Le film, construit comme un recueil de nouvelles, explore quelques-uns des articles de The French Dispatch, une antenne de The Evening Sun (Liberty, Kansas) installée dans la ville d'Ennui-sur-Blasé.
Le premier (Owen Wilson) s'intéresse à la ville d'Ennui, qui évoque beaucoup le Paris des années 1950-1960. La rubrique artistique (Tilda Swinton) se penche sur le destin de Moses Rosenthaler, un tueur psychopathe également grand peintre. Frances McDormand s'intéresse à une révolte étudiante qui évoque furieusement mai 68 ; et la rubrique culinaire (Jeffrey Wright) évoque un chef gendarme pris dans une bataille de gangsters.
C'est un film ébouriffant, drôle, subtil, nerveux et inventif. On est chez Wes Anderson, dont je connais plutôt bien le cinéma, on trouve ici les nombreuses qualités de ce réalisateur et ses quelques défauts (ça va un peu vite quand même). Peut-être le principal problème de ce film est qu'on ne sait pas trop ce que veut dire Anderson.
Pour autant, ne boudons pas notre plaisir : c'est drôle, les acteur·ices sont formidables, on ne n'ennuie jamais. Il y a une idée de mise en scène par plan, tout est soigné, la direction artistique est impressionnante, c'est visuellement épatant et magistral.
Il offre une vision de la France à la fois clichée et originale : il fait vivre un Paris qui n'existe plus depuis une cinquantaine d'années, mais en même temps la bonne idée est de n'avoir pas tourné à Paris mais à Angoulême. Il évite donc la plupart des cartes postales qu'on trouve dans les films des Américains qui tournent en France (le fait qu'il habite en France doit beaucoup jouer).