Publié le 17 Octobre 2019

Dans la Corée des années 1930-40 (?) occupée par le Japon, le comte Fujiwara, un imposteur coréen qui se fait passer pour japonais, et Sook-hee, une jeune voleuse coréenne, décident de monter une arnaque contre mademoiselle Hideko, une riche héritière japonaise. Sook-hee est embauchée comme dame de chambre au service de Hideko, pendant que Fujiwara va tout faire pour épouser Hideko. Et à la fin, les deux complices partageront le butin.

Beaucoup de choses à dire sur ce film, je ne vais qu'effleurer la surface. C'est beau, bien filmé, la photo est très belle, en terme de cinéma c'est assez formidable.
Il y a pourtant quelques défauts dans l'écriture et la structure. Au milieu du film, il y a un renversement (que je ne vais pas dévoiler) qui fait revoir la première partie sous un autre jour. Et c'est précisément ce que Park Chan-wook fait : il passe en revue ce qu'on n'avait pas vu dans le premier acte. Donc on revoit un certain nombre de scènes sous un autre angle. Et c'est un peu long, on comprend rapidement, et on a vite envie de passer à la suite. Certes, il fait ça intelligemment, avec beaucoup d'ellipses, mais on ne fait que revoir ce qu'on a déjà vu.
On trouve dans ce film quelques défauts (subjectifs) d'Old Boy, le voyeurisme ou le torture porn, mais moins poussé que dans son précédent film, c'est une expérience beaucoup moins douloureuse.
Je note quelques similitudes avec Parasite : la problématique de la lutte des classes, arnaquer des riches en se faisant passer pour quelqu'un d'autre… La question de la lutte des classes est ici doublée par celle du nationalisme, Corée vs Japon.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Corée

Publié le 16 Octobre 2019

Un abécédaire qui aborde à peu près toutes les problématiques du féminisme de façon plutôt équilibrée – à chacun d'aller fouiller dans la bibliographie pour approfondir les sujets. Pour être honnête, je n'ai pas appris grand-chose, mais c'est un bon état des lieux.

Voir les commentaires

Publié le 16 Octobre 2019

I Am Not Your Negro n'est pas vraiment un documentaire, c'est plutôt une illustration poétique d'un texte inédit de James Baldwin. Ce texte est un état des lieux de la question Noire aux États-Unis, centré autour du meurtre de trois personnes : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King. Le contenu est dense, puissant, violent, émouvant, effrayant (ces manifestations de nazis américains, brrr…1) c'est le genre de film qu'on a envie de revoir pour resaisir toutes les subtilités du raisonnement. La forme est parfois un peu illustrative, mais elle est globalement élégante et plutôt habile en terme de montage. Bref, c'est très bien et très recommandable.

* * *

1. Le récit hollywoodien de la gentille Amérique contre les méchants Nazis a fini par faire oublier l'histoire du nazisme aux États-Unis. J'étais tombé sur cette histoire lamentable en cherchant des sources pour compléter l'article Wikipédia consacré aux Aveux d'un espion Nazi.

Voir les commentaires

Publié le 15 Octobre 2019

Le perso principal (il n'a pas de nom, appelons-le John), est un SDF qui travaille sur les chantiers où il trouve du travail. Il découvre des lunettes de soleil spéciales, qui lui révèlent la réalité du monde : les extraterrestres sont parmi nous, ils nous ont colonisés et tous les humains travaillent sans le savoir pour eux. John va donc tirer dans le tas pour éliminer la menace.

Commençons par le positif : le travail sur l'aspect SF est assez réussi et malin, ça évoque évidemment 1984 (les injonctions subliminales), le complot est assez efficace. C'est une critique du capitalisme, du consumérisme, du reaganisme, du rêve américain, tout ça tout ça.
Sinon, c'est vraiment pas un bon film. Le premier problème vient de l'acteur principal, Roddy Piper (un des plus beaux mulets de l'histoire du cinéma), qui n'est vraiment pas un bon acteur. En plus, John, qui a l'air con comme un balai, n'est pour ainsi dire pas écrit : il ne cherche pas à comprendre ce qu'il se passe, tous ses dialogues doivent tenir sur un demi-A4. Faire reposer un film sur un tel personnage, c'est dur.
Le principal problème rejoint un peu le précédent : Invasion Los Angeles est en quelque sorte « Masculinité toxique : the movie ».
John, une fois qu'il a découvert la vérité, décide sur-le-champ de tuer tout le monde – sauf les humains, à priori. Dans la plupart des films d'action à gros bras des années 1980, les persos principaux deviennent des machines à tuer en réponse à une menace plus ou moins directe, ou parce que c'est leur métier (flic, militaire, espion…) Ici, John, qui n'est qu'ouvrier de chantier1, décide de tirer dans le tas parce que… on sait pas trop. Mais il est pas content, en tout cas. Bon, je suis un peu de mauvaise foi, mais c'est probablement parce que les images de ce mec qui entre dans des lieux publics armé jusqu'aux dents m'évoquent des images d'Elephant.
Et puis il y a la longue bagarre entre John et son pote. Une bagarre de 10 minutes (!), plutôt bien fichue certes (Roddy Piper est catcheur, ça marche bien à l'écran), qui démarre parce que le pote refuse de mettre les lunettes de soleil. Voilà. Et donc ? Eh bien je vais te défoncer la gueule, mon pote, pas d'autre option.
Bref, tout ça est très malaisant.

