Publié le 30 Octobre 2025

C'est le genre de film pour lequel l'intrigue n'a finalement que peu d'intérêt : il y a un méchant qui veut tuer la rein d'Angleterre, et Frank Drebin va tout faire pour l'empêcher. C'est pas pour le polar qu'on est ici : c'est pour les blagues – et il y en a, plein, et la plupart son hilarantes. On est assez loin de Top secret !, on n'est pas encore complètement dans le le délire complet de Hot Shots! 2, mais on est déjà dans la légende.

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Publié le 29 Octobre 2025

Doug Quaid est un simple ouvrier qui n'a qu'un rêve : aller sur Mars – il en rêve d'ailleurs toutes les nuits, même si ça se finit rarement bien. Il entend parler de Total Rekall, une société qui peut implanter de faux souvenirs de vacances, aussi réels que de vrais souvenirs. Doug prend rendez-vous, et choisit quelques options en rab (comme « agent secret » et la présence de la fille de ses rêves). Mais tout ne se passe pas comme prévu : il s'avère que Doug n'est pas qui il pense, qu'il s'est fait effacer la mémoire, et qu'il est fort possible qu'il soit un agent secret de Mars. Il ne lui reste plus qu'à se rendre sur place pour en savoir plus, et au passage à péter la gueule à tous les méchants qui veulent sa peau.

J'ai énormément regardé ce film dans l'adolescence, quand j'étais dans ma phase d'obsession pour Schwarzenegger.
Il y a deux aspects à discuter dans ce film : d'abord le scénar, largement basé sur une nouvelle de Philip K. Dick. Il est totalement Dickien, paranoïaque, superposant plusieurs couches de souvenirs plus ou moins réels, sans qu'on puisse totalement décider si on est dans un rêve ou pas – ça ressemble un peu à Ubik, qui a ce même jeu sur différents niveaux de réel.
Mais pour être honnête, le problème est que ce scénario plutôt malin est confié à Paul Verhoeven, réalisateur peu connu pour sa subtilité (Robocop, Starship Troopers…). Et il fait du Paul Verhoeven : des fusillades, du gore, du sang partout, un peu de gonzesses à poil pour épicer le tout et hop. Alors c'est franchement marrant à regarder, mais je me prends à rêver de ce à quoi aurait pu ressembler ce film s'il avait été confié à un réalisateur un peu moins bourrin.

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Publié le 28 Octobre 2025

Pour être très franc, comme pour La Ménagerie de papier de Ken Liu, le recueil est un peu inégal. Il y a de très beaux textes (La règle des noms, Neuf existences, Plus vaste qu’un empire), d'autres plutôt bien (La boîte d’ombre, Le Roi de Nivôse, Les choses, Étoile des profondeurs), d'autres moins intéressants (Voyage, La forêt de l’oubli, Le chêne et la mort). On y trouve de la SF, de la fantasy dans l'univers de Terremer, d'autres textes peut-être fantastiques mais plus ancrés dans notre quotidien. C'est un recueil d'une autrice qui explore et qui cherche.
J'ai principalement acheté ce recueil parce qu'on y trouve À la veille de la révolution, un très beau texte sur la révolutionnaire Odo vieillissante, celle qui a inspiré la communauté anarchiste des Dépossédés.

* * *

Le collier de Semlé (1964)
Une reine cherche un collier possédé par ses ancêtres, perdu depuis des générations, probablement en possession des autres espèces humaines de cette planète.
Première nouvelle publiée de l’autrice, le style est un peu lourd. C’est de la fantasy avec un petit twist SF à la fin qui pour moi donne à cette nouvelle son intérêt.

Avril à Paris (1962)
Un universitaire américain s’ennuie à Paris, quand il se retrouve transporté 500 ans plus tôt, chez un alchimiste qui se lance dans la magie noire.
Mieux écrit que la précédente, amusant mais il n'y a pas de chute ?

Les maîtres (1963)
Un futur revenu à un temps de moyen âge, des savants ignorants, quelques-uns qui découvrent le calcul, à leurs risques et périls.

La boîte d’ombre (1963)
Une sorcière, des armées qui combattent sur la plage, des pendules toujours à 10h moins 10, et une mystérieuse boîte.

