colmateurs
1. An 3

Les militaires de la Marine Wu Lue et Zhang Beihai sont appelés en urgence pour faire partie de la nouvelle armée spatiale chinoise, dont Chang Weisi est l'amiral.
Les gens ont peur, des scientifiques meurent, peut-être est-ce de la faute de l'intellectron ? L'évasionnisme (chercher à fuir la terre) est déclaré illégal. La « mise en commun des technologies » entre les nations est un échec. Zhang Beihai alerte sur le défaitisme des troupes. Wu Lue, coupable de défaitisme, est exclu de l'armée.
L'absence de transparence de pensée rend les humains dangereux pour Trisolaris : ils veulent les détruire.
Luo Ji, après la mort suspecte de son date, est emmené au siège des Nations Unies, accompagné par Shi Qiang. On explique que les intellectrons sont nombreux, partout, et surveillent tout ce qu'il se passe tout le temps. La solution envisagée est le Programme Colmateur : des individus inventent des plans de contre-offensive sans en parler, uniquement dans leur tête. Leurs actions visent à déguiser le plus longtemps possible leur Plan aux yeux des ennemis (et du reste du monde). Quatre Colmateurs sont nommés : Frederick Taylor, homme politique défenseur des petits pays dans la guerre technologique ; Manuel Rey Diaz, socialiste venezuélien ayant gagné la guerre contre les USA ; Bill Hynes, scientifique étudiant en collaboration avec Keiko Yamatsugi le quantique dans le cerveau ; et, à sa grande surprise, Luo Ji. Il refuse ce rôle, mais il est piégé : pour les autres, son refus ressemble à une stratégie. Pourtant il est peut-être le meilleur, le plus opaque (ce que font les autres est transparent).
À l'intérieur du Jeu des trois corps, les supporters de Trisolaris tiennent une réunion virtuelle et lancent le programme des Fissureurs : un individu est chargé de suivre toutes les actions d'un Colmateur, pour percer son secret. Luo Ji, le plus dangereux, qui est son propre Fissureur.
Chang Weisi, à la tête du département politique de l'armée spatiale, a pour mission de donner de l'espoir. Zhang Beihai est le seul à ne pas être défaitiste.
Luo Ji s'installe dans la demeure isolée de tout qu'il a demandée, et au diable les Colmateurs !
Rey Diaz demande à construire une giga bombe nucléaire. Les projets des Colmateurs reposent sur des bombes, ou sur des avancées scientifiques sur la puissance du cerveau. Taylor pense à des vaisseaux kamikaze porteurs de bombes, il propose aussi l'inspection d'Europe, de Cérès, de comètes. Luo Ji ne participe pas aux réunions, il glande en attendant Shi Qiang. Ce dernier trouve la fille des rêves de Luo Ji, Zhang Yan.
À l'aide du télescope milistaire Hubble II, les chercheurs ont pu observer les traces des vaisseaux de la flotte trisolarienne. Ce n'est plus une menace abstraite.

II La malédiction
2. An 8

Taylor reçoit la visite de son Fissureur, qui a découvert son vrai plan (une variation de ce qu'il a annoncé). Il se suicide chez Luo Ji.
Hynes et Rey Diaz décident d'entrer en hibernation pour attendre le développement d'ordinateurs plus puissants, qui leur permettront de mener à bien leurs projets.
Afin qu'il se mette au travail, Luo Ji est séparé de sa femme et de son enfant (avec l'accord de sa femme !) C'est le Colmateur le plus prometteur, celui que les Trisolariens ont essayé de tuer. C'est un homme ordinaire, un chercheur médiocre qui doit maintenant comprendre pourquoi Trisolaris a peur de lui : c'est forcément en lien avec la rencontre avec Ye Wenjie, et la question de la cosmosociologie. Il pense avoir percé le mystère, et demande à être placé en lieu sûr dans un bunker.
L'OTT a reçu un nouvel ordre de tuer Luo Ji, pour une raison qui reste secrète.
S'il y avait une 3e civilisation, elle ne pourrait pas savoir où sont la Terre et Trisolaris (des grains de sable dans le désert). En se servant du soleil comme d'une antenne, Luo Ji veut envoyer une « malédiction » à propos d'un autre système stellaire, probablement inhabité, à 50 années-lumière. Il entre en hibernation pendant un siècle, le temps de l'aller-retour du message.

