Publié le 30 Juin 2020

Ofelia est une jeune fille attirée par les contes, qui tombe par hasard sur une fée qui va l'emmener dans un monde plein de magie : un faune lui apprend qu'elle est la réincarnation d'une princesse, trois épreuves l'attendent pour qu'elle retrouve son trône.
Et cet échappatoire dans un monde magique est bienvenu, parce dans la vraie vie, c'est la merde. Nous sommes en 1944 dans une Espagne dirigée par Franco, Ofelia est amenée avec sa mère dans un camp pour vivre avec son nouveau père, le cruel capitaine Vidal, en lutte contre les maquisards.

C'est un beau film, touchant, tragique et poétique, plein d'inventions visuelles qui tiennent encre très bien la route, principalement parce que Guillermo del Toro mêle habilement les « practical effects » aux effets numériques. Dans l'ensemble, les acteur·trice·s sont très bien, même si la jeune fille qui joue Ofelia a manifestement du mal à jouer sur un fond vert (elle passe tout le film à regarder à côté des fées).
Il y aurait probablement plein d'autres choses à en dire, et on pourrait développer sur le rôle du conte chez del Toro.

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Publié le 30 Juin 2020

Un extra-terrestre débarque et se retrouve dans la ferme de Shaun et de ses copains moutons. Ils vont tout faire pour l'aider à rentrer chez lui.

C'est donc E.T. chez les moutons. Le film fait plusieurs référence à son illustre ancêtre, parfois sous forme de clin d'œil plutôt amusant, parfois on est pas très loin d'un plagiat un peu gênant… C'est un film marrant, assez bien mené, l'animation est vraiment réussie… Bref, c'est du Aardman, et c'est bien.
Tout de même, je remarque que les personnages féminins laissent à désirer chez Aardman : dans Chicken Run et celui-ci, les seuls persos féminins sont les seuls méchants du film. Dans Le Mystère du lapin-garou le rôle de la comtesse n'est franchement pas très intéressant… C'est un peu dommage.

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Publié le 26 Juin 2020

Madeline (Helena Howard) est une adolescente qui participe à une classe de théâtre contemporain animée par Evangeline (Molly Parker). Cette dernière s'intéresse de plus en plus à la jeune femme, qu'elle commence à vampiriser pour la pièce. Dans le même temps, la relation de Madeline avec sa mère Regina (Miranda July) se tend.

C'est un film magnifique, qui joue beaucoup sur les sensations et sur les émotions. Ce n'est pas un film « rationnel », les séquences peuvent parfois s'enchaîner comme dans un rêve. c'est un style de récit très personnel et original.
Il y a des effets de flou qui brouillent la frontière entre rêve et réalité, et c'est habile puisque c'est un des thèmes du film : Madeline a des problèmes d'ordre mental, une sorte de psychose ou de bipolarité, elle est également anorexique. Parfois elle rentre dans des colères noires et apparemment incontrôlables, et elle-même semble parfois ne plus trop savoir où elle est. Evangeline en profite, qui brouille les frontières, et a un comportement très toxique avec Madeline : manipulatrice, possessive, elle s'engouffre dans les failles de Madeline, tout en ayant l'air d'être elle-même un peu perdue. Elle n'a l'air d'avoir aucune idée de ce à quoi la pièce va ressembler, et la fait évoluer au fur et à mesure de l'évolution de Madeline elle-même.
Et pendant ce temps, Madeline a des pulsions violentes envers sa mère, qui dans le même temps est un exemple assez parfait de mère toxique, qui se victimise sans cesse tout en ayant également des accès de colère voire de violence et en lui balançant des horreurs à la tronche (en y repensant, il y a quelque chose de la mère dans Lady Bird).
Mais pour être honnête, tout le film est plus subtil et complexe que peut le laisser penser mon résumé, puisque comme je l'ai dit le film joue plus sur les ressentis et les sensations que sur la rationalité d'un récit. Les images sont magnifiques, la façon de filmer très belle, c'est un film qui demanderait à être revu, parce qu'il est dense, riche et complexe.
Je ne sais pas si ça se comprend dans mon article, mais j'ai beaucoup aimé ce film. Et j'avoue qu'après m'être farci un paquet de westerns, ça fait du bien de voir un film réalisé par une femme dont les personnages principaux sont toutes des femmes.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis

Publié le 19 Juin 2020

Trois familles de colons sont perdues dans l'Oregon, guidées par Stephen Meek (j'apprends qu'il a réellement existé), un trappeur qui prétend connaître la région comme sa poche. Mais il faut se rendre à l'évidence : iels sont perdus. Et c'est terrible, parce qu'à l'horizon s'étend une sorte de désert, et que l'eau vient à manquer.
Ils croisent la route d'un Natif, un Païute, et finissent par le capturer, dans l'espoir qu'il les amène vers un point d'eau. La marche continue, l'impression d'être perdus aussi.

