Publié le 12 Juin 2025

À la fin de Jurassic World: Fallen Kingdomles dinosaures sont relâchés dans la nature. Owen (Chris Pratt) et Claire (Bryce Dallas Howard) sont caché·es dans la forêt avec la jeune Maisie Lockwood (Isabella Sermon), la clone d'une scientifique qui travaillait sur des trucs génétiques. Il y a aussi des criquets géants qui ravagent les cultures, et puis des méchants qui ont l'air d'avoir envie de faire des trucs de méchants.

Bon, je savais que c'était pas terrible, et j'en ai la confirmation. Il y a pour moi trois principaux problèmes :

  1. le film est plein de coïncidences improbables, genre deux groupes de personnages qui tombent l'un sur l'autre en plein milieu d'une gigantesque jungle, ah bah ça ça tombe bien alors. Toute l'histoire est convenue, invraisemblable, jamais surprenante, et aucune scène n'est mémorable. Sans parler du fait que les personnages , mêmes les vieux·ieilles ou les gens ordinaires, arrivent toustes à se sortir des pires situations sans problème (aucun des personnages principaux ne meurt, alors qu'iels sont entouré·es de bestioles mortelles !), au point que tout le monde a l'air d'avoir des super-pouvoirs
  2. alors que le précédent opus se terminait sur cette idée un peu vertigineuse de dinosaures relâchés dans la nature, ça n'occupe finalement pas plus qu'une vingtaine de minutes, les gentils allant rapidement dans le repaire des méchants qui ressemble furieusement à une Nième version d'un Jurassic Parc.
  3. le film déborde de fan service appuyé et lourdingue. On retrouve trois des personnages du premier film (Ian Malcolm, Alan Grant et Elie Satler), et le film passe son temps à nous donner des petits coups de coude en mode « t'as la ref ? t'as la ref ? Nous aussi on a vu Jurassic Park, t'as vu ? t'as la ref ? c'est rigolo non ? » et c'est insupportable.

Bref, c'est vraiment dommage qu'il faille se farcir d'aussi gros navets pour avoir le droit de voir des dinosaures à l'écran.

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Publié le 10 Juin 2025

C'est un livre commencé face au vertige du premier confinement de la pandémie de Covid-19, un livre qui ne veut pas être un essai mais qui cherche plutôt à être une promenade, un livre qui parle principalement du roman – mais parler de littérature c'est parler du monde entier. C'est un livre brillant de l'autrice de L'Art de perdre, passionnant et intelligent, auquel je penserai souvent dans les temps à venir, et qui donne sérieusement envie de continuer à explorer l'œuvre d'Alice Zeniter.

En voici succinctement le plan :

Une moitié du monde. L'absence de personnages féminins dans la littérature ; la question de l'identification qui ne peut pas être la même pour un lecteur et une lectrice, plus habituée à se glisser dans d'autres peaux que la sienne ; la difficulté manifeste de certains écrivains face à « toute cette moitié du monde »
Être autrice. La place des femmes dans le milieu littéraire, rempli d’hommes
La parade virile. En tant qu'écrivain, il faut être un vrai mec, surjouer la virilité et les épreuves affrontées (l’alcool, l’aventure, la force productive…)
Sortir du roman « as usual ». Les limites et contraintes de la forme du roman ; trouver des espaces de liberté ; à quel lecteurice cherche-t-on à s’adresser
Aimer, pleurer ou être un personnage. Les personnages comme des ami·es ; trouver l’équilibre dans la définition d’un personnage, enfermé dans son œuvre ; l'empathie ; la représentation des minorités
La forme et le chaos. Écrire pour donner du sens et une forme au monde, aux expériences, aux mots eux-mêmes ; la portée politique et sociétale des romans
La mise en relation. Relation en tant que lecteurice/auteurice avec les personnages ; ne pas limiter les interactions entre personnages au conflit ; intégrer des non-humains ; l’incertitude du monde (le réchauffement climatique) créent un doute dans le roman
Mon problème avec Avatar. Un film qui parle de ne faire qu'un avec la nature, de la façon dont le combat est collectif et pluriel, et qui se termine par un combat entre deux virilités masculines
Finir. La difficulté de finir ; son envie d'avoir des fins ouvertes

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #essai

Publié le 9 Juin 2025

Ce film est construit en trois parties, étalées sur plusieurs décennies, mélangées et imbriquées les unes aux autres. S'il faut faire un résumé, il faut forcément que je remette le récit dans le bon ordre, mais le bandeau d'avertissement réglementaire est de rigueur.

