Marguerite (Ella Rumpf) est une brillante thésarde en mathématique à l'ENS, travaillant sur la conjecture de Goldbach. Lors d'une présentation publique de ses travaux, Lucas (Julien Frison), un nouvel élève, relève une erreur de calcul qui invalide tout le raisonnement. Bourleversée, Marguerite quitte la salle. Son directeur de thèse (Jean-Pierre Darroussin) lui fait la morale, et lui annonce qu'il ne dirigera plus son travail de thèse – alors qu'il vient d'accepter de superviser le travail de Lucas.
Marguerite décide alors de tout plaquer, d'abandonner les maths, de trouver un travail et un appart.
Dit comme ça, la réaction parait un peu exagérée. Mais ce que le film montre bien, ce sont les enjeux de pouvoir et de genre derrière cette affaire. Anna Novion reste très près de son personnage principal, et quasiment tout le film est vu à travers ses yeux. C'est un beau personnage, très touchant, porté par Ella Rumpf, excellente dans le rôle.
On peut regretter que les autres personnages n'aient pas la profondeur de Marguerite : ce sont des silhouettes, parfois mal définies (Lucas, qui passe sans qu'on comprenne comment de connard arrogant à mec sympa). Le déroulement du récit est un peu prévisible, même si bien écrit. Malgré ses défauts, c'est un beau film, qui parle d'une belle manière de mathématique : personne ne cherche à nous expliquer le fond du problème, mais peu importe, la langue des mathématiques est belle, les formules élégantes.