Publié le 4 Août 2019

Le Syndicat du crime est l'histoire de Ho (Ti Lung), un maffieux qui s'est fait chopper, et qui à sa sortie de prison essaye de se retirer des affaires. Pris en étau entre le milieu qui ne veut pas le lâcher, son ami Mark (Chow Yun-fat, impressionnant) et son petit frère policier (Leslie Cheung), ça ne va pas être aussi simple…

C'est donc une histoire d'honneur, de loyauté, de fraternité, d'amitié. C'est un film d'action, avec scènes de fusillades et sang qui gicle à gogo. C'est plutôt bien fait, mais j'en garde une sensation de déjà-vu qui est sans doute injuste, puisque c'est un film qui a apparemment massivement influencé le cinéma américain.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Hong-Kong

Publié le 4 Août 2019

Sous la dynastie des Tang (618 - 907), l'empereur confie au super Détective Dee/Di Renjie « Dragon docile », une super épée taillé dans un métal de météorite. Sauf que l'impératrice n'a pas confiance en Di Renjie ; elle engage des sorciers pour récupérer l'épée. Di Renjie est plus malin, mais ce complot cache un autre complot encore plus dangereux…

Alors oui, c'est un peu grandiloquent, c'est parfois même confus dans cette imbrication de complots, mais en se détendant un peu et en se laissant aller, on arrive très bien à suivre et à se faire embarquer. Tsui Hark ne fait pas vraiment dans la demi-mesure, les sorciers sont très caricaturaux, les tours de magie particulièrement hénormes, mais ça marche, parce que ça donne de la folie au film et c'est au final assez jouissif – et aussi parce que la maîtrise de Tsui Hark dans sa mise en scène est remarquable.
J'ai vu que c'était le dernier volet d'une trilogie, il faudra peut-être que je me penche sur les deux premiers opus, j'imagine que certains détails du film s'éclairciront…

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Publié le 4 Août 2019

Ce roman raconte l'histoire de Réunion, un phalanstère (en gros une cité de vie idéale et utopique) créée au Texas par Victor Considerant, un adepte des thèses de Charles Fourier, un philosophe socialiste. Réunion est un échec considérable, Considerant un incapable qui vit dans le monde idéal qu'il s'est inventé, mais qui ne sait pas faire face à la réalité.
Et le roman est fascinant, en premier lieu parce le récit de base est formidable, ensuite parce Thomas Giraud a une belle plume, qui prend parfois des détours pour mieux faire sentier les choses, ce qui ne l'empêche pas de jouer avec de grosses ellipses (les fameuses crevasses de Flaubert). Le bruit des tuiles du titre, causé par la chute de ces tuiles sur le sol, hante Considerant tout le livre, qui ne parvient pas à regarder son propre échec, qui l'observe toujours mis à distance par des calculs et des principes oiseux et devenus absurdes.

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(Je fais un long résumé du livre, mais c'est pour le travail)
(je vais évidemment complètement spoiler le livre)


Fin 1860. Le livre commence par la description du champ de ruines qu'est devenu Réunion.
1855. Victor Considerant fait une tournée en France pour convaincre des gens de le suivre au Texas, où il a l'intention de monter une ville. Fourieriste, il a tout pensé, tout réfléchi, construction agriculture organisation système démographie, tout, pendant des années il s'est attelé à cette tâche épuisante. Aujourd'hui il est à Clermont. Il regrette un peu que seuls des bourgeois, âgés, gros, incapables de travailler de leurs mains pour construire une ville à partir de rien, viennent l'écouter, mais ce sont les seuls qui ont le temps pour ça.
Il y a quand même Leroux, qui a hérité de la ferme de ses parents, sans pour autant aimer ce travail. Il n'a même pas 30 ans et déjà il s'ennuie. Il est prêt à monter dans ce bateau, au départ du Havre, pour suivre Considerant.
Le nom de la ville, Réunion, a un peu été choisi par défaut. La structure est en cercle : tout le monde voit tout le monde, donc personne ne regarde, donc on est caché tout le temps (p. 47).
Certains des colons veulent partir avant lui, certains emmènent ses amis avec eux. C'est impensable pour Considerant : personne ne peut arriver à Réunion avant lui, et ces irresponsables qui décident à sa place de qui a le droit de partir, c'est insupportable. Il a pensé à tout, et ils improvisent. D'autant plus que, encore une fois, ce ne sont pas des charpentiers ou des maçons mais des bourgeois pépères et vieillissants. Mais il est flatté de l'intérêt, alors hop, tout le monde prend le bateau. Sa femme Julie reste à Besançon.
Traversée, arrivée, longue marche jusqu'aux terres. Elles sont pourries, désertiques, sablonneuses, caillouteuses, mais la joie d'avoir fini cet épuisant voyage et l'optimisme sont plus forts.
Considerant est persuadé que le terrain est plus petit que ce qu'on lui a vendu, malgré plusieurs mesures qu'il a refaites lui même.

