Publié le 2 Juillet 2026

Deux jeunes adultes désœuvrés (Mahamadou Sangaré et Martin Jauvat) zonent dans la grande couronne autour de Paris. Quand ils trouvent un « artefact », c'est un prétexte à pousser l'exploration toute la nuit.

Disons-le : c'est un premier film, et ça se voit ; le travail de Martin Jauvat sera bien plus abouti sur son deuxième film Baise-en-ville. Pour autant, les deux personnages sont sympathiques, les personnages qu'ils rencontrent pittoresques, et il y a ces décors, des pavillons, des bus et des RER à n'en plus finir, des lieux étranges et dans lesquels deux piétons font tâche.

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Publié le 1 Juillet 2026

Un jeune garçon découvre un robot géant, venu de l'espace, égaré dans la campagne du Maine. Mais un agent du gouvernement méfiant et paranoïaque soupçonne qu'on lui cache quelque chose…

C'est un très beau film, graphiquement très réussi, avec une chouette histoire d'amitié. Il y est question de la façon dont nos choix nous définissent, ce que Brad Bird a également développé (différemment) dans Les Indestructibles, et qui est par ailleurs un grand classique du cinéma américain.
Par pure coïncidence, j'ai revu ce film quelques jours après avoir vu Disclosure Day, et les deux films partagent quelques points communs, en particulier la présence de méchants agents du gouvernement – je pense qu'il y a un peu de Spielberg dans ce classique de l'animation.

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Publié le 26 Juin 2026

Il y a deux personnages : Margaret Fairchild (Emily Blunt), présentatrice météo qui se met subitement à « lire » dans les gens ; Daniel Kellner (Josh O'Connor), un hacker qui a travaillé longtemps pour Wardex et qui se décide à révéler les secrets que cette agence cache. Et il y a donc aussi Wardex, une agence secrète semi-gouvernementale qui cache depuis des années que les extraterrestres sont présents sur Terre.

Je crois que j'ai déjà vu passer trop de choses sur Disclosure Day pour avoir une réelle opinion sur ce film.
Pour commencer, il faut le dire : c'est un vrai plaisir de cinéma. Les acteurices sont très bien, le récit est parfois un peu compliqué mais tient bien la route. Et surtout la réalisation de Spielberg est comme toujours habile, d'une grande élégance : plans-séquences discrets, jeux de lumière, effets de reflets… Il sait encore faire des films. Il y a de lens flares sur presque tous les plans, ce qui me surprend : ça me rappelle en permanence que je suis en train de regarder un film ; est-ce une façon pour Spielberg de nous montrer que ce n'est que du cinéma, qu'un artifice ?
C'est un récit sur la révélation de la présence d'extraterrestres, comme Spielberg lui-même en a déjà fait (Rencontre du troisième type), et il y a un rapport à l'émerveillement dans ce film qui me plait bien. Les questions métaphysiques posées par la cette révélation se résument à la question de la religion (comme l'avait analysé Rafik Djoumi), ce que je trouve un peu limité (mais c'est assez américain).
Mais il y a surtout un gros fond complotiste (on nous cache des choses depuis l'incident de Roswell !) qui me met un peu mal à l'aise… Et c'est à ce moment-là qu'il faut parler de l'en-dehors du film : dans la bande annonce, Spielberg explique, en gros, qu'il croit vraiment à ce qu'il raconte dans son film, ce qui donne un tout autre regard sur ce qu'il propose. Le complotisme (déjà présent dans plusieurs de ses films, je pense en particulier à la fin des Aventuriers de l'Arche perdue) devient problématique, puisque le réalisateur lui-même explique que ce n'est pas que du cinéma… Bref, c'est compliqué de démêler tout ça.

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Publié le 26 Juin 2026

D'un côté, nous avons Jim Parfait, un célèbre influenceur gay, une « gym queen » qui passe beaucoup de temps à admirer son physique. Horrifié, il apprend qu'il est atteint d'une maladie grave : l'hétérose, qui rend les gays hétérosexuels.
De l'autre, nous avons Lucien, un jeune homme qui ne sait pas comment annoncer son homosexualité à sa mère, une ministre violemment d'extrême droite. Lucien va aider son idole Jim Parfait à trouver une remède contre sa maladie, en allant tour-à-tour dans les différents milieux gays.

Et c'est super marrant. Il y a deux-trois détails qui m'ont gêné graphiquement (le dessin des oreilles !) mais ça marche très bien dans le style. C'est bien écrit, la caricature des hétéros m'a beaucoup amusé, l'anim est nerveuse et enlevée (il y a un petit côté Kassos, il y a d'ailleurs des personnes en commun sur les deux projets). Et c'était super fun de vivre ça dans une salle presque pleine de morte de rire.