3. An 12
Dans la flotte trisolarienne, il y a 10 sondes plus petites et plus rapides, qui pourraient arriver avec un siècle d'avance. Elles ont été lancées le jour où Luo Ji a lancé sa malédiction.
Les premiers ascenseurs spatiaux sont construits, la fusion nucléaire progresse. L'humanité a repris un peu d'espoir, mais cette bataille est loin d'être gagnée.
Pour Zhang Beihai et Ding Yi (un physicien), il faut abandonner les vaisseaux type fusée, avec plein de carburant à transporter, pour se concentrer sur la fusion nucléaire. Il assassine trois défenseurs de méthodes de propulsion archaïques avec des balles puissantes en météorite : cela ressemble à une pluie de météorites, il est insoupçonnable. Il part en hibernation, pour pouvoir booster l'optimisme dans le futur.

4. An 20
Rey Diaz et Hynes sont réveillés : les technologies qu'ils attendaient sont prêtes. Pour Hynes, un supercalculateur très puissant permet de modéliser le cerveau. Avec Keiko Yamasugi, sa femme, il découvre par erreur le « poinçonnage mental », qui permet d'inscrire une idée dans le cerveau. Ce procédé peut servir à lutter contre le défaitisme, on construit des Centres de la foi, dans lesquels les militaires volontaires peuvent se faire poinçonner l'idée que l'humanité gagnera la guerre. Hynes et sa femme entrent en hibernation.
Les recherches sur la propulsion de vaisseau par fusion nucléaire sont très loin d'être satisfaisantes, mais elles avancent.
Rey Diaz veut plein de bombes nucléaires super puissantes. Il veut les envoyer péter sur Mercure, pour en profiter pour creuser les fondations d'une base. Il fait rire tout le monde, jusqu'à ce qu'une bombe explose et impressionne. Son Fissureur se présente à lui : son plan est de menacer les Trisolariens de faire péter plein de bombes sur Mercure. Tellement que son orbite ralentirait, et que la planète finirait par s'effondrer dans le soleil. Par réaction en chaîne c'est tout le système solaire qui serait détruit, avec les humains : les Trisolariens n'auraient plus rien à envahir, c'est fini pour eux. Scandale à l'ONU : il pensait vraiment détruire tout le système solaire ? Diaz finit par démissionner pour rentrer dans son pays, où il est lynché par la foule en colère contre son Plan.

