Publié le 3 Mai 2026

Deux abrutis se retrouvent embarqués dans une histoire à laquelle ils ne comprennent rien.

C'était nuuuuuul ! Évidemment qu'un film avec des personnages débiles ça peut être marrant (il y a plein d'exemples, de La Cité de la peur à Idiocracy en passant par Hot Shots! 2 ou Burn After Reading) ; un personnage stupide qui se retrouve embarqué dans une histoire de gangsters à laquelle il ne comprend rien c'est un grand classique du cinéma (une partie des films des frères Coen repose sur ce principe, comme dans The Big Lebowski ou Fargo ; je sais que Pierre Richard a donné dans ce genre) ; mais ça ne suffit pas. Là c'est laborieux, c'est pas drôle (à part 2-3 blagues de prout), c'est beauf (les meufs en bikini à la fin), c'est sans surprise homophobe et sexiste, et c'est looooong ! Une sacrée grosse bouse.

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Publié le 2 Mai 2026

Nous sommes à la suite directe de Retour vers le futur 2 : Marty est revenu en 1955, et il a appris par une lettre de Doc qu'il est en 1885, où tout va très bien. Il a planqué la DeLorean dans une mine, et laissé la notice permettant de réparer les pièces cassées en 1955. Mais quand Marty découvre au cimetière que Doc meurt quelques jours après sa lettre, il décide de revenir dans le passé pour sauver son ami.

C'est probablement une bonne suite (la meilleure suite qu'ils auraient pu faire ?), parce qu'elle explore une époque inédite, parce qu'il y a plein de clins d'œil aux précédents opus. Pourtant je ne suis pas sûr que ce soit un excellent film, et clairement pas le meilleur de la série, paradoxalement en partie pour les raisons déjà citées : on retrouve les mêmes mécaniques scénaristiques que dans les précédents épisodes, la structure est toujours un peu la même, et les clins d'œils ont déjà été faits dans le 2, et il n'y a plus vraiment de surprise. Heureusement qu'il n'ont pas fait de 4 !

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Publié le 29 Avril 2026

Résumer ce très beau livre, c'est gâcher une partie du plaisir de la découverte du monde dans lequel nous plonge Becky Chambers. Je vais quand même m'adonner à l'exercice, mais vous êtes prévenu·es !

Nous sommes dans un futur solarpunk, où le monde s'est installé paisiblement après être passé par un âge industriel aujourd'hui révolu. Frœur Dex, insatisfait·e et en quête de son « but », décide de quitter son couvent pour devenir Moine du thé : avec sa roulotte tirée par un vélo électrique, iel parcourt la campagne pour offrir du thé, une oreille attentive et du réconfort aux villageois·es. Mais iel a toujours envie d'aller voir plus loin, et iel décide de s'aventurer dans le vaste espace de la forêt, laissé à la nature sauvage, et dans lequel personne ne s'aventure jamais. Iel y fait une rencontre inattendue : un robot – les robots peuplent la nature sauvage depuis que les humains les ont libérés de leurs obligations industrielles.

Becky Chambers est ici sans doute moins ambitieuse que dans sa série des Voyageurs (L'espace d'un an, Libration, Archives de l'exodeLa Galaxie vue du sol). On y retrouve néanmoins la même finesse dans la description des personnages, la même attention aux détails du quotidien, la même empathie bienveillante, et on se glisse dans ce roman avec un plaisir évident. Mais je sais qu'il me marquera moins que ses autres livres – peut-être parce que c'est compliqué d'embarquer pleinement lea lecteur·ice dans une novella ?

(La suite est tout aussi recommandable)

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Publié le 27 Avril 2026

Trois adolescentes sont séquestrées par un type aux multiples personnalités.

Je pense que tout le film est contenu dans ce pitch. Ensuite, tout l'intérêt de Split, et tout ce qui le rend aussi effrayant, réside dans la finesse de l'écriture de ce méchant, et dans la qualité de son interprétation. Et M. Night Shyamalan a fait un très bon boulot : le film est habilement écrit et stressant comme il faut. Évidemment on sait à peu près comment les choses vont se passer (mal), ce qui n'est pas un défaut mais plutôt un règle du genre ; il n'y a pas de retournement final (juste un habile clin d'œil à un autre film).
Le film tient également beaucoup sur la performance de James McAvoy, qui joue le méchant, et dont le talent transformiste est impressionnant. Il est tout aussi terrifiant que charmant ; les adolescentes jouent très bien leur rôle de victimes sans pour autant être des cruches ; la mise en scène est aussi habile, maline et efficace que dans Incassable. Il ne me reste plus qu'à voir Signes (même si je crois que le film ne pourra pas être aussi intéressant que ce qu'en dit Karim Debbache) et je crois que j'aurais vu tous les bons films de Shyamalan.

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Publié le 26 Avril 2026

Dans les pays kargues, Tenar est arrachée à sa famille à ses cinq ans : elle est la réincarnation d'Arha, la grande Prêtresse des Innommables, des divinités très anciennes, obscures et un peu oubliées, servies depuis plus de mille an par Arha. Elle est emmenée dans une sorte de monastère au milieu d'autres fillettes, d'eunuques qui leur servent de serviteurs et d'autres prêtresses d'autres dieux inférieurs – ce qui n'empêche pas ces autres prêtresses d'avoir beaucoup de pouvoir. Tenar/Arha est la maitresse d'un vaste royaume souterrain, où la lumière ne doit pas pénétrer au risque d'attiser la colère des Innommables ; on y trouve notamment un vaste labyrinthe dont Arha n'a pas encore exploré tous les recoins.
Un jour, alors que les Kargues ont exclu la magie depuis des siècles et que les hommes ne doivent jamais pénétrer sur ce territoire sacré, elle découvre un sorcier dans les souterrains.

