Publié le 21 Juillet 2019

L'immense et contestée entreprise agro-alimentaire Mirando Corporation annonce la découverte au Chili de cochons géants. Vingt-six cochonnets sont envoyés à travers le monde pour être élevés par des fermiers locaux ; dans dix ans un concours couronnera le plus beau des cochons.
En Corée, la jeune Mija élève un de ces cochons, qu'elle a nommé Okja, en compagnie de son grand-père. Elle est très proche de l'animal (une sorte de gros chien en forme de cochon-hippopotame). Le tableau idyllique est troublé par le retour de Mirando, qui constate qu'Okja est de loin le plus beau des cochons : il faut donc le ramener à New York pour le concours. Mais c'est sans compter sur l'opposition et la détermination de Mija, déterminée à ne pas laisser partir son ami cochon.

Et c'est formidable. La mise en scène est précise, la lumière magnifique, les acteur·trice·s tous parfaits, en particulier Ahn Seo-hyeon (Mija), un vrai roc face à Mirando, elle est superbe. C'est également assez drôle, grâce entre autres à des acteurs qui ne se prennent pas trop au sérieux (notamment Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal), ce qui donne au film des airs de farce, tout en restant assez féroce et acerbe. Comme dans Parasite, Bong Joon-ho mélange les styles et les tons avec brio, sans jamais perdre le fil de son récit. On sent une liberté totale de sa part.
Au final, c'est une fable animaliste émouvante, un film de vegan anticapitaliste, ce qui n'est pas pour me déplaire non plus.

(Et même si les premières minutes j'ai scruté Okja sous toutes les coutures pour voir si elle était vraiment réussi, on oublie très vite cet aspect pour se concentrer sur le récit)

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Publié le 16 Juillet 2019

Man on the Moon est un « biopic » d'Andy Kaufman (Jim Carrey, formidable), humoriste américain actif des années 1970 aux années 1980. Maître de l'humour absurde, voire du non-humour, le film dépeint de façon à peu près chronologique sa vie : enfance, débuts, repérage par George Shapiro, série TV, délire autour du catch, maladie… C'est finalement assez sage ; on se souviendra particulièrement de l'ouverture en noir et blanc, avec Kaufman qui s'adresse directement au public. Ça donne en tout cas envie de se pencher sur ce personnage singulier, qui a construit toute sa vie sur la frontière entre fiction et réel, au point que nombreux sont ceux qui imaginent que sa mort n'est qu'une mise en scène – et le film contribue à cette ambiguïté.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 15 Juillet 2019

Les années 1990. Cinq jeunes potes, menés par Gary King, entament la tournée des douze pubs de la ville. Malheureusement, ils ne finiront jamais leur défi. Vingt ans plus tard, Gary, qui n'a pas changé, va reformer le groupe pour relancer le challenge. Qui ne se passera évidemment pas comme prévu.

Et voici la dernière étape de mon marathon Edgar Wright. Il va falloir que je spoile un peu (à mort), autant prévenir les (rares) lecteurs qui passent ici.
Si c'est loin d'être le meilleur film d'Edgar Wright, c'est quand même d'un meilleur niveau que Hot Fuzz. C'est plutôt drôle, le personnage de Gary, joué par l'inévitable Simon Pegg, est assez parfait dans son insupportable puérilité, les autres membres du gang, devenus des adultes tout ce qu'il y a de plus respectables, sont parfaits eux aussi (mention à Martin Freeman, délicieusement lisse).
Ça pourrait un buddy movie alcoolisé comme il en existe plein, mais à peu près à la moitié du film, quelque chose de complètement inattendu arrive, qui emmène le film tout-à-fait ailleurs : la ville est en fait habitée par des droïdes extraterrestres à l'apparence humaine. Ça parait con comme ça, et ça l'est. Ça devient un film de SF où tout le monde subitement se bat comme Bruce Lee sur fond d'invasion extraterrestre. C'est complètement con, mais ça marche plutôt bien, parce que le film reste sur le même registre que précédemment. Mais on va dire qu'il faut un certain lâcher prise pour apprécier ce film, et que je devais être dans un bon jour.

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Publié le 8 Juillet 2019

Miles Morales, jeune adolescent noir-américain vivant à Brooklyn, est mordu par une araignée radioactive. Juste à côté, le vrai Spider-Man est en train de se battre avec des méchants, et puis il meurt.
Les méchants sont en train d'ouvrir un portail inter-dimensionnel, et il se trouve que plusieurs Spider-Man de mondes alternatifs arrivent dans le monde de Miles, et qu'ensemble ils vont péter la gueule aux méchants.