III. La forêt sombre
5. An 209

Luo Ji se réveille de son hibernation. Deux siècles se sont écoulés, tout a changé. La flotte des Trisolariens montre des signes de fatigue ; les humains vivent dans d'immenses villes-forêts souterraines ; ils ont développé des vaisseaux bien plus puissants que ceux des Trisolariens qui sont apparemment en passe de négocier un plan de paix ; l'OTT à disparu ; le programme des Colmateurs, qui a été un échec total, est arrêté définitivement ; tout semble prospère, riche, apaisé. La fusion nucléaire offre une énergie quasiment illimitée ; les céréales OGM sont très productives ; mais il n'y pas de réels progrès en informatique/intelligence artificielle ; n'importe quelle surface peut devenir un écran tactile, internet est partout. Les États ont perdu la plupart de leur pouvoir, remplacés par trois flottes spatiales qui ont pris leur indépendance.
L'humanité a échappé au Grand Ravin : dans les années 30-40, les gens désespèrent, se fichent de l'écologie. Des déserts apparaissent, l'agriculture s'appauvrit... C'est l'enfer : 2/3 des humains meurent. 50 ans plus tard, c'est le renouveau : de nouvelles Lumières, une nouvelle Révolution. On développe de nouvelles approches de l'énergie, etc.
Keiko Yamasugi révèle qu'elle est la Fissureuse de Hynes, son époux. Celui-ci est en fait un défaitiste, et a poinçonné cette idée dans le cerveau de plein de gens. Ça semble absurde aujourd'hui que la victoire paraît assurée. Mais existe-t-il encore des défaitistes, et si oui, où se cachent-t-ils ?
Luo Ji échappe de justesse à plusieurs tentatives de meurtres grâce à Shi Qiang, dues à un ancien virus informatique, codé il y a un siècle, visant à détourner les appareils dans le but de tuer une cible précise. Les deux hommes vont à la surface, où il n'y pas ces machines, et où vivent la plupart des hibernautes. Il y a du sable partout, Pékin est à moitié déserte, il y moins d'électricité, on cultive les sol, les villages ressemblent à ceux d'avant.
Zhang Beihai, réveillé, est intégré à la Flotte asiatique, en orbite autour de Jupiter. L'amiral de la flotte est inquiet du défaitiste et veut confier à Zhang Beihai et aux autres hibernautes les commandes des vaisseaux de la flotte : le poinçonnage n'existait pas à leur époque, ils sont les seuls à être parfaitement fiables. Dongfang Yanxu, ancienne commandante du Sélection Naturelle, donne une leçon de pilotage à Zhang Beihai. Ce dernier, devenu commandant, met en route le vaisseau à la surprise de tout le monde : défaitiste convaincu en secret depuis des années, il organise une fuite pour sauver au moins la flotte du vaisseau, un peu d'humanité.
La première sonde de Trisolaris ne va pas tarder à arriver. Il semble qu'un des vaisseaux trisolariens accélère plus que les autres, il sera là plus tôt que les autres, sans pouvoir décélérer. Peut-être lâchera t il un petit vaisseau négociateur ? L'optimisme est partout. La sonde, une étrange goutelette, est capturée, on imagine que c'est un cadeau des Trisolariens. Mais non : c'est un objet insensé, extrêmement solide et lisse, maintenu par la force nucléaire forte (une technologie impensable pour les humains, bloqués par les intellectrons). C'est un boulet de canon, très rapide, qui détruit un à un le millier de vaisseaux des flottes réunies. Seuls quelques vaisseaux échappent à la destruction, dont le Quantum, l'Âge de Bronze et le Sélection Naturelle.
Neuf autres sondes arriveront trois ans plus tard. Ce n'est qu'une infime partie de la flotte de Trisolaris.
L'humanité est désespérée.
Le Sélection Naturelle avec les autres vaisseaux, se lance dans la direction de la constellation du Cygne, sans espoir de retour sur Terre. C'est désormais une civilisation autonome, peut-être la dernière trace d'Humanité dans l'univers. Ils craignent tous pour la quantité de combustible et pour les pièces de rechange : ils se tirent tous les uns sur les autres, les seuls survivants sont l'Espace Bleu et l'Âge de bronze, en route sur unvoyage de plusieurs dizaines de milliers d'années.
Accompagné de Shi Qiang, Luo Ji, devenu simple citoyen, cherche à contacter les autorités. Il pense que la gouttelette se dirige vers la Terre pour le tuer, mais en fait non : elle se positionne en orbite autour de la Terre et envoie des ondes électromagnétiques au Soleil, qui ne peut dès lors plus servir d'amplificateur. Luo Ji est réhabilité au titre de seul Colmateur.
P. 691, Luo Ji donne un cours de sociocosmologie. En gros, il est inévitable que les civilisations se détruisent les unes les autres (ce qui constitue une bonne explication du paradoxe de Fermi). Luo Ji a envoyé jadis les coordonnées d'une étoile (sa « malédiction »), celle-ci a été détruite : son hypothèse est donc vraie. L'univers est une forêt sombre, peuplée de chasseurs cherchant à tuer en premier ceux qu'ils croiseront.
Mais son office en tant que Colmateur est un échec : il ne peut plus envoyer de malédiction à cause de la goutelette. Sa tentative de faire un nuage de particules entre Jupiter et Neptune, qui permettrait de localiser les autres goutelettes qui arriveront sur Terre, n'intéresse personne. Tout le monde le déteste.

6. An 208
Luo Ji est chassé de chez lui, il part creuser sa propre tombe, et sort son pistolet.
Il appelle les Trisolariens qui répondent avec les intellectrons. Il explique qu'il a un bracelet qui surveille ses fonctions vitales : s'il meurt, les bombes entre Jupiter et Neptune exploseront, créant le fameux nuage de poussière. Sauf que la poussière dessinera la carte exacte de la situation de Trisolaris, éclairée par le soleil : le signal sera visible dans toute la galaxie. Trisolaris sera détruite, la Terre aussi également.
Ainsi, il négocie la reddition des Trisolariens.

7. Cinq ans plus tard
Luo Ji a retrouvé sa femme et sa fille. La flotte Trisolarienne a fait demi-tour.
La force de l'amour est un atout des humains ; peut-être y a-t-il d'autres traces d'amour dans l'univers.

