Publié le 29 Novembre 2020

Odette est une danseuse un peu paumée, addict à pas mal de substances, qui franchit la porte d'un cabinet de psy pour raconter pour la première fois un trauma fondateur : quand elle avait une dizaine d'années, Gilbert, un ami proche de ses parents, est venu dans sa chambre et l'a violée. Ces agressions ont été répétées à de nombreuses reprises.

C'est donc un film au sujet central lourd mais important, essentiel. Andréa Bescond y raconte sous une forme à peine cachée son histoire. C'est un film bouleversant, nécessaire, beau et vivant. Il y a des idées de mise en scène assez habiles et poétiques, dans les transitions, les jeux sur les lieux et les temporalités.
Ce qui est dit sur la pédocriminalité et l'inceste ne me surprend malheureusement pas. Le vrai tabou, ce ne sont pas les actes, c'est d'en parler. La réaction de la mère d'Odette (Karine VIard, parfaite comme toujours) est à ce titre très parlante. Le portrait de Gilbert, à qui tout le monde fait confiance, à qui tout réussit, que tout le monde aime, est réussi.
Si ce n'est pas déjà fait, je conseille à tout le monde d'écouter la série de podcasts Ou peut-être une nuit de Charlotte Pudlowski sur le sujet de l'inceste. C'est pas facile à écouter, mais c'est sans doute nécessaire.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 24 Novembre 2020

Fun fact : We Need to Talk about Kevin est un des premiers films que j'ai chroniqués sur ce blog, en 2013. À l'époque je faisais des illustrations, c'était mignon.
J'avais aimé ce film, et  je n'avais bizarrement pas revu d'autres films de Lynne Ramsay.
Pour faire le résumé de You were never really here, il faut raconter des choses qui ne sont que suggérées dans le film, ce qui est un peu dommage.

Joe est un tueur à gage, chargé de récupérer de jeunes filles aux mains de pédophiles. Ancien militaire, victime de syndrome post-traumatique, ancien enfant victime d'un père abusif, Joe est instable, suicidaire, potentiellement violent. Mandaté pour récupérer la fille d'un homme politique, il se retrouve embarqué dans une histoire qui va le dépasser.

C'est un beau film, porté par un Joachim Phoenix magnifique et tragique. La mise en scène est élégante, poétique, elle prend son temps pour raconter. Beaucoup de choses sont sous-entendues, notamment le passé de Joe, qui vient par flashs. C'est élégant, ça joue sur le regard du spectateur.

* * *

Mais j'ai été gêné par quelque chose qui n'a finalement pas grand chose à voir avec le travail de Lynne Ramsay. Le fond du film, c'est une sorte de complot d'hommes puissants qui entretiennent un réseau pédophile, et au milieu de ça, un homme seul fait la justice (ce qui est évidemment le principe d'à peu près tous les films de super héros). Sauf que là, ce point de départ ressemble beaucoup aux théories Qanon, et ça donne une teinte pas très heureuse au film… Et je ne pense pas que ce soit l'ambition de Lynne Ramsay, mais c'est dommage que j'y ai pensé.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Royaume-Uni

Publié le 15 Novembre 2020

J’ai donc regardé Hold-up.
C'était long, et c'était vraiment très mauvais. Je ne m'attendais à rien de bien, mais c'est encore pire.

Sur la forme, c’est nullissime.
C’est monté n’importe comment, il n’y a aucune cohérence, aucune logique dans la narration. Ça part dans tous les sens et ça passe du coq à l’âne en permanence.
Les intervenants ne parlent jamais plus de 10 secondes, la plupart du temps on ne comprend même pas de quoi ils parlent, parce qu’il n’y a pas de contexte. C’est d’ailleurs un moyen très pratique pour leur faire dire des trucs qu’ils ne veulent pas dire, ce qui me semble arriver ici ou là.
Et puis c’est beaucoup trop long, évidemment, on pourrait en supprimer une bonne moitié sans rien perdre du contenu (même si encore une fois, tout le film est tellement confus que parler de contenu est presque exagéré).
Ça donne même l’impression de regarder une version de travail, pas terminée. On dirait que c'est monté de façon aléatoire.