Ce n'était pas du tout prévu, mais il se trouve que l'histoire a les mêmes bases que Coherence que j'ai vu récemment. Évidemment le traitement est ici très différent, puisqu'on est dans le film de super-héro assez classique mais plutôt bien mené, assez drôle, avec des personnages intéressants. On y retrouve, d'une certaine façon, ce cliché du conflit familial résolu par un voyage initiatique (même si le voyage est ici plutôt métaphorique), ce qui confirme que ce schéma est vraiment très courant dans l'animation contemporaine qui cherche manifestement à faire accepter les parents aux jeunes.
Le plus intéressant est l'aspect visuel du film : même si c'est parfois à déconseiller aux épileptiques, franchement, ça déboite. C'est très graphique, très dessiné, clairement inspiré par le style des vieux comic books. Les personnages sont animés à 12 images par secondes, alors que le décor est à 24 images/s, ça donne quelque chose de charnel au film qui peut évoquer le stop motion. Tout ça est très bien expliqué ici, c'est malin et bien vu, et ça fait du bien de voir autre chose que les standards de Pixar (même s'ils sont super évidemment).

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Publié le 7 Juillet 2019

Au XVIIIe siècle, un homme se lance dans une grande expédition au pôle Nord pour découvrir des trucs. À bord de son navire, il aperçoit au loin un homme immense qui semble fuir. Quelques jours plus tard, il découvre un homme perdu, affaibli, qui lui raconte sa vie.
Il s'agit de Victor Frankenstein, un Suisse heureux, intelligent, avide de sciences, qui grandit dans une famille insouciante. Après s'être intéressé à l'alchimie, il étudie lors de ses études les sciences naturelles, physiques, chimiques, et découvre un secret qui permet de donner vie à n'importe quoi. Pendant un an il travaille avec succès à la création d'un humanoïde. Effrayé par le monstre qu'il a créé, il prend peur et s'enfuit. Il traverse une phase de démence (de plusieurs mois quand même), son ami Clerval le soutient.
En apprenant le meurtre de son petit frère, Victor rentre à Genève. Un soir d'orage, il voit au loin sa créature et comprend que c'est elle le meurtrier. Mais Justine, une jeune domestique douce et attentionnée, est accusée du meurtre et condamnée à mort. Victor traverse d'autres phases de démence de plusieurs semaines, sans oser raconter l'horrible vérité de peur de passer pour un fou. Il va un peu mieux, et tombe sur la créature dans la montagne, qui lui raconte son histoire.

« […] Tous les hommes haïssent les malheureux ; à quel point, alors, doivent-ils me haïr, moi qui suis le plus malheureux de tous les êtres vivants ! Et pourtant, toi, mon créateur, tu me détestes et me repousses avec mépris, moi, la créature à laquelle tu es uni par des liens par des liens qui ne peuvent être dissous que par la mort de l'un d'entre nous. (p. 130)

Le monstre s'est réveillé seul, perdu, sans rien savoir. Alors qu'il cherche à entrer en contact avec des humains, il comprend qu'il provoque un effroi terrible chez ceux qu'il croise. Il se cache derrière un bâtiment où vit un père aveugle, sa fille et son fils (il y a là le long récit de cette famille). Le monstre apprend, en les écoutant et les observant, à parler, à lire, les usages et manières ; il s'exprime d'ailleurs particulièrement bien :

Mais où étaient mes parents et ma famille ? Un père n'avait pas veillé sur les jours de mon enfance, une mère ne m'avait pas comblé de ses sourires ni de ses caresses ; ou s'ils l'avaient fait, tout mon passé était maintenant une tâche sombre, un vide ténébreux dans lequel je ne distinguais rien. […] Je n'avais jamais vu un être me ressemblant, ou prétendant avoir quelque rapport avec moi. Qu'étais-je donc ? Cette question revenait sans cesse ; des soupirs seuls y répondaient. (p. 161)

Il veut enfin se confronter à ce père aveugle, ça se passe bien jusqu'au retour des enfants terrifiés par le monstre qui fuit.