Il parle, même si c'est à lui-même, sans se résigner, marche dans tous les sens autour de Réunion n'aidant jamais à porter une solive, à tenir une corde, se souciant de ses inquiétudes d'espace, je ne voyais pas ça si petit, donnant à tous un aperçu de sa capacité à ne pas se concentrer sur l'essentiel, à se perdre dans un détail jusqu'à l'obsession. (p. 119)

La réalité du terrain rend les prévisions de Considerant caduques. C'est insupportable, il lui faut refaire ses plans pour coller à la réalité, lui qui pensait que l'inverse allait se produire.
Leroux déprime : il voit que la terre est merdique, rien n'y poussera. Il n'y pas d'arbre, pas d'ombre, un ruisseau rachitique qui ne pourra pas servir à l'irrigation. Qu'il semble être le seul à s'en rendre compte le désespère.
Trois « mastodontes » sont construits, de grands dortoirs obligeant à une promiscuité pas toujours agréable, mais c'est toujours ça de pris en attendant la suite. Comme il n'y a pas d'arbre sur le terrain, il faut faire venir du bois, il faut bricoler, c'est moins élégant que dans les plans, et c'est cher.
Le suisse Frick et sa poignée de terre suisse avec laquelle il voudrait être enterré.
Prospection des les villes voisines pour d'éventuels commerces. La gazette d'Austin explique que ces Français sont des socialistes abolitionnistes : ils sont très loin d'être bienvenus dans ce Sud très conservateur. Considerant, anéanti, part s'isoler quelques jours dans une grotte. Il ambitionne une réponse bien troussée, qu'il n'écrira jamais. Le groupe, sans lui, est perdu et peine à se décider sur ce qu'il faut faire.
Considerant finit par revenir, les habitants commencent à comprendre qu'il ne faudra plus rien attendre de lui, qu'ils peuvent plus ou moins bien s'organiser sans son secours. Quelques marchands ambulants passent, ne restent pas longtemps, ils voient la situation à Reunion. Pourtant, comme rien ne pousse, tout brûle, il faut bien acheter de quoi manger. L'été est brûlant au milieu du désert. Considerant est dépassé, sans doute devenu un peu fou, effrayant ; les Loubot font sécession, lassés, énervés par Considerant. Ils s'installent tout de même sur le terrain mais à l'écart ; les constructions sont hasardeuses, il n'y a plus de plan.
Finalement, c'est la 2e année. Les mastodontes sont toujours là, des maisons forment de sortes de petits villages, entre découragés, optimistes, par affinités aussi. Les découragés sont partis, les furieux isolés, les récoltes pas si mauvaises (p. 231). C'est alors qu'arrivent les sauterelles. Qui mangent tout, se faufilent partout, envahissent tout, précédés par les oiseaux. Et les sauterelles repassent toujours à leur retour. De nombreux partent, il n'y a plus rien, et pour les autres il faut prévoir le nouveau passage. Considerant est présent mais totalement absent. Puis le gel au mois de mai. La famine.
4e année. Ils ne sont plus que 5 ou 6. Considerant part, ça ne change rien, il n'a jamais aidé, jamais eu de bonnes idées. Il finit par ne plus rester que Leroux, seul, qui ne sait pas quoi faire d'autre que rester.
De retour à Besançon, Considerant, probablement un peu fou à force de ruminer, fait publier un texte où il explique que rien de tout ça n'est de sa faute, que c'est celle des autres.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 31 Juillet 2019

Il y a deux principaux récits parallèles dans Wonderstruck : celui de Ben, un jeune garçon dont la mère est morte dans un accident de voiture ; et celui de Rose, en noir et blanc et en muet.

