Publié le 14 Octobre 2019

Nous retrouvons Rey aux côtés de Luke Skywalker, qui a envie de tout sauf d'être un héros et un mentor. Elle continue a développer un lien mystérieux avec Kylo Ren (vrai méchant ou pas ? Là est la question). Pendant ce temps, les rebelles sont bien embêtés par les méchants et sont même carrément dans la merde. Poe joue au fier à bras en cherchant a tout faire sauter sans réfléchir, et Finn en est à vouloir déserter.

Je l'avais dit, j'avais trouvé le précédent opus plutôt réussi, sans être bouleversé non plus. C'est la vidéo du Pop Culture Detective sur les représentations de la masculinité qui m'ont décidé à regarder la suite (regardez cette vidéo, et toutes ses autres, c'est absolument passionnant). Je ne reviendrais pas sur ce point, bien que très intéressant, parce que je ne ferai que dire en moins bien ce que dit ce type.
Au-delà ce ce point, c'est un film plutôt réussi mais qui ne restera pas non plus dans les annales. Le montage est un peu laborieux, certaines séquences vraiment WTF (la résurrection de Leia), mais l'ensemble est plutôt bien écrit, bien rythmé. Les personnages sont intéressants, je continue à trouver Rey formidable, les personnages secondaires (notamment Rose) apportent quelque chose également. Le film utilise beaucoup d'animatronics et d'acteur·trice·s en costumes pour les aliens (et pour Yoda), et au-delà de l'hommage aux anciens films, ça donne au film un ancrage dans la réalité (tangible) que je trouve malin : sus à la bouillie numérique que l'on trouve dans tous les films de ce genre, revenons aux basiques. C'est peut-être un peu réac de ma part, mais j'apprécie.

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Publié le 13 Octobre 2019

Ce film trace l'itinéraire d'Harvey Milk, premier homme politique américain ouvertement homosexuel, premier élu superviseur de San Francisco, à se battre pour les droits des gays, à une époque où les homosexuels sont régulièrement tabassés par la police, mis en prison, et où de sinistres personnages comme Anita Bryant luttent férocement contre les droits des homosexuel·le·s.

Et c'est un destin remarquable qui mérite d'être mis en lumière, d'autant plus que les combats pour les droits des homosexuel·le·s restent malheureusement toujours d'actualité. C'est un destin tragique, un mouvement enthousiasmant et émouvant, une vie intense.
Mais tout de même, pourquoi une forme si conventionnelle ? Pour toucher un large public probablement, et ça s'entend très bien, parce que c'est une histoire qui doit être connue.
Je viens de voir Elephant, du même Gus Van Sant, qui est autrement plus fort en terme de cinéma. Milk est réussi, efficace, mais il n'y a plus aucune audace formelle : le récit est linéaire, avec une voix off qui ponctue certains moments, le montage est plutôt terne… Ça ressemble à n'importe quel biopic. Je n'exclus pas être passé à côté de la subtilité de la mise en scène, ça ne serai pas la première fois. Mais je n'ai jamais été surpris comme j'avais pu l'être en regardant Elephant.

Note : je m'interroge quand même sur le fait de caster des acteurs hétéros pour jouer les rôles principaux. Non pas qu'ils soient mauvais, mais pour un film qui traite de visibilité des homosexuel·le·s, ça m'interroge (d'autant plus avec les accusations qui pèsent sur James Franco – qui sont sorties une dizaine d'années après le film, certes)

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 13 Octobre 2019

Safe est un étrange objet littéraire. Un roman qui oscille entre rêve et réalité, où l'on croise une traductrice en crise existentielle, une femme fuyant le danger dans la plaine écossaise en compagnie d'un chien rouge, un groupe atteint d'une étrange maladie placé en quarantaine. Le danger rôde, souvent non identifiable, souvent caché. Il y est question d'isolement, de fuite, de peur, d'amour et de mort. Il est également fait référence à Safe de Todd Haynes, que je n'ai pas vu qui devrait pouvoir donner quelques clés du livre.
Parce que soyons honnêtes, je pense que je n'ai pas tout compris ; pourtant j'ai aimé ce livre (certes, pas autant que Les Échappées), parce qu'il est fascinant, parce qu'il est merveilleusement bien écrit, parce qu'il est très visuel et laisse en mémoire des images fortes – on retrouve d'ailleurs des images qui seront développées dans Les Échappées, comme cette mystérieuse fille qui marche le long de chemins de fer, ou cet homme sur une barque qui annonce une catastrophe. Je serais curieux de savoir d'où viennent ces images, et ce qu'elles représentent pour l'autrice.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 11 Octobre 2019

Nous retrouvons dans ce court roman (longue nouvelle ?) le personnage d'Alice, déjà vue dans Duo. Sauf que son Michel vient de mourir, bêtement, en glissant dans une rivière assassine. Alice ,endeuillée et en colère, rentre à Paris retrouver ses deux sœurs Colombe et Hermine, toutes deux en prise avec leurs amours pour des hommes mariés.

