Publié le 8 Février 2016

Je l'avoue, j'aime bien la série des James Bond avec Daniel Craig – mais n'étant ni un grand fan ni un grand connaisseur des autres James Bond, mon avis est superficiel. Pourtant, il y a un questionnement sur la figure du héro que je trouve intéressant : son vieillissement, son raz-le-bol, son rôle dans le monde contemporain et son éventuellement inutilité ; même si ces questionnements sont rapidement contredits par le fait qu'à la fin Bond sauve le monde.
Même si le résultat n'était pas sans défauts, j'aimais bien le regard de Sam Mendes sur Skyfall, qui apportait une légère touche de vintage (des belles voitures de collection, des gadgets...) qui allait très bien à un James Bond.

Bref, ici, Bond parcourt le monde à la recherche du Grand Méchant, celui qui dirige l'organisation secrète des méchants ; pendant qu'au Pays, c'est le bordel : le MI6 et le programme 00 sont déclarés obsolètes et donc en danger de mort.

Soyons lucide : c'est un film qui fait bien le job, il y a de la tension, du suspense, des cascades, des bastons, mais c'est évidemment loin d'être un chef-d'œuvre, ou même un des meilleurs opus de la série. Cela tient en grande partie à des ficelles d'écriture un peu grosses, à de légères incohérences, et à un travail sur les personnages qui laisse vraiment à désirer.
Quelque chose qui me fait toujours sortir d'un film, c'est quand le scénario repose sur une action incohérent et/ou complètement con d'un des personnages. Par exemple, dans Star Wars IV, l'Empereur fait exploser l'intégralité de la planète Alderaan, juste comme ça, pour le fun. Ça lui prend 2 secondes, il appuie sur un bouton, et « boum. » Par contre, quand il voudra détruire la rebellion, ça lui prendra des heures et des heures, parce que tout d'un coup il faut attendre que la planète tourne pour se retrouver en face du canon. Ce qui laisse évidemment tout le temps aux gentils de se préparer et de péter l'Étoile noire. C'est complètement con, et c'est exactement ce qui me sort du film (mais j'ai la vague impression que je m'éloigne du sujet).
Il y a quelques scènes semblables dans Spectre qui m'ont hérissé le poil. Je pense à cette collision entre un avion et une voiture (oui oui), qui envoie un gros méchant musclé à travers le pare-brise de sa voiture. Bien. Bond arrive, sauve la fille, mais il ne prend pas 2 secondes pour vérifier que le gros méchant musclé est mort. Et évidemment, il est pas mort, et il va réapparaître quand on ne s'y attend pas etc. C'est con et prévisible.
Mais ce qui me gène le plus, c'est l'absence de travail des personnages, et surtout des personnages féminins. Bond croise Monica Bellucci et Léa Seydoux, excusez du peu. Eh bien, le croirez-vous, il lui faut à peine 2 minutes pour sauter* la première, alors qu'elle vient à peine d'enterrer son mari et d'échapper à une tentative d'assassinat. Je ne sais pas vous, mais il me faut un peu plus de deux minutes pour rendre une femme folle de mon corps, surtout si elle a autre chose à penser (mais je ne suis pas James Bond, certes) (d'ailleurs, on ne saura jamais ce qui lui arrive après que Bond l'ait sautée).
Il lui faut un peu plus de temps pour pécho Léa Seydoux, mais bon, au bout d'à peine deux jours, ils passent d'une forme de haine à de l'amour fou, en mode « t'es l'homme/la femme de ma vie. » Ai-je besoin d'expliquer pourquoi c'est n'importe quoi ?
Et cette absence de travail sur les personnages se retrouve à tous les niveaux : leurs motivations ne sont pas claires, ou alors elles sont tellement caricaturales qu'il aurait mieux valu rester dans le flou. Le Grand Méchant est perdu dans des rancunes de jeunesse complètement absurdes : « mon papa il t'aimait mieux que moi quand j'étais petit, alors pour me venger j'ai décidé de dominer/détruire le monde. » Je sens qu'il est temps de ressortir ce gif. Même Christoph Waltz, qui est pourtant un acteur génial, semble ne pas trop savoir quoi faire de ce personnage, et finir par se caricaturer lui-même.
Et surtout, Sam Mendes, qu'as-tu fait du charme du précédent opus ? Et de la finesse de tes précédents films, comme Away We Go (2009) ou Les Noces rebelles (2008) ? Tu t'es laissé bouffer par la machinerie Bond, c'est ça ? Rassure-moi, tu va revenir faire des bons films après ?

