Publié le 28 Septembre 2019

Ryoko Sekiguchi nous parle des voix, des voix des morts, celles qui restent comme des traces fantômes, des voix gravées dans la mémoire ou des voix enregistrées, des voix à la radio.

Et pour être honnête, c'est un petit peu chiant parce qu'assez vite ça tourne en rond. C'est très poético-philosophique, mais ça manque de profondeur. Par moments, Ryoko Sekiguchi évoque la voix de son grand-père mort, et je sens tout-à-coup un peu de cette profondeur, mais très vite elle revient à des considérations générales, très abstraites.
Pour être honnête, chaque paragraphe a son intérêt, mais l'ensemble n'est pas passionnant (j'ai largement survolé la dernière moitié du livre).

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 28 Septembre 2019

Jeffrey Beaumont (Kyle MacLachlan) est de retour à Lumberton suite à l'accident de son père. Il y rencontre Sandy (Laura Dern), la fille de l'inspecteur de police Williams. Quand il trouve une oreille humaine, Jeffrey ne s'attend pas à se trouver embarqué dans une histoire sordide impliquant entre autres une chanteuse (Isabella Rossellini) et un psychopathe (Dennis Hopper).

Je connais la question que se posent mes trois lecteur·trice·s (oui oui, je vous vois tous) : « l'auteur de ce blog a une histoire compliquée avec David Lynch, il n'a aimé ni Lost Highway ni Mulholland Drive, mais il avait bien aimé Sailor et Lula. Qu'a-t-il donc pensé de Blue Velvet ? » Calmez votre impatience, chers lecteur·trice·s, je vais répondre à cette question.
Mais d'abord un flash-back.
J'avais 16 ans en 2001. À l'occasion de la sortie de Mulholland Drive, j'étais allé avec mon ami A. à une soirée consacrée à Lynch. Mulholland Drive, Blue Velvet, Lost Highway (j'avais lâché l'affaire à L.H., 6h de Lynch à la suite c'est trop pour moi) (j'ai déjà parlé de cette soirée ici). J'avais vraiment été marqué par Blue Velvet, sans réellement parvenir à me souvenir des raisons (c'était il y a 18 ans, vous me pardonnerez sans doute). Suite à ma déception à la revoyure de L.H. et M.D., j'avais peur de revoir Blue Velvet : j'avais peur d'être déçu, je voulais rester sur l'impression que j'avais eue adolescent.
Toujours est-il qu'hier soir j'ai revu Blue Velvet.

C'est un film auquel je n'ai rien à reprocher (bon, le montage est parfois un peu mou, mais c'est tout), mais ce n'est pas vraiment mon truc. Je comprends ce que Lynch a voulu faire, je vois ses intentions : montrer la réalité des choses, la crasse humaine sous les apparences flatteuses. C'est assez évident dans les séquences d'ouverture et de fermeture (très lynchiennes), avec le factice du bonheur, du soleil et de la ville paisible (c'est un décor) qui contraste avec le réel des bébêtes crades qui grouillent en dessous (on a traversé le miroir). Mais encore une fois, qu'est-ce que ça dit du monde ?
Des gens sont méchants, violents, ils violent, tuent, torturent. Le pauvre Jeffrey est balancé dans ce monde dont il ignore les codes, et il va prendre cher, et l'innocence de Sandy va sans doute être brisée. « It's a strange world », comme ils disent dans le film. Bien.
Peut-être que le problème, dans le fond, c'est que je ne partage pas la fascination qu'ont un certain nombre de cinéastes1 pour les méchants, pour les vilains pas beaux, pour la violence, pour les bad boys. Peut-être que ça explique en partie que je ne sois pas plus intéressé que ça au freak show que déploie Lynch ici ?
Dans Sailor et Lula, Lynch était dans la farce grotesque, rien n'était réellement sérieux. Ici ça l'est plutôt ; c'est sans doute pour ça que je trouve que ça marche dans S&L et pas ici.

Je ne peux pas ne pas mentionner la scène de viol au milieu du film, qui fait écho à celle de S&L. Disons que je ne suis pas sûr d'aimer l'image de la sexualité que Lynch met en scène.

* * *

1. Voir Scorcese par exemple, dont je n'avais aimé ni Les Affranchis ni Raging Bull.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 27 Septembre 2019

Les méchants robots du futur on encore envoyé dans le présent (de 1991) un méchant robot, avec pour mission cette fois de tuer John Connor, le futur leader de la révolte humaine. Sauf que les gentils humains du futur ont eux aussi envoyé un robot, gentil celui-là, pour protéger John Connor. Alors, qui c'est qui va gagner ?

Je n'avais vraiment pas du tout prévu de me faire une rétrospective James Cameron, mais c'est plus ou moins ce qui est arrivé.
Ce film est moins âpre que le premier Terminator, les personnages ont plus de substance, mais il perd en radicalité pour être un film d'action plus ou moins comme un autre. C'est moins bourrin que True Lies, mais c'est pas subtil pour autant.
Les effets spéciaux numériques (morphing) ont carrément bien vieilli ; les scènes d'action, sans effets numériques (ce sont de vraies voitures qui ont des accidents) ont une densité qu'on peine à retrouver dans un certain nombre de films contemporains : on aura beau faire, le numérique n'a pas le poids des cascades faites « en vrai ».
Et Schwarzenegger fait très bien le robot.

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Publié le 27 Septembre 2019

Beatrice est auxiliaire puéricultrice, dans un hôpital parisien. Dans une autre vie, elle dansait nue sur scène avec son compagnon le violoniste Gabor et le batteur Paolo, rejoints plus tard par Pierre et Pierre. Un spectacle plein de vie, d'énergie, de liberté, de trouble. Aujourd'hui elle essaye de faire semblant d'être normale.