Le mot de déliement (1964)
Premier texte de Terremer. Un sorcier est enfermé dans une geôle magique dont on ne peut sortir.
Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris au texte, mais il a un souffle certain.

La règle des noms (1964)
Terremer. Une île isolée, tranquille, sur laquelle s’est installé un sorcier pas très doué. On ne connaît pas son vrainom (« prononcer le vrainom, c’est se rendre maître de la chose »), on l’appelle Taupin parce qu’il passe ses journées dans ce qui ressemble à sa taupinière.

Le Roi de Nivôse (1969)
Nivôse/Gethen, planète de La Main gauche de la nuit, mais avant que UKLG ait l’idée des androgynes. C’est un peu confus, mais il y est question du Argaven, de sa difficulté à régner et d’un possible complot contre la couronne. Le récit devient plus clair à partir de la moitié, et c’est mieux.

Voyage (1970)
Une sorte de récit de trip sous LSD.

Neuf existences (1969)
Deux mecs sont sur une planète pour en miner les ressources. Un jour on leur envoie une dizaine de clones (hommes et femmes) pour les assister. Iels donnent l’impression d’être comme un groupe d’oiseau, bougeant du même mouvement, parlant les mêmes mots, vivant les mêmes choses. Et c’est un peu étrange voire flippant : est-ce que c’est une seule personnalité dans plusieurs corps, est-ce qu’il s’agit de plusieurs personnes partageant un seul corps ? (non) Et que se passe-t-il si un de ces clones est isolé de tous les autres ?
C’est plutôt bien. Je remarque que UKLG a tendance à commencer ses textes par des images souvent impossibles à décoder (le visage qui est une planète), ce qui rend l’entrée dans certains textes difficile voire un peu rebutante.

Les choses (1970)
C’est bientôt « la fin » et les Furieux brûlent toutes les choses qu’ils possèdent, ils brûlent même les champs et empoisonnent les puits. Lif est briquetier et il n’a pas envie de se débarrasser de ses choses. Après qu’il ait rêvé d'Îles au loin, derrière la mer, il se demande s'il serait possible d’y aller.

La forêt de l’oubli (1970)
Quelqu'un (quelque chose ?) se réveille, sans savoir qui il est ni même son nom.

Plus vaste qu’un empire (1971)
Des vaisseaux envoyés en exploration aux confins de l'Univers, peuplés de gens assez fous pour faire ce voyage. Dans un de ces vaisseaux, Odsen, qu’un médecin a « guéri de l’autisme » en provoquant l’inverse : une empathie totale, presque maladive. L’équipe finit par arriver sur une planète entièrement recouverte de plantes. Mais que se passe-t-il dans les forêts, et d’où vient cette peur qui les habite toustes ?

Étoile des profondeurs (1974)
On brûle le laboratoire d’un astronome, accusé d’hérésie. Il ne lui reste plus, pour échapper au bûcher, qu’à se cacher dans les mines, immenses, et infiniment sombres.

Le champ de vision (1973)
Des trois hommes envoyés sur Mars, un est devenu aveugle, un autre catatonique, et le dernier est mort au cours du voyage retour. Mais qu'a-t-il pu bien pu se passer dans cette mystérieuse « Cité », dont on n’arrive même pas à savoir si c’est une construction artificielle ou une simple concrétion naturelle ?

Le chêne et la mort (1973)
Un chêne sur le côté d’une route.

Ceux qui partent d’Omelas (1973)
Une grande fête, décrite par un narrateur un peu hésitant. Pour que les gens soient heureux, il faut qu'il y ait un enfant malheureux, enfermé seul dans une cave : c’est comme ça que les choses marchent. Certain.es ne semblent pas être d’accord, et partent d’Ormelas.
Un texte étrange et un peu mystérieux.

À la veille de la révolution (1974)
Quelques instants de la vie d’Odo, la vieille révolutionnaire au corps fatigué, que tout le monde considère comme une sorte de monument.
C’est pas grand-chose, mais c’est très fin dans l’écriture, habilement structuré.

