Publié le 24 Juillet 2023

C'est la quatrième année d'Harry et ses potes, et comme tous les ans c'est le dawa. Cette année c'est à cause de la Coupe de feu : ce dangereux concours de trois épreuves est organisé cette année à Poudlard, qui accueille deux autres écoles (les filles de Beauxbâtons et les garçons de Durmstrang).
Sans surprise, Harry fait partie des élus, bien qu'il n'ait pas l'âge requis pour concourir.

(Attention je vais spoiler, mais ça vaaaa, tout le monde a vu ce film)

C'est un épisode important de la saga, peut-être charnière vers un récit plus adulte. Les héros ont des problèmes d'ados (inviter des filles au bal, les jalousies) ; il y est question de mort d'un personnage ; et surtout à la fin Voldemort renaît de ses cendres.
Pour autant, ce n'est pas un super film. Ce n'est pas filmé avec l'élégance des précédents opus, et la conduite du récit laisse à désirer. Malgré ses 2h30, beaucoup d'éléments sont passés sous silence, ou oubliés au cours du récit, et les personnages ne sont pas ou peu développés. Quelqu'un sait-il qui est Cedric Diggory, au-delà d'un personnage-fonction ?
Il s'y passe beaucoup de choses, il y a beaucoup d'aventures et d'action, mais ce qui fait le charme de la saga (les personnages et les détails) a été oublié. Dommage.

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Publié le 18 Juillet 2023

Pendant la Guerre du Viêt Nam, le capitaine Willard (Martin Sheen) est chargé de tuer le colonel Kurtz (Marlon Brando), le meilleur d'entre nous qui a pris la tangente. Willard embarque sur un petit bateau pour naviguer jusqu'au Cambodge retrouver sa cible. Sa route est, sans surprise, semée d'embûches.

Disons-le tout net : je me suis profondément ennuyé pendant ce film, en partie parce que j'ai eu la mauvaise idée de regarder la version longue - une heure de plus que pour la sortie en salles, au moins une heure en trop. Il y a notamment une improbable et inintéressante scène où Willard dîne chez des Français qui s'engueulent à propos de Pierre Mendès France, c'est dire.
Pour autant, l'ennui procuré par le film ne peut pas tenir à sa simple durée. Il y a pour moi un groooos problème de personnages et de direction d'acteur. Martin Sheen passe tout le film avec un air ahuri : ce n'est pas un personnage, même pas un observateur, juste une ombre que l'on regarde traverser le film, opaque et creuse. C'est pourtant lui qui est sensé porter le récit, mais il ne tient pas la route. La rencontre avec le colonel Kurtz illustre un autre problème du film : Willard dit qu'il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi détruit par la guerre ; sauf qu'à l'écran on ne voit qu'un type qui bavarde de façon confuse sur des choses sans intérêt. Je ne le vois pas détruit, je ne l'apprends que par la bouche d'un autre personnage : c'est à mon avis du mauvais cinéma.
Il y a quand même quelques scènes réussies, l'introduction est pas mal, la superposition d'images est plutôt élégante, la séquence avec le cow-boy obsédé par le surf est totalement absurde et réussie. Ca ne suffit pas à faire tenir un film dont je n'ai aucune idée de ce qu'il raconte - mon impression c'est qu'il ne dit finalement pas grand-chose de la guerre, et encore moins des humains.
L'attribution de la Palme d'or est totalement incompréhensible pour moi (et ce n'est pas la première fois).

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Publié le 14 Juillet 2023

Dans ce livre, Marguerite Duras plonge dans ses souvenirs de l'Indochine, en partant parfois d'images de l'époque, de photographies de famille. Il y est question de sa mère toxiques et de ses frères toxiques également, et surtout de l'amant chinois du titre, auprès de qui elle passe ses après-midis puis ses nuits. C'est un livre construit de façon fragmentaire, passant d'une idée à l'autre, d'une époque à l'autre. Il donne l'impression d'être écrit au fil de la plume, et c'est peut-être la limite du livre : je peine à voir une structure, une logique dans le livre, voire même une nécessité derrière tout ça. Je ne suis pas sûr que j'aime beaucoup, même si elle écrit bien – de manière un peu fragmentaire aussi –, même si c'est une lecture agréable.
Une partie de ce dont elle parle est déjà présent dans Un Barrage contre le pacifique, écrit en 1951, soit trente ans plus tôt (!). Je me souviendrai plus longtemps du Barrage que de L'Amant.