Le premier roman de Julie Bonnie est une suite d'instantanés à la maternité entrecoupés de flash-backs, dont l'énergie et la force préfigure celle de C'est toi maman sur la photo ?. Les instantanés sont construits comme des nouvelles, comme des tableaux se penchant sur un personnage, sur un évènement. Sensible, touchant, dur, c'est un beau roman (c'est une belle histoire).

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 26 Septembre 2019

Harry Tasker (Arnold Schwarzenegger), super espion qui court après de dangereux terroristes, est obligé de cacher la vérité à sa femme Helen (Jamie Lee Curtis), qui pense qu'il est un bête représentant en informatique. Alors qu'il court après des méchants menaçant de faire exploser des bombes nucléaires dans tout les USA, Harry découvre qu'Helen a peut-être un amant, un pauvre type qui se fait passer pour un espion pour choper des gonzesses.

Je crois que j'ai un peu honte d'avoir regardé ce film. Soyons clair : c'est bien mené, souvent amusant, les scènes d'actions sont spectaculaires, le scénario mêlant lutte anti-terroriste et problèmes de couple est assez habilement mené. Mais c'est vraiment pas un film très subtil. La plupart du film se résume à « pan pan boum boum les gros flingues les explosions tacatacatac les gros avions boum ça explose vlan dans la gueule pan pan boum boum ». Michael Bay n'a rien à envie à ce Cameron-là, le Cameron bourrin, celui qui a fait d'Aliens un gros film avec des flingues, perdant toute l'essence de l'horreur du premier film (j'ai toujours trouvé que le 2e Alien était le moins bien).
Et puis il y a la scène du strip-tease de Jamie Lee Curtis qui est particulièrement gênante ; heureusement qu'il y a quelques gags pour sauver la face.
Ah, et puis il faut bien l'admettre : Schwarzenegger n'est vraiment pas un bon acteur. Il réussit très bien à faire le robot, mais quand il s'agit de jouer la comédie, il est juste mauvais.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 25 Septembre 2019

Aster vit sur le Mathilda, un gigantesque vaisseau spatial dérivant dans l'espace depuis plus de 300 ans, à la suite d'une catastrophe survenue sur la Terre. Aster fait partie des habitants des ponts inférieurs, les Bas-pontiens, des Noirs méprisés, violentés et exploités par ceux des ponts supérieurs, des Blancs vivant dans une certaine opulence. Les ponts inférieurs sont soumis à des coupures de courant régulières depuis quelques mois ; il n'y a en général pas de chauffage et y fait donc très froid.
Aster bénéficie pourtant de quelques privilèges : elle est amie avec le Général-Chirurgien, qui l'a formée à soigner et opérer. Elle prépare elle-même des médicaments inédits dans son botanarium.
Nicolae, le chef du vaisseau, est atteint d'un mal étrange qui risque d'entraîner sa mort. Il serait alors remplacé par le terrible et impitoyable Lieutenant. Aster découvre que sa mère, Lune Grey, qu'elle n'a pas connue, a été atteinte d'un mal similaire à celui de Nicolae avant son suicide. Et que cette période, il y a 25 ans, correspond à la précédente période de coupures de courant.

Je comprends pourquoi la critique étasunienne et française est unanime sur ce bouquin : il y a de quoi ! C'est un livre riche, intense, nerveux, émouvant. Un de ces pavés qui se lisent en quelques jours, et qui restent en mémoire longtemps après. Il s'y passe plein de choses, les personnages sont riches et denses, ça pose plein de questions sur le monde.
Rivers Solomon glisse dans ce livre beaucoup de ce qui semble être ses préoccupations personnelles. Ainsi, la plupart des personnages sont intersexes ou non-binaires. Le Chirurgien prend un anti-douleur qui perturbe l'androgenèse, il cultive son androgynie en se rasant la barbe, ce qui est contraire aux mœurs des autres hommes. Il est d'ailleurs critiqué pour son aspect « féminin ». Les Bas-pontiens sont non-binaires jusqu'à l'adolescence ; ils gardent des caractéristiques des deux sexes.
Je ne vais pas faire la liste, mais on y trouve également des réflexions sur la science, sur la politique, sur l'usage de la violence, sur l'écologie, évidemment sur le racisme (les Noirs Bas-pontiens sont esclaves des Blancs Haut-pontiens)… Encore une fois, ça se dévore, c'est intelligent, plutôt bien écrit, c'est à recommander.

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Publié le 24 Septembre 2019

Mary Bee Cuddy (Hillary Swank, parfaite), 31 ans, est désespérément célibataire. Fervente croyante, elle cherche manifestement plus un mariage d'intérêt que d'amour ; il semble qu'elle a quitté New York pour suivre quelqu'un dans le Far West, qui l'a laissée tomber.
Toujours est-il que dans son bled trois femmes sont devenues folles, et faute d'hommes courageux, c'est Cuddy qui s'occupe de les amener dans l'Iowa, où un pasteur accepte de les prendre en charge. Elle tombe sur « George Briggs » (ce n'est pas son vrai nom) (Tommy Lee Jones), un vieux voyou qu'elle force à l'accompagner. Bref, cet étrange équipage va traverser une partie du désert des États-Unis.

Ce road trip sale et poussiéreux est évidemment beau, de grands paysages, de grandes lumières, tout ça. Rien de nouveau sous le soleil pourtant. C'est un film plutôt agréable, mais qui reste trop à distance de ses personnages, un peu opaques, et qui, à force de vouloir être pudique, en devient un peu froid. Il y a des moments tragiques, mais qui passent tellement vite qu'on n'a pas le temps de ressentir quoi que ce soit, et c'est bien dommage.

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