Publié le 21 Avril 2026

Voici un biopic consacré à John Davidson, un Écossais qui a développé les premiers symptômes du syndrome de Gilles de La Tourette en arrivant au lycée : il se met à avoir des tics gestuels et surtout verbaux, criant insultes et insanités de manière incontrôlée, d'où harcèlement scolaire, professeurs et parents qui l'accusent de faire le clown… Devenu adulte, sa vie reste une lutte de chaque instant, mais les choses vont changer petit à petit quand il croisera la route de Dottie, la mère d'un de ses rares amis, une infirmière atteinte d'un cancer grave.

Et c'était super. Le film est souvent drôle – parce que les insanités que sort John aux moments les moins appropriés sont amusantes, parce que les personnages et situations sont bien écrites – et souvent émouvant – parce que derrière ces « pitreries » il y a John qui souffre, et autour des lui des gens qui souffrent ou qui lui témoignent leur amour.
Le film est construit de façon assez classique, de manière chronologique (même si on commence rapidement par la fin, à une remise de médaille des mains de la Reine, devant laquelle John s'exclame « fuck the Queen »). La mise en scène est simple mais habile, les acteur·ices sont toustes excellent·es.

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Publié le 19 Avril 2026

Ai-je vraiment besoin de résumer ce deuxième opus ? Je l'ai déjà vu des dizaines de fois – sans doute moins que le premier, mais quand même. Je continue de préférer le premier opus, plus concis, plus simple, mais super fun quand même.
Le deuxième est une réussite, qui joue avec les codes posés par le premier, et qui en rejoue des scènes. On voyage dans le futur (2015 ! vous vous rendez compte !), dans la passé, tout le monde s'amuse beaucoup. Les effets spéciaux sont vraiment remarquables pour l'époque – durant presque tout le film, on voit à l'image le même acteur jour deux personnages (ou le même à des âges différents) et ça passe crème. La DeLorean volante est super aussi.

C'est intéressant de regarder comment Zemeckis filme, avec régulièrement des plans assez longs, où il filme les personnages dialoguer en longueur, et où tout est très mobile – les personnages, la caméra – et change de perspective sans cesse

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 19 Avril 2026

Ce roman est une suite directe du premier volume de la série. On retrouve la SecUnit, en route vers le système stellaire où tout a déraillé pour lui (il a tué plusieurs dizaines de personnes, ce qui l'a conduit à pirater son module de supervision et à devenir autonome), afin de comprendre ce qui s'est passé ce jour-là. Essayant de rester incognito au milieu des humain·es, il embarque dans un cargo dont l’IA est étonnamment puissante, et qui va finir par l'aider. Arrivée sur place, la SecUnit rencontre un groupe de chercheur.euses qui ont besoin de son aide pour récupérer des fichiers auprès de leur ancien employeur. Les choses vont être plus compliquées que prévu

Commençons par dire que ce deuxième tome est un peu moins bien que le premier – mais la surprise de la découverte est passée ! Ça reste quand même un très bon livre, et j'ai été très content de retrouver ce personnage, étonnamment humain pour un androïde. Martha Wells insère beaucoup d'humour dans ce court roman palpitant, et bien évidemment que j'ai envie de lire la suite !

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Publié le 15 Avril 2026

Quand je suis tombé sur ce roman, il m'a directement fait de l'œil : déjà parce qu'il est publié aux Éditions Zulma et que leurs couvertures sont toujours belles et leurs livres souvent très bons ; ensuite et surtout parce qu'avec l'actualité internationale terrifiante, j'ai ressenti le besoin d'entendre la voix d'Iranien·nes.

Lire Lolita à Téhéran est un livre autobiographique qui raconte l'Iran du point de vue d'une professeure de littérature anglophone, depuis la révolution iranienne de 1979, alors que tous les futurs semblent possibles, jusqu'à l'exil de l'autrice aux États-Unis en 1997. Si la dernière partie traine un peu en longueur, tout le reste est beau, passionnant, effrayant et tragique – et les considérations sur la littérature sont souvent très intéressantes, et j'ai très envie de lire Nabokov.

* * *

Mes quelques notes de lecture.

1. Lire Lolita à Téhéran
Azar Nafisi vient de quitter l'université, où elle enseignait la littérature anglophone. Elle fonde un groupe de lecture où tous les jeudi, huit étudiantes la retrouvent chez elle pour parler littérature — entre autres.
Il y est beaucoup question de Nabokov, de sa nouvelle Invitation au supplice, mais surtout de Lolita. La façon dont Humbert, l'agresseur et le narrateur du livre, confisque la voix de Lolita et lui vole son histoire fait écho avec la façon dont le régime vole la vie des femmes. Azar Nafisi a connu le monde d'avant, mais les étudiantes qu'elle côtoie ne connaissent que le monde du régime islamique, sa violence et son absurdité.

2. Gatsby
Après des études aux États-Unis, Azar Nafisi revient en Iran juste après la Révolution iranienne ; le pays est alors en pleine effervescence, partagé entre les militants d'extrême gauche et les islamistes - ils se rejoignent sur certains points, notamment l’anti-américanisme. Les islamistes prennent petit à petit le pouvoir. Au sein de son cours, A. Nafisi organise le procès de Gatsby, roman accusé d’être immoral (américain, mettant en scène des personnages riches et des amours adultères…)

L'université est le théâtre d'intenses affrontements politiques.