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Publié le 10 Juillet 2023

En 1791, l'inspecteur new-yorkais Ichabod Crane (Johnny Deep) est féru des nouvelles méthodes scientifiques. On l'envoie tester ses prétentions dans le petit village Sleepy Hollow, où plusieurs habitants ont été décapités. Une fois sur place, ses convictions sont mises à mal : on lui explique que l'assassin est le fantôme d'un soldat sanguinaire, qui assassine en attendant de retrouver sa tête…

C'est un conte gothique un peu horrifique (même si on n'a à peu près jamais peur) très burtonien et réussi. Il est adapté d'une nouvelle que j'imagine très « premier degré », Burton retravaille le personnage principal (Ichabod Crane) pour le rendre un peu peureux et ridicule, ce qui apporte un peu de comique bienvenu au film. Pas grand-chose à dire ; même si on se perd dans les noms des personnages on arrive plutôt bien à deviner ce qui va se passer.
Par contre, je m'en étais déjà rendu compte : Burton ne sait pas filmer les bagarres. C'est bien dommage.

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Publié le 29 Juin 2023

Nous sommes dans les années 1950, à Asteroid City, une ville perdue au milieu d'un désert évoquant les paysages de Bip bip et Coyote, qui tire son nom d'un cratère creusé par une météorite il y a des milliers d'années. Plusieurs personnages s'y retrouvent, parfois par hasard : un photographe récemment veuf (Jason Schwartzman) et ses enfants, une actrice (Scarlett Johansson) et sa fille, une classe et sa maîtresse, des militaires venus remettre les prix d'une compétition scientifique…

Il y a quelque chose de Robert Altman dans ce scénario : un lieu, un principe narratif, des personnages, et on les regarde s'entrecroiser et interagir ensemble. C'est d'ailleurs une des grandes forces de Wes Anderson : dessiner des personnages simples et riches à la fois, et diriger des acteur·ices pour les incarner. C'est ici un festival : outre celleux déjà cité·es, on trouve Steve Carell (qui remplace Bill Murray, malade du Covid), Tom Hanks, Tilda Swinton, Adrian Brody… Et tout le monde semble s'amuser.
Pour autant, ce n'est sans doute pas le meilleur Wes Anderson. J'aime beaucoup le début et toute la première partie, il me semble que malgré quelques bonnes idées, le film patine un peu vers la fin.

Restent quand même des images parfaites et magnifiques (évidemment, même si c'est toujours surprenant et impressionnant), des personnages incarnés, ainsi qu'un amour (et un talent) pour raconter des histoires. Je n'ai pas précisé un élément important : tout le film est construit sur des mises en abyme. Le film débute en noir et blanc par un narrateur (Bryan Cranston) sur un plateau de télévision, qui explique au spectateur qu'il va raconter l'histoire d'une pièce de théâtre. On voit alors l'auteur de la pièce (Edward Norton) devant sa machine à écrire, et plusieurs scènes sur le plateau viennent ponctuer le film. Le reste d'Asteroid City, en couleur, est cette pièce de théâtre, transposée dans le langage cinématographique.
Je ne sais pas si Wes Anderson fait vraiment quelque chose de vertigineux avec cet effet, mais il a le mérite d'être très efficace pour raconter une histoire. Le monologue d'introduction de Bryan Cranston m'a tout de suite happé, j'ai directement eu envie de savoir la suite : il y a là un talent pour le storytelling qui m'impressionne.

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Publié le 26 Juin 2023

J'ai offert ce livre, et j'ai commencé à le lire, puis je l'ai perdu dans le train… Comme l'éditeur est outre-Atlantique, il semble qu'il soit très compliqué de le racheter. Voici dans tous les cas les notes que j'avais prises au moment de la lecture.
J'aurais bien aimé le finir, parce que ma lecture de Comme si de rien n'était m'a carrément fait nuancer ce livre – même si Kristen Ghodsee parle surtout de l'Allemagne de l'Est, et que le roman d'Alina Nelega se passe dans la Roumanie de Ceausescu – et que ses personnages considèrent la RDA comme un eldorado qu'iels rêvent d'atteindre.

Introduction.
Les politiques d'émancipation des femmes menées par les états soviétiques leur ont permis notamment d'accéder aux études : de nombreuses femmes sont chercheuses, cosmonautes… En 1963, face à Valentina Terechkova, qui a passé plus de temps dans l'espace que tous les astronautes américains, les USA se disent qu'ils devraient se pencher sur la question : la rivalité entre les blocs a permis au bloc capitaliste d'avancer sur les questions sociales (droits des femmes, protection des travailleurs…)
P. 38 : L'émancipation des femmes faisait partie intégrante de l'idéologie de presque tous les régimes socialistes. La révolutionnaire franco-russe Inès Armand a ainsi eu cette phrase célèbre : « si la libération des femmes est impensable sans le communisme, le communisme est quant à lui impensable sans la libération des femmes ». Des politiques sont mises en place pour l'accès aux études, au travail, prise en charge des enfants, garderies et laveries collectives… Mais pour autant, il n'existait aucune politique contre le harcèlement ou le viol, ni en faveur des homosexuels, et les politiques étaient fortement natalistes...

