Publié le 27 Décembre 2022

Dans les ruines encore fumantes des bombardements de la deuxième guerre mondiale, un petit virage se déchire entre communistes, anciens collabos, traîtres et menteurs.

Bien que le film ne dure qu'1h30, je me suis plutôt ennuyé (ma fatigue n'a pas dû aider). Je peine à voir ce que ce film cherche à raconter ; il s'agit d'une adaptation d'un roman de Marcel Aymé, que j'imagine être une vaste fresque, la description d'un milieu, d'une société, mais le film est trop maigre pour réussir à faire ce genre de portrait collectif, comme sait le faire Robert Altman (The Player, 1992).
Tout ça n'est pas aidé par des dialogues beaucoup trop littéraires pour être incarnés (ceux du roman de Marcel Aymé), et par des acteurs quasiment tous en roue libre, qui cabotinent comme c'est pas permis. On y trouve pourtant la crème de cette époque : Depardieu (insupportable), Noiret, Galabru, Luchini… Seuls Michel Blanc et Marielle tirent leur épingle du jeu, dans des rôles plus sobres.
Ajoutez une misogynie assez lamentable, vous n'obtenez pas un cocktail à recommander.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 19 Décembre 2022

Le petit Kun, autour de trois ans, vient d'avoir une petite sœur. Son père architecte décide de s'occuper de la maison, des enfants et de son travail (haha) pendant que sa mère a des obligations professionnelles. Sauf que Kun se rend bien compte que ses parents passent moins de temps à s'occuper de lui, et il n'aime pas ça du tout – d'où des grosses colères.
C'est à ce moment que l'érable du jardin va lui ouvrir des portes magiques et inattendues, et le faire discuter avec son chien, avec Miraï du futur, avec sa mère enfant, avec on grand-père…

C'est un très beau film, doux et sensible sur une thématique traversée par plein d'enfants, qu'il aborde de façon assez maline. Son seul défaut est sans doute une longue séquence de rêve/cauchemar, vers la fin, que je trouve too much – mais cette façon de finir en faisant des caisses, c'est un défaut que l'on trouve dans beaucoup d'anime japonais (Akira, Amer Béton, Les Enfants de la mer, Princesse Mononoké…)
Le film est surtout remarquable dans sa finesse. L'animation est magnifique, la caractérisation des personnages très fine, le décor et la maison fourmillent de détails… C'est un magnifique travail, pour un très beau film.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #Japon, #animation

Publié le 15 Décembre 2022

Nous sommes dans un monde de fantasy, dans lequel la magie semble disparaître. Un jeune prince parricide/régicide se retrouve sur les routes, où il rencontre Épervier, un sorcier. Leur errance les conduit sur la piste d'un dangereux sorcier, qui pourrait être la cause des malheurs du monde.

Autant le dire franchement, c'était pas terrible. Les décors sont beaux.
Sinon les personnages sont pas beaux, le film est long, parfois confus, pas très intéressant et caricatural. Pour un Ghibli, c'est pas ouf, et Gorō Miyazaki a manifestement bien moins de talent que son père.
À noter qu'il est inspiré de l'œuvre d'Ursula K. Le Guin (La Main gauche de la nuit), qui était déçue du film.

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Publié le 12 Décembre 2022

Nous sommes en 1974, un an avant le vote de la loi Veil autorisant l'avortement. Annie (Laure Calamy) est une ouvrière dans une usine de matelas et mère de deux enfants. Elle se dirige vers une antenne du MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) pour avorter, ne désirant pas ce troisième enfant. Elle y découvre des techniques douces et sans douleur (méthode de Karman), la sororité, l'empouvoirement des femmes… Quand sa voisine meurt des suites d'un avortement clandestin réalisé dans des mauvaises conditions, elle décide de s'engager auprès du MLAC.

C'est un film magnifique que nous propose Blandine Lenoir (Aurore, 2017), sur une période d'un an pendant lequel les femmes ont pris en main leur santé et leur sexualité – la vote de la loi Veil, qui est une victoire, est aussi une perte : les IVG étant pratiquées à l'hôpital, le savoir acquis par les femmes et leur approche bienveillante et tendre est vouée à disparaître. Il est également question des hommes médecins qui refusent de voir leur échapper une partie de leur pouvoir, ou qui ne considèrent les luttes féministes que comme des points de départs pour les « vrais » combats.
Le film est proche de ses personnages, portées par des actrices toutes formidables. C'est touchant, émouvant, avec des scènes fortes jamais voyeuristes – Blandine Lenoir est toujours respectueuse et tendre avec ses personnages. C'est habilement écrit, mêlant le destin de plusieurs femmes.

