Publié le 8 Mai 2023

Daniel (Robin Williams) est un acteur un peu raté, qui fait notamment du doublage de dessin animé. C'est un grand enfant qui fait la fête avec ses trois gosses, mais il est incapable de s'occuper de la maison, et il laisse toutes les tâches domestiques à sa femme Miranda (Sally Field), une working girl qui se charge également de ramener l'argent. Épuisée, Miranda demande le divorce. Comme Daniel n'a ni logement ni travail, c'est Miranda qui a la garde principale des enfants. Incapable de se résoudre à moins voir ses enfants, Daniel décide de se déguiser en nounou anglaise, en cachette de tout le monde.

Portée par le formidable Robin Williams, c'est une bonne comédie qui joue beaucoup sur le comique de situation et sur les quiproquos.
Malgré tout, je suis un peu gêné par le fait que le film prenne le parti de Robin Williams (et en même temps, tout le monde l'aime bien, qui ne prendrait pas son parti ?) alors que ce qu'il fait est complètement abusé et flippant – à la place de la la mère, je serais terrifié d'apprendre que mon ex s'est introduit chez moi sous une fausse identité pour s'occuper des enfants. Pour autant, le film n'est pas trop caricatural sur ce point, et les défauts et manquements de Daniel sont bien exprimés dans le film.
Certains de ces défauts m'ont d'ailleurs fait penser à Kramer contre Kramer.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #comédie

Publié le 2 Mai 2023

1. La saga de Freydis Eriksdottir
Une jeune et puissante guerrière viking, installée au Groenland, entreprend de voyager vers l'ouest. Avec ses compagnons de voyage, ses dieux et ses chevaux, elle s'installe sur le nouveau continent.

2. Le journal de Christophe Colomb
Le jeune conquistador découvre les Indes, mais le voyage ne se passe pas aussi bien que prévu (ce passage ressemble beaucoup au récit de Cabeza de Vaca, je soupçonne Binet de l'avoir consulté).

3. Les chroniques d'Atahualpa
C'est le cœur du livre. Atahulpa, frère de l'empereur Inca en guerre contre lui, est contraint de fuir le continent. Il débarque à Lisbonne, juste après le tremblement de terre de 1531. Avec sa suite, quelques hommes, la princesse cubaine Higuénamota, l'Inca va conquérir le continent européen et se livrer à un long bras de fer avec les forces politiques et religieuses.

4. Les Aventures de Cervantès
Dans ce court récit picaresque en fin du roman, Cervantès croise le chemin du Greco et de Montaigne.

C'est un roman uchronique passionnant, vertigineux et brillant. Laurent Binet joue à imaginer une découverte du nouveau monde à l'envers. Les Vikings ont apporté les chevaux sur le continent américain, ce qui change le rapport de force et permet aux Incas de partir conquérir le monde.
On trouve de nombreuses pages sur la religion, les Incas découvrant avec étonnement les adeptes du dieu clouté, leurs mœurs étranges, les débats obscurs avec Luther… Ces pages sont souvent amusantes, écrites avec beaucoup de finesse.
Laurent Binet pastiche différents genres de récits historiques d'une façon élégante, il varie les genres pour renouveler l'intérêt (l'attaque des Mexicains, racontée par lettres).

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Publié le 2 Mai 2023

Nous sommes dans les années 1930 en Mandchourie, pendant l'invasion de la Chine par le Japon. Une jeune chinoise de 16 ans continue à vivre sa vie d'adolescente, elle étudie, joue au go, rencontre des garçons plus vieux qu'elle… En parallèle, un soldat japonais quitte son pays natal pour faire la guerre en Chine.

Ce roman alterne, un chapitre sur deux, sur le récit à la première personne des deux personnages. Ils finissent évidemment par se rencontrer, et leurs destins se croisent sur fond de guerre. C'est élégamment écrit, intelligemment construit ; ça parle de condition féminine, de la domination sexuelle des femmes, de l'honneur du soldat. C'est écrit en français par une écrivaine née en Chine, ce qui contribue à rendre ce roman épatant.

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Publié le 2 Mai 2023

Chromoville est une ville bâtie par strates, basée sur un système de castes organisées par couleurs : tout en bas se trouvent les Rouges ouvriers, au-dessus les Orangés artistes et les Bruns, et artisans, puis les marchands Bleus, puis Verts policier, les Violets urbanistes, et les Jaunes hétaïres, les Multis dirigeants, sous la dominations des Blancs et des Noirs, chorèges et prêtres, sous la férule du terrible Hiérarque, qui applique sans férir les règles misogynes de la ville.