Créateur maudit ! Pourquoi continuai-je à vivre ? Pourquoi en cet instant n'éteignis-je pas l'étincelle de vie que vous m'aviez donnée avec si peu de réflexion ? Je ne sais. Le désespoir s'était pourtant emparé de moi, la rage et la vengeance m'animaient. J'aurais détruit de gaieté de cœur le chalet et ses habitants, et me serais rassasié de leurs cris d'épouvante et de misère. (p. 181)

Fou de colère, plein de rage contre l'humanité, il désire retrouver son créateur (le journal de Victor était judicieusement placé dans la poche de sa veste). Il découvre où Victor habite et tue son frère.
Il demande à Victor de créer une créature femelle pour lui tenir compagnie : lui qui ne cherche qu'un compagnon et à partager son amour des choses, il est prêt à vivre loin des humains avec une semblable qui ne sera pas effrayée.
Victor part en Écosse avec son ami Clerval pour accomplir cette tâche qui le dégoûte. Alors que la tâche est presque accomplie, il décide que non, il a déjà donné vie à une abomination, ça suffit comme ça : il détruit la créature pas encore vivante. Le monstre le maudit et lui promet que sa vie sera un cauchemar. Et il tue Clerval.
Victor passe de nouveaux plusieurs mois en proie à la la folie, il est accusé du meurtre de son ami mais grâce à un alibi solide il est acquitté. En compagnie de son père venu le secourir, il rentre à Genève où il se marie. Mais le soir la noce, le montre tue la mariée. Le père de Victor meurt de chagrin quelque temps après. Victor passe de nouveau quelques temps en proie à la folie, puis décide de traquer sa créature et de la tuer.
Et c'est ainsi qu'il a finit au pole Nord, recueilli par le navire du début. Il meurt, trop épuisé par sa course, sans avoir le moindre remords. L'explorateur rencontre la créature, affligée, qui lui raconte sa vie de malheur et lui annonce son intention d'aller se tuer à un endroit où personne, jamais, ne retrouvera son cadavre.

* * *

Ouf ! Il s'en passe des choses dans ce roman, et encore, j'en ai oublié beaucoup. Il y a de nombreux récits enchâssés dans tous les sens, dans une forme qui semble avoir été pas mal à la mode au XIXe, mêlant des formes de récit direct et des passages épistolaires.
Mary Shelley nous cache la façon dont le monstre prend vie : Victor Frankenstein ne veut pas dévoiler son secret, de peur que quelqu'un d'autre ait la folie de faire la même erreur que lui – et c'est bien pratique, cette façon de ne pas donner d'explication à un truc inexplicable. Donc, la foudre, c'est un élément passé à la postérité par le cinéma.
C'est un roman assez passionnant, lourd d'une langue du XIXe souvent un peu roborative à mes yeux du XXIe. Le monstre lui-même parle une langue ampoulée qui est plutôt étrange pour une telle créature.

Le roman soulève évidemment plein de problématiques, l'altérité, la création, le désir démiurge :

Une espèce nouvelle me bénirait comme son créateur ; de nombreuses créatures heureuses et bonnes me devraient la vie. Nul père ne pourrait mériter la gratitude de son enfant aussi complètement que je mériterai la leur (p. 67).

Il y est également question de la dangerosité de la science :

Apprenez, sinon par mes conseils, du moins par mon exemple, combien il est dangereux d'acquérir la science, et combien est plus heureux l'homme qui tient sa ville natale pour le centre de l'univers. Oui, malheur à celui qui aspire à devenir plus grand que sa nature ! (p. 66)

Mais j'ai été étonné de voir à quel point Victor Frankenstein est un enfoiré égoïste, qui envoie chier sa créature qui ne demande qu'à être heureuse. Ce monstre est un être innocent, qui n'aspire qu'à de belles choses mais qui se voit rejeter par tous et partout, et qui en devient fou. Je doute que ça ait été dans la tête de l'autrice, mais ça m'évoque les récits d'esclaves et de diverses minorités. Face à ça, Victor est convaincu d'une seule chose : ce monstre est moche et donc mauvais, et il peut dire ce qu'il veut, rien ne lui fera changer d'avis. Pour poursuivre l'analogie, c'est comme si on était face à un connard dont rien ne pourrait changer les convictions racistes (mais je sais que cette comparaison a ses limites). En tous cas, il nie l'humanité du monstre, et ça en fait, pour moi, et manifestement en partie aussi pour l'autrice, un sale connard.
Alors qu'il approche de la mort, cet enfoiré a le culot de dire :

Ces derniers jours, je les ai passés à faire mon examen de conscience et je ne trouve point que ma conduite soit blâmable. Poussé par un accès de folie et d'enthousiasme, j'ai créé un être doué de raison et j'avais envers lui l'obligation de lui assurer son bonheur et son bien-être. C'était mon devoir. Mais j'avais aussi un autre devoir, et bien supérieur. Les êtres de ma propre espèce, les hommes revendiquaient le droit de jouir en paix des richesses que Dieu avait créées pour eux sur cette terre. C'est pourquoi j'ai refusé – et j'ai bien fait – de créer une compagne à ce premier être. Dans ses crimes, il a témoigné d'une cruauté et d'un égoïsme sans exemple ; il a tué ma famille, il a voué à la mort des êtres d'une sensibilité exquise qui vivaient d'une vie sage et heureuse, et j'ignore jusqu'où peut le mener cette soif de vengeance. Malheureux lui-même, seule sa mort peut sauver la vie d'autres êtres. (p. 294)

