Publié le 4 Novembre 2021

Tommy Wiseau est un aspirant acteur sans talent mais sans inhibition. C'est un personnage très mystérieux dont on n'arrive pas à savoir grand chose, si ce n'est qu'il habite dans une réalité différente des autres gens.
Il embarque avec lui à Los Angeles Greg, un autre aspirant acteur et son seul ami. À force de refus, Tommy décide qu'il va réaliser un film avec un beau rôle pour Greg. Et c'est le début d'une improbable aventure.

Ce film est l'histoire vraie du film The Room, connu pour être un des plus immenses nanars des années 2000. C'est souvent drôle, c'est assez fascinant et parfois malaisant.

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Publié le 1 Novembre 2021

C'est un roman qui peint une journée de Mrs Clarissa Dalloway, une dame de la haute bourgeoisie (aristocratie ?) britannique. Elle organise une soirée, à laquelle tout le gratin londonien est convié. Elle fait quelques courses, Peter Walsh lui rend visite, qui était amoureux d'elle dans leur jeunesse, et qui, inconsolable, est parti dans les Indes. Son mari Richard passe, qui travaille au Parlement, un homme simple, que certains ne trouvent pas à la hauteur de Clarissa mais qui la rassure. Leur fille Elizabeth entretient une relation trouble avec la dévote miss Killman.
On croise aussi la route de Septimus Warren Smith, un vétéran de la Première guerre mondiale en plein syndrome post-traumatique, dont les hallucinations navrent sa femme Rezia.

Je ne sais pas trop comment résumer ce livre, parce qu'il ne s'y passe pas grand chose. Virginia Woolf le construit un peu sur le fil de la pensée : les personnages pensent (beaucoup à leur passé), leurs idées s'emboîtent les unes dans les autres, le fil de la pensée passe parfois d'un personnage à l'autre. Ça évoque un peu un long plan séquence de cinéma, j'ai pensé à Cléo de 5 à 7.
Le problème est sans doute que ce fil de pensée m'emmène dans mes propres pensées, ce qui est une façon polie de dire que je me suis quand même ennuyé. Certes, au bout d'un moment j'ai pris du plaisir à retrouver ce livre ; certes, il y a des thèmes intéressants (le suicide, les traumas de la guerre, ce qu'on fait des idéaux de notre jeunesse) ; certes, il y a l'évocation d'amours lesbiennes. Mais tout ceci ne rattrape pas vraiment l'ennui distillé par les problèmes de bourgeois qui s'ennuient.

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Publié le 31 Octobre 2021

Le film, construit comme un recueil de nouvelles, explore quelques-uns des articles de The French Dispatch, une antenne de The Evening Sun (Liberty, Kansas) installée dans la ville d'Ennui-sur-Blasé.
Le premier (Owen Wilson) s'intéresse à la ville d'Ennui, qui évoque beaucoup le Paris des années 1950-1960. La rubrique artistique (Tilda Swinton) se penche sur le destin de Moses Rosenthaler, un tueur psychopathe également grand peintre. Frances McDormand s'intéresse à une révolte étudiante qui évoque furieusement mai 68 ; et la rubrique culinaire (Jeffrey Wright) évoque un chef gendarme pris dans une bataille de gangsters.

C'est un film ébouriffant, drôle, subtil, nerveux et inventif. On est chez Wes Anderson, dont je connais plutôt bien le cinéma, on trouve ici les nombreuses qualités de ce réalisateur et ses quelques défauts (ça va un peu vite quand même). Peut-être le principal problème de ce film est qu'on ne sait pas trop ce que veut dire Anderson.
Pour autant, ne boudons pas notre plaisir : c'est drôle, les acteur·ices sont formidables, on ne n'ennuie jamais. Il y a une idée de mise en scène par plan, tout est soigné, la direction artistique est impressionnante, c'est visuellement épatant et magistral.

Il offre une vision de la France à la fois clichée et originale : il fait vivre un Paris qui n'existe plus depuis une cinquantaine d'années, mais en même temps la bonne idée est de n'avoir pas tourné à Paris mais à Angoulême. Il évite donc la plupart des cartes postales qu'on trouve dans les films des Américains qui tournent en France (le fait qu'il habite en France doit beaucoup jouer).

