Marguerite Muir (Sabine Azéma) se fait voler son sac. Georges Palet (André Dussolier), un drôle de type que l'on devine être un ancien assassin, retrouve son portefeuille dans un parking. Il développe une obsession pour Marguerite Muir, et quand elle l'appelle pour le remercier d'avoir retrouvé ses papiers, il se met à la harceler.
Allez, relevons les points positifs. J'aime bien l'humour que l'on voit dans la mise en scène de Resnais, sa réalisation est souvent baroque, les lumières parfois incongrues (le commissariat, l'appartement de Marguerite), les acteur·ices surjouent bien souvent : tout ça donne un ton au film que j'aime bien, c'est étrange et absurde, parfois un peu souligné mais souvent poétique.
Pour autant, c'est un film extrêmement problématique, dont je peine à savoir ce qu'il cherche à raconter. Georges Palet est manifestement présenté un personnage positif, pourtant c'est un sale type qui harcèle, qui menace, qui ment, qui ouin-ouine quand on ne fait pas comme il veut. Marguerite Muir semble céder à ses charmes, sans qu'on comprenne pourquoi ni comment. C'est un peu moins violent que La Leçon de piano, mais j'ai l'impression que Resnais cherche lui aussi à présenter la prédation comme quelque chose de romantique. Ce n'est pas une histoire d'amour, il n'y a rien de tendre là-dedans1. Et manifestement, en 2008, ça ne posait de problème à personne, puisque que j'ai l'impression que les critiques de l'époque sont unanimement élogieuses. J'étais allé le voir au cinéma à l'époque, je n'ai aucun souvenir de ce que j'en ai pensé.
Ajoutez à cela que Resnais semble avoir choisi ses acteur·ices de façon complètement aléatoire : Dussolier, 63 ans qui se font bien sentir, est marié « depuis 30 ans » avec Anne Consigny, 46 ans. Sabine Azéma, 60 ans, est amie « depuis toujours » avec Emmanuelle Devos, 45 ans. On dirait que pour Alain Resnais, 87 ans au moment du film, tout ça ce sont des petit·es jeunes, sans distinction ni logique.
* * *
Le film est adapté d'un roman de Christian Gailly, que j'aurais un peu envie de lire pour savoir s'il est aussi problématique – mais franchement je n'ai pas que ça à faire