À cette époque, les forces laïques et d'extrême gauche dominaient les facultés,  et quelques-uns des événements qui ont eu lieu ensuite étaient encore inconcevables à certains d'entre nous. L’idée que les universités pouvaient être fermées semblait aussi incongrue que celle de voir toutes les femmes porter le voile. (p. 230)

Au printemps 1981, l'Iran devient une République islamique, les universités passent sous contrôle religieux, le voile devient obligatoire — avec de nombreux morts à chaque étape.

3. James
En septembre 1980, l'Irak déclare la guerre à l'Iran, guerre qui durera jusqu'en 1988 et qui ne fera que durcir le régime, puisqu'il incarne le camp du Bien de Dieu.
Comme A. Nafisi refuse de porter le voile, elle est renvoyée de l'université. Elle commence à écrire, d'abord des articles sur la littérature. D'autres femmes, des amies, sont également exclues du monde, monarchistes et communistes se rejoignent dans la détestation du régime.
A. Nafisi trouve un nouveau poste dans une université moins prestigieuse, où on la laisse tranquille (à ce moment, il n'est plus question de refuser le voile).
Les bombardements.
Subitement la guerre prend fin, avec un goût de défaite. L’ayatollah Khomeiny meurt peu de temps après, mais comme le dit la fille de A. Nafisi : « il n’est pas mort, les femmes continuent à porter le foulard dans la rue » (p. 368)
Un étudiant qui s'immole dans l'université.

4. Austen
Retour au groupe d'étudiantes. Khamenei qui dirige le pays a permis une certaine libéralisation du pays, mais les contraintes restent lourdes, surtout pour les femmes, et, pire, elles semblent même avoir perdu une partie de leur sens.
Les mariages plus ou moins arrangés qui occupent une bonne partie de la vie des étudiantes.
Étudier de la littérature romantique (Jane Austen) dans un pays où les hommes ne peuvent même pas regarder les femmes dans les yeux. Les intellectuels qui meurent, des assassinats cachés en meurtres, ou simple disparitions. La vie dans ce pays est impossible : A. Nafisi décide de partir. D'autres partent aussi, pour qui la vie quotidienne sans espoir est pire que les années passées en prison.
Laisser les autres derrière soi.

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Publié le 12 Avril 2026

En 1980, Paul Graff est un petit garçon mignon mais pas très regardant des règles, et ça ne s'arrange pas quand il devient pote avec Jonathan, un autre gamin de sa classe, un redoublant venu des quartiers noirs et pauvres du Queens. Petit à petit, Paul découvre les origines de sa famille, venue d'Ukraine et fuyant les persécutions antisémites.

Je me suis lancé dans ce film sans savoir ce qu'il racontait. Et pendant presque tout le visionnage, je me suis demandé ce qu'il cherchait à raconter : aucun des personnages n'est vraiment attachant, à commencer par Paul lui-même (incarné par Michael Banks Repeta, formidable) qui sous ses airs de mignonnerie fait vraiment n'importe quoi et ne respecte pas grand-monde – et n'a pas toujours l'air très futé. Le grand-père (Anthony Hopkins) est sans doute le personnage le plus intéressant, mais il n'occupe qu'un second rôle. Et donc mon hypothèse était que c'est un film autobiographique, et c'est effectivement le cas – l'autobiographie permet sans doute de raconter les choses autrement, et de construire des personnages différents et mal-aimables.
C'est quoi qu'il en soit bien écrit, très bien filmé, et très bien joué par des acteur·ices excellent·es. Mais je suis vraiment resté en dehors de cette histoire.

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Publié le 6 Avril 2026

Comme souvent chez Wes Anderson, le film est construit en plusieurs histoires imbriquées les unes dans les autres. Mais la principale est celle-là : le Grand Budapest Hotel est un établissement de luxe, tenu avec charme et rigueur par Mr. Gustave (Ralph Fiennes), qui prend sous son aile le nouveau lobby boy Zero Mustafa (Tony Revolori). Mr. Gustave a un petit faible pour les vieilles héritières, et quand l'une de ses favorites meurt et lui lègue un tableau inestimable, la famille de la défunt n'est pas d'accord. Et c'est le point de départ d'une ébouriffante course-poursuite.

Et c'est un super film. Je trouve qu'ici encore la mécanique mise en place par Wes Anderson marche très bien : les personnages sont hauts en couleur, les décors magnifiques et très narratifs, les acteur·ices comme toujours excellent·es (j'écriture-inclusive, mais c'est quand même un film de mecs). Peut-être qu'à un moment l'histoire autour de l'héritage est un peu touffue, avec vraiment beaucoup de personnages, et que le film aurait gagné à simplifier un peu, mais ce côté bourratif va de pair avec la générosité de Wes Anderson.

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Publié le 6 Avril 2026

Juno est une lycéenne un peu en dehors des clous mais quand même super cool (comme pouvait l'être Daria) (Juno est-elle une manie pixie dream girl ? un peu, quand même). Alors qu'elle est sortie un soir avec Bleeker, elle tombe enceinte. Finalement, le Planning Familial est trop glauque pour elle : elle décide de garder l'enfant, et de trouver des gens sympas à qui donner le bébé.

Il y a ce truc qui m'avait déjà dérangé la première fois que j'ai vu Juno : le fait que l'avortement soit considéré comme une mauvaise solution, que l'on écarte en quelques minutes d'un revers de la main – et tout le monde semble trouver ça normal, qu'une gamine de 16 ans mène sa grossesse jusqu'à terme. Quel drôle de pays, quand même.
Une fois ce problème mis de côté, c'est évidemment un très beau film, avec des acteur·ices formidables, une jolie musique, des personnages attachants et touchants. On rit, on pleure, on passe un bon moment de cinéma (bon tout le monde connait et aime ce film, pas besoin de passer des plombes à en parler).

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