Publié le 15 Août 2024

Luca est un paisible petit monstre marin, vivant au large d'un petit village italien où ses parents lui ont interdit d'aller : c'est plein de dangereux humains ! Il rencontre un jour Alberto, un autre monstre marin vivant à l'air libre – et à l'air libre, ils ressemblent à s'y méprendre à des humains, tant qu'ils ne sont pas mouillés. Alberto entraine Luca sur la terre ferme, à la poursuite d'un rêve : acheter une Vespa pour pouvoir faire le tour du monde.

Comme toujours avec Pixar, l'animation est super, les lumières et couleurs très belles : ils savent y faire, on le sait bien.
Mais ça ne suffit pas à faire un grand film pour autant. Le récit est un très bon exemple du cliché du conflit familial/voyage initiatique – ce n'est pas un grand voyage mais la structure est là : un interdit parental que l'on brave, une aventure que l'on vit, une réconciliation à la fin. Si c'était le seul cliché, ça pourrait aller, mais un certains nombres de personnages sont également des clichés sur pattes – le père qui ressemble pour deux gouttes d'eau à celui de Tempête de boulettes géantes ; le méchant qui est un personnage trop caricatural pour être intéressant… J'ai l'impression d'avoir déjà vu ce film qui malgré toutes ces qualités sent un peu le réchauffé et le manque d'inspiration.

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Publié le 15 Août 2024

Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor, 2010)

Nous sommes autour de l'actuel Soudan, dans un futur post-apo pas très défini. Onyesonwu (« Qui a peur de la mort ») est une jeune ewu, issu du viol d'un dangereux nuru subi par sa mère okeke. Après avoir passé quelques années seules dans le désert, les deux femmes s'installent dans une petite ville okeke. Rapidement Onyesonwu se rend compte qu'il lui arrive des choses magiques et mystérieuses qui dépassent le simple juju, et elle part en quête de son propre pouvoir, accompagné par Mwita, un autre ewu qui semble lui aussi doté d'un pouvoir et d'un savoir étonnant – le tout sur fond du génocide organisé, au loin, par les nuru contre les okeke.

Mon résumé est peut-être un peu obscur, mais c'est ainsi que l'on entre dans ce formidable roman : en étant un peu perdu et en devant déchiffrer les relations entre le différentes ethnies – il est question de couleur de peau derrière tout ça. Sur le chemin, on croisera des créatures fantastiques, des sorciers plus ou moins inquiétants, des ami·es plus ou moins fidèles… C'est une longue et passionnante quête, dans un univers post-apo africain inhabituel, avec des personnages particulièrement attachants – pas étonnant que le livre ait eu un tel succès.

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Publié le 12 Août 2024

[Vers 1650] Quittant l'Angleterre, Robyn a suivi son père en Irlande, où il est chargé de débarrasser la forêt des loups. Alors qu'il lui demande de rester dans leur maison, Robyn désobéi et part sur ses traces, bien décidée à chasser le loup elle aussi. Alors qu'elle s'est prise dans un piège de son père, elle est secourue par Mève, une « wolfwalker » qui a le pouvoir de se transforme en loup. Comment la morsure (accidentelle !) infligée par Mève à Robyn va-t-elle changer le destin de l'Anglaise ?

On retrouve dans ce film des ingrédients présents dans de nombreux films d'animation : les conflits avec l'autorité, le parent qui n'arrive pas à faire confiance à son enfant bien que celui-ci ait raison, l'opposition entre une certaine modernité et la vie sauvage… Mais si les ingrédients ne sont pas nouveaux, la recette est faite avec finesse, sensibilité et beaucoup de soin : c'est un beau film, bien écrit. On pense notamment à Rebelle et à Princesse Mononoké.
Le plus marquant est certainement le graphisme, en 2D, jouant beaucoup avec les plans frontaux et l'absence de perspective dans la ville, et se déployant dans des aquarelles colorées et délicates dans la forêt. C'est très beau et c'est un plaisir pour les yeux.