C'est donc le troisième film de Kelly Reichardt que je vois, après Wendy et Lucy, qui était bien (on retrouve la formidable Michelle Williams dans La Dernière Piste) et Night Moves, qui était pas terrible. Je l'avoue, je me suis pas mal ennuyé devant La Dernière Piste, parce qu'une film sur l'errance, est forcément un film sur l'attente et l'errance. Mais c'est dur de lui faire ce reproche : c'est d'une certaine façon le projet du film, d'être aussi aride que les paysages, et elle y réussit très bien. Kelly Reichardt reste ici aussi un peu trop en retrait de ses personnages pour qu'on s'y attache vraiment, et qu'on se sente vraiment impliqué.
Les cadres, les lumières, les couleurs sont magnifiques, mais dans un western, c'est un peu la base.
Je note que sans être féministe, c'est un film qui remet un peu en question la masculinité toxique qui envahit la plupart des autres westerns.

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Publié le 15 Juin 2020

J'ai donc lu en partie un recueil de 37 nouvelles de Philip K. Dick, écrites entre 1952 et 1953, alors qu'il a 25 ans (!)
C'est brillant, inventif, écrit dans une langue très directe, qui ne fait pas de fioriture (et c'est probablement plutôt bien traduit).

L'imposteur
Spence Olham est accusé d'être un robot envoyé par les méchants « spatiaux ». Ce robot est rogrammé pour tuer un humain, le remplacer, et faire exploser une bombe U déclenchée par une phrase précise. Olham se fait arrêter, mais lui est persuadé d'être un humain : aurait-il raison ?

Un auteur éminent
Henry Ellis s'est fait installer un Saut-de-puce, une nouvelle machine qui permet de franchir des centaines de kilomètres en quelques secondes, via un passage dans une 4e dimension. Le sien lui permet de se rendre à son travail en quelques pas, en passant dans une sorte de tunnel transparent. Sauf qu'il remarque un défaut dans son Saut-de-puce : un endroit où il y a comme un trou, et où il voit de petit êtres s'agiter en le voyant.
Ces petits êtres vont lui faire passer des messages, des questions auxquelles il ne comprend rien, mais qu'il fait passer dans une machine traductrice puis au service des bibliothèques pour pouvoir donner une réponse aux petits êtres. On découvre à la fin que les messages sont écrits en ancien hébreu, et qu'ils sont à l'origine de la Bible.

La chasse aux capuchons
Des mutants télépathes sont assignés à la lecture des pensées des gens, afin de vérifier leur loyauté à l'État. Un capuchon, fabriqué par on ne sait qui et envoyé apparemment aléatoirement aux gens, permet de bloquer la lecture des pensées, parce que tout le monde n'a pas forcément envie de se faire fouiller le cerveau en permanence-même si c'est bien connu, quand on n'a rien à cacher…

La planète impossible
Une vieille voudrait voir la Terre avant de mourir. Mais on sait bien que c'est un mythe, que cette planète n'existe pas, et que l'espèce humaine est apparue dans tout l'univers en même temps.

Être humain, c'est…
Lester est un chercheur acariâtre et pénible, toujours concentré sur son travail. Sa femme Jill supporte plus ou moins en silence son sale caractère. Mais quand Lester revient d'un voyage d'étude de quelques semaines sur une autre planète, il est transformé : souriant, joueur, drôle, attentionné…

Souvenir
La mythique planète de Williamson est redécouverte, ancrée dans une sorte de passé rêvé. C'est une planète sur laquelle ce pionnier de l'exploration spatiale s'est installé, et elle a été en dehors des radars de la Galaxie pendant des centaines d'années. La Galaxie est un système puissant qui unifie toute la culture, tout le savoir, afin que tout le monde soit à égalité et qu'il n'y ait plus de raison de faire la guerre.
Mais la planète de Williamson a un mode de vie perçu comme archaïque, et refuse d'adapter les standards. Il n'y a pas d'autre choix : il faut détruire la planète pour préserver l'unité de la galaxie.

À vue d'œil
Le narrateur est persuadé que les extra-terrestres sont parmi nous, la preuve est dans les livres : « ses yeux errèrent dans la pièce », cela décrit une créature sont les yeux peuvent sortir de leurs orbites ! « Ses yeux se posèrent alternativement sur les personnes présentes dans la pièce », etc.

L'homme doré
Des mutant·e·s naissent ici et là, avec des pouvoirs variés. Ils sont éliminés par les autorités, par peur qu'iels prennent le contrôle.
Un mutant doré, beau comme un dieu, est découvert dans un ferme. On n'en avait jamais vu des comme lui, on ne sait pas trop ce qu'il peut faire, s'il est dangereux… Il s'agit de l'étudier, mais dans le doute, on va quand même le buter dans pas longtemps.
Sauf que ce mutant voit l'avenir proche, on ne peut pas le tuer : il sait ce qui va lui arriver. Mais il n'a pas de lobe frontal, il n'a pas de pensée construite, c'est une bête. Mais comme il est trop beau il peut pécho des meufs et s'en sortir quand même.

Le dernier des maîtres
La Ligue Anarchiste à gagné. Des émeutes ont éclaté dans le monde entier, tous les gouvernements ont été renversés, les bombes atomiques détruites. « Vous nous avez sauvé la vie [...] Si vous n'aviez pas renversé les gouvernements, l'humanité toute entière aurait été tuée à la guerre ». Pourtant, la planète est aride, sèche, et ses habitant·e·s pauvres et affamés, il n'y a plus d'industrie…
Il reste pourtant un dernier endroit, caché du reste du monde, avec un gouvernement dirigé par un robot. Il est plutôt prospère, des usines sont efficaces, son arsenal militaire lourd. Il ne cherche pas à conquérir quoi que ce soit, juste à prospérer pépouze.

Le père truqué
Un gamin a aperçu son père avec son double. Le soir, au moment de se mettre à dîner, le gamin se rend bien compte que ce n'est pas son père qui est à table, mais l'autre. Qu'est-il devenu du vrai père ?

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Publié le 13 Juin 2020

Le Marshall Virgil Cole (Ed Harris) et son adjoint Everett Hitch (Viggo Mortensen) arrivent dans la petite ville d'Appaloosa, pour régler le problème que pose Bratt (Jeremy Irons), un assassin qui se croit tout permis. Pour faire régner l'ordre, Cole instaure une sorte de loi martiale où il peut tout faire et décider de tout.
Cole va se mettre en couple avec Allie (Renée Zellweger) et arrêter Bratt, mais tout ne va pas être si simple que ça.

Bon, je regarde des westerns en ce moment pour le boulot, mais ce n'est pas particulièrement un genre dont je raffole, en particulier parce que ce sont souvent des films de mecs, avec des histoires de mecs. Bien souvent on tombe dans le sexisme le plus lamentable, et les personnages ont tendance à illustrer le problème de la masculinité toxique. C'est parfaitement le cas ici.
Passons sur la différence d'âge entre Cole et Ellie (19 ans, quand même), pour nous concentrer sur cet unique (quasiment) personnage féminin : elle est menteuse et manipulatrice, et ne sert que de point faible pour Cole, puisque les méchants se serviront d'elle pour le faire chanter.
Cole illustre assez bien le problème de la masculinité toxique, qui explique que « Fellings get you killed ». Everett, qui est présenté comme moins bon que Cole, est pourtant un meilleur être humain que lui (il s'excuse, il parle presque de ce qu'il ressent, incroyable). Il finit pourtant le film dans un acte meurtrier sans émotion ni remords.
Ajoutez à ça que fait que le film a un gros problème dans la gestion de ses ellipses (on a l'impression que tout se passe en quelques jours, alors que manifestement non), et vous comprendrez que ce n'était pas forcément une super soirée ciné. Certes, la photo est belle, les plans élégants, les acteur·trice·s très bien, mais ça ne suffit pas.

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Publié le 12 Juin 2020

John Dunbar est fatigué de la guerre de Sécession, et il est bien content de pouvoir aller à un avant-poste de l'Ouest pour être pénard. Le « fort » est déserté, c'est une cabane entourée de détritu, mais qu'importe, c'est son nouveau chez lui. Il va rapidement rencontrer ses nouveaux voisins, de Sioux, avec qui il va se lier d'amitié.

J'ai vu la version « director's cut » (même s'il paraît que Costner n'a pas travaillé dessus) de4h, donc autant dire que mon résumé laisse de côté absolument toute la subtilité de ce récit. C'est bien écrit, c'est touchant, c'est bien filmé, les décors et la lumière sont vraiment splendides, c'est un petit peu un film atteint du syndrome du « sauveur blanc », mais sinon rien à redire, c'est vraiment très très bien.

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