C'est une planète vide qui a comme seul intérêt de se trouver au croisement de plusieurs routes. On y trouve quelques auberges sous dômes, notamment celle que tient Oolou avec l'aide son enfant Tupo (des quadrupèdes à la fourrure rousse et au long cou), lieu qui se veut le plus accueillant possible pour toutes les espèces intell qui peuplent la galaxie. Et ça tombe bien, puisqu'à la suite d'un accident, les occupants de passage sont coincés dans l'auberge pendant un temps indéfini : Roveg, une sorte de gros scarabée ; Pei, une Aéluonne, la petite amie d'Ashby, le capitaine du vaisseau du premier livre de la série ; Haut-Parleuse, une experte en diplomatie séparée de force de sa sœur jumelle restée en orbite, une Akarak obligée de rester dans un scaphandre parce qu'elle ne respire pas le même air que les autres Intells, et grande oubliée de la société galactique.
Et sans surprise, c'est une merveille de roman. Il ne s'y passe finalement pas grand-chose : on lit surtout les personnages qui apprennent à se connaître et à composer avec leurs différences respectives. Bien évidemment, ces personnages sont toustes attachant·es et émouvant·es. Tous les personnages sont des déracinés : Roveg a été chassé de sa planète parce qu'il ne respectait pas le tradition et avait envie de voir le monde ; Pei « trahit sa race » en aimant un humain ; Oolou et Tupo sont installé·es sur une planète loin de tout ; Haut-Parleuse est issue d'une race ignorée de tout le monde, obligée de vivre dans les marges. Sans doute plus que dans les précédents opus, Becky Chambers y aborde la question de la différence, du racisme, et même du colonialisme.
C'est avec ce livre que la série des Voyageurs s'arrête, et ça me rend un peu triste de savoir que je ne pourrai plus découvrir d'autres aspects de cet univers. Heureusement, Becky Chambers a écrit bien d'autres livres, que j'ai hâte de découvrir.
Le reste de la série (1, 2, 3, 4) est tout aussi excellent.