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Publié le 10 Janvier 2022

Livrons-à un rituel de saison : le petit bilan de l'année précédente.
D'abord les chiffres : en 2021, j'ai vu 55 films et lu 25 livres.

J'ai vu 77 films en 2020, 96 en 2019 (!), 32 en 2018, 35 en 2017, 43 en 2016, 36 en 2015 et 17 en 2014 (mais je ne les notais pas tous, et je regardais plus de séries à l'époque).
J'ai lu 23 livres en 2020, 30 en 2019, 18 en 2018, 19 en 2017, 10 en 2016, 13 livres en 2015 et 6 (!) en 2014.

J'ai vu 13% de films de réalisatrices ; 52% de livres d'autrices. En 2020 j'étais sur 18% de réalisatrices, 40% d'autrices ; 2019 4% de réalisatrices et 50% d'autrices ; 2018 19% de réalisatrices et 39 % d'autrices ; 2017 0% de réalisatrices et 10 % d'autrices.

Allez, c'est le moment du best of/worst of (basé en partie sur mes souvenirs, donc potentiellement pas très représentatif) :

Livres vraiment très bons :
L'empire de la lune d'été (S.C. Gwynne, 2012)
7 (romans) (Tristan Garcia, 2015)
Vernon Subutex 1 (Virginie Despentes, 2015)
Vernon Subutex 2 (Virginie Despentes, 2015)
Le Problème à trois corps (Liu Cixin, 2008)
Ubik (Philip K. Dick, 1969)
Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l'intelligence des animaux ? (Frans de Waal, 2016)
Vernon Subutex 3 (Virginie Despentes, 2017)
Le Maître du Haut Château (Philip K. Dick, 1962)

Films vraiment super :
Her (Spike Jonze, 2013)
Du vent dans mes mollets (Carine Tardieu, 2012)
Dans la peau de John Malkovich (Spike Jonze, 1999)
Quelques films burlesques
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (Rémi Chayé, 2020)
Mr. Nobody (Jaco Van Dormael, 2009)
Nomadland (Chloé Zhao, 2021)
Onoda, 10 000 nuits dans la jungle (Arthur Harari, 2021)
Ma vie de Courgette (Claude Barras, 2016)
Dune (Denis Villeneuve, 2021)
Le Testament d'Orphée (Jean Cocteau, 1960)

Pour la joie de casser des idoles : ce que je n'ai pas aimé cette année (avec encore une fois du beau monde dans cette liste !)

Livres :
Mes bien chères sœurs (Chloé Delaume, 2019)

Films
Hôtel Transylvanie 2 (Genndy Tartakovsky, 2015)
Monsieur Link (Chris Butler, 2019)
À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960)

Les autres livres :
En finir avec Eddy Bellegueule (Édouard Louis, 2014)
Bastard Battle (Céline Minard, 2008) (relecture)
Les cordelettes de Browser (Tristan Garcia, 2012)
Treize jours (Roxane Gay, 2014)
Le meilleur des mondes (Aldous Huxley, 1932)
La Peste écarlate (Jack London, 1912)
Les Couilles sur la table (Victoire Tuaillon, 2019)
La terreur féministe : petit éloge du féminisme extrémiste (Irene, 2021)
Ça raconte Sarah (Pauline Delabroy-Allard, 2018)
Histoire de la violence (Édouard Louis, 2016)
Ma vie sur un tabouret (Martial Solal, 2008)
Éloge des fins heureuses (Coline Pierré, 2018)
Mrs Dalloway (Virginia Woolf, 1925)
Moi les hommes, je les déteste (Pauline Harmange, 2020)
Spunk (Zora Neale Hurston, 1920-1930 ?)

