Publié le 23 Septembre 2019
Nous sommes au XVIIIe siècle, sur une île bretonne. Héloïse (Adèle Haenel) est promise en mariage à un riche milanais dont elle ignore tout. Marianne (Noémie Merlant) est une peinteresse chargée de réaliser le portrait d'Héloïse, qui doit être envoyé au prétendant milanais : si le portrait lui plaît, hop, ils sont mariés. Héloïse refusant de poser, Marianne doit cacher la raison pour laquelle elle est venue sur l'île, et réaliser le tableau en cachette. Petit à petit, un trouble certain va s'installer entre elles.
Comment parler de le film sans être outrageusement laudatif ? Tout m'a plu, j'ai tout trouvé formidable. Les actrices sont exceptionnelles, Adèle Haenel, que j'avais vue il y a peu dans un rôle vraiment différent (Le Daim), garde sa sauvagerie tout en jouant l'aristocrate, elle est profondément émouvante. L'histoire est belle, terrible, tragique, j'ai évidemment pensé à Carol parce que je l'ai revu il y a peu de temps, et que c'est le même genre d'histoire d'amour tragiquement impossible. Le dernier acte est sublime et déchirant, le dernier plan est au-delà des mots et continue de me bouleverser.
C'est intéressant de constater à quel point c'est un film de femmes : il y a quatre actrices principales, les hommes sont des figurants. La majeure partie du film est un huis clos sur l'île avec Héloïse, Marianne et la servante Sophie, c'est un beau gynécée qui prend fin quand un homme apparaît : horreur ! Cela veut dire que la mère est de retour et que Marianne et Héloïse vont être séparées. La scène de fête au coin du feu est un sabbat : toutes ces femmes sont des sorcières, Sophie qui prépare ses onguents est une sorcière, à leur façon d'être libres Marianne et Héloïse sont également des sorcières : comment ne pas penser au livre de Mona Chollet ?
Pour finir, Céline Sciamma fait évidemment un travail magnifique, dans l'écriture, dans la direction d'actrices, dans les lumières, les cadres ; c'est une banalité, mais la moitié des plans sont des tableaux, la moitié des plans sont chargés d'une force émotionnelle poignante.
Bref, c'est un film super, et je crois que je n'ai pas réussi à ne pas être outrageusement laudatif.
(J'ai tellement aimé ce film que je n'ai pas pu m'empêcher de transcrire sa musique à peine entré chez moi).
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