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Publié le 30 Octobre 2021

Toby (Adam Driver) est en Espagne pour réaliser L'Homme qui tua Don Quichotte, mais le film n'avance pas comme il voudrait. Il tombe, par une drôle de coïncidence, sur le DVD d'un film du même nom qu'il a réalisé il y a une dizaine d'années, alors qu'il était étudiant. Il part à la recherche du village dans lequel il avait alors tourné.
Il tombe sur le cordonnier qu'il avait embauché pour le rôle-titre et qui se prend toujours pour Don Quichotte. Toby accepte de mauvaise grâce de se faire appeler Sancho Panza pour fuir la police.

Je n'ai pas vu Lost in la Mancha et c'est sans doute une pièce du puzzle qui me manque.
L'Homme qui tua Don Quichotte est un film assez étonnant, une mise en abyme à plusieurs niveaux basée sur le roman de Cervantès. La frontière entre fiction et réalité s'estompe au fur et à mesure, en même temps que les personnages sombrent dans une folie un peu effrayante. Il n'est question que de mise en scène, entre le tournage de Toby, la scène du château, le chevalier aux CD… C'est un film un peu fou, assez étrange, dont je ne suis pas sûr de pouvoir dire qu'il est réussi, mais qui m'a complètement embarqué.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 19 Octobre 2021

Aux États-Unis, une loi abolissant la ségrégation a été votée en 1964 (Civil Rights Act), mais dans les faits, les Noirs n'ont pas les mêmes droits que les Blancs, en particulier dans les états du Sud. Le problème de l'accès au vote est central : très peu de Noirs arrivent à s'inscrire sur les listes électorales, seuls les Blancs votent, et les élus ne représentent au final pas les intérêts des Noirs.
Martin Luther King (David Oyelowo) et ses compagnons décident d'organiser une action à Selma, petite ville majoritairement blanche d'Alabama, état dirigé par un gouverneur très sudiste. Ils organisent un rassemblement non-violent : il ne faut pas répondre à la brutalité de la répression, pour bien montrer dans quel camp se situe la violence. Les images révoltent une partie de l'Amérique, mais le président Johnson n'est pas décidé à bouger.

C'est une page absolument effrayante de l'histoire américaine. Pour autant, le film n'appuie pas trop sur le pathos (alors qu'il y a matière), c'est un film de combat que livre Ava DuVernay, un film élégant et bien mené. (Cette histoire, et les nombreuses émeutes raciales qui émaillent le XXe siècle sont évoquées dans Le temps où nous chantions).
Les échos qui se dessinent avec les États-Unis d'aujourd'hui, avec les répressions des manifestations de Black Lives Matter, et surtout ces lois visant à restreindre l'accès au vote des Noirs (en Arizona, en Géorgie…), sont tout bonnement effrayants.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 13 Octobre 2021

Le délégué français aux Nations Unies ne s'est pas présenté à la dernière séance. Correspondant de l'AFP à New York, Moreau (JP Melville) est chargé d'enquêter sur l'affaire. Accompagné du photographe Delmas (Pierre Grasset), il parcourt New York en suivant un conseil : « chercher la femme ».

Ce film est à la fois maladroit et habile, autant dans sa mise en scène que dans son scénario. Des plans jouent de façon élégante sur le champ/hors champ, sur le dévoilement ; le jeu de lumières est remarquable. Et parfois, il y a des dialogues bêtement rythmés par le champ/contre-champ, des longueurs, des effets trop soulignés. Idem pour le scénario : de bonnes idées sont gâchées par des maladresses.
C'est un film sympathique, dont j'aime bien l'ambiance de film noir (ça lorgne énormément vers le cinéma américain), mais qui n'est pas une grosse réussite et que j'aurai probablement oublié dans quelques mois.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France, #Polar

Publié le 11 Octobre 2021

Ce petit livre est un manifeste pour des fins heureuses. C'est un plaidoyer pour une littérature optimiste qui cherche à revaloriser les comédies romantiques, genre injustement méprisé. Il ouvre des perspectives féministes et valorise le travail d'imagination : comme le réel est nul et décevant, la fiction se doit d'être un lieu d'invention, au-delà du réel ; être « réaliste » ne devrait pas être une qualité suffisante de la littérature (et oui, souvent, dans la vraie vie, les histoires finissent mal, mais ce n'est pas une raison pour que la littérature n'ouvre pas d'autres perspectives).

C'est un livre court, qui aurait mérité que je prenne des notes tout du long parce qu'à peu près tout est intéressant et intelligent – mais l'avantage des livres courts, c'est qu'on peut les relire.

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