Publié le 21 Septembre 2024

Un policier new-yorkais (Will Smith) poursuit un drôle de type, qui s'avère être un extraterrestre en planque… L'agent K (Tommy Lee Jones) du MIB se dit qu'il pourrait faire une bonne recrue pour son organisation secrète, chargée de gérer les relations entre les Terriens et les aliens. Les deux se lancent à la poursuite d'un mystérieux extraterrestre hostile (mal) déguisé en humain…

Il me semble que c'est un « buddy movie » avec de l'action et des blagues typique de la fin des années 1990. C'est un peu marrant, écrit avec de grosses ficelles (comme par hasard tous les problèmes du monde se passent à moins d'un quart d'heure de là où sont nos héros, c'est bien pratique), parfois sexiste (le seul personnage féminin est pas intéressant) mais pas désagréable à regarder pour autant. Les SFX ont étonnamment bien vieilli pour l'époque – sans être spectaculaires non plus avec les yeux d'aujourd'hui, hein, il ne faut pas se faire d'illusion. C'est presque les animatronics qui ont pris le plus cher, ce qui est plutôt surprenant.

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Publié le 20 Septembre 2024

Yvan (Bouli Lanners) découvre sa maison retournée dans tous les sens par un cambrioleur. Pire : le voleur est toujours dans sa maison, caché sous son lit. Il s’avère que c’est un pauvre type, toxico en cours de sevrer, perdu, sans le sou (Fabriec Adde). Yvan décide de le le conduire jusqu’à la frontière franco-belge, chez ses parents.

C’est un road-trip belge, avec tout ce que cela sous-entend : des paysages infiniment plats, des ciels lourds, des rencontres improbables et surréalistes. On croise la route d'un inquiétant collectionneur de voitures, de campeurs naturistes, d'une vendeuse indifférente, d'un pauvre chien… C'est souvent drôle, parfois touchant, porté par deux supers acteurs (et ça me donne envie de revoir Nomadland, de Chloe Zhao, qui bien que très différent parle aussi de gens paumés dans des milieux pauvres).

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #road trip

Publié le 16 Septembre 2024

Je crois que ce film est une sorte de triangle amoureux : la jeune Juli est fiancée à Savanu dit Cornichon ; un jour elle croise la route d'un musicien et s'entiche de lui. Il lui propose de la suivre en tournée, elle finit par accepter. Finalement quand Cornichon et ses copains la retrouvent, elle accepte de rentrer et de se marier à Cornichon.

C'est très long pour un film de moins d'1h30, probablement parce qu'il est difficile de s'intéresser à des personnages qui ne disent pas grand chose.
La Belle et le Vagabond ressemble trait pour trait à un récit d'émancipation, mais malheureusement son fond est très conservateur. Juli, qui ne doit pas prononcer plus de dix mots dans le film, ne fait finalement que se plier aux demandes des autres1, même quand elle décide de suivre ce musicien. Elle choisit de toutes façons de rentrer auprès de son mec (tout aussi inexistant qu'elle par ailleurs), sans qu'on sache pourquoi, ce qui l'anime, l'intéresse, la pousse (avec des éléments similaires L'une chante, l'autre pas est beaucoup plus intéressant, touchant, incarné).
Je n'ai pas encore précisé que c'est un film musical : de nombreuses chansons pop 70's en hongrois ponctuent le film ; ce n'est pas nul mais franchement pas inoubliable.
C'est filmé comme dans les années 1970, avec un caméra au poing, très proche des visages, sans brio ni faute de goût.

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1. L'exemple le plus caricatural est sans doute ce moment où elle arrive dans une chambre avec son frère et Cornichon, son frère lui dit que tiens, puisqu'elle est là, elle n'a qu'à laver leurs fringues, ce qu'elle se met à faire sans broncher, et manifestement sans que le film y trouve à redire. Dans ce film, bien qu'il soit réalisé par Márta Mészáros, les femmes n'ont pas vraiment leur mot à dire.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

Publié le 16 Septembre 2024

Marguerite Muir (Sabine Azéma) se fait voler son sac. Georges Palet (André Dussolier), un drôle de type que l'on devine être un ancien assassin, retrouve son portefeuille dans un parking. Il développe une obsession pour Marguerite Muir, et quand elle l'appelle pour le remercier d'avoir retrouvé ses papiers, il se met à la harceler.