 

* Oui, je sais, ce mot est moche, mais vu ce que dit le film je n'en ai pas d'autre.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

Publié le 1 Février 2016

En 1939, en Pologne, une troupe de théâtre joue Hamlet. Maria Tura, actrice vedette, convient d'un mot de passe pour retrouver un aviateur assez mignon dans les loges : quand le mari de Maria, Joseph, acteur vedette lui aussi, entame le fameux monologue « To be or not to be... », l'aviateur la rejoindra. Mais patatras, Hitler envahit la Pologne et l'aviateur part à Londres rejoindre les troupes alliées. Maria et Joseph, eux, rejoignent la Résistance polonaise.
S'ensuit un long jeu d'apparence, où tout le monde joue un double jeu et essaye de résister plus ou moins glorieusement à l'occupation Nazie. Des personnages prennent la place d'autres, dans un registre assez théâtral, pour se foutre du mieux possible de la tronche des Allemands – ce qui n'est pas très difficile vu qu'ils n'ont manifestement pas inventé la poudre.

À la fois comédie de mœurs, comédie dramatique, film de guerre, jeu sur les apparences, comique de situation, To Be or Not to Be, bien qu'étant clairement une comédie, s'autorise tous les genres et presque tous les registres. Drôle, loufoque, surprenant et inventif, ce film est merveilleusement bien écrit, avec des dialogues et des personnages au poil, le tout parfaitement interprété.
On pourra toujours objecter que sur le plan cinématographique ce n'est pas incroyable, mais c'est efficace et bien fait. Certes, Citizen Kane, sorti l'année précédente en 1941, est visuellement d'un tout autre niveau : on dirait que 10 ans au moins séparent ces deux films (mais on s'ennuie beaucoup plus devant Citizen Kane que devant To Be or Not to Be). Notons que Lubitsch est d'une toute autre génération qu'Orson Welles (Lubitsch a 50 ans en 1942, Welles 27 ans). On relèvera quand même un lever de rideau assez spectaculaire sur la mort d'un personnage, et un jeu assez subtil sur le théâtre sous toutes ses formes, sur scène et dans la vie. Et puis quand c'est bien fait, bien joué, magistralement écrit, ne boudons pas notre plaisir.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #comédie, #cinéma

Publié le 19 Janvier 2016

Pour commencer, il faut peut-être rappeler une évidence : les épisodes 4, 5 & 6 de la saga Star Wars ne sont pas des Chef-D'Œuvres de l'histoire du cinéma.
J
e n'avais vu aucun des films de la « deuxième » trilogie, celle des années 2000, la deuxième à être sortie mais qui raconte des évènements qui se sont passé avant la « première » trilogie, celle des années 1970-80. Bref. Force est de constater que je ne suis pas déçu.

Star Wars, épisode I : La Menace fantôme

Que dire de ce film, à part que tout y est raté ? Et par où commencer ?