Les autres films :
Problemos (Éric Judor, 2017)
Monstres Academy (Dan Scanlon, 2013)
Forbidden Dream (Hur Jin-ho, 2019)
The Big Lebowski (frères Coen, 1998)
Conan le Barbare (John Milius, 1982)
Les rendez-vous d'Anna (Chantal Akerman, 1978)
Les Pingouins de Madagascar (Eric Darnell, Simon J. Smith, Dreamworks, 2014)
Broken Flowers (Jim Jarmush, 2005)
Mommy (Xavier Dolan, 2014)
The Hangover (Todd Phillips, 2009)
2001, l'Odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968)
Lost in Translation (Sophia Coppola, 2003)
Monster (Patty Jenkins, 2003)
Appolo 13 (Ron Howard, 1995)
Quand Harry rencontre Sally (Rob Reiner, 1989)
Pompoko (Isao Takahata, 1994)
Soul (Pete Docter/Pixar, 2020)
L'Histoire sans fin (Wolfgang Petersen, 1984)
Harry Potter à l'école des sorciers (Chris Columbus, 2001)
Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002)
Good Bye, Lenin! (Wolfgang Becker, 2003)
La Forêt de Mogari (Naomi Kawase, 2007)
Gomorra (Matteo Garrone, 2008)
Lady Vengeance (Park Chan-wook, 2005)
Ong-bak (Prachya Pinkaew, 2003)
Tokyo! (Michel Gondry/Leos Carax/Bong Joon-ho, 2008)
La trilogie Indiana Jones
La 25e Heure (Spike Lee, 2002)
20th Century Women (Mike Mills, 2016)
Deux Hommes dans Manhattan (Jean-Pierre Melville, 1959)
Selma (Ava DuVernay, 2014)
L'Homme qui tua Don Quichotte (Terry Gilliam, 2018)
The French Dispatch (Wes Anderson, 2021)
The Disaster Artist (James Franco, 2017)
Crazy Kung-Fu (Stephen Chow, 2004)
Orphée (Jean Cocteau, 1950)
Ip Man (Wilson Yip, 2008)
The Master (Tsui Hark, 1989)
Tokyo Sonata (Kiyoshi Kurosawa, 2008)

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #bilan

Publié le 10 Janvier 2022

Clarice Starling (Jodie Foster) suit de brillantes études à l'académie du FBI. Le chef du département des sciences du comportement, qui l'a repérée, lui confie la mission d'aller interroger Hannibal Lecter, un dangereux cannibale emprisonné depuis des années, ancien psy manipulateur. Derrière tout ça, il y a l'espoir qu'il aide à résoudre l'affaire de « Buffalo Bill », un tueur en série qui dépèce ses victimes, et après qui court le FBI.

J'avais vu ce film à l'adolescence, et je dois reconnaitre qu'il ne m'a laissé aucun souvenir. C'est particulièrement injuste parce que sa réputation est méritée : c'est un thriller haletant, porté par des acteurices parfait·e·s. La mise en scène est très efficace, qui joue beaucoup sur des très gros plans sur les visages : les confrontations entre Clarice Starling et Hannibal Lecter en sont particulièrement intenses et tendues. Il y a d'autres idées de mise en scène (les jeux de lumière, la pénombre, les contre-jour…) qui sont également bien vues, et qui participent au stress que l'on ressent devant ce film.
C'est d'autant plus étonnant qu'à part ce film et Philadelphia (que j'ai vu dans des conditions épiques, il faudra que j'en parle un jour), Jonathan Demme n'a l'air d'avoir rien réalisé de notable.

On notera, qu'à l'instar de Contact, le film montre une Jodie Foster brillante immergée dans un monde d'hommes. La violence du regard masculin porté sur elle est souligné par la mise en scène : Jodie Foster fait 1m61, Jonathan Demme joue plusieurs fois sur la plongée/contre plongée. Elle se fait plusieurs fois draguer lourdement par des blaireaux, et c'est montré comme un truc relou dans le film. Serait-ce un film féministe ? (Il passe en tout cas le test de Bechdel)

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 10 Janvier 2022

Kate Dibiasky (Jennifer Lawrence), jeune doctorante en astronomie, découvre une nouvelle comète. La fête qui suit la découverte se termine quand les calculs, réalisés avec le dr. Randall Mindy (Leonardo DiCaprio), montrent que la comète, qui fait entre 5 et 10 km de diamètre, va percuter la Terre dans six mois : c'est la promesse d'un évènement cataclysmique, pire que celui qui a mis fin au règne des dinosaures.
Dibiasky et Mindy vont essayer de prévenir le monde que nous courrons à notre perte si nous n'agissons pas. Mais entre les plateaux télévisés gentiment hilares, les politiques incompétents, principalement intéressés par leur propre élection, les complotistes, etc., ce n'est pas évident de se faire entendre.

