Publié le 8 Août 2023

Spooner (Will Smith) est agent de police dans ce futur où les robots sont partout, soumis aux trois lois de la robotique d'Asimov. Mais Spooner n'aime pas les robots, et les soupçonne de tout les maux. Quand le grand roboticien Alfred Lanning est trouvé mort dans le building de la principale société de fabrication de robots domestiques, qui d'ailleurs s’apprête à lancer une nouvelle génération, Spooner se charge de l'enquête, et vous allez voir ce que vous allez voir.

Basé sur les romans d'Asimov, ce film a probablement de bonnes intentions, pourtant force est de constater que ça ne marche pas. Le scénario fuit de partout : l'intrigue est beaucoup trop compliquée, elle en devient incohérente et rien ne tient vraiment la route. Tout est beaucoup trop prévisible pour être intéressant ; les personnages sont caricaturaux : Will Smith joue un sale type à qui on est manifestement sensé s'attacher, mais il n'évolue pas, et je trouve toujours que c'est un sale type. Finalement, beaucoup de bagarre, beaucoup de bruit, mais rien de mémorable.
Ajoutez à tout cela un ton particulièrement publicitaire (on insiste beaucoup sur les chaussures de Spooner, on montre bien la marque des voitures…)

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Publié le 5 Août 2023

Aujourd'hui, Yannick (Raphaël Quenard) a besoin de se détendre, alors il a pris un jour de congé. Il va au théâtre voir une pièce de boulevard, mais elle n'est pas terrible. Il se lève alors pour interrompre les acteur·ices afin de leur demander des comptes.

J'aime beaucoup Quentin Dupieux (j'ai vu la plupart de ses films) mais pour le coup, c'était pas terrible. Yannick ne dure qu'1h07, et pourtant il y a des longueurs : c'est vraiment pas bon signe. On est dans la catégorie « neuneu » de ses films (à la manière de Mandibules), ce qui n'est pas forcément ce que je trouve le plus intéressant/porteur/riche. Le film manque de substance, de personnages, de variété dans les situations, bref, il y a matière à faire un chouette court métrage, mais pas de quoi faire un film, même d'une heure.
Raphaël Quenard est très bien en neuneu, Pio Marmaï est très bien aussi dans son rôle de mauvais acteur un peu imbu de lui-même, par contre Blanche Gardin se contente de mal jouer sans trouver le petit truc en plus qui rendrait son rôle intéressant.

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Publié le 31 Juillet 2023

Au cours d'un concours qu'il remporte haut la main, Fong Sai-yuk (Jet Li) fait la rencontre d'une jeune femme (Michelle Reis), et les deux ont l'air de beaucoup se plaire. Plus tard, le terrible Lei le tigre (Chen Sung-young), gouverneur de Canton, organise un concours dont le prix est la main de sa fille Ting-ting, qui n'est autre que celle que Fong Sai-yuk a rencontrée (ce que les deux ignorent). Suivent plusieurs quiproquos : la mère de Fong Sai-yuk (Josephine Siao) se déguise en homme pour défier la femme de Lei le tigre (Sibelle Hu), qui tombe amoureuse d'elle ; Fong Sai-yuk et Ting-ting refusent leur mariage, en ignorant qu'ils se sont déjà rencontrés. Le tout sur fond de lutte populaire contre un empereur tyrannique.

Bon, on aura probablement compris que ce n'est pas un film qui brille par l'habileté ou la finesse de son scénario. Comme dans un certain nombre de films du genre, quand il s'agit d'humour, on est plutôt dans un registre débile. Tout ça est parfois un peu amusant mais la plupart du temps assez bête.
Mais on n'est pas là pour ça : on veut de la castagne ! Et sur ce plan je crois que je suis un peu mitigé : toute la première partie est assez mal filmée, on ne comprend pas toujours ce qu'il se passe, le montage est trop « cut » pour que ça soit intéressant à regarder. La dernière partie est plus intéressante, et on trouve de belles scènes de bagarres. Rien d'inoubliable cela dit.

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Publié le 30 Juillet 2023

Dereck (Edward Norton) est un skinhead néonazi influent de sa ville. Il purge une peine de trois ans de prison pour avoir tué des Noirs du gang des Crips qui essayaient de voler sa voiture. Daniel (Edward Furlong, qui a bien changé depuis Terminator 2), le jeune frère de Dereck, grandit avec le désir de ressembler à son idole, et rend un devoir à un prof sur Mein Kampf.