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Publié le 23 Juin 2026

J'aime beaucoup le travail de Benjamin Benjamin, alias Bolchegeek (il fait aussi un super travail avec L'Huma), et son livre aborde une question qui me taraude depuis longtemps. Il le fait d'une manière très documentée – le livre est bourré de références à des intellectuel·les ou issues de la pop culture –, parfois amusante, souvent pertinente.
Pour être très franc, le livre m'a parfois donné l'impression de décrire la dystopie nulle dans laquelle nous vivons (« le cyberpunk sans les trucs cools ») sans toujours parvenir à élucider pourquoi nous en sommes arrivé·es là (plutôt comment). Dans certains développements, je me suis parfois demandé où il voulait en venir, peinant ici ou là à bien voir l'organisation de l'argumentation. J'avoue que toute la partie sur le « liminal space » (II. 3-4) ne m'a pas particulièrement intéressé, mais probablement parce que ça fait référence à une culture web qui m'a échappé.
Mais malgré ces défauts, plus ou moins subjectifs, il n'empêche que c'est un livre intelligent, un vaste état des lieux de notre monde de merde. Ne reste plus qu'à se battre pour en sortir.

Le plan pour mémoire :

Introduction : La dystopie la plus nulle.

Partie I. Cyberpunk Wish
I.0 — X Factor
I.1 — Bonaldi Effect, ou pourquoi le futur est devenu merdique
I.2 — Torment Nexus, ou pourquoi on désire le pire
I.3 — The cake is a lie, ou pourquoi on se ment à nous-mêmes
I.4 — Days of the future pas, ou pourquoi nous sommes nostalgiques du futur
I.5 — Le cyber sans le punk, ou pourquoi on a tué la contre-culture

Premier interlude. Le Neuromancien du COGIPpunk

Partie II. Apocalypse cursed
II.0 — Le bug de l'an 2000
II.1 — Le jour où la Terre s'arrêta, ou pourquoi on n'imagine plus rien
II.2 — Robots of late capitalism, ou pourquoi on s'est résignés à la dystopie
II.3 — Liminal open space, ou pourquoi nos espaces nous angoissent
II.4 — DystopIKEA, ou pourquoi nous nous contentons d'errer
II.5 — Stupid hedonistic utopia, ou pourquoi l'apocalypse nous rend heureux

Second interlude. La Culture selon Elon Musk

Partie III. Zerotopia
III.0 — 00/01/2000
III.1 — Fuck all mankind, ou pourquoi les riches nous réservent l'enfer
III.2 — Atlas cringed, ou pourquoi l'utopie n'est pas pour nous
III.3 — IA Habsbourg, ou pourquoi le futur ne nous appartient plus
III.4 — ISO 1984, ou pourquoi la dystopie a été privatisée
III.5 — Mecha Hitler, ou pourquoi on nous promet le technofascisme

Épilogue. Fantôme contre fantôme

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Publié le 21 Juin 2026

Nous sommes dans un univers graphique digne de la Playstation de la fin des années 1990/début des années 2000. Jacky (Alain Chabat) va voir son pote Bruno (Jonathan Cohen) pour lui faire part de sa découverte : ils vivent dans une simulation. Rien n'est vrai, et il y a des bugs pour le prouver.

Réfugié dans un cinéma pour fuir la chaleur, je suis allé voir le dernier film de Quentin Dupieux, qui honnêtement ne me tentait pas plus que ça. Graphiquement c'est très marrant – c'est moche, c'est mal animé, ça ne ressemble à pas grand-chose ; ça ne vaut pas la peine d'aller voir ça au cinoche mais l'exercice de style est marrant.
Il y a la matière pour faire un court-métrage très réussi, mais Quentin Dupieux étire son propos sur un peu plus d'une heure et ça se voit. C'est aussi dommage qu'il ait (encore !) fait un film de mec ; c'est dommage que le personnage de Jonathan Cohen soit un aussi gros connard antipathique – on va finir par se demander si ce n'est pas l'acteur lui-même qui serait problématique.

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Publié le 18 Juin 2026

Save Yourselves! (Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson, 2020)

Save Yourselves! commence comme un film indé sur deux trentenaires en crise, et toute cette partie est très réussie, les deux personnages sont juste caricaturaux comme il faut que ce soit amusant sans être lourd – les deux acteurices sont par ailleurs excellent·es. Mais si on regarde ce film, c'est parce qu'on a lu le pitch, et il y a une excitation qui monte petit à petit quand on voit des indices de l'invasion – alors que les deux personnages ne captent rien du tout. La deuxième partie du film ressemble plus à un film de survie, mais avec deux bras cassés incapables de ne rien faire (« we have no skill », se plaint Su) comme héros.
S'il faut bien admettre que la fin est un peu décevante (mais c'était prévisible), le film reste une vraie réussite. On s'amuse beaucoup, on vibre avec les personnages ; la mise en scène est discrète mais habile.

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