(Et politiquement discutable, puisque je doute qu'on puisse faire tomber le capitalisme en tirant à l'arme d'assaut dans tous les sens.)

Je note quand même que Carpenter évite de tomber dans l'écueil de l'histoire d'amour entre son perso et la femme qu'il prend en otage, évitant de tomber dans le terrifiant cliché de l'« Abduction as romance ». On ne va pas pour autant le féliciter.

* * *

1. Je n'ai évidemment rien contre les ouvrier de chantier, mais je n'ai pas l'impression que ce soient des mercenaires formés au maniement des armes de guerre. Ça me fait un peu penser à Knock Off de Tsui Hark, dans lequel Jean-Claude Van Damme n'est qu'un vendeur de jeans (voir l'indispensable vidéo de Karim Debbache).

Voir les commentaires

Publié le 14 Octobre 2019

Nous retrouvons Rey aux côtés de Luke Skywalker, qui a envie de tout sauf d'être un héros et un mentor. Elle continue a développer un lien mystérieux avec Kylo Ren (vrai méchant ou pas ? Là est la question). Pendant ce temps, les rebelles sont bien embêtés par les méchants et sont même carrément dans la merde. Poe joue au fier à bras en cherchant a tout faire sauter sans réfléchir, et Finn en est à vouloir déserter.

Je l'avais dit, j'avais trouvé le précédent opus plutôt réussi, sans être bouleversé non plus. C'est la vidéo du Pop Culture Detective sur les représentations de la masculinité qui m'ont décidé à regarder la suite (regardez cette vidéo, et toutes ses autres, c'est absolument passionnant). Je ne reviendrais pas sur ce point, bien que très intéressant, parce que je ne ferai que dire en moins bien ce que dit ce type.
Au-delà ce ce point, c'est un film plutôt réussi mais qui ne restera pas non plus dans les annales. Le montage est un peu laborieux, certaines séquences vraiment WTF (la résurrection de Leia), mais l'ensemble est plutôt bien écrit, bien rythmé. Les personnages sont intéressants, je continue à trouver Rey formidable, les personnages secondaires (notamment Rose) apportent quelque chose également. Le film utilise beaucoup d'animatronics et d'acteur·trice·s en costumes pour les aliens (et pour Yoda), et au-delà de l'hommage aux anciens films, ça donne au film un ancrage dans la réalité (tangible) que je trouve malin : sus à la bouillie numérique que l'on trouve dans tous les films de ce genre, revenons aux basiques. C'est peut-être un peu réac de ma part, mais j'apprécie.

Voir les commentaires

Publié le 13 Octobre 2019

Ce film trace l'itinéraire d'Harvey Milk, premier homme politique américain ouvertement homosexuel, premier élu superviseur de San Francisco, à se battre pour les droits des gays, à une époque où les homosexuels sont régulièrement tabassés par la police, mis en prison, et où de sinistres personnages comme Anita Bryant luttent férocement contre les droits des homosexuel·le·s.

Et c'est un destin remarquable qui mérite d'être mis en lumière, d'autant plus que les combats pour les droits des homosexuel·le·s restent malheureusement toujours d'actualité. C'est un destin tragique, un mouvement enthousiasmant et émouvant, une vie intense.
Mais tout de même, pourquoi une forme si conventionnelle ? Pour toucher un large public probablement, et ça s'entend très bien, parce que c'est une histoire qui doit être connue.
Je viens de voir Elephant, du même Gus Van Sant, qui est autrement plus fort en terme de cinéma. Milk est réussi, efficace, mais il n'y a plus aucune audace formelle : le récit est linéaire, avec une voix off qui ponctue certains moments, le montage est plutôt terne… Ça ressemble à n'importe quel biopic. Je n'exclus pas être passé à côté de la subtilité de la mise en scène, ça ne serai pas la première fois. Mais je n'ai jamais été surpris comme j'avais pu l'être en regardant Elephant.

Note : je m'interroge quand même sur le fait de caster des acteurs hétéros pour jouer les rôles principaux. Non pas qu'ils soient mauvais, mais pour un film qui traite de visibilité des homosexuel·le·s, ça m'interroge (d'autant plus avec les accusations qui pèsent sur James Franco – qui sont sorties une dizaine d'années après le film, certes)

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 13 Octobre 2019

Safe est un étrange objet littéraire. Un roman qui oscille entre rêve et réalité, où l'on croise une traductrice en crise existentielle, une femme fuyant le danger dans la plaine écossaise en compagnie d'un chien rouge, un groupe atteint d'une étrange maladie placé en quarantaine. Le danger rôde, souvent non identifiable, souvent caché. Il y est question d'isolement, de fuite, de peur, d'amour et de mort. Il est également fait référence à Safe de Todd Haynes, que je n'ai pas vu qui devrait pouvoir donner quelques clés du livre.
Parce que soyons honnêtes, je pense que je n'ai pas tout compris ; pourtant j'ai aimé ce livre (certes, pas autant que Les Échappées), parce qu'il est fascinant, parce qu'il est merveilleusement bien écrit, parce qu'il est très visuel et laisse en mémoire des images fortes – on retrouve d'ailleurs des images qui seront développées dans Les Échappées, comme cette mystérieuse fille qui marche le long de chemins de fer, ou cet homme sur une barque qui annonce une catastrophe. Je serais curieux de savoir d'où viennent ces images, et ce qu'elles représentent pour l'autrice.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France