Publié le 23 Mars 2023

C'est l'histoire d'une jeune femme qui se fait passer pour un homme pour mieux pouvoir délivrer son frère, aux main d'un groupe de bandits. C'est aussi l'histoire d'un ivrogne que la jeune femme croise, et qui sous ses airs ahuri, pourrait bien être un meilleur combattant qu'il n'y parait.

Certes, c'est un film un peu daté, aux effets parfois un peu visibles et au scénario très prévisible. Mais il faut se remettre dans l'époque, et imaginer que c'est un film important et novateur : les chorégraphies sont cools et dynamiques, il y a de la bagarre avec plein de morts et plein de sang. L'actrice principale, Cheng Pei-pei, danseuse de ballet sans réelle expérience dans les arts martiaux, est magnifique et impressionnante.
Et puis il faut bien dire que c'est magnifiquement filmé ! Pas étonnant que King Hu ait tourné une merveille comme A Touch of Zen quelques années plus tard.

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Publié le 20 Mars 2023

Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est une juge plutôt stricte qui se plait très bien dans son célibat assumé. Alors qu'on la force à faire la fête le soir du réveillon, elle abuse un peu et se réveille le lendemain sans souvenir de ce qu'il s'est passé la veille. Quelques mois plus tard, elle découvre qu'elle est enceinte : que s'est-il passé cette nuit-là ?

C'est finalement une comédie assez classique, qui repose principalement sur l'opposition de deux personnages (la juge coincée et le voyou un peu con) et sur des quiproquos ; il y a aussi un peu d'humour gore ou trash (le gobage d'yeux), mais finalement c'est un peu prévisible. Il y a quelque chose d'un peu baroque dans la manière de filmer, avec des cadres de travers ou un ton qui peut évoquer Jean-Pierre Jeunet, mais c'est souvent un peu maladroit dans le cadre et le montage.
Pour autant, c'est souvent drôle, les personnages sont bien campés, les acteur·ices très bien, et on ne s'ennuie pas.

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Publié le 14 Mars 2023

Colin aime Chloé, Chloé aime Colin, et rien ne semble pouvoir gâcher leur amour. Alise aime Chick, Chick aime Alise mais il aime aussi le célèbre Jean-Sol Partre.

J'adore Boris Vian et j'ai lu un petit paquet de ses livres. J' ai bien sûr lu L'Écume des jours il y a pas loin de vingt ans maintenant, et c'est celui que j'avais le moins aimé, parce j'étais déjà snob étant jeune.
Aujourd'hui, je l'ai simplement trouvé formidable. C'est inventif, c'est touchant, c'est drôle. C'est un peu absurde, c'est peut-être parfois surréaliste, même si je ne suis pas sûr que ce soit un mot adapté. Vian réinvente avec talent le monde, il crée un univers parallèle suffisamment décalé pour que ça soit par moments dérangeant. Il y a parfois un humour morbide, méchant, grinçant, qui me plaît beaucoup on peut arracher des cœurs ou estropier des enfants sans que ça prête à conséquence.
C'est magnifique et ça me donne envie de relire ses autres livres.

Je n'ai pas vu l'adaptation de Gondry, je me demande comment il s'en sort avec cet humour cruel. C'est effectivement le cinéaste le plus proche de cet univers ; mais peut-être est-il un peu trop gentil ?

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 14 Mars 2023

 

Tout le monde a vu ce film, aucune raison que je me fatigue à en faire un résumé.
Je l'ai moi-même beaucoup regardé dans mon enfance/adolescence. C'est marrant de constater qu'à part quelques séquences cultes et quelques répliques inoubliables, j'avais oublié beaucoup d'épisodes.
Ça reste parfois drôle, c'est aussi un peu lourd, ça hurle beaucoup, le scénario est parfois compliqué pour pas grand-chose. C'est aussi très mal filmé et mal monté, avec une qualité un peu téléfilm qui me surprend, je l'avoue.
Si l'idée de base est très bonne, peut-être n'y a-t-il finalement pas grand-chose d'inoubliable…

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Publié le 27 Février 2023

The Missing girl (1957)
Nous sommes dans camp d'été pour jeunes filles, une institution probablement religieuse, stricte et chic située à ploucland. Une des jeunes filles a disparu. Mais personne ne sait qui elle est ni à quoi elle ressemble (la seule photo d'elle est floue), personne n'a l'air de l'avoir jamais vue nulle part. On en viendrait presque à douter qu'elle soit venue au camp, voire qu'elle ait jamais existé.

Journey with a lady (1952)
Un jeune garçon de 9 ans prend le train pour aller en vacances chez son grand père. C'est son premier voyage tout seul, sa mère ne cesse de s'inquiéter et de lui rappeler tout ce qu'il doit faire. Une fois le train parti, il profite de son moment seul, assis sur la banquette comme un grand. Moment gâché par une femme qui vient s'asseoir à côté de lui. Son intérêt s'éveille quand elle lui dit qu'elle est recherchée par la police.