C'est le film dont tout le monde parle en ce moment, pas de raison pour que je passe à côté. Et je ne regrette pas : c'est drôle, c'est bien écrit, bien joué (j'ai jadis dit beaucoup de mal de Jennifer Lawrence, elle est très bien ici, sans doute a-t-elle progressé). La mise en scène n'est pas particulièrement remarquable, un peu maniérée, mais rien qui gène le plaisir du film.
Don't Look Up, c'est Armageddon couplé à Idiocracy. C'est assez habile dans la façon dont l'intrigue avance, dans la description de la bêtise du monde contemporain : aussi désespérant que ça puisse paraître, tout cela est crédible. On a beaucoup parlé du fait que le film est une métaphore de nos réactions face au changement climatique : sans doute. Adam McKay est le réalisateur de Very Bad Cops, que j'avais aimé à l'époque, et qui était déjà un film très politique.

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Publié le 30 Décembre 2021

Tout est parfaitement ordinaire dans cette famille de Tokyo. Sauf qu'en fait, le père cache le fait qu'il vient de perdre son travail et se rend à la soupe populaire tous les midi – comme de nombreux cadres comme lui d'ailleurs ; c'est également un tyran domestique. Sauf que le fils ainé se cherche et va s'engager dans l'armée américaine. Sauf que le cadet prend des cours de piano en cachette, malgré l'interdiction du père. La mère, au foyer, semble être pour l'instant la seule qui reste équilibrée, mais on se doute que ça ne va pas durer.

Ce synopsis pourrait être celui d'une comédie, et le film est parfois amusant. Mais le ton est plutôt au drame, et Kiyoshi Kurosawa (rien à voir avec Akira) prend son histoire et ses personnages au sérieux. Ce démontage des apparences de la société japonaise est porté par des acteurices parfaits. C'est habile, élégamment mis en scène, le final est très beau.

(En le regardant, je me suis souvenu que j'avais vu ce film au cinéma à sa sortie)

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Japon

Publié le 28 Décembre 2021

Un méchant Américain veut péter les gueules de tous les maîtres de kung fu installés à Los Angeles pour montrer à quel point c'est lui le plus fort. Il s'attaque au gentil maître Tak (Yuen Wah), qui ne parle d'ailleurs pas un mot d'anglais. Il est sauvé par Anna, une jeune femme qui passait par là.
Jet (Jet Li), un jeune hongkongais, débarque à L.A. sans parler un mot d'anglais pour rendre visite à son maître. Il découvre sa boutique dévastée, et se met à sa recherche.

Le scénario est très convenu, il ressemble à tous les films de kung fu ; il y a des blagues souvent nanardesques (Jet Li semble être abonné à ça). Il vaut quand même la peine d'être regardé pour 2-3 choses :

  • les bagarres sont vraiment bien. Jet Li n'avais pas encore tourné la série des Il était une fois en Chine, ce n'était pas un débutant mais il était loin d'être une star, et il est vraiment super.
  • la mise en scène est un peu baroque, toujours claire et limpide.
  • surtout le film se passe dans une caricature des USA, qui doit être comparable à la vision de la France qu'a Woody Allen (je pense que le film est quand même tourné à L.A., mais honnêtement j'ai un doute). Le film essaye apparemment de retrouver l'esthétique des films américains de l'époque, il n'y arrive qu'à moitié. C'est grotesque, sans doute moqueur, sans doute naïf, particulièrement daté (c'est le festival de la coupe mulet et des synthés)… C'est génial, un peu nanardesque et très drôle.

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Publié le 27 Décembre 2021

Ce film mêle deux intrigues d'une façon un peu confuse. Tout d'abord, dans les années 1930, un groupe de ploucs combattants vient défier les maitres de la ville de Foshan. Ceux-ci sont défaits les un après les autres, jusqu'à ce qu'Ip Man vienne leur péter la gueule.
Ensuite, c'est la guerre sino-japonaise et Foshan est occupé par les Japonais, cruels et fourbes, comme chacun sait (en tout cas dans les films de kung-fu hongkongais). Le peuple est affamé, sans le sou, et Ip Man n'est pas mieux loti. Un général est particulièrement cruel, qui fait combattre les gens contre des grains de riz. Ip Man le laissera-t-il tranquille ? (non.)

C'est un film au scénario absolument pas original, qui reprend tous les codes qui existent depuis au moins Bruce Lee (qui fut d'ailleurs un élève d'Ip Man). Heureusement, les baston ont un peu de gueule, et Donnie Yen est très bien. Ça ne vaut pas Il était une fois en Chine ou Drunken Master non plus, mais c'est pas mal.
Mais j'avais prévu de regarder les deux autres films de la série, et je suis moyen motivé.

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