  • Le scénario est mal fichu. Il y a de gros problèmes de rythme, des invraisemblances, des révélations auxquelles on s'attend depuis le début... Tout y est prévisible et sans surprise. Les personnages sont mal dessinés et agaçants.
  • Puisqu'on est sur les personnages, parlons des acteurs : ils sont presque tous mauvais. Pourtant il y a du beau monde : Ewan McGregor, Liam Neeson, Natalie Portman, excusez-moi, mais ce n'est pas de la merde. Il faut dire que la pauvreté des dialogues ne les aide pas, et que très manifestement, George Lucas ne sait pas diriger des acteurs. Je pense à une scène de blague entre Ewan McGregor et Liam Neeson, où ils rient comme dans La Croisière s'amuse. C'en est dramatique, et ça ne peut pas être de la faute des acteurs. Ce qui tendrait à me laisser penser que Mark Hamill, qui incarnait Luke Skywalker dans la première trilogie, n'est peut-être pas finalement un mauvais acteur, mais qu'il était juste super mal dirigé.
  • Je parlais de blague : ce n'est tellement pas drôle, malgré les multiples tentatives que c'en est gênant. Il y a des blagues de prout. Dans un Star Wars. Des blagues de prout.
  • C'est long, c'est très long, ça n'en finit pas, ils passent presque la moitié du film sur cette planète de merde à chercher des pièces pour leur vaisseau alors qu'on s'en fout complètement. Les scènes au Sénat sont inutiles et longues, les dialogues sont mal écrits et longs... On s'ennuie.
  • Le méchant, Darth Maul, est nul et ne sert qu'à animer un combat mal fichu dont l'issue est extrèèèmement prévisible.
  • J'ai gardé le meilleur pour la fin : introducing le personnage le plus agaçant de l'histoire du cinéma, à savoir Jar-Jar Bings. Je lis à mon grand amusement & grand désespoir que George Lucas a pensé à Buster Keaton en travaillant ce personnage. Je. Je.

Bref, on dirait un film pour des enfants de 7 ans écrit et réalisé par un enfant de 10 ans. C'est un énorme navet à plus de cent millions de dollars.

Star Wars, épisode II : L'Attaque des clones

Bon, il faut le dire, ce film est plus réussi que l'épisode I. Ça reste mauvais, hein, mais c'est mieux - il était difficile de faire pire de toutes façons. C'est mieux rythmé, on s'ennuie un peu moins, il y a moins de tentatives ratées d'être drôle...
Mais les acteurs continuent à jouer comme des patates et le scénario est toujours aussi mal fichu. Je me rends compte que les scénarios sont tellement bêtes que j'ai même pas envie de résumer ces films : dans cette trilogie, il y a un « moment wtf » à peu près toutes les 15-20 minutes.
On trouve dans l'épisode II une des histoires d'amour les plus débiles qui soient, sortie de nulle part, sans aucune profondeur, sans creuser une seule seconde la psychologie des personnages.
Anakin et Padmé roulent dans l'herbe en riant. Ils roulent dans l'herbe en riant. Après avoir vu le sublime Carol de Todd Haynes, ça pique un peu.
Cette absence totale de finesse se retrouve dans le dessin d'Anakin Skywalker, où tout, absolument tout, sert à préfigurer le fait qu'il devienne Darth Vader. Même si c'est tiré par les cheveux.

J'ai oublié de le préciser pour l'épisode I, mais c'est assez moche. Évidemment, les effets spéciaux numériques ont vieilli, mais ça n'explique pas tout : les couleurs, les lumières, les designs, les personnages, globalement, c'est assez laid, et souvent très kitch (même et surtout pour l'époque).
À ce propos, il faut aborder le cas Ewan McGregor : ce type est un beau gosse, et pourtant là, à cause de coupes de cheveux et d'une barbe improbables, il ne ressemble vraiment à rien, ce qui est un exploit.

Sur un registre plus anecdotique, on relèvera que c'est quand même pratique, toutes ces planètes où l'air est parfaitement respirable. Et que la Force, en fait, c'est un peu de la merde. Ok, ça rend un peu balèze à la bagarre, mais sinon c'est vraiment nul : les Jedi passent leur temps à dire que le futur est brouillé, ils se font trahir sans qu'ils s'en rendent compte... Mais c'est très pratique pour l'écriture : dès qu'il y a une faille dans le scénario, c'est à cause que le coté obscur a pris le dessus.