Nightmare (date non précisée)
Une jeune secrétaire, miss Toni Morgan élégamment vêtue, est chargée de livrer un paquet à l'autre bout de New York. En chemin, elle remarque des affiches annonçant un concours dont elle n'avait jamais entendu parler : « trouver Miss X ». Un camion passe, qui diffuse des messages à propos de cette Miss X, celui qui l'a trouvé gagnera des lots extraordinaire. Mais la description qu'on en donne correspond trait pour trait à miss Toni Morgan…

Je découvre le travail de Shirley Jackson, que je connais par l'adaptation de La Loterie, sa nouvelle la plus célèbre, qu'a faite son petit fils Miles Hyman ; et par le formidable film Shirley de Josephine Decker. Je n'avais encore rien lu d'elle. Je m'y suis lancé en VO, parce que autant y aller à fond.
Et c'est formidable. Ces nouvelles sont des petits bijoux de malice, d'humour, de finesse dans l'observation. La première est un peu sarcastique, qui se moque des institutions et des policiers ruraux. La troisième est peut-être un peu en dessous, tout simplement parce qu'elle développe son idée sans chercher à aller où que ce soit. C'est tout de même toujours aussi bien mené, avec le même humour et la même précision malicieuse dans l'observation.

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Publié le 22 Février 2023

Ce livre est le récit autobiographique des aventures du conquistador espagnol, Álvar Núñez Cabeza de Vaca, qui fut parmi les premiers à débarquer en Amérique. Arrivé à Cuba et visant la Floride, il essuie une formidable tempête qui décime son équipage. Il se retrouve rapidement presque seul dans ces terres inconnues. Il y arrive avec un mentalité de conquérant : avec ses quelques compagnons survivants, il attaque les villages, pille et tue ; les autochtones sont « des hommes dépourvus de raison et qui rudes, tels des bêtes » (p. 85). Mais cela ne leur réussit guère. Affamés pendant des mois, maigres, faibles, faméliques, ils sont « la vraie image de la mort » (p. 84).
Álvar Núñez Cabeza de Vaca longe la côte jusqu'au Mexique, sur des terres qui n'ont vu aucun Blanc auparavant. Il erre des années, d'abord comme esclave chez des Indiens qui le traitent mal. Petit à petit, lui et ses quelques compagnons acquièrent une réputation de « shamans ». Guérisseurs fabuleux, ils sont accueillis formidablement, bientôt suivis par une foule de plusieurs milliers de personnes.
Ils finissent par retrouver d'autres chrétiens, mais ce sont de mauvais chrétiens qui tuent, pillent et volent. Cabeza de Vaca condamne ces agissements : « quand nous les renvoyâmes, les Indiens nous dirent qu'ils feraient ce que nous leur ordonnions, et qu'ils installeraient leurs villages si les chrétiens les laissaient faire ; aussi je dis et j'affirme comme très assuré que s'ils ne l'ont pas fait ce sera la faute des chrétiens » (p. 169).

C'est un récit picaresque, un peu daté, pas toujours clair (où sont-ils ? Combien sont-ils ?) Les notes et introduction des traducteurs, Bernard Lesfargues et Jean-Marie Auzias, sont souvent intéressantes.
Il s'agit d'un des premiers récits ethnographiques d'un monde qui est en train d'être découvert, un livre décrit des peuples qui n'ont pas encore été marqués par l'empreinte occidentale. Le commerce leur semble étranger, leur système de valeur étant basé sur le don/contre-don (peut-être même que c'est Cabeza de Vaca qui introduit le commerce – il est quelques temps marchand avant d'être guérisseur).
Un autre élément marquant pour Cabeza de Vaca est la pauvreté de ces gens, qui ont l'air de souffrir de la faim en permanence. Est-ce lui qui les perçoit ainsi parce qu'ils vont nus, est-ce parce que lui ne sait pas se nourrir dans ces terres hostiles ? Sont-ils vraiment affamés, en permanence, ou bien après des événements climatiques exceptionnels ? On ne le saura jamais.
On ne sait pas toujours ce que pense Cabeza de Vaca, qui considère les Natifs comme des sauvages tout en les respectant, qui veut christianiser tout ce beau monde, qui note scrupuleusement leurs coutumes.

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Publié le 18 Février 2023

Nous sommes à Tokyo, dans une famille pauvre mais débrouillarde qui vit dans un petit appartement bordélique. Le jeune garçon est entrainé, par celui qui semble être son père, à voler ce dont ils ont besoin. En rentrant d'une supérette, ils trouvent une petite fille sur un balcon dans le froid, alors que sa mère hurle à l'intérieur de l'appartement. Ils décident de la prendre avec eux pour la mettre au chaud, et elle deviendra petit à petit un membre de la famille.

C'est dur de parler du film sans le spoiler un peu, mais ce n'est pas un thriller non plus, donc ce ne sera pas très grave.
Une affaire de famille est très beau, magnifiquement filmé et interprété. Les personnages sont complexes, en ombre et lumière, leurs relations riches et touchantes. Tout ça ne se termine pas très bien, la fin est triste et mélancolique.
Ce qui me saute aux yeux, c'est la ressemblance de ce film avec un autre Kore-eda, Les Bonnes Étoiles (2022) : dans les deux cas, il se penche sur des familles bricolées de bric et de broc, avec des enfants volés à d'autres familles ; des familles qui ne sont pas très regardantes sur la question de la légalité. J'ai sans doute plus aimé Les Bonnes Étoiles, mais probablement parce que les deux policières qui donnent une direction plus forte au récit ; et parce que comme les deux films se ressemblent, l'effet de surprise est plus fort pour le premier film vu, pas de bol pour Une Affaire de famille.

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