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Publié le 28 Juillet 2024

Le film est construit autour de Paul Bernardin (Laurent Stocker), un bourgeois tranquille qui un jour tue sa femme et ses trois enfants avant de s'enfuir sans laisser de trace (décalque assez transparent et assumé de Xavier Dupont de Ligonnès). Deux enquêtrices de Facebook (Delphine Baril et Charlotte Laemmel) se rendent dans sa maison dijonnaise pour approfondir leur enquête ; un profileur de génie (Anthony Paliotti) repère Paul Bernardin dans un aéroport – mais il s'agit en fait de Michel Uzès (Gaëtan Peau, excellent), un type ordinaire qui se fait arrêter par la police danoise ; et pendant ce temps Paul Bernardin vit sa meilleure vie en Argentine.

C'est une comédie potache et un brin absurde (on pense à Quentin Dupieux ici ou là), souvent très drôle, par moments un brin longuette ou appuyée (la concierge raciste, les deux flics français). Il n'empêche que c'est un vrai bon moment, porté par des acteurices vraiment formidables.

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Publié le 25 Juillet 2024

En y réfléchissant, peut-être qu'Océans est un de mes films préférés. C'est un documentaire que j'avais vu au cinéma à sa sortie, plein de poésie, de majesté, et d'images impressionnantes, parfois terribles. Il est presque muet, avec un peu de voix off (par Jacques Perrin, le marin des Demoiselles de Rochefort), et une grande place à la musique. Certaines scènes et certaines images sont gravées à tout jamais dans ma mémoire ; il fait partie des raisons plus ou moins conscientes qui m'ont poussé à travailler sur Ce qui demain fera peur.

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Publié le 19 Juillet 2024

Le Royaume-Uni est passé sous une dictature fasciste qui impose à sa population des restrictions sévères, une police parallèle dangereuse, une propagande télévisuelle pas très subtile, des arrestations arbitraires au cours desquelles la torture est devenue banale. Un soir, Evey Hammond (Nathalie Portman) se fait violenter par la milice chargée de surveiller le couvre-feu. Elle est sauvée par le mystérieux V, qui porte un masque de Guy Fawkes (je n'ai toujours pas vraiment réussi à comprendre ce qu'incarne ce type outre-Manche).

J'ai lu la BD d'Alan Moore et David Lloyd il y a quelques mois, j'avais envie de revoir l'adaptation. Dans mon souvenir, j'avais trouvé la BD bien mais dense, touffue et un peu confuse dans l'accumulation de couches de récit ; le film a le mérite d'être très clair et lisible. La mise en scène est tout aussi claire (sauf dans la première bagarre, entre V et les miliciens), les acteur·ices sont super, je n'ai pas grand-chose à dire.
Si ce n'est que ce n'est pas un film très subtil, en mode « l'antifascisme pour les nuls », avec de gros concepts maniés à la truelle – mais la BD a été écrite en 1982 et 1990, le monde a tellement changé depuis que c'est normal que ça ait pris un petit coup de vieux.

(attention je vais un peu spoiler)
Je suis aussi particulièrement sceptique sur le traitement infligé à Evey Hammond pendant toute la longue séquence de son emprisonnement : elle pense être détenue, pendant plusieurs mois, par la milice qui la torture pour qu'elle révèle ce qu'elle sait sur V ; mais en réalité c'est une mise en scène de ce dernier. Son but est qu'elle se débarrasse de sa peur de mourir, et qu'elle en tire une nouvelle force.
C'est un procédé d'une cruauté sans nom, ce que Evey reproche bel et bien à V. Mais c'est en plus complètement con, parce que dans la vraie vie, il est surtout probable que ça traumatise Evey, qui trimbalera un sévère PTSD le reste de sa vie. Merci du cadeau.

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Publié le 15 Juillet 2024

Une fille disparait au Mexique, comme elle est malchanceuse de ouf on se dit que le seul capable de la retrouver c'est Perrin (Pierre Richard), un autre malchanceux maladif, alors on le met dans les pattes du détective privé Campana (Gérard Depardieu), bref, tout le monde a vu ce film je vais pas passer des heures à le résumer.

C'était super dans mon souvenir, et malheureusement ça n'a pas bien vieilli. C'est lent, pas très bien filmé et par moments un peu maladroit – limite nanar. Et c'est pas si drôle : les fameux gags (la salière, les sables mouvants etc) sont entrecoupés de longues scènes d'enquête pas très intéressantes. Bref, une déception.
Mais j'ai remarqué que dans son assurance stupide, Perrin ressemble par moments à OSS 117 ; s'il y a une parenté certaine, je préfère les films d'Hazanavicus.

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