Et on a fait tout un foin de la mort de Marion Cotillard dans Dark knight rises, mais pour l'instant tous les personnages un peu importants qui meurent le font de façon au moins aussi ridicule...

Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith

Bon, difficile à présent de ne pas se répéter. Les défauts de ce film sont ceux des précédents : écrit à la truelle, psychologie des personnages complètement n'importe quoi, histoire d'amour sans aucun sens ni enjeu, évolution d'Anakin Skywalker à se taper la tête contre les murs, c'est toujours moche, mais c'est un peu moins long, on s'ennuie moins et il y a des scènes d'actions plutôt bonnes. Mais se taper un gros nanard puis un nanard pour 2-3 scènes d'actions plutôt réussies dans un autre nanard, est-ce que c'est vraiment un bon calcul ?

Allez, maintenant on va voir des bons films, ça va changer.

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Publié le 18 Janvier 2016

On est en décembre 1952. Tout New-York est sur le qui-vive, et en particulier le grand magasin où travaille la jeune et timide Therese (Rooney Mara). Elle y rencontre Carol (Cate Blanchett), élégante bourgeoise, qui cherche un cadeau pour sa fille. Les gants oubliés de Carol sont un premier prétexte pour se revoir. Au fil d'un road trip hivernal, une escapade amoureuse, Therese va oublier son fiancé un peu collant, assumer son désir de devenir photographe, et Carol mettre de côté pour un temps son divorce difficile et les batailles autour de la garde de sa fille.

Cate Blanchett et Rooney Mara (prix d'interprétation féminine à Cannes), on a fait pire comme couple de cinéma – encore que je préfère Cate Blanchett dans d'autres rôles que ceux d'une bourgeoise un peu coincée. Elles sont ici parfaites et magnifiques, dans un jeu qui laisse une large part aux non-dits, aux sous-entendus, tout en sensualité. Todd Haynes (c'est le premier film de lui que je vois, au passage) livre ici un travail remarquable, jouant subtilement sur les différents désirs et peurs et qui peuvent accompagner un amour naissant, sur la solitude, la douleur, en jouant notamment sur les cadres et le hors-champ. La scène d'ouverture, reprise plus tard dans le film de façon ô combien poignante, est à cet égard remarquable : l'accent est successivement porté sur chacune des actrices, et leur jeu aussi bien que la précision de la réalisation sont d'une puissance rares. La difficulté d'être homosexuelle dans l'Amérique des années 50 est abordée furtivement dans un dialogue entre Therese et son fiancé, plus explicitement dans le divorce de Carol, mais ce n'est pas le sujet du film. Pour le dire en quelques mots : Carol est un film d'amour magnifique qui m'a profondément bouleversé. Tout le début est sublime, où les deux héroïnes se tournent autour, plus ou moins timidement ; et la scène du premier baiser est une des plus belles qu'il m'ait été donnée de voir depuis un moment.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #féminisme

Publié le 31 Décembre 2015

Holly Martins (Joseph Cotten), médiocre écrivain de romans populaires, arrive dans une Vienne défigurée par la Guerre pour retrouver son vieux copain Harry Lime. Manque de bol, ce dernier est mort, renversé par un camion. Holly va mener l'enquête, en compagnie de la très jolie Anna Schmidt (Alida Valli) et du major Calloway (malicieux Trevor Howard) pour comprendre ce qui s'est vraiment passé et qui était Harry Lime, et s'il faut croire les rumeurs qui affirment que c'était quelqu'un de vraiment pas fréquentable.

