C'est un super essai, c'est passionnant, mais j'avoue que je peine à continuer à le lire. Je laisse tomber en cours de route, j'en suis désolé.
J'ai au moins la décence de partager mes notes de lecture.
Première partie. Qu'il faut, au moins, un sujet
Chap I. Comment c'est dit.
Étudier la sorcellerie dans le Bocage. Le mépris envers les paysans, personne ne les a pris au sérieux ou étudiés. Deux explications des maux : médicale scientifique, ou religieuse (place de l'Église). La troisième est celle de la sorcellerie.
L'importance de la parole, non comme savoir ou information, mais comme pouvoir (quand la parole, c'est la guerre, p. 25). Il faut donc trouver une autre place pour l'ethnologue.
Chap II. Entre « prise » et reprise.
P. 33 prendre ses distances avec les méthodes habituelles. Elle devient actrice des choses, en tant que ensorcelée et que désorceleuse.
Chap III. Quand le texte, c'est son avant-propos
La subjectivité nécessaire de cette ethnographie, dépendante des humeurs, de la parole, du moment. Le texte scientifique ne raconte pas la rencontre les les discussions, il en donne les « résultats ». Ce procédé est ici impossible : s'agit-il encore de science ?
Deuxième partie. L'empire du secret.
Chap IV. Qu'il faut, au moins, un crédule
La « dame blonde », une sorcière un peu folle (= charlatane), à ne pas confondre avec les « vrais » sorciers. plus discrets.
La différence fondamentale entre les désorceleurs excentriques et leurs collègues ordinaires paraît tenir à ceci : les premiers pratiquent des rituels qu'ils inventent de toutes pièces, qui ne leur ont été transmis par personne et que ne soutient aucun corps de tradition. C'est pourquoi, sans doute, les paysans sont aussi prompts à les désavouer ; car ils ne peuvent espérer longtemps de semblables pratiques qu'elles amènent la résolution symbolique de la crise personnemme qui les a conduits chez le désorceleur. (p. 66)
La presse locale et nationale, souvent moqueuse et méprisante, qui parle des « excentriques » mais jamais des rituels plus anciens et plus discrets.
Chap V. La tentation de l'impossible
L'exemple de la famille Fourmond : le père a un cancer de la peau mortel, il fait venir quelqu'un pour le toucher et diminuer la douleur, mais le type est aussi sorcier qui essaye (sans réussir) de désorceler. Comme ce sont des gens éduqués et de bons chrétiens, on les accuse d'être tombé sous la coupe de charlatans.
S'il s'agissait d'une histoire classique d'ensorcellement […], ce prologue introduirait aux étapes qui constituent régulièrement ce genre de récit, à savoir :
1. La quête de l'identité du sorcier ;
2. L'indication des moyens de lui nuire et de se protéger de ses maléfices ;
3. La mise en œuvre d'un rituel magique et l'adoption de façons caractéristiques de se comporter ;
4. L'interprétation des effets produits, c'est-à-dire pour le sorcier, la déroute (la mort, la maladie ou la faillite) et, pour l'ensorcelé, le retour progressif à la normale ;
5. Et enfin, le maintien d'un transfert indéfini entre le désorceleur et son client.
Les gens qui « touchent » sont acceptés (voire un don de Dieu) ≠ désorceleurs.
Chap VI. Moins on en parle, moins on y est pris.
On prendra peut-être la mesure de l'impossibilité de cette enquête ethnographique si l'on rapproche l'un de l'autre deux énoncés caractéristiques des discours tenus sur la sorcellerie. D'une part, les ensorcelés déclarent que « ceux qui n'ont pas été pris ne peuvent pas en parler » car ils ne conçoivent pas que puissent témoigner des sorts ceux qui ne seraient pas passés par cette expérience singulière. D'autre part, beaucoup disent aussi que ceux qui ont été pris ne doivent pas en parler afin d'éviter d'y être repris. Car moins on en parle et moins on y est pris. (P. 115)
P. 116. L'histoire de Manceau, ensorcelé et « pris à mort », un combat presque mortel entre deux sorciers pour le désorceler.
Troisième partie, tout dire.
Chapitre VII. Si vous pouvez faire quelque chose.
Pour les prêtres, le diable existe, mais il ne s'intéresse pas aux paysans, dont le problème est surtout psychiatrique. Le mépris des psys.
I. Un ensorcelé à l'hôpital
Le drame des Babin. Jean Babin est alcoolique, coléreux, impuissant, victime d'un sort lancé par un cousin/un voisin. Il est interné en HP pour soigner sa dépendance.
II. C'est-y une magicienne ?
Jean Babin et sa famille prennent JFS pour une sorcière.
III. Le malentendu
Un premier entretien dans ce malentendu.
IV. Impuissants contre impuissance
Le voisin supposé méchant sorcier qui couche avec des servantes opposé à Jean Babinnet son impuissance.
Chap VIII. La toute-puissance du sorcier
I. L'impérissable salaud
II. La parole
Babain adresse la parole à son mauvais sorcier, quelle imprudence. Puissance des mots.
Quand le lait d'une vache est tari, on observe parfois une « beurrée », une sorte de moisissure liquide, blanchâtre : c'est ici que le lait est parti. Il faut faire brûler (c'est difficile), et y jeter sel et eau bénites. C'est encore plus efficace d'y mettre des aiguilles : le sorcier accourt, piqué de partout (p. 194).
III. Le toucher
La poignée de main par laquelle arrivent les sorts
IV. Le regard
Puissant moyen d'ensorcellement, il faut soutenir son regard
V. La mort d'un conducteur
Lors d'une séance, on souhaite la mort de qqn, qui meurt peut parés dans un accident : JFS à l'impression d'être dans un de ces récits de Lovecraft où le scientifique est obligé de reconnaître la réalité des phénomènes surnaturels. Elle craint pour sa propre vie.