Commençons par la forme : c'est un très bon film, bien filmé, alternant entre le présent en couleur et des flash-backs en noir et blanc. Les acteurs (c'est sans surprise un film très masculin) sont très bien, à commencer par les deux rôles principaux – même si Edward Norton est assez nul dans une scène où il pleure, ce qui gâche toute l'émotion de la scène.
On est cela dit plutôt dans un film à thèse que dans un film sensible et émouvant. C'est le parcours d'un néonazi qui s'interroge sur ce que ses convictions ont changé dans sa vie, et ce qu'elles ont pu apporter de positif. C'est un film intéressant à voir aujourd'hui, alors que le suprématisme blanc a infecté toute une partie de la société, et pas seulement aux États-Unis. Je ne suis pas sûr d'y avoir appris grand-chose, d'avoir été confronté à un monde dont j'ignore l'existence, mais c'est un film qui a maintenant un quart de siècle, je suis indulgent.

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Publié le 30 Juillet 2023

Love. Orlando est un lord anglais du XVIe siècle. La reine Elizabeth Ière en fait son favori, et lui offre un grand domaine. Orlando tombe amoureux de la fille d'un diplomate russe, mais celle-ci rentre au pays sans lui.
Poetry. Il se tourne alors vers la poésie, mais le poète qu'il prend sous son aile se moque de ses vers dans son dos.
Politics. Orlando est alors envoyé par la cour vers « l'est » (l'empire Ottoman), où il reste de longues années comme ambassadeur de la cour d'Angleterre. Alors qu'on lui donne congé, il se réveille un matin dans un corps de femme et se contente de dire avec une forme d'indifférence : « Same person. No difference at all. Just a different sex ».
Society. Orlando rentre donc en Angleterre retrouver son domaine, et la société. Elle se retrouve confrontée à l'horrible sexisme de la société aristocrate du XVIIIe siècle. Elle apprend qu'en tant que femme non mariée, elle ne peut prétendre exercer de droit à la propriété, et que par conséquent, le château ne lui appartient plus – elle peut quand même continuer à y vivre.
Sex. En 1850, elle vit une histoire intense et charnelle avec un homme, qui finit par partir pour d'autres aventures.
Birth. À la fin du XXe siècle, un éditeur est intéressé par les écrits d'Orlando. Celle-ci se rend avec sa jeune fille dans son ancienne demeure, devenue musée. Un ange lui apparaît quand elle se repose dans un champ de blé.

Je n'ai jamais lui Orlando de Virginia Woolf, dont ce film est librement adapté (j'ai lu la super adaptation de Delphine Panique, cela dit). Je connais le principe du changement de sexe du personnage principal, mais j'ai l'impression qu'on oublie parfois de préciser que le personnage principal vit plusieurs siècles sans vieillir, un peu à la manière de Dorian Grey – même si ici il n'y a pas de pacte maléfique qui entrainera la chute, au contraire, le ton est plutôt doux et joyeux.
Orlando est joué·e par Tilda Swinton, 32 ans bien qu'elle paraisse être sans âge, magnifique, magnétique et hypnotique. Elle joue un Orlando homme très troublant ; le fait que ce soit un homme (Quentin Crisp) qui joue la reine Elizabeth participe à apporter du « trouble dans le genre » (Judith Butler). Sur les questions queer, le film est très moderne et intelligent dans ce qu'il raconte (et ça donne furieusement envie de lire le livre de Virginia Woolf qui a l'ai incroyable de modernité).
Le film est très bien mis en scène, les costumes sont à la fois improbables et somptueux, la lumière vient souligner tout ça de manière élégante. Le récit est mené avec un peu d'humour, porté par les regards caméra d'Orlando, souvent saisissants. Tout cela est absolument brillant.

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Publié le 28 Juillet 2023

C'est un célèbre film de procès : un jury de douze hommes doit statuer sur le sort d'un jeune homme jugé pour parricide. Onze le jugent coupable, un seul (Henri Fonda) le déclare non-coupable, parce qu'il a un « doute raisonnable ». Les hommes vont débattre pendant tout le film.

Ce n'est pas pour rien si c'est un classique du cinéma : le scénario est très habilement écrit, les acteurs sont tous formidables (aucune femme dans ce film, désolé), le fond du film est passionnant et dit plein de choses de la société américaine des années 1950 et reste encore d'actualité…
Et c'est incroyable que ce soit le premier film de Sidney Lumet. La mise en scène est remarquable, inventive et élégante, alors que c'est un cauchemar de metteur en scène : ce sont douze hommes qui parlent enfermés dans une seule pièce. Et pourtant Lumet est toujours intéressant et inventif : il y a plusieurs plans séquences discrets (à la Spielberg) mais très beaux, un jeu sur les groupes, les ensembles, les cadrages… Et la lumière est magnifique. Bref, c'était formidable.

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Publié le 24 Juillet 2023

 

Ce roman, plutôt court, est l'histoire de jeunes dublinois qui montent un groupe de soul qu'ils appellent The Commitments. Ils ne savent pas tous jouer de leurs instruments, ils passent beaucoup de temps à s'engueuler, mais ils se marrent bien.

C'est un chouette roman, nerveux, enjoué et souvent amusant. Probablement rien d'inoubliable là dedans j'avoue, mais c'est une lecture agréable.

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