Ce n'est pas évident de parler de ce film sans en dire trop, parce que sans être un thriller au suspense haletant, il y a quelques surprises dans ce film qui lui donnent sa cohérence et sa saveur. Comme pour Carol, Todd Haynes fait un superbe travail : direction d'acteur·trice·s, cadrages, lumière, tout est parfait, subtil, élégant.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 28 Juillet 2019

Figurez-vous que je n'avais pas vu Forrest Gump, et ça y est c'est fait. On le sait, c'est donc l'histoire d'un simplet qui se retrouve malgré lui au milieu de la plupart des évènements historiques des États-Unis à partir de 1960 : guerre du Viet-Nâm, Black Panthers, Watergate etc. Je n'ai pas grand-chose à en dire d'original, j'aime bien l'utilisation de la musique, même si elle est parfois un peu systématique elle colore assez bien les scènes, la voix off est parfois un tout petit peu trop présente à mon goût, Tom Hanks est formidable, bref c'est très bien Forrest Gump.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 23 Juillet 2019

Pas de bol pour Ruka : c'est le premier jour des vacances d'été et elle est exclue du cours de handball pour un coup de coude. Elle décide d'aller voir son père à l'aquarium géant où il travaille ; elle y rencontre Umi et Sora, deux « enfants de la mer » aux pouvoirs surnaturels élevés par des dugongs. Ruka va les suivre à la recherche d'un « chant » bien mystérieux.

J'avais commencé à lire le manga papier, qui est graphiquement assez magnifique, même si le travail sur les personnages me gênait un peu parfois. Je retrouve le même plaisir et les mêmes réserves avec le film : autant par moment les personnages ne sont pas vraiment à mon goût, autant tout le reste est graphiquement magnifique.
Je n'ai par contre pas vraiment été embarqué dans le récit, qui commence vraiment très bien, mais qui devient dans la dernière partie beaucoup trop ésotérique (on retrouve la même chose dans Akira ou Amer Beton, j'avoue que ce n'est pas franchement mon truc). C'est encore une fois très beau, mais je n'étais plus dedans, plus vraiment concerné par l'histoire. Peut-être parce que tout ça va un peu vite – ce qui est prévisible quand il s'agit d'adapter plusieurs milliers de pages de BD.

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Publié le 21 Juillet 2019

Dans ce livre, qui n'est pas un roman, Julie Bonnie revient sur ses jeunes années, alors qu'elle était violoniste dans le groupe de punk-rock Myosotis – c'est du moins le nom qu'elle lui donne dans ce récit. Elle alterne des passages au présent et les souvenirs du passé, il y a une trentaine d'années. Elle peine à concilier les deux personnes : le récit au présent (Bonnie est âgée de 46 ans) est écrit à la première personne ; les souvenirs (qui commencent alors qu'elle a 13 ans) sont à la troisième personne, comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre ; cet artifice est assez efficace, surtout quand le « je » surgit à des moments inattendus.
C'est un récit de formation, énergique, jeune, un peu fou, réflexif aussi sur les idéaux de la jeunesse.

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(Je fais un résumé sommaire mais long du livre, mais c'est pour le travail)
(je vais évidemment complètement spoiler le livre)

La jeunesse, son énergie. Julie le crâne rasé, les dreadlocks rouges, le violon dans les mains, pantalon de cuir et soutien-gorge ; les autres membres du groupe sont tatoués, percés, en collant panthère...

1985, Tours, Julie est en cinquième. Ses parents habitent dans le centre-ville, ils sont bourgeois, enseignants en littérature et philosophie. Julie va au conservatoire, elle étudie le violon, sans passion ; c'est une bonne élève, une fille sage. Le début de l'adolescence est là, elle a envie d'ailleurs, d'autre chose, de casser les barrières, de sortir de son rôle de fille sage. Elle écrit des poèmes. Elle discute avec son ami Sylvestre, contrebassiste, qui écoute du jazz, un grand maigre à lunettes. Ils boivent un pot place Plumereau, la place cool de la ville, où tous les jeunes se regroupent. Julie rencontre Clarisse, une belle brune avec des tâches de rousseur, les yeux clairs, un chignon géant, beaucoup de maquillage, d'assurance, de gouaille. Elle est guitariste, une amitié fusionnelle naît, Julie s'est trouvé un modèle. Tous les trois écoutent de la musique, et décident de monter un groupe : Myosotis.
Premières cuites place Plumereau, les parents qui désapprouvent Clarisse. Premier concert dans un bar.