On ne va pas mentir, ce n'est pas un grand roman, même si la finesse d'observation et le talent d'écriture de Colette sont toujours aussi épatants. Le roman, qui se concentre sur des bagatelles, prend une teinte plus mélancolique et touchante vers la fin, quand Alice réalise que ses sœurs (alors qu'elles étaient particulièrement complices) sont devenues des étrangères un peu égoïstes, trop préoccupées par leurs vaines amours pour faire attention à leur sœur. L'incommunicabilité, la solitude au milieu des autres, c'est classique mais ça marche toujours quand c'est aussi finement dépeint.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 11 Octobre 2019

Nous sommes dans le microcosme de l'aristocratie qui s'offre un week-end à la campagne, dans le château de Robert de La Chesnaye. Renoir filme leurs histoires d'amour et d'amitié un peu à la manière de Robert Altman : en se baladant au milieu de ces gens, en croisant leurs aventures et leurs peines. Il y a plein d'intrigues de cœur que je pourrais résumer mais ça serait un peu fastidieux ; au final il n'est question que de marivaudages et de badinages. Pourtant c'est passionnant, parce que les croisements sont habiles, parce que les conflits des personnages sont intenses, parce que c'est terriblement bien écrit, bien dialogué, bien filmé, bien joué.
C'est au final une vision assez pessimiste des relations qui est donnée, puisque tout le monde est malheureux, et tout le monde s'y résigne.

Il faut quand même ajouter que c'est un film qui ne brille pas par son féminisme (je pense, entre autres, à la main au cul donnée par Octave/Jean Renoir à une domestique qui n'avait rien demandé).
Et que la scène de chasse est particulièrement dérangeante ; je me suis demandé si c'était voulu, à quel niveau de complaisance Renoir filme ces meurtres de petits animaux innocents, il semblerait que la violence est voulue parce qu'elle en annonce d'autres ; ça marche donc plutôt bien.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 11 Octobre 2019

Nous sommes dans un lycée ordinaire des États-Unis. Van Sant croise habilement (on voit la même scène de plusieurs points de vue) divers personnages qui vivent leur vie d'adolescents ordinaire, les amours, l'ennui, la photo, le malaise, l'anorexie... Jusqu'à une tuerie de masse, que l'on voit arriver dès le milieu du film (voire avant bien sûr).

Et c'est évidemment terrifiant. Les long travellings dans les couloirs deviennent de plus en plus anxiogènes à mesure que l'on sent la catastrophe arriver, cette lenteur créée une attente, une peur glaçante. C'est sans surprise un peu esthétisant, mais en même temps la longueur des plans-séquences rend le film étonnamment radical.
Je ne sais pas si le discours tenu sur ces tueries de masse est vraiment profond ; Van Sant, par son point de vue un peu clinique, offre paradoxalement une expérience sensorielle, émotionnelle et puissante. C'est assez impressionnant finalement.

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Publié le 8 Octobre 2019

Seth Brundle est l'archétype du savant fou au cinéma : brillant, solitaire, asocial, maladroit… Il a inventé un téléporteur qui pour l'instant ne téléporte que des objets inanimés, mais espère bien réussir à se téléporter lui-même, comme il l'explique à la journaliste qu'il harcèle au début du film.
On sait bien ce qui va arriver : il va se téléporter avec une mouche, leur ADN vont fusionner, et ça va commencer à être la merde.

Bien bien bien. Je ne suis pas forcément un grand fan de Cronenberg (voir Maps to the Stars) que je trouve souvent assez lourdaud. C'est le cas ici, mais bon, c'est un film d'horreur des années 1980, on ne peut pas lui reprocher de manquer de subtilité. Comme pour The Thing, c'est plutôt bien mené, ça ne fait pas vraiment peur, les effets spéciaux sont plutôt bons pour l'époque. Goldblum est évidemment sexy en diable.
J'imagine que ce film (le 10e de Cronenberg, quand même) a été pour beaucoup l'occasion de découvrir à l'époque le goût du réalisateur pour les monstres, pour les fusions homme/animal/machine (qu'on retrouve un peu dans eXistenZ), mais aujourd'hui tout ça est vu et revu, et pas traité avec énormément de finesse non plus. #mode réac on# De toutes façons, toutes ces questions ont déjà été très bien traitées dans Frankenstein #mode réac off#
On pourrait aussi parler du fait que scientifiquement c'est n'importe quoi, que la figure du savant incarné par Goldblum est caricaturale, mais le réalisme n'est pas vraiment le but ici.

Bon, et sinon, on parle un peu du rapport de Cronenberg aux personnages féminins ? Parce qu'il n'est question que de harcèlement, et ça va quand même au-delà des standards de l'époque. Seth harcèle Veronica (Geene Davis, très bien malgré tout), qui lui dit une petite dizaine de fois qu'elle n'est pas intéressée, qu'elle n'a pas envie de le suivre dans son labo etc. Évidemment, elle finit par le suivre, et par devenir sa petite copine (comme c'était prévisible, c'est le seul personnage féminin).
Sauf que pendant ce temps Veronica est harcelée par son ex, qui se pointe chez elle prendre des douches sans la prévenir, qui n'arrête pas de lui faire des propositions déplacées – d'autant plus que c'est son supérieur hiérarchique. Certes, son comportement est décrit par Veronica comme « dégueulasse », mais le film semble vouloir le montrer comme quelqu'un de bien dans le fond (il la sauve).
Sans oublier la scène où Seth propose à des inconnus dans un bar de gagner une fille au bras de fer, fille à qui évidemment personne ne demande son avis (et ça marche, en plus).
Bref, ça craint vraiment.

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