Publié le 13 Février 2023

Le film entremêle plusieurs récit de plusieurs époques : 1849, un aristocrate anglais en voyage dans l'Océan Pacifique confronté à la violence du système esclavagiste ; 1936, un jeune musicien homosexuel devient l'assistant d'un célèbre compositeur sur le déclin ; 1973, une journaliste enquête sur des centrales nucléaires aux États-Unis ; 2012, un vieil éditeur anglais a des problèmes d'argent ; 2144, une jeune clone employée d'un fast-food sort de son restaurant ; 2321, 106 ans après « la chute », une tribu de chasseurs-cueilleurs reçoit la visite de Prescients, derniers vestiges d'une civilisation technologiquement avancée.

C'est un film formidable. Chacun des récits est intéressants, écrits dans des genres différents, respectivement : roman d'aventure, roman épistolaire, polar à la Erin Brokovitch, récit humoristique à la première personne, film d'action dans le futur, post-apo. Une dizaine d'acteurices (Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Ben Whishaw, Donna Bae…) se partage la majorité des rôles, certains personnages apparaissent d'une époque à l'autre, d'autres lisent les lettres écrites par d'autres… Il y a également un sous-texte autour de la réincarnation ou du karma. C'est un jeu de miroirs assez passionnant, qu'on a envie de passer du temps à décortiquer – un des plaisirs du film est d'essayer de reconnaître les acteurices sous leurs maquillages.
Il n'y a pas de grande révélation finale qui donnerait une autre perspective aux récits, comme c'est le cas dans les romans de Tristan Garcia, Les Cordelettes de Browser et surtout 7. Mais ce n'est pas l'idée des Wachowski, qui réussissent un film passionnant, le genre qu'on a envie de revoir pour en saisir toutes les subtilités.

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Publié le 13 Février 2023

Tout simplement noir est un faux documentaire dans lequel on suit Jean-Pascal Zadi himself, un acteur raté et plutôt médiocre, qui veut lancer une marche pour défendre la cause des hommes noirs. Accompagné par l'arriviste Fari, il cherche à rencontrer des célébrités (Lilian Thuram, Joey Starr, Eric Judor, Soprano, Omar Sy, Fabrice Éboué, Fadily Camara…) pour qu'elles appuient son initiative.

Le film enchaine différents sketchs avec différentes stars, chacun·e incarnant une forme de « négritude » ou un point de débat dans la communauté. Jean-Pascal Zadi joue un abruti, Fari un traitre à la cause (?) qui ne « fait pas de politique mais seulement du spectacle », et qui mise sur le succès de la marche de JP pour gagner de la moula.
Peut-être le film n'est-il pas toujours à la hauteur de ses ambitions (ou de ce que j'en attendais ?). Peut-être qu'on se demande parfois où il veut en venir, ce qu'il cherche à dire, peut-être est-ce parfois un peu caricatural, peut-être que c'est finalement rarement drôle (même s'il y a quelques scènes hilarantes). Mais en même temps son casting est foufou, c'est un des rares films français qui parle de racisme et de la place des Noirs en France en général, et il le fait quand même plutôt bien.

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Publié le 13 Février 2023

Tout le monde le sait, ce film est l'adaptation de la bande dessinée autobiographique Persepolis de Marjane Satrapi, dans lequel elle raconte son enfance en Iran, la révolution suivie de la répression et l'installation d'un régime religieux presque plus autoritaire, ses années en Autriche, son retour en Iran, ses histoires d'amour foireuses, son départ pour la France.

Et c'est un très bon film, à la fois drôle et tragique. On sent la patte de Vincent Paronnaud/Winshluss dans certains passages ou designs, mais la réinterprétation du dessin de Satrapi est très réussie. C'est super.

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Publié le 5 Février 2023

Un inventeur (Vincent Price) meurt avant d'avoir fini sa créature, Edward (Johnny Deep), affublé de ciseaux à la place des mains. Peg Boggs (Dianne Wiest), représentante en cosmétiques, le trouve un peu par hasard, et décide de ramener ce jeune homme étrange et seul dans sa maison, au milieu d'une banlieue pavillonnaire parfaitement clichée. Edward va rapidement attirer l'attention de toutes les desperate housewifes du coin.

J'ai vu ce film quand il était passé à la télévision, alors que j'étais en CE2. J'ai insisté auprès de mes parents pour le regarder, comme il passait un mardi soir et que le lendemain il n'y avait pas école, j'ai réussi à avoir dérogation exceptionnelle pour le regarder. Je ne me souviens pas pourquoi j'ai tant voulu le voir, j'avais dû voir une photo dans Télérama ; je confondais avec Freddie, les Griffes de la nuit, et j'étais tout fier de regarder un film qui fait peur, un film de grand. C'est peu de dire qu'Edward n'a rien à voir.
C'est une fable, un conte plus ou moins autobiographique, qui parle d'un jeune homme singulier et créatif, qui peine à se faire une place dans le monde, et qui est injustement incompris. J'imagine que ce film a pris une résonance d'autant plus forte pour moi l'année suivante, quand j'ai changé d'école et qu'on a commencé à me taper dessus : je me suis totalement identifié au personnage, et le film est devenu mon film préféré, et l'est resté pendant très longtemps (j'imagine qu'il a parlé de la même façon à plein d'adolescent·es).