Dans aucun de ces pays les droits des femmes ne s'inscrivent dans le cadre d'une promotion de l'individualisme ou de l'épanouissement des femmes. Si l'État soutenait les femmes, c'était en tant que travailleuses et mères, afin qu'elles participent plus pleinement à la vie de la nation. (p. 40)

À la chute du Mur, les hommes reprennent leur rôle de patriarche, et les femmes sont redevenues des marchandises. Les défauts du capitalisme font que nombreux·ses considèrent avoir mieux vécu sous le socialisme. Les USA ont eu les coudées libres pour se lancer dans la dérégulation ; dans les pays de l'Est les accusations de communisme bloquent tout progrès social. Sans être parfaits, les pays du Nord de l'Europe sont un exemple de social-démocratie efficace.

1. Travail : les femmes sont comme les hommes, mais elles coûtent moins cher

« Bref, le Capitalisme agit sur les femmes comme une tentation constante pour leur faire accepter des rapports sexuels contre de l'argent, que ce soit dans le mariage ou hors du mariage ». George Bernard Shaw, 1928 (P. 65)

Le travail domestique des femmes reste invisible.

Depuis les débuts du capitalisme, l'avantage comparatif d'une femme sur le marché de l'emploi consiste en ce qu'elle fait le même travail qu'un homme pour moins d'argent. (p. 66)

G. B. Shaw : « Dans le système capitaliste, les femmes se trouvaient plus mal payées que les hommes parce que le Capitalisme faisait de l'homme un esclave, et ensuite, il payait la femme par son intermédiaire, de sorte qu'il faisait de celle-ci l'esclave de l'homme. Elle devenait l'esclave d'un esclave, ce qui est la pire sorte d'esclavage ». (p. 68)

Pendant ce temps, dans les pays socialistes, l'emploi et la formation des femmes était privilégiées et encouragées, ce qui n'empêchait pas les inégalités salariales ou la charge de travail domestique. Les social-démocraties ont de nombreux emplois publics, qui favorisent en général l'emploi féminin (et des personnes discriminées en général).

2. Maternité : attendre un enfant et s'attendre à être exploitée
Dans le système capitaliste, les femmes sont pénalisées par la maternité.
En système socialiste, deux options s'offrent : une allocation (congé maternité) et une promesse de retrouver leur travail ; et/ou une prise en charge par l'État par le biais de garderies etc. L'Union Soviétique était très ambitieuse sur ce plan, mais la première guerre mondiale et la famine qui a suivi ont mis ces préoccupations de côté. Les Scandinaves mettent en place des congés maternité dès 1901. Plus tard la collectivisation de laveries et de cuisines permet aux femmes de soulager leur charge (les hommes ne sont pas très prêts à participer, malgré les incitations).
Les États Unis sont en retard sur tous ces points.
Cependant, certains pays socialistes (Roumanie, Albanie) avaient une politique nataliste qui « nationalisait » le corps des femmes.

3. Leadership : s'habiller en Prada ne suffit pas
Le « plafond de verre » empêche les femmes d'accéder à des positions de pouvoir, dans les entreprises comme en politique. Les quotas sont un moyen de résoudre en partie ce problème, même si les inégalités subsistent.
Les pays socialistes ont assez tôt réussi à mettre en avant des femmes, sans abolir la domination masculine.

4. Sexe : le capitalisme au lit

(Enfin le fond du sujet, et je n'ai pas pu aller plus loin)

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Publié le 25 Juin 2023

Sibyl (Virgine Efira) décide de mettre en pause son activité de psy pour se consacrer à l'écriture. Quand Margot (Adèle Exarchopoulos) l'appelle pour lui demander de l'aide, elle n'arrive pas à lui dire non. La jeune Margot est tombée amoureuse d'Igor (Gaspard Ulliel), avec qui elle partage l'affiche d'un film en cours de tournage. Et patatras : elle est tombée enceinte, et ne sait pas quoi faire de ce potentiel bébé.
Sibyl se retrouve mêlée aux histoires foutraques et borderline de Margot, et comme elle se sert de ce matériel pour son livre, ne sait pas mettre la bonne distance.

Autant Victoria, de la même réalisatrice, pouvoir être associé au genre de la comédie, autant là, même si on ne sort pas les violons toutes les cinq minutes, il s'agit clairement d'un drame.
On est montés d'un cran entre les deux films : le film est brillamment construit, un peu en mode puzzle, alternant entre présent et flash backs, jouant avec le son (une voix d'une séquence sur des images d'une autre) : le film se rapproche plus d'une Palme d'or que Victoria. Les acteurices sont très bien, les personnages réussis. Il y a quelques petits défauts quand même (c'est compliqué avec les enfants).
Pourtant, même si le film est très réussi, j'ai eu l'impression qu'il manquait quelques pièces à ce puzzle pour que je sois vraiment impliqué émotionnellement, et que j'en ressorte chamboulé ; je ne saurais pour autant pas dire ce qui manque.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France