Grand classique du film noir, Le Troisième Homme est un polar assez sombre et cynique mais non dénué d'humour. Il s'agit dans une première partie de recoller les morceaux pour comprendre ce qu'il se passe, qui est qui etc, dans une tradition de film d'enquête assez classique. La seconde partie est plus de l'ordre du thriller, voire de la chasse à l'homme.
Il faut noter le travail impressionnant du directeur de la photographie, Robert Krasker, qui magnifie le film et en fait presque une réflexion sur les jeux d'ombre et de lumière et ce qu'ils peuvent dévoiler ou cacher : silhouettes plus ou moins trompeuses, bouts de chaussures qui dépassent, décors fantômatiques... C'est magnifique à observer.
La ville de Viene, en ruines, est un écrin magnifique pour ce film, avec tout ce que ça sous-entend sur la déchéance et la décrépitude de l'âme etc. On peut quand même regretter que les mêmes décors reviennent souvent, notamment dans la scène finale dans les égouts. Alors que c'est un lieu incroyable et que ça pourrait donner quelque chose de vraiment épique, on voit bien que ce sont toujours les mêmes 4-5 endroits qui reviennent, filmés légèrement différemment parfois. Alors que ça aurait pu être une scène grandiose et labyrinthique, on se retrouve avec un résultat légèrement cheap et pas très crédible...

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

Publié le 24 Décembre 2015

À l'occasion d'un grand salon de l'automobile à Amsterdam, la marque Altra envoie sur les routes son dernier modèle, la « camping car », dessinée par Mr Hulot, pleine d'astuces magnifiques : la calandre se transforme en barbecue, le klaxon fait aussi office de rasoir électrique, les pare-chocs arrière dissimulent des sièges... Mais les embûches vont se succéder - pannes, accidents - compromettant la présence au salon.

Ce film est un road trip poétique et improbable comme seul Tati pouvait en imaginer. Les déboires sont l'occasion de rencontres, de minuscules aventures, d'abord toutes centrées sur la voiture, la route, et l'arrivée d'une nouvelle modernité, jusqu'à un accident formidable, absurde et magnifique. Suit une parenthèse nature enchantée, qui contraste et repose dans ce film où la voiture, bruyante et sonore, était jusqu'à présent omniprésente.
Il se passe toujours quelque chose dans un film de Tati. Il y a toujours quelque chose à regarder dans le cadre, même si c'est infime, un petit rien, un détail quotidien. C'est parfois drôle, parfois juste amusant, parfois simplement beau et bien vu. Ça bouge, ça vit, ça respire. C'est tellement bien pensé, depuis le jeu simple mais intelligent sur les couleurs jusqu'aux rythmes, en passant par les déplacements, les mouvements des acteurs... Trafic est l'avant-dernier film de Tati, avant Parade.

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Publié le 23 Décembre 2015

Nous sommes en 1437. Un des fils bâtards du Roi de Bourbon, sadique, violent et en colère contre tout le monde, prend d'assaut la ville de Chaumont. Il ne s'attendait pas à voir surgir devant lui une opposition aussi farouche, prenant la forme d'une jeune femme experte dans le maniement du sabre, qui semble venir tout droit d'Asie. Petit à petit, différents combattants vont s'associer pour combattre le bâtard, s'appelant eux-mêmes « les sept samouraïs ».

Ce livre court mais dense prend la forme d'un « roman de geste » écrit par un des protagonistes, Denysot-le-clerc, dit Spencer Five. On se croirait dans un film de Tarantino : sept guerriers qui se défendent face à un tyran sanguinaire, avec force descriptions de batailles, de tortures. C'est violent, c'est sanglant, mais c'est extrêmement jouissif.
Mais le plus remarquable dans Bastard Battle est sa langue magnifique, vivifiante, énergique : une sorte de faux vieux-français, évidemment très éloignée de ce qu'on entend dans Les Visiteurs, contaminée par des formulations contemporaines, comme s'il s'était fait pirater par endroits. C'est une langue parfois difficile, qui demande un peu de concentration (bien que le roman ne fasse qu'une centaine de pages, on met un peu de temps à le lire), mais musicale, élégante, proche de celle de Rabelais, gouailleuse et goûtue. Et le contraste entre cette langue archaïque et l'histoire résolument moderne donne une énergie folle à ce livre.

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