Ce livre est une suite assez directe du précédent volume de Terremer. Le Guin se penche sur les Kargues, des figures périphériques du monde, qu'on avait seulement vus de loin ; et elle écrit un roman centré sur un personnage féminin – même si comme elle l'écrit dans la postface, on lui a reproché que cette fille soit sauvée par un homme ; mais les choses sont plus nuancées : ce sont les deux personnages qui se sauvent l'un l'autre, iels ont chacun·e besoin de l'aide de l'autre.
Le roman commence de façon assez descriptive, on y suit la vie d'Arha, les différentes étapes de son apprentissage, et il ne semble rien s'y passer – dans le sens « aucun évènement ne vient bouleverser le cours des choses » ; j'ai pas mal pensé à la question de la fiction-panier dans toute cette première partie (au moins une centaine de pages). J'avoue avoir été un peu décontenancé : non pas que ce soit ennuyeux ou pas intéressant, peut-être plutôt « est-ce que c'est ça tout le livre ? »
Mais évidemment l'arrivée de ce sorcier vient tout chambouler ! Et mes quelques réserves ont été immédiatement balayées. C'est encore un livre brillant et passionnant.

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Publié le 25 Avril 2026

D'un côté, nous avons Elijah (Samuel J. Jackson), atteint de la « maladie des os de verre », galeriste spécialisé dans les comics, passionné par les super-héros. De l'autre, David (Bruce Willis), un agent de sécurité, père d'un garçon, plus en moins en train de se séparer de sa femme (Robin Wright). Un jour, le train dans lequel se trouve David déraille : il est le seul survivant indemne. Elijah le contacte : serait-il un super-héro du monde réel ?

Dès les premières minutes du film, il est évident que c'est bien mieux que Piégée de Soderbergh, vu la veille. La mise en scène est passionnante, jouant beaucoup sur des plans séquences qui laissent aux personnages et aux situations le temps de se développer. La caméra de Shyamalan est souvent mobile, il aime bien jouer avec les éléments de premier plan qui masquent un élément important dévoilé ensuite : le journal qui dévoile le fils de David endormi contre lui ; ce plan dans le train, filmé depuis l'interstice entre deux sièges, qui filme alternativement les deux personnages qui dialoguent. Ça pourrait être artificiel, parce qu'on « voit » la caméra qui filme, mais comme le sujet filmé est intéressant, bien écrit, ça marche très bien.
Shyamalan a manifestement un goût pour les personnages taiseux et inexpressifs, j'ai eu peur un moment que ce soit encore un film avec un personnage qui ne dit tellement rien qu'il finit par ne pas pas exister, mais on ne tombe pas dans ce travers – ouf ! 

Le film est une réflexion sur la figure du super-héro transposée dans la banalité du quotidien d'un homme apparemment ordinaire – on pense un peu aux Indestructibles, mais ici le personnage ne sait même pas qu'il est un super. Shyamalan se tient plutôt bien à cette idée*, mais les choses deviennent un peu plus caricaturales quand David s'attaque à un tueur qui a décidé de rentrer dans une maison au pif et de tuer toute la famille qui y habite : ça ressemble vraiment trop à un méchant de comic book pour qu'on y croie à fond – mais la scène est bien fichue quand même, et la chute de David sur la piscine est vraiment effrayante. Le petit plot-twist final (Elijah a en secret organisé des « accidents » pour trouver un homme invincible, c'est lui qui a fait dérailler le train, et il est donc responsable de centaines de morts) est marrant sans vraiment bouleverser le film : on n'en avait pas réellement besoin. La toute fin, avec des phrases qui s'affichent à l'écran racontant la suite du parcours des personnages, est étonnamment kitch.

* Sauf quand David se met à soulever tous les poids de son gym : il parait improbable qu'il ne se soit jamais rendu compte qu'il était aussi fort…

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Publié le 24 Avril 2026

Une super-agent-secrète-qui-travaille-pas-vraiment-pour-le-gouvernement-mais-un-peu-quand-même (Gina Carano) se retrouve piégée par des comparses après une mission à Barcelone. Elle essaye d'échapper aux méchants tout en tentant de rassembler les pièces du puzzle.

Et c'était totalement raté. C'est compliqué, mal écrit et mal raconté ; c'est pas toujours très bien filmé ; la lumière est dégueulasse (l'Espagne c'est tout jaune, souvent l'image est cramée comme à l'époque des premières caméras numériques, soit DIX ANS PLUS TÔT) ; les acteur·ices et personnages sont creux et pas intéressants (franchement je m'en fous totalement si n'importe quel personnage meurt) ; le rythme et le montage sont étonnamment mous pour un thriller (des plans inutiles, d'autres qui trainent en longueur sans rien raconter…).
Alors oui, Gina Carano, ancienne championne de MMA, sait faire la bagarre, et c'est cool de la voir faire 2-3 cascades ; et oui, le casting est plutôt sympa (même si intégralement masculin, à part Gina Carano) ; mais ça se saurait si ça suffisait à faire un bon film.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis