Publié le 3 Juin 2024

Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist) est un célèbre journaliste dans le journal d'investigation Millénium, qui vient de perdre son procès en diffamation contre un industriel. Il est contacté par Henrik Vanger, un vieil industriel qui aimerait son aide pour retrouver sa nièce disparue dans les années 1960. Blomkvist va recevoir l'aide d'une jeune hackeuse, Lisbeth Salander (Noomi Rapace), qui a préalablement enquêté sur le journaliste, à la demande d'un membre de la famille Vanger. Pour le moment, elle est en train d'essayer de se débrouiller avec sa nouvelle tutelle – et c'est peu dire que ça commence mal.

Fun fact : la critique du Millénium de David Fincher est une des raisons qui m'a poussé à faire ce blog (j'avais même fait des illus, c'était le bon vieux temps).
Je n'avais jamais vu la version suédoise, donc on m'avait dit le plus grand bien (en mode « c'est ça la vraie version, c'est carrément mieux que celle de Fincher »). Bon. Honnêtement le travail de Niels Arden Oplev n'est pas mauvais, mais on ne peut pas dire qu'il soit bon. C'est plutôt efficacement raconté, malgré il y a quelques kitcheries ici ou là (des images d'écran qui s'incrustent et se superposent pendant des phases de recherche). C'est de bonne qualité téléfilm, mais c'est pas du grand cinéma.
Mais l'histoire est toujours aussi bien, évoquant Agatha Christie avec plus de violence, les acteurices sont très bien aussi.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Suède, #Polar

Publié le 1 Juin 2024

Les robots ont beau être partout sur Terre, ils sont mal vus : on les accuse d'être responsables du chômage et de la pauvreté qui envahissent la planète. Dans les colonies martiennes, l'ambiance est plus agréable, tout est plus propre, plus beau, et les robots ne semblent pas poser de problème.
Les détectives Aline Ruby et la réplique androïde de Carlos Rivera, son partenaire mort lors d'une bataille il y a quelques années, enquêtent sur des hackers qui « déplombent » les robots, c'est-à-dire les libèrent de leurs instructions pour les rendre indépendants. Cette enquête croise celle sur la mystérieuse disparition d'une étudiante.

Il faut bien reconnaitre qu'ici ou là l'intrigue semble bien emberlificotée, mais ça n'empêche pas le film d'être une belle réussite, et le récit est malgré tout bien mené et rythmé. Il y a plein de choses étonnantes et malines sur le rapport aux robots (le chat du début, les répliques de personnes décédées, le design de certains robots…). Le dessin est solide, l'animation au poil – quelques séquences sur la route font un peu jeu vidéo d'il y a 15 ans, mais ça passe rapidement.

Voir les commentaires

Publié le 27 Mai 2024

1. Les Psychohistoriens
Le jeune mathématicien Gaal Dornick arrive sur Trantor, la planète capitale de l'Empire galactique. Il est invité par le célèbre Hari Seldon, mais les évènements prennent vite une tournure inattendue : tous les deux sont arrêtés par les autorités. Lors de son procès, Seldon explique ce qu'est la psychohistoire : un modèle mathématique qui permet de prédire le futur. Et il n'y a aucun doute : l'Empire va s'effondrer dans 300 ans, amenant une période de guerres de 25 000 ans. Cette chute est déjà en train d'arriver : l'Empire n'innove plus, il se repose sur son passé quand il ne l'oublie pas. Le Conseil galactique, qui joue le rôle de l'Empereur dont l'aura est déjà affaiblie, le condamne à l'exil sur Terminus, une petite planète à la périphérie de la galaxie.
Hari Seldon explique à Gaal Dornick que tout se déroule comme il l'avait prévu : il créera sur Terminus sa première Fondation, dont l'objectif est de rédiger une Encyclopédie de tout le savoir universel : la sauvegarde de ces connaissances permettra de réduire la période de barbarie à un millénaire.

2. Les Encyclopédistes
50 ans plus tard, la colonie installée sur Terminus évolue. La planète est aride, sans ressource minière, et dépend des importations de l'Empire. Une nouvelle génération apparaît, des natifs qui n'ont pas connu Seldon et s'en fichent un peu.
Les scientifiques se penchent nuit et jour sur l'Encyclopédie. Parmi eux, fait notable, aucun psychohistorien – seul Salvor Hardin, le maire de Terminus, a un peu étudié cette discipline. Il est un des rares à s'inquiéter de la menace que représentent les systèmes alentour, à commencer par Anacréon, qui viennent de déclarer leur indépendance vis-à-vis de l'Empire. Pour autant, Terminus possède l'énergie atomique, technologie oubliée par ces royaumes. Hardin comprend que l'Empire n'en a rien à faire de Terminus, et qu'il ne faut plus compter sur leur protection.
Le jour du 50e anniversaire de la Fondation, un hologramme d'Hari Seldon apparait et explique à l'audience médusée, que l'Encyclopédie n'est qu'un prétexte pour la création de la Fondation dont le but est plus vaste (p. 290 : « Quand l'Empire galactique a commencé à mourir, quand ses marches ont sombré l'une après l'autre dans la barbarie et la régression, Hari Seldon et son équipe de psychologues ont installé une colonie, la Fondation, ici même, au beau milieu du désastre, de façon que nous puissions préserver l'art, la science et la technique de la civilisation moribonde et  former le noyau du second Empire »). Il annonce que Terminus rencontrera plusieurs crises, définies par le fait qu'il n'existera plus qu'une seule solution évidente. Pour Salvor Hardin, le message est clair : il lance un coup d'état pour ôter le pouvoir des mains des encyclopédistes.

3. Les Maires
Trente ans plus tard, le paysage a changé. Salvor Hardin a réussi à repousser l'invasion d'Anacréon en leur offrant des éléments de science, déguisés sous forme de religion et gérés par des prêtres.
De jeunes Terminiens accusent Hardin de trahison, parce qu'en offrant la science aux royaumes voisins, il leur a permis de s'armer, et de devenir des ennemis d'une dangerosité inédite. Mais Hardin a plusieurs coups d'avance sur tout le monde : il se rend sur Anacréon assister au couronnement du nouveau roi. Le régent, un sale type, lui annonce que les vaisseaux préparant l'invasion de Terminus sont déjà en route. Mais Hardin a déjà prévu le coup : les prêtres, qui ont la main sur les centrales nucléaires, s'opposent et empêchent cette attaque contre le lieu sacré de leur religion.

4. Les Marchands
55 ans plus tard, Eskel Gorov, un marchand de la Fondation est fait prisonnier sur Askone, où les technologies avancées, en particulier l'énergie atomique, sont considérées comme taboues. C'est embêtant : les technologies, et la religion associée, sont le moyen pour la Fondation d'étendre son influence.
La Fondation charge un autre marchand, Limmar Ponyets, de négocier la libération de Gorov avec les Anciens. Il soudoie un proche du Grand Maître avec un appareil permettant de transformer le fer en or. En échange, Gorov est relâché, et Ponyets a droit à autant de métal que peut contenir son vaisseau. Lorsqu'ils quittent le système, la machine cesse de fonctionner.

5. Les Princes Marchands
75 ans plus tard, trois vaisseaux marchands ont disparu dans l'insignifiant système de Korell. D'où peuvent-ils bien tenir l'énergie atomique, indispensable pour cette destruction ; pourrait-il s'agir de l'amorce de la 3e crise ? Le marchand Hober Mallow, un petit filou, est envoyé sur place pour enquêter. Il découvre que les gardes ont des fusils siglés avec l'emblème de l'Empire : bien qu'il soit affaibli et absent de la Périphérie, l'Empire existe encore et lutte pour conserver son pouvoir.
De retour à Terminus, Mallow devient maire après quelques magouilles politiques. Devenu très riche grâce à un deal avec le chef de Korell, il est critique de la religion : en dehors des quatre royaumes, les systèmes se méfient de ce puissant outil d'influence et de contrôle de la Fondation. Lorsque Korell lui déclare la guerre, Mallow décide de ne rien faire : grâce au commerce il a rendu Korell dépendant de la technologie de la Fondation, notamment des générateurs miniatures que l'Empire ne sait pas fabriquer. L'effondrement de l'économie korellienne finira par mettre fin à la guerre sans qu'il y ait besoin de faire quoi que ce soit.

* * *

Je n'avais lu d'Asimov que Les Cavernes d'acier, qui s'inscrit dans son Cycle des robots.
Fondation brille par son ampleur, et par l'intelligence de la conduite du récit. Les personnages principaux ont toujours un coup d'avance sur tout le monde, ce qui par effet de miroir laisse supposer la grande intelligence d'Asimov. Mais c'est aussi une limite du récit : l'Histoire est toujours portée par des hommes providentiels, qui ont toujours raison.
Ce roman est constitué de cinq longues nouvelles, publiées de 1942 à 1944 ; chacune est un récit singulier, un jalon dans l'Histoire de la Fondation. On imagine pourtant qu'Asimov a déjà en tête l'ensemble du récit, ce qui est vertigineux. Les trois premières nouvelles sont formidables, je trouve les deux dernières un peu moins prenantes, peut-être parce qu'elles répètent en partie les mêmes mécaniques, ou peut-être parce que la vision comemrciale est moins intéressante que la perspective de la religion.
Comme le récit se situe dans un futur très lointain qui a perdu de sa superbe et oublié une partie de sa technologie, le roman a plutôt bien vieilli : on est dans un autre monde, et on ne s'étonne pas de l'absence d'ordinateurs ; quelques appareils de communication un peu rustiques restent cohérents dans l'univers. Par ailleurs, les vaisseaux font des hyperbonds dans l'espace-temps et les hologrammes ne semblent surprendre personne ; avec l'avancement du récit et des progrès réalisés par la fondation, les technologies se font plus impressionnantes.

* * *

J'ai vu la série tv d'Apple adaptée du bouquin, qui est plutôt réussie malgré quelques éléments un peu nanardesques par-ci par-là. Il est difficile de ne pas jouer au jeu des sept différences, même si je crois que j'aurais aimé profiter du livre pour lui-même (c'est devenu plus facile à mesure que j'avançais dans la lecture).
La première différence est que le roman est intégralement porté par des personnages masculins, reflet d'une époque pas si lointaine – et, ne le cachons pas, des préjugés de son auteur. La série « féminise » plusieurs personnages (Gaal Dornick, Salvor Hardin), et c'est très réussi.
Même si les contours sont similaires, la conduite du récit est différente, les personnages n'ont pas tous la même importance. Gaal Dornick et Hari Seldon n'apparaissent finalement qu'assez peu dans le roman, alors que ce sont des personnages centraux de la série.
La principale différence est l'absence totale dans le roman de l'arc de l'Empire (les trois Empereurs clonés, le rapport au cyborg Demerzel…), central dans la série, et sans doute la partie la plus riche et la plus intéressante des deux saisons que j'ai vues. Pour autant, le roman n'en a pas besoin, mais ça m'intrigue : d'où les scénaristes ont-ils sorti cette histoire ? D'un autre volume écrit par Asimov ?

Voir les commentaires

Publié le 21 Mai 2024

Nous avons essayé de regarder France, l'histoire d'une journaliste de chaine d'info en continu (Léa Seydoux) qui fait du journalisme-poubelle. Nous n'avons même pas tenu une demi-heure. C'est mal écrit, mal joué, pas drôle, et finalement presque gênant pour les acteurices. Il semblerait que Bruno Dumont cherche à faire un satire de l'info en continu, mais c'est tellement grossier, tellement pataud, que je ne vois pas ce que je suis sensé ressentir. C'est sensé être drôle ?

* * *

Embrayons directement sur un autre film, À l'attaque !, le troisième des Contes de l'Estaque, après L'argent fait le bonheur et Marius et Jeannette.
Le film est construit sur une mise en abyme : deux scénaristes (Denis Podalydès et Jacques Pieiller) se lancent dans l'écriture d'un film politique (« un film politique, c'est un film sur les rapports entre les riches et les pauvres »). Et ils commencent donc à écrire l'histoire de la famille qui tient le garage Moliterno & Cie, confrontée à des problèmes d'argent, à des gens qui ne payent pas leur prestation, avec dans des histoires d'amour (les scénaristes : « il y a deux choses intéressantes dans la vie, la lutte des classes et la sexualité »). On retrouve la bande habituelle des acteurices de Guédiguian : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet, Frédérique Bonnal…
Le film fait régulièrement des aller-retours entre la fiction et le travail des scénaristes, qui parfois changent ce qu'ils ont écrit, l'expliquent, le commentent ou le critiquent. C'est un procédé un peu artificiel, mais pourtant ça marche ! Les deux scénaristes sont plutôt marrants, et leur mise à distance réussit à ne pas casser la fiction : malgré tout, on croit à l'histoire des Moliterno, on rit et on pleure avec eux.
Si ce n'est probablement pas le meilleur des trois Contes de l'Estaque, c'est un de ceux que je trouve le plus virtuose dans l'écriture.

Voir les commentaires

Publié le 20 Mai 2024

Il y a plusieurs films dans Titane, d'une qualité inégale.

Tout d'abord, il y a le récit d'Alexia, une jeune ado qui, après un accident de voiture, se retrouve avec une plaque de titane dans le crane. Elle développe un kink chelou pour les voitures, probablement dû au fait qu'elle est elle-même en partie en tôle.
Et pourquoi pas. Le personnage est intéressant, il y a un côté série B qui m'amuse plutôt, un délire à la Quentin Dupieux auquel je peux d'autant plus accrocher que c'est très bien filmé – le plan séquence du salon de la grosse voiture est particulièrement réussi. Quand Alexia tombe enceinte d'une voiture et se met à suppurer de l'huile de vidange, je me dis pourquoi pas, on reste dans la série B, pas de problème.

Ensuite Alexia (Agathe Rousselle) est aussi serial killeuse, et on a droit à quelques scènes de meurtre particulièrement gores et violentes.
Et encore une fois, pourquoi pas. Ça confirme le registre de la série B, il y a plein de fils intéressants à en tirer. C'est juste dommage que le film n'échappe pas au rape & revenge, même s'il ne s'agit ici « que » d'un baiser forcé. C'est un artifice d'écriture qu'on aurait pu s'épargner, et qui me rappelle un peu Boulevard de la mort de Tarantino, qui n'est pas vraiment un modèle de féminisme.

Et il y a un troisième et dernier film, le plus long, le moins intéressant et le moins réussi.
Pour échapper à la police, Alexia se déguise en Adrien, un jeune homme disparu depuis plusieurs années et auquel elle ressemble un peu. Iel est récupéré·e par le père d'Adrien (Vincent Lindon bodybuildé), un pompier qui vit dans une caserne testostéronée.
À partir de ce moment, plusieurs choses ne vont plus.
Déjà, le rythme ralentit et il n'y a presque plus d'action – pourquoi pas, mais il n'est pas remplacé par un travail sur le dialogue et la psychologie des personnages puisque Alexia/Adrien ne parle pas. Vincent Lindon fait ce qu'il peut mais il est plutôt monolithique, et les autres pompiers de la caserne ne sont au mieux que des silhouettes, au pire simplement des figurants. Il y aurait eu plein de fils intéressants à tirer à partir de cette situation, notamment avec les autres pompiers qui ne sont pas dupes sur l'identité d'Alexia/Adrien, Julia Ducournau n'en fait presque rien. Ce huis-clos est donc assez vide et honnêtement ennuyeux.
Il y a aussi quelques problèmes d'incohérences dans la diégèse du film : par exemple, je n'arrive pas à croire qu'il suffise de quelques bandes pour qu'Alexia, enceinte jusqu’au cou, paraisse faire 40 kilos, comme dans la scène de la danse dans la caserne. Et puis quid du kink pour les voitures, ou de ses désirs meurtriers ? Julia Ducournau les oublie complètement, sauf dans une ou deux séquences qui paraissent un peu artificielles, en mode « ah oui c'est vrai que c'est ça mon personnage ».
Et cerise sur le gâteau, tout ça baigne dans un climat incestueux que je trouve répugnant (c'était d'ailleurs un peu le cas dans la première partie) et que j'aurais préféré qu'on nous épargne. C'est juste nul, sans intérêt, et tellement banalement sexiste que je ne comprends pas ce que ça fout là (d'autant plus que, comme je le disais plus haut, comme Alexia/Adrien ne parle pas, ça sort de nulle part).
Autant pour toute la première partie, je me disais « pourquoi pas », autant dans toute cette grosse partie du film, je me dis « pourquoi ? » Ce n'est pas intéressant, c'est long, et c'est vachement moins bien que ce que promettait le début du film. Et il y a dans cette partie de nombreux défauts d'écriture, qui font qu'encore une fois, je me demande bien comment Titane a fait pour avoir la Palme d'or.

Voir les commentaires

Publié le 12 Mai 2024

Nous avions donc quitté nos trois héros dans la panade à la recherche des horcruxes. Finalement ils vont pas si mal s'en sortir.

ÇA Y EST ! C'est la fin du marathon. Le 7e épisode laissait un peu à désirer, le 8e est presque moins bien. Même si c'est cool d'avoir la résolution de l'histoire et la fin des arcs narratifs, soyons honnêtes, c'est loooong, le rythme est bancal, et malgré les bagarres qui s'enchaînent en permanence, on finit par s'ennuyer. Les scènes d'action sont peut-être moins mal filmées, mais rien d'incroyable non plus – le reste est plutôt correct.

Voir les commentaires

Publié le 11 Mai 2024

Bon, c'est plus que jamais la merde. Les trois héros se retrouvent dans la nature à la recherche des horcruxes de Voldemort. Mais soyons honnêtes, iels galèrent de fou.

Le problème dans le fait de diviser le dernier bouquin en deux films, c'est que dans cette première partie, il ne se passe pas grand-chose. Clairement, ça aurait gagné à être resserré (2h30 !) ; et en même temps certains séquences passent super vite et ne sont pas très compréhensibles (le départ de Ron). C'est en partie dû au fait que David Yates ne sait vraiment pas filmer les scènes d'action : montage hystérique, caméra au poing… on ne comprend rien. Les énigmes trainent un peu, le montage est parfois un peu poussif. Il y a quand même quelques bonnes scènes – les héros déguisés dans le Ministère de la magie, en particulier.
Ça donne en tout cas de voir la suite, pour venir à bout de ce marathon Harry Potter.

Voir les commentaires