Sur le fond, c’est évidemment pas mieux.
Le film repose entièrement sur des témoignages de gens qui manifestement n’y connaissent rien, voire ne comprennent rien à ce qu’ils disent eux-mêmes. À peu près tout le film repose sur docteur Jean-Michel qui a un ami qui lui a dit que (sans qu’on sache de quoi il parle, quand et où ça s’est passé).
Il n’y a aucune démonstration, aucun fait, aucune vérification de ce que docteur Jean-Michel dit, aucun travail journalistique.
Et le film passe son temps à se contredire lui-même : l’épidémie n’est pas grave et c’est juste les gouvernements qui cherchent à nous faire peur, et puis en fait si parce qu’il y a plein de morts ; le virus a été créé en laboratoire et puis en fait c’est vraiment très peu crédible… C’est absolument n’importe quoi.

Pendant les premières 20 minutes, il ne se passe rien de compréhensible et/ou d’intéressant. Les masques c’est désagréable à porter, on n’a jamais vu des mesures comme celles prises par les gouvernements, Jean-Michel le chauffeur de taxi a un avis. C’est à peu près tout.
Ensuite il y a un loooong tunnel de gens qui disent à quel point Didier Raoult est un génie, alors que tous les autres scientifiques sont des escrocs.
Il faut attendre la moitié du film pour vraiment tomber dans le réel complotisme (enfin !). À partir de ce moment-là, on arrive dans une autre logique, qui est celle, bien connue, du « coïncidence ? Je ne crois pas… » Le film n’affirme rien, mais paraît sous-entendre des trucs. Mais encore une fois, c’est tellement confus et incohérent dans le montage qu’on peine à vraiment comprendre ce qui est dit. On peut tout de même cocher des cases du bingo conspirationniste : gouvernement mondial, Bill Gates, 5G, crypto-monnaire, Bildenberg, création du COVID-19 par les élites mondiales pour gouverner les pauvres, antivax, trumpisme, tout y passe dans un gloubi-boulga encore une fois extrêmement confus.
Le film se termine sur deux types qui nous annoncent qu'ils ont compris comment marche la santé, et qu'en fait c'est simple. On n'en saura jamais plus.

Le film soulève pourtant quelque problèmes réels, et qui m’interrogent aussi : la privation des libertés, la question de la peur, les mensonges du gouvernent français… Mais il ne dit rien d’intelligent, rien de nouveau, rien de compréhensible.

* * *

La Révélation des pyramides, un célèbre documentaire complotiste, avait au moins l'avantage de présenter des arguments, une réflexion, un cheminement de pensée. Certes, les arguments étaient moisis, reposaient sur des erreurs et des mensonges, mais on pouvait en discuter. Le seul passage de Hold-Up à peu près argumentatif, c'est la défense de Raoult et de l'hydroxychloroquine ; évidemment c'est plein d'erreurs, de contre-vérités et de mensonges (je ne vais pas détailler ça ici, c'est partout sur le net), mais au moins il y a quelque chose à répondre. Le reste du film est complètement vide, tellement confus que je ne vois pas ce qu'il y a à lui répondre.

J’avoue que, pour toutes les raisons listés au-dessus, je ne comprends absolument pas l’engouement pour ce film. C’est tellement mal branlé, tellement confus, tellement incohérent, tellement creux, ça se voit que c’est de la merde, que c’est con, que les intervenant·e·s sont complètement à la masse.
Je me dis que ça doit marcher comme un test de Rorschach : comme le film dit tout et son contraire, sans cohérence ni forme, les gens y voient ce qu’ils veulent voir (ce qui est me semble-t-il une technique assez classique des complotistes). J'imagine que ça conforte dans des a prioris – et je ne suis pas forcément exclu de ce travers, d'ailleurs. Mais quand même, quand plein de gens disent que ça leur a ouvert les yeux, qu'ils ont l'air de voir plein de choses dans ce film, j'ai l'impression de ne voir qu'une tache.

* * *

J'avoue avoir un peu peur de poster ça ici. J'ai peur de l'afflux de trolls dans les commentaires. Si c'est le cas, je précise que je modérerai les commentaires injurieux.