1988. Le groupe est devenu connu à Tours ; son personnage dessinée par Clarisse, la Chilulibulette, est partout ; ils jouent dans la rue, dans des bars. Julie rencontre Nicolas, 10 ans de plus, c'est le coup de foudre. Elle emménage avec lui vers

1990. Nicolas devient le manager du groupe. Il manque un batteur, ils rencontrent Ben, grand, roux, nez grec, athlète ; et Rod grand, fin, rasé, tresse, tatouages, chaîne, cuir, motard, percussionniste. Tous les deux sont engagés sans audition.

1990. Le bac, réussi sans gloire (où est passé la bonne élève ?). Une tournée des camping, des restos, des bars. La fatigue, les engueulades.
Présent : Julie, toujours avec Nicolas, retrouve Ben. Ils explorent les souvenirs, émotion.
Nicolas s'occupe du fan club, inscrit sur une mailing list (avec des adresses postales). Le groupe enregistre sa première cassette, gagne de l'argent grâce à la vente de tee-shirts : ils peuvent acheter un camion pour leurs tournées.

1991. Tournées des bars dans toute la France. Affirmation du groupe, expérimentations et improvisations, énergie de la scène, punk, rock.
Concert à Berlin. Engueulades sur la route, Julie reste un peu bourgeoise malgré tout, elle tient à son confort (« arrête de te plaindre ! »). Berlin c'est un autre monde, punk rock libertaire alternatif. Le mur est tombé il y a peu, incursion de l'Histoire dans le réel. Concerts explosifs. Retour à Tours, fatigue, engueulades, autre concert, fatigue, énergie et sueur. Julie et Nicolas déménagent à Paris. Pour elle, il n'y a rien d'autre que le groupe, elle n'a envie de rien faire d'autre.

Été 1992, tournée à l'est : Bratislava, Prague, Brno. Galères, énergie, euphorie, émotions fortes.
Premier disque, un CD. Pas de producteur, c'est le bordel, l'anarchie, les pistes sont enregistrées séparément alors que Myosotis est un groupe de scène. Finalement c'est bordélique, à l'image du groupe. L'album se vend mal, mais atteint quelques oreilles : une tournée en Allemagne, Hollande, Belgique. La question d'arriver à vivre de sa musique : pour l'instant les payes remboursent le déplacement, le groupe ange du jambon sous vide et de la mayonnaise premier prix. Un concert dans une secte hippie allemande, nudistes et sexe. Peur, gêne, honte et rire.
Le camion tombe en rade, les réparations sont hors de prix. Tant pis, il faut payer.

1993 : le groupe décide de devenir pro. Ça fait plusieurs années qu'il tourne à peu près partout, il faut y croire. Clarisse quitte (à regret ?) son boulot en agence de pub ; le père de Julie lui verse une sorte de pension (c'est plus facile pour elle de tout plaquer). 200 dates dans l'année, ça marche tant bien que mal. Clarisse est enceinte, elle prend des cours de chant qui lui permettent de se poser un peu. Julie est humiliée par le prof de chant, Clarisse ne prend pas sa défense. Tournée avec le bébé de Clarisse.
Une tournée est organisée avec les Inch, un groupe allemand, des idoles, des aînés. Le leader violoniste chanteur du groupe offre son archet à Julie : elle réalise qu'elle vaut quelque chose (!), gagne en confiance. La tournée épuisante, entre drogue, alcool et nuits blanches.
Julie travaille son violon, chante. Un deuxième album, à la recherche du tube pour passer à la radio, alors que le groupe est l'opposé de ça. Des dissensions entre Julie et Clarisse apparaissent, chacune est enfermée dans un groupe d'où elles aimeraient tirer leur voix/voie. Julie vise plus de punk, Clarisse vise un tube à la radio. Sans clairvoyance sur le résultat des enregistrements studio.
Mais succès n'est toujours pas là ; toujours les mêmes tournées dans des rades et des squats pourris. Clarisse tourne sans son bébé, qui lui manque ; Julie tombe enceinte. Depuis des années, le groupe a accumulé frustrations, aigreurs, rancunes. Pourtant chaque concert reste un évènement.
Le groupe est en résidence 10 jours, derniers instants de bonheur. Ils invitent les les Inch en première partie, marrades.

Mais c'est la fin. Les frustrations, les haines engendrent de la violence. Julie et Clarisse se voient pour la dernière fois en 1995. Comme une sœur siamoise arrachée.
Julie monte un autre groupe éphémère, Cornu. La fin d'un groupe, c'est comme une rupture violente.
Après des années d'assistante maternelle, elle retourne à l'écriture et à la musique.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France