Mary Shelley laisse le mot de la fin à la créature :

Mais vous rêvez ! répondit le démon. Me croyez-vous donc insensible à la souffrance et au remords ? Lui, continua-t-il, en indiquant du doigt le cadavre [de Victor], lui n'a pas connu l'amère souffrance d'accomplir son crime. Non, il n'a pas enduré la dix millième partie de mes souffrance pendant que le perpétrais. Le remords empoisonnait mon cœur pendant qu'un effrayant égoïsme me pourrait à agir. […] Mon cœur était fait pour ressentir l'amour et donner de l'affection. Lorsque, sous l'excès de la souffrance, je décidai de faire le mal et de haïr, mon cœur ne supporta pas ce changement sans des tortures que vous ne pouvez imaginer. (p. 297)

Jadis, mon imagination se complaisait dans des rêves de vertu, de gloire et de joie. Jadis, dans mon illusion, j'espérais rencontrer des êtres capables d'oublier ma hideur et de m'aimer pour les vertus dont je pouvais faire preuve. Je n'avais que des pensées d'honneur et de dévouement. Mais aujourd'hui, le crime m'a mis au rang de l'animal le plus bas. Il n'existe pas un crime, pas une haine, pas une cruauté, pas une misère que l'on puisse comparer aux miens. Lorsque je parcours la liste effrayante de mes crimes, je n'arrive pas à m'imaginer que c'était moi, la créature qui rêvait aux visions sublimes et transcendantes de la beauté et de la puissance majestueuse du bien. Mais c'est ainsi que se passent les choses : l'ange déchu devient un démon malfaisant ! (p. 298)

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Publié le 7 Juillet 2019

Tina est douanière dans un port suédois. Très laide, avec une sorte de gros nez bizarre, elle a un odorat particulièrement développé qui lui permet de détecter les individus suspects en sentant leur peur, leur honte, leur culpabilité. Elle habite dans une petite maison au fond d'une forêt en compagnie de Roland, un loser qui élève des chiens pour des concours.
Un jour elle rencontre Vore, un type qui lui ressemble étrangement. Sur un fond de scandale pédophile, elle va se rapprocher de lui et en apprendre un peu plus sur elle-même.

Et voilà un film étrange et un peu dérangeant. Je dévoile l'élément-clé de l'intrigue : Tina et Vore sont des trolls. Vore en est conscient, Tina a été élevée par des humains et ignore tout de sa nature, ses parents (trolls eux aussi) ont été élevés et torturés par des scientifiques dans un institut secret ; toute sa vie est un mensonge. Cette révélation éclaire sa personnalité : son visage difforme, son odorat, son lien presque charnel avec la nature.
C'est un film qui effectivement laisse une grande part au rapport à l'animalité et à la sauvagerie, dessinant un lien ancestral avec la nature.
Tina et Vore sont d'une certaine façon des monstres : ils mangent des insectes, ils ont en eux une violence qui peut effrayer, les rôles sexuels sont inversés – Tina a un pénis, Vore un vagin, les scènes de sexe sont un peu dégoûtantes, il faut bien l'admettre. Mais malgré tout il y a une beauté dans ces personnages et leur relation, dans la façon dont ils sont filmés et (paradoxalement) humanisés. C'est un film qui soulève de nombreuses questions (le rapport à la nature, à la difformité, à ce qui sort des normes, à la violence…) dont une bonne partie restent en suspens.

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Publié le 7 Juillet 2019

Un groupe d'amis se retrouvent le soir où une comète passe à proximité de la Terre. Cette comète va créer une perturbation quantique, et ouvrir la porte vers une infinité d'univers, où existent une infinité de variantes de ce groupes d'amis.

Coherence est donc un film qui explore la notion de multivers. C'est plutôt habile dans l'écriture, le film gagnant en complexité au fur et à mesure, ouvrant des abimes assez fascinantes.
C'est un premier film à tout petit budget, tourné en cinq nuits, avec une grande part laissée à aux acteurs pour improviser. Le résultat est parfois un peu inégal, certains personnages étant plutôt antipathiques, et le filmage étant vraiment nul, comme un film amateur sur téléphone (bon, j'exagère, l'image est plus belle que ça). Mais c'est dû aux contraintes de la fabrication du film, et ça ne m'a pas tant gêné que ça. Il y a tout de même un certain talent dans le montage, et un fil scénaristique qui se tient bien. C'est un petit film plutôt singulier, assez réussi et original.

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