C'est un roman choral qui entremêle les récits de plusieurs personnages issus de différentes castes. Sélen est un chorège, une sorte de mage doté de pouvoirs magiques lui permettant de prendre n'importe quelle forme. Il s'entiche de Narcisse, une Jaune trop occupée à s'intéresser à elle-même pour réellement pouvoir aimer Sélen. On y suit également le Multi Tigre, qui s'adonne aux plaisirs des paradis artificiels ou la Rouge Sandyx. On trouve également des Saïs, des humains génétiquement modifiés pour ressembler à des animaux de compagnie, privés de la parole mais pas bêtes pour autant.
On comprend petit à petit qu'il s'agit de l'histoire d'une révolte des femmes. Joëlle Wintrebert y aborde les questions de domination au sens large, et la question sexuelle est assez présente, sous forme de viols, d'ordre hétérosexuel, de reproduction forcée…
J'ai pensé de temps en temps à Alain Damasio : c'est un roman très politique, parfois écrit avec un style un peu ampoulé. Le début de Chromoville m'a perdu de la même façon que je l'étais au début de La Horde du Contrevent (mais malheureusement, et contrairement à Joëlle Wintrebert, Damasio semble aveugle à ma question de genre).
Chromoville est un roman intéressant mais j'avoue que par moments je m'y suis un peu perdu : il y a beaucoup de personnages, et on ne saisit pas toujours où ça va. Il y a plein de très bonnes choses dans ce livre, mais le récit aurait peut-être mérité d'être un peu plus resserré.

(Mais je ne peux pas m'ôter de la tête l'idée que si mon édition avait été moins moche, j'aurais probablement plus apprécié le livre...)

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Publié le 8 Avril 2023

Le narrateur vient juste d'avoir 30 ans, et il faut bien reconnaître qu'il est un peu paumé. Il erre dans Rome, fréquente un cercle de la bourgeoisie de la ville, travaille vaguement dans un journal de sport, alterne entre moments d'alcoolisme et d'abstinence. Un soir, alors qu'il est dans une de ces soirées où l'on fume, boit et discute de tout et de rien dans d'immenses canapés, il rencontre Arianna, une jeune femme magnifique et imprévisible.

Même si Arianna ressemble beaucoup à une manic pixie dream girl, Calligarich évite un certain nombre des clichés dans lesquels il aurait pu tomber, notamment en rendant le roman mélancolique, crépusculaire voire triste - ce qui ne l'empêche pas d'être drôle par moments. C'est très bien écrit (et sans doute très bien traduit par Laura Brignon), avec un sens de la formule, une élégance dans le verbe, quelques fulgurances littéraires ; pour autant Gianfranco Calligarich n'en fait pas trop, c'est un roman élégant et fluide.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #Italie

Publié le 4 Avril 2023

 

Dani a peur que sa sœur fasse une bêtise. Son petit ami Christian la rassure - il n'arrive pas à lui dire qu'il aimerait la quitter. Mais Dani avait raison de s'inquiéter : sa sœur se suicide et tue leurs parents au passage.
Quelque temps plus tard, Christian ne sait pas comment dire à Dani qu'il veut partir en Suède avec ses potes de fac. Leur camarade suédois Pelle les invite participer à la grande fête d'été qui se tiendra chez lui. Comme il est lâche, Christian ne voit pas d'autre solution que d'inviter Dani.

Le début est très bien vu, Ari Aster arrive très bien à camper des personnages et leurs relations avec très peu d'éléments, c'est du super cinéma. Tout le film est d'ailleurs très beau, belle lumière, beau cadres, intelligence de mise en scène, visuellement, c'est une belle réussite.
Florence Pugh, qui joue le rôle principal, est formidable. Tous les autres acteurices sont très bien aussi, mais à peu près tous les autres personnages (particulièrement les personnages masculins) sont trop stupides, lâches ou nuls pour qu'on s'intéresse vraiment à eux.
On sait dès le début que quelque chose va mal se passer à cette fête suédoise, tout ça ressemble beaucoup trop à secte pour qu'on soit rassurés. Si on ne sait jamais vraiment ce qui va arriver, on n'est pourtant jamais surpris, parce que le film suit à la lettre le déroulement de tout bon film d'horreur. Finalement, on n'a jamais vraiment peur, et on finit presque par s'ennuyer à regarder ces personnages faire des trucs stupides ou absurdes. On se demande un peu ce qu'Ari Aster à bien voulu raconter avec tout ça.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #horreur, #Suède

Publié le 29 Mars 2023

Un an après l'entrée à l'école des sorciers, on retrouve Harry et ses amis à Poudlard. Mais quelqu'un en veut à la vie de Harry, et la rumeur dit qu'on a ouvert la terrible Chambre des secrets, lieu légendaire et menaçant créé par Salazar Serpentard et qui renfermerait un monstre terrible.

En quelques mots, la magie de la saga opère toujours, et on est porté par l'ambiance, par l'univers. Mais je ne suis pas sûr que ce soit un bon film, même si c'est un travail honnête, et je ne suis pas sûr que l'histoire soit bien écrite. Je ne me souviens évidemment plus comment est le livre, mais le film est très bavard, surtout sur la fin où beaucoup de personnages expliquent laborieusement ce qu'on aimerait comprendre de manière plus immédiate. Il y a plusieurs Deus ex machina (la voiture volante qui vient sauver Ron et Harry, le phœnix...) qui sont des solutions de facilité narrative.

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