Voir les commentaires

Publié le 10 Novembre 2020

À la fin du XIXe siècle, Ada MacGrath (Holly Hunter) est une jeune femme devenue muette, qui s'exprime via son piano chéri. Elle est mariée par son père à un inconnu, et part avec sa jeune fille, ses bagages et son piano. Son mari (Sam Neil) est un couillon pas très débrouillard, assisté par Baines, un type aux tatouages maoris1 (Harvey Keitel). Ce dernier récupère le piano, et force Ada à le racheter, touche après touche, en échange de caresses, dévoilements et attouchements.

Commençons par les bon côtés : la mise en scène de La Leçon de piano est bien plus intéressante que celle du pourtant postérieur Bright Star (2009). Les acteurs et actrices sont vraiment parfaites, la photo très belle, le décor de jungle néo-zélandaise est un personnage à part en entière.
Mais c'est vraiment un film pré-#metoo, et ça se voit. Divulgâchons : la relation de prostitution/domination/agression sexuelle entre Ada et Baines est présentée comme une belle histoire d'amour, ils finissent ensemble dans un grand final romantique. Mais il n'y a rien de romantique là-dedans : c'est une relation de domination prédatrice que subit Ada2.
C'est d'ailleurs assez fascinant de voir à quel point le personnage pourtant principal ne fait aucun des choix du film : elle est mariée à un inconnu par son père ; Baines la force à jouer pour lui et à se laisser tripoter ; ce qui ressemble à un syndrome de Stockholm fait croire à Ada qu'elle est amoureuse de son tortionnaire ; son mari jaloux lui coupe un doigt (j'ai vraiment cru qu'on allait assister à un féminicide, lui couper un doigt relève de la même idée : Ada appartient à son mari qui a tous les droits sur elle) ; son mari dit à Baines de partir avec Ada, qu'il ne les revoie jamais. Dans aucun de ces évènements elle n'a son mot à dire. Peut-être que son suicide et son refus final de la mort est le seul moment où elle semble être actrice de sa vie.
Ce qui me gêne, ce n'est pas tant qu'une femme de cette époque soit soumise aux hommes qui décident pour elle, je crois que malheureusement c'était assez fréquent. C'est plutôt le fait de montrer une série d'agressions sexuelles comme romantique qui me désespère.

* * *

1. Oui, il y a des Maoris dans le film, mais à part comme décor je ne sais pas à quoi ils servent.

2. Le (passionnant) Pop culture detective ne pas parle spécifiquement de ce film, mais il s'inscrit dans la logique de la « predatory romance ».

Voir les commentaires

Publié le 5 Novembre 2020

En 1933, le pouvoir japonais, très va-t-en-guerre, voit d'un mauvais œil la critique du militarisme d'une université libérale de Kyoto. Manifestations, répression, l'université fermée. Ryukichi Noge, étudiant proche de l'extrême-gauche, se retrouve en prison.
Yukie est la fille d'un grand professeur de cette université. On lui devine des sentiments pour Noge : avec lui c'est la promesse d'une vie aventureuse, sans compromis… Un choix raisonnable serait d'épouser Itokawa, qui est plus sage mais plus terne. Quand Noge est libéré quatre ans plus tard et paraît s'être assagi, voire affadi, Yukie décide de partir vivre à Tokyo, pour se sentir vivante. Son père lui explique qu'une grande liberté implique aussi de grandes responsabilités. Elle retrouve Noge et l'épouse, mais celui-ci est arrêté en 1941, accusé d'espionnage et d'antipatriotisme ; il meurt en prison.
Yukie décide d'aller vivre avec les parents de Noge à la campagne (ah, la structure familiale au Japon), où ils sont la proie de la vindicte des villageois qui les détestent à cause des agissements de leur fils. Quand la guerre se termine, le combat de Noge est réhabilité, alors que Yukie reste vivre avec ses beaux-parents.

C'est à ma connaissance le seul film de Kurosawa qui prend comme personnage principal une femme, c'est à souligner.
C'est un film sur l'engagement, sur le désir de liberté, sur ce qu'impliquent les choix que l'on fait – rien que ça. C'est assez beau, par moments assez obscur (fossé culturel, sans doute, malheureusement). Les acteurs et les actrices sont parfaits, visuellement c'est superbe. Mais il faut bien admettre que bien souvent je suis resté en dehors du film, à regarder les cadrages et les lumières, plutôt qu'à être pris par le récit.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #Kurosawa, #Japon, #cinéma

Publié le 1 Novembre 2020

Peuplié est un recueil de poésie de Lucie Taïeb, autrice des magnifiques Safe (2016) et Les Échappées (2019). Peuplié se présente comme les notes éparses de Fredinand Man, trouvées après sa mort. Il y est question d'amour perdu, de Suisse, de vie et de mort. On trouve également à la fin un très beau cahier regroupant des « écrits post-mortem & posthumes » de Liesl Wagner, poétesse et compagne disparue de Fredinand. C'est très beau, assez indescriptible, une langue qui joue beaucoup sur les répétitions et les perturbations du langage. C'est magnifique, c'est touchant. Dans ma tête, c'est porté par la voix de Lucie Taïeb, que j'avais vu lire des extraits de son texte l'automne dernier.

Voir les commentaires

Publié le 31 Octobre 2020

Pour plein de raisons, j'ai commencé à lire L'Empire comanche, qui est l'ouvrage de référence sur ce peuple de Natifs. L'idée de base du livre, c'est que pendant la colonisation de ce qui deviendra les États-Unis, les Comanches ont érigé un empire commercial et militaire dans les grandes plaines autour du Texas. Cet empire s'est battu à armes égales avec les colonisateurs espagnols, anglais et français, qui devaient composer avec les Comanches, faire des alliances territoriales, militaires et commerciales. Mais comme les Comanches ont perdu la guerre, leur histoire est oubliée. C'est donc un principe passionnant, et le livre est souvent super intéressant.
Mais il a pour moi un défaut : il ne fait que lister des batailles, des alliances, des déplacements, des guerres. Sans jamais parler de ce qui m'intéresse le plus au fond : qui sont les Comanches, quelle est leur culture, leur mode de vie, comment ont-ils évolué… J'avoue que cette interminable liste de conquêtes territoriales et d'échanges commerciaux est assez rébarbative à la longue. Peut-être y a-t-il un twist de ouf à la fin, mais je ne vais pas me mentir : ça fait plusieurs mois que je n'ai pas ouvert ce livre, je ne vais jamais m'y remettre.
Je mets quand même en-dessous les notes brutes que j'ai prises, histoire que ça n'ait pas servi à rien.

* * *

1. La conquête
Lutte entre plusieurs acteurs de la domination des Grandes Plaines du Sud vers 1705 : Espagnols, Français, Apaches (nouvelle Espagne, nouvelle France). Les Comanches s'approprient chevaux, fusils et outils de métal, venus de France. Leur mode de vie est tourné vers le bison.
P 50 première description.
Chevaux vers 1690. Alliances avec les Utes. Chasse des antilopes, lièvres, cueillette pendant l'hiver, au printemps déplacement vers la chasse aux bisons. Été guerre avec les Navajos. Commerce avec le Nouveau-Mexique. Les Comanches se divisent en 3 groupes (p. 58). Fusils. Commerce d'esclaves. Nouveau-Mexique décide de lutter contre Utes et Comanches, ceux ci se portent vers les plaines de l'est. Luttes avec les Apaches, qui pratiquent l'agriculture (désavantage militaire). Lutte pour les ressources, les rivières. Les Comanches ont arrêté la cueillette pour se concentrer sur le bison : leur alimentation s'enrichit en protéines, s'appauvrit en glucides. Ils commencent à vendre de la viande contre des aliments riches en glucides (maïs...) au Nouveau-Mexique : nouvelle raisin de lutte contre les Apaches. 1718 : les Apaches ont le soutien des Espagnols. C'est un échec, d'autant plus que les français s'en mêlent.
Mode de vie avec chevaux. Un chef, le paraibo, gouverne 100 à 300 membres.
Rôle politique et social des cadeaux et ventes, incompris par les Espagnols, qui ont une logique de marché.
1740 Comanches et Utes lancent des raids contre les Espagnols au Nouveau-Mexique (ouest). Dans le même temps, au Nord, des conflits avec les Pawnees, et à l'est avec les Osages (vers Missouri/Arkansas, chasseurs et horticulteurs). Politique d'alliance en particulier avec les Taovayas (Wichita) commercial (avec les Français) et guerrier. Comanches achètent des armes aux Français pour s'en servir contre les Espagnols, avec les Utes. Les Espagnols essayent de pactiser avec les Comanches pour se protéger des Français. 1752 : paix avec les Espagnols, favorable aux Comanches : accès commerciaux (foires), reconnaissance comme nation souveraine. Alliance avec les Pawneesen plus des Taovayas pour lutter contre les Osages à l'Est. Années 1750 : l'alliance avec les Utes se transforme en guerre. Les Utes s'associent aux Espagnols : conflits dans tous les sens, puis nouveau traité de paix en 1762. Les Utes se barrent à l'Ouest, les conflits se termine, le territoire est tenu par les Comanches, qui continuent leur expansion.
Les Espagnols commencent à regarder tout ça de plus près : comment les Comanches ont réussi à s'implanter dans les prairies alors qu'eux mêmes en sont incapables ? (autocritique pas très agréable) les Comanches sont des guerriers redoutables, mais pas que : c'est aussi une puissance diplomatique, économique et politique.

2. Un nouvel ordre (p 129)
Février 1763 : fin de la guerre de 7 ans. La France perd ses possessions en Amérique du Nord. Grande Bretagne gagne le Canada, la Grenade et le Sénégal. L'Espagne étend sa présence coloniale en Amérique du Nord : le long du bassin du Mississipi se trouve l'Est britannique et l'ouest espagnol.
Cette division oublie les Natifs. La France cède aux Britanniques des territoires appartenant aux Natifs, provoquant un soulèvement massif pan-indien, la guerre de Pontiac.
L'Espagne possède des terres qui sont en réalité partie de la Comancheria, et leur empire va se retrouver mis en échec.
1762 : les Espagnols signent un traité avec les Comanches de l'ouest (Yamparikas, Jupes et Kotsotekas), qui leur donne l'impression de dominer les Comanches. Ceux-ci se lancent dans une expansion commerciale et diplomatique dans la région des Grandes Plaines, vers le haut bassin de l'Arkansas, se libérant de l'emprise économique du Nouveau-Mexique avant d'entrer en guerre.
Les Comanches vendent des chevaux aux Natifs du Nord, achètent des fusils britanniques aux Taovayas, commercent avec des marchands français, échangent peaux de bison contre nourriture... En 1780,les Comanches de l'ouest ont tant de fusil et tout qu'ils les vendent eux mêmes.
1767 : le gouverneur Cachupin se barre, les relations se détériorent. "En 1777, le Nouveau-Mexique était une colonie brisée." Vols de chevaux, enlèvements d'Espagnols (femmes et enfants) contre rançon ou pour esclaves (à vendre ou pour eux). En 1777-1778, les Comanches ont tué ou capturé 200 personnes du nxmex. Le territoire est en grande partie laissé aux Comanches, qui continuent à alterner commerce et pillage, les Espagnols sont dépendants des Comanches, ennemis et alliés.
Autre zone de raids, années 1770 : Nord et Ouest du nvmxq, au delà des Rocheuses jusqu'au territoire des Utes. Aussi vers le Sud-Ouest, ancien territoire des Apaches.
Également extension vers l'Est, le Texas et la Louisiane.
En 1771, les Espagnols font alliance avec les Wichitas, selon un axe Texas-Louisiane-Wichitas, ce qui isole les Comanches. Ceux-ci proposent une trêve avec les Texans. Les Wichitas sont touchés par la variole, les Comanches reprennent le contrôle et leurs raids/commerces entre les plaines du Texas et la vallée du Mississipi vers 1777. Les Espagnols font la paix avec eux, notamment pour lutter contre les Osages.

Voir les commentaires