Tout ça pour dire que je n'avais pas revu ce film depuis une quinzaine d'années. J'avais à la fois très envie de le revoir, et en même temps un peu peur : est-ce que ça a bien vieilli ? Est-ce qu'aujourd'hui j'aimerai toujours autant ce film ?
Oui. Ça reste une petite merveille, inventive, maline, subtile, émouvante. Qui dénonce avec finalement une certaine tendresse l'hypocrisie et le ridicule de ce milieu banlieusard ; qui construit des personnages à la fois grotesques, caricaturaux, drôles et attachants. Je suis heureux de l'avoir découvert enfant, je suis heureux qu'il ait pu m'accompagner dans des moments difficiles, et je suis heureux que ce soit un (très) bon film.

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Publié le 5 Février 2023

Nous sommes dans le Sud rural des États-Unis, pendant la Grande Dépression. Ulysses Everett McGill (George Clooney) s'échappe du bagne en compagne de deux acolytes, Delmar (Tim Blake Nelson) et Pete (John Turturro). Ils partent à la recherche d'un trésor qu'Everett a enterré.

J'avais vu ce film peu de temps après sa sortie, quand il était passé à la télé. Je ne l'avais pas trouvé terrible ; mais comme tout le monde trouvait ce film formidable, je mettais mon impression sur le dos de la VF (effectivement médiocre).
Je l'ai revu en VO, un paquet d'années après la première fois. Et je continue à le trouver pas terrible, sans bien réussir à comprendre pourquoi. Il y a à peu près tous les ingrédients des comédies des frères Coen (Arizona Junior, The Big Lebowski, Burn after reading…) : des ploucs aux accents pas possibles, des personnages bigger than life, des crétins finis, des péripéties improbables… Pourtant je trouve que la mayonnaise ne prend pas vraiment ; c'est rarement drôle, souvent prévisible… Peut-être les personnages sont-ils un trop caricaturaux ? Peut-être George Clooney en fait-il des caisses ? Le film est très librement inspiré de L'Odyssée d'Homère, c'est parfois amusant de chercher à reconnaitre les personnages du mythe dans les personnages des frères Coen, mais ça ne suffit pas à faire un bon film.
Ajoutez à tout ça que le seul personnage féminin (syndrome de la Schtroumpfette) est une caricature misogyne de femme vénale et intéressée, il ne reste plus grand-chose.

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Publié le 10 Janvier 2023

Amélie Poulain est serveuse dans un bistrot. Elle a tendance à ne pas trop se lier aux autres ; les petites choses lui procurent une joie presque enfantine. À la recherche du type qui collectionne les photomatons jetés, elle croise la route de son voisin aux os de verre, de l'épicier du coin, de la gardienne de l'immeuble, d'un type qui retrouve son enfance…

Et on ne va pas faire la fine bouche : c'est un super film. C'est drôle, inventif, plein de fantaisie, les acteur.ices sont formidables…
Certes, Jeunet montre un Paris de carte postale qui n'a jamais existé, certes Amélie Poulain est un archétype de manic pixie dream girl (même si c'est plus compliqué que ça, parce que c'est elle le personnage principal, et que le personnage masculin existe assez peu). Tout ça ne suffit pas à gâcher la joie presque naïve qui émane de ce film.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 8 Janvier 2023

Le film est centré sur la relation entre Sarah Loreau (Eva Green), une astronaute française, et sa fille (Zélie Boulant-Lemesle), alors que Sarah se prépare à passer plusieurs mois dans l'ISS.

Et c'est très beau film, très sensible et touchant. La jeune actrice est formidable, tout comme le reste du casting ; il y a ici ou là des petites subtilités de mise en scène, certes discrètes, qui sont plutôt malines.
Sans chercher à trop essentialiser, ça saute aux yeux que c'est un film réalisé par une femme (Alice Winocour, dont je n'avais pourtant pas aimé Augustine) : les principaux personnages sont des femmes ; la plupart du temps, surtout au début, les hommes produisent des micro-agressions/humiliations sexistes ; le film se concentre sur la relation d'une mère et sa fille. Ces angoisses, ces colères, ces chagrins, ces distances sont le cœur d'un film ; à ma connaissance cette relation n'a jamais intéressé les réalisateurs de films sur l'espace. Winocour ne s'intéresse pas tellement à la conquête virile d'une autre planète – d'ailleurs quand Sarah quitte la Terre, à la fin, on ne la voit plus.

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