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Publié le 12 Décembre 2022

Deux sœurs voient disparaître leur petit frère, fils de leur père et de sa nouvelle compagne. Celle-ci est partie on ne sait où avec le petit garçon. Dix ans plus tard, une des deux sœurs croit apercevoir son frère dans la foule : est-ce lui ? Comment le retrouver ?

C'est un court roman pour ado, verveux et touchant, alternant entre 2011 et 2021, entre horreur de l'évènement et impatience de retrouver ce petit frère. Je crois que j'aurais bien aimé passer plus de temps avec les personnages, mais ce sont les contraintes du format – et le roman tient très bien debout tout seul !

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 5 Décembre 2022

Plusieurs livres s'entremêlent dans Souvenirs de l'avenir. Siri Hustvedt (Tout ce que j'aimais, 2003) retrouve le journal qu'elle a tenu en 1979, alors que l'aspirante écrivaine prend une pause dans ses études pour écrire son premier roman. Et quel meilleur endroit pour écrire, pour une jeune femme à peine sortie du Minnesota, avide de lectures et d'une érudition déjà impressionnante, que New York ? Qu'importe si elle n'y connait personne.
Rapidement, elle développe une fascination obsessionnelle pour sa voisine Lucy, dont elle entend tous les monologues à travers les murs. Que lui est-il arrivé ? Une fille morte, un mari abusif ? S. H. essaye de dénouer ces fils.
En même temps, elle peine à écrire le roman de deux adolescents qui se prennent pour Sherlock Holmes, à la recherche de ce qui est arrivée à une adolescente dont le fantôme hanterait la bourgade.
Dans ces pages flotte aussi le fantôme de la baronne Elsa von Freitag-Loringhoven, poétesse et artiste dadaïste qui passionne S. H.,
Par-dessus tout ça, la Siri Hustvedt de 2019 commente ce passé, raconte sa mère malade et mourante, et s'interroge sur le sens des souvenirs et le temps qui passe.

C'est un roman autobiographique savamment construit, avec suffisamment de tension dramatique pour qu'il tienne en haleine – j'ai parfois eu du mal à croire à la réalité de ce récit, tellement parfois ça parait invraisemblable. J'ai l'impression qu'il est arrivé plus de choses à S. H. en un an qu'à moi en une vie…
J'avoue avoir parfois survolé les passages reprenant le roman qu'écrit S. H. en 1979 : c'est parfois un peu long. J'en comprends la valeur documentaire, mais ça n'a pas réussi à m'intéresser suffisamment. Ça n'a pas suffit à gâcher ce formidable roman, à la frontière entre le roman d'apprentissage, la leçon d'histoire de l'art, l'autobiographie et la fable féministe…

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Publié le 2 Décembre 2022

Alors qu'il s'est fait péter la gueule par un plus grand que lui, Huo Yuanjia jure de d'être plus jamais défait, et de devenir le plus grand champion de sa région. Devenu adulte, il gagne un par un tous les combats possibles, mais sa soif de renommée l'emmène sur le mauvais chemin, et il finit par tout perdre. Après quelque temps d'errance, il se retrouve dans un village de montagne, où il réapprend à vivre.

C'est un bon film, avec de bonnes bagarres plutôt bien filmées, ce qui est après tout ce qu'on demande avant tout à un film de kung fu avec Jet Li. Tout de même, les meilleures scènes sont au début du film ; celles de la fin sont moins bien filmées (peut-être à cause d'acteurs occidentaux qui ne sont pas aussi doués ?), mais c'est compensé par le fait qu'il y a plus d'enjeu dramatique. Les acteur·ices sont très bien, la photo très belle.
Huo Yuanjia, qui a réellement existé, est un personnage devenu mythique, qui rappelle la figure de Wong Fei-hung (déjà incarné par, tiens tiens, Jet Li dans les Il était une fois en chine 1, 2 et 3). Ici son histoire est largement romancée, mais en même temps comme il semble qu'on sache très peu de choses sur lui, ça laisse la place pour inventer. Le récit est assez classique, on y trouve tous les indispensables d'un film de kung fu : sens des arts martiaux, arrogance et désir de vengeance, Chine en situation coloniale, voie de la sagesse… L'originalité vient sans doute du fait que c'est le personnage principal qui, au début, est l'antagoniste du film – avant d'en devenir le héro, bien sûr.

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