Allez, relevons les points positifs. J'aime bien l'humour que l'on voit dans la mise en scène de Resnais, sa réalisation est souvent baroque, les lumières parfois incongrues (le commissariat, l'appartement de Marguerite), les acteur·ices surjouent bien souvent : tout ça donne un ton au film que j'aime bien, c'est étrange et absurde, parfois un peu souligné mais souvent poétique.
Pour autant, c'est un film extrêmement problématique, dont je peine à savoir ce qu'il cherche à raconter. Georges Palet est manifestement présenté un personnage positif, pourtant c'est un sale type qui harcèle, qui menace, qui ment, qui ouin-ouine quand on ne fait pas comme il veut. Marguerite Muir semble céder à ses charmes, sans qu'on comprenne pourquoi ni comment. C'est un peu moins violent que La Leçon de piano, mais j'ai l'impression que Resnais cherche lui aussi à présenter la prédation comme quelque chose de romantique. Ce n'est pas une histoire d'amour, il n'y a rien de tendre là-dedans1. Et manifestement, en 2008, ça ne posait de problème à personne, puisque que j'ai l'impression que les critiques de l'époque sont unanimement élogieuses. J'étais allé le voir au cinéma à l'époque, je n'ai aucun souvenir de ce que j'en ai pensé.
Ajoutez à cela que Resnais semble avoir choisi ses acteur·ices de façon complètement aléatoire : Dussolier, 63 ans qui se font bien sentir, est marié « depuis 30 ans » avec Anne Consigny, 46 ans. Sabine Azéma, 60 ans, est amie « depuis toujours » avec Emmanuelle Devos, 45 ans. On dirait que pour Alain Resnais, 87 ans au moment du film, tout ça ce sont des petit·es jeunes, sans distinction ni logique.

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Le film est adapté d'un roman de Christian Gailly, que j'aurais un peu envie de lire pour savoir s'il est aussi problématique – mais franchement je n'ai pas que ça à faire

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Publié le 14 Septembre 2024

Gravity (Alfonso Cuarón, 2013)

Alors que l'une navette effectue des réparations sur le télescope Hubble, elle essuie une tempête de débris, causée par l'explosion d'un satellite russe. Et c'est la catastrophe : la navette et le télescope sont détruits, tous les membres d'équipage sont tués, sauf Ryan Stone (Sandra Bullock), envoyée valdinguer dans l'espace, heureusement sauvée par Matt Kowalski (George Clooney). Réussiront-iels à survivre et revenir sains et saufs sur Terre ?

J'avais vu ce film au cinoche, et j'étais content de le revoir. À l'instar de Cabeza de Vaca, le film repose principalement sur des plans séquences, mais ici point d'ennui : les séquences se déroulent dans l'angoisse de ce qui arrivera ensuite, avec la peur du hors-champ, face à l'hostilité terrifiante de l'espace. C'est un survival movie particulièrement efficace et réussi. (Alfonso Cuarón a aussi réalisé Les Fils de l'homme, également construit sur des plans-séquences malheureusement filmés caméra au poing, ainsi que le 3e Harry Potter.

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Publié le 14 Septembre 2024

Ce film mexicain est le récit des aventures tragiques d'Álvar Núñez Cabeza de Vaca, dont j'ai lu la Relation de voyage : un explorateur dont le bateau fait naufrage au large de la Floride, qui erre pendant des mois (dans le film cela semble seulement quelques jours), devient esclave d'un duo de sorciers locaux, avant de devenir lui-même un sorcier illuminé.

Et c'était vraiment trop long : les personnages parlent trop peu pour qu'on s'intéresse vraiment à eux ; les péripéties sont parfois répétitives , et les plans séquences, principal vocabulaire du film, s'ils sont intenses et créent une belle tension au début, deviennent au bout d'un moment un peu répétitif et complaisants – pas besoin de revoir une nouvelle scène de 10 minutes de Cabeza de Vaca les yeux exorbités en train de faire des passes-passes magiques.
Juan Diego est très bien dans le rôle titre, même si parfois la frontière entre l'illuminé et l'acteur qui cabotine en criant en permanence est un peu fine. Il y a quelques belles images – les radeaux sur fond noir du début du film ; l'irruption du bleu dans les maquillages des locaux…

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #biographie

Publié le 2 Septembre 2024

Dream Scenario (Kristoffer Borgli, 2023)

Paul Matthews (Nicolas Cage) est un modeste prof de biologie de l'évolution à la fac, frustré de rester dans l'ombre. Petit à petit, les gens se mettent à le voir apparaître dans leurs rêves : il est là, dans un coin, observateur passif. Le phénomène devient mondial, et Paul Matthews accède à une renommé inattendue, dont il aimerait bien profiter pour publier son livre sur les fourmis. Une bascule s'opère quand son double rêvé se met à tuer les gens dans leurs rêves.

C'est un film absurde, qui fait penser à Dans la peau de John Malkovich, ainsi qu'à l'univers de Quentin Dupieux. Il est très réussi et très bien mené : avec un récit comme celui-là, le risque est de ne plus savoir quoi faire de son histoire, qui finit par se dégonfler d'elle-même, mais Kristoffer Borgli apporte sans cesse de nouvelles idées, voire de nouvelles directions, et arrive à tenir son récit jusqu'au bout. Il filme d'une façon assez hachée, avec un montage très serré et un peu abrupt, ce qui fait qu'on ne sait pas toujours très bien si on est dans le rêve ou dans la réalité. Nicolas Cage est parfait dans l'incarnation de la médiocrité de Paul Matthews.

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