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Publié le 28 Octobre 2025

Dans un futur lointain, les gens profitent de la possibilité du voyage dans le temps pour aller voir les dinosaures. Mais pas Arco, qui n’a pas atteint l’âge légal de 12 ans, ce qui l'énerve beaucoup. Alors un jour, il pique la tenue arc-en-ciel de sa sœur et se lance dans les couloirs du temps.
Sauf qu’il n’arrive pas du tout au temps des dinosaures, mais vers 2070. La jeune Iris le retrouve dans une forêt et va essayer de l’aider à retourner chez lui.

Et c’est super. L’animation est remarquable, l’écriture soignée, le propos touchant. Ça marche très bien avec un enfant (pas trop petit parce que le voyage dans le temps ça peut être compliqué), ça marche aussi très bien pour un adulte. Le film soulève quelques questions pas vraiment résolues, mais c’est toujours le bazar quand on s’attaque au voyage dans le temps.
Je confesse n’avoir jamais lu de BD d'Ugo Bienvenue — quelque chose dans son dessin m’a toujours rebuté — mais ça donne envie d’y jeter un œil. On retrouve dans le film quelques-uns de ses tics graphiques qui m'agacent un peu, comme les lunettes de soleil cheloues ou les combinaisons-pyjamas intégrales, mais rien qui ne gâche le film.

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Publié le 22 Octobre 2025

L'avocat des Addams essaye de monter un coup pour récupérer leur fortune : il se trouve que le fils d'une arnaqueuse (à laquelle l'avocat doit de l'argent) ressemble beaucoup à Fétide, le frère disparu de Gomez Addams. Il suffit de pas grand-chose pour le faire rentrer dans le manoir à la recherche du trésor…

Et c'est excellent ! L'univers est génial, c'est bien écrit, bien interprété, bien réalisé, ça n'a visuellement quasiment pas vieilli (La Chose est très réussie et assez impressionnante sur certains plans).

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Publié le 20 Octobre 2025

Après L'espace d'un an et Libration, voici donc le troisième volet de la série « Les Voyageurs ». Ici encore, Becky Chambers choisit de rester dans la continuité tout en changeant de registre. Il s'agit cette fois d'un roman choral situé dans un des vaisseaux des Exodiens, ces humain·es qui sont parti·es après avoir détruit leur planète de naissance – plusieurs générations s'y sont succédé, les vie y est moins rude qu'autrefois mais les systèmes, les valeurs et les rites perdurent. On suit plusieurs personnages : Kip, un jeune homme en pleine crise d'adolescence ; Tessa, mère d'une jeune Aya et d'un encore plus jeune ; Isabel qui dirige les Archives ; Sawyer un humain installé sur une autre planète (un « Rampant ») ; Eyas qui travaille au compostage des morts (bonne solution tant pratique que symbolique).

Au début, c'est un peu étrange de passer d'une vie à l'autre, sans d'ailleurs qu'il y ait vraiment de passerelle entre elleux – il y a beaucoup de personnages, j'avoue m'y être un peu perdu dans les premiers chapitres – mais c'est écrit avec un tel soin que c'est toujours un plaisir. Au 2/3 du roman arrive un évènement dramatique, qui va bousculer la vie de ces personnages, et permettre de tisser quelques liens.
Ce n'est à mon avis pas le plus fort de la série, mais ça reste de la très bonne littérature, portée encore une fois par des personnages magnifiquement écrits – peu d'auteur·ices arrivent aussi bien à rendre leurs personnages vivants.

Le reste de la série (1, 2, 4) est tout aussi excellent.

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Publié le 19 Octobre 2025

Y a-t-il encore besoin de résumer La Planète des singes ?

C'est un classique de la SF – et du cinéma – pour une bonne raison : c'est très bien ! Le film qui a plutôt bien vieilli : les costumes de singe tiennent bien, le propos sur le spécisme et l'opposition entre science et religion continuent d'être d'actualité (et c'est parti pour durer, malheureusement). La mise en scène est très bien, certains plans marquent un peu les années 1960 et c'est cool.
J'avais déjà vu ce film il y a une éternité, le livre de Pierre Boulle m'avait beaucoup marqué – je l'avais lu une première fois en 4e, en 1997 (?).

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