Dans les années 1980, Yaojun et Liyun ont un fils, Xingxing, né le même jour que Haohao, le fils de Li Haiyan, la sœur de Liyun – ils habitent dans le même immeuble, et travaillent dans la même usine. Liyun tombe enceinte une deuxième fois, mais avec la politique de l'enfant unique, sa sœur Li Haiyan, responsable du planning familial, la force à avorter. Plus tard, un jour que les enfants jouent auprès d'un barrage, Xingxing se noie.
Des années plus tard, Yaojun et Liyun, dévastés, ont quitté leur province natale, leur famille et leurs amis. Ils ont adopté l'enfant que Yaojun a eu avec une autre femme ; ils l'appellent également Xingxing. C'est un adolescent en souffrance qui finit par fuguer sans laisser de trace.
Encore des années plus tard, à l'époque contemporaine, Li Haiyan est gravement malade et souhaite revoir une dernière fois Yaojun et Liyun, qu'elle n'a jamais revus. C'est l'occasion pour Haohao de raconter ce qu'il s'est passé le jour de la mort de Xingxing, afin de ne pas laisser la culpabilité le ronger.

C'est une belle histoire, qui raconte beaucoup de la Chine sur plus de 40 ans ; les acteurices sont vraiment formidables.
Premier constat : c'est malheureusement trop long. Wang Xiaoshuai prend le temps de raconter son histoire sur quasiment trois heures, mais à mon avis, le film mériterait à être plus resserré. La narration, décousue et parcellaire, est parfois difficile à suivre, en particulier au début, quand on ne connait pas les personnages, qu'on ne comprend pas les temporalités – Wang Xiaoshuai est exigeant avec son spectateur !
Ensuite, je ne suis pas sûr d'apprécier comment il filme, même si c'est esthétiquement très beau : la caméra est très présente et se fait rarement oublier : c'est parfois filmé au poing, il y a de longs travellings qui ne suivent pas le rythme des personnages (on peu voir un mur plusieurs secondes avant que la caméra trouve la porte derrière laquelle les personnages continuent de parler). Il m'a fallu longtemps avant de parvenir à oublier la mise en scène – à oublier que je regardais des acteurs être filmés et que les personnages s'incarnent. C'est peut-être bête comme remarque, mais ça fait partie des choses qui me dérangent au cinéma.
La fin du film est très belle, sincèrement émouvante, elle est un beau final au récit. Mais elle arrive un peu tard pour moi, et ne réussit pas totalement à sauver le film.

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Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #Chine

Publié le 7 Juin 2025

Des extraterrestres débarquent à Johannesburg ! Mais rien de spectaculaire : ils sont affamés, affaiblis, et on finit par les parquer dans un bidonville à proximité de la ville. Comme personne n'a envie qu'ils soient là, on décide de les reloger dans un camp plus loin, et c'est le bureaucrate Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley) qui est chargé de faire signer la paperasse aux aliens.

Le début est très bien, en mode faux-documentaire ; le lien avec l'apartheid sud-africain est évident – et regarder le film pendant le génocide à Gaza donne une autre perspective. J'aime beaucoup cette idée de ne faire de l'arrivée d'extraterrestres ni émerveillement ni une crainte – on voit déjà cette idée, sous une autre forme, dans Les Chroniques Martiennes.
Malheureusement le film perd un peu cette énergie au fil du temps, et finalement les scènes d'action s'enchainent au point qu'on finit par s'ennuyer un peu – il aurait été possible de couper ici ou là, ou de simplifier tout ça. Le faux-documentaire disparait, mais la shaky-cam reste (??), et du coup c'est pas toujours très beau/intéressant à regarder. C'est bien dommage parce que la promesse du début est formidable !

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Publié le 7 Juin 2025

Des gros monstres appelés Kaijus sortent d'une faille sous-marine et cherchent à tout détruire ; pour les arrêter les humains construisent des Jaegers, des gros robots qui font la bagarre – oui c'est carrément le pitch d'Evangelion.

Après Cloverfield, j'avais envie de prolonger ma série sur les gros monstres ; j'avais déjà vu Pacific Rim il y a fort longtemps sans en garder un souvenir précis. Je comprends pourquoi : ce n'est vraiment pas inoubliable. Le principal problème vient des personnages principaux, des militaires bas du front sans intérêt, incarnés par des acteurs sans grand charisme – sauf Idris Elba qui s'en sort bien. Mako Mori (Rinko Kikuchi) est probablement le seul personnage intéressant – on peut regretter le syndrome de la Schtroumpfette, et inciter à se renseigner sur le Test de Mako Mori.
J'ai particulièrement été gêné par les deux personnages de scientifiques, qui sont totalement grotesques : on les croirait tirés d'un (mauvais) cartoon, ils sont complètement parodiques alors que le reste du film est premier degré…
Comme je le disais plus haut, on pense à Evangelion, mais Pacific Rim n'en a pas la profondeur, on pense à Godzilla mais sans l'émotion, et au final je ne sais pas trop ce qu'a cherché à faire Guillermo del Toro : on dirait un délire de gamin en hommage à des films d'enfance, mais c'est beaucoup trop sérieux sans être profond pour que ce soit intéressant…

Et puis autant Cloverfield tenait correctement la route en terme d'effets spéciaux, autant là c'est vraiment de la bouille numérique… ce n'est pas vraiment pas mal fait, il y a de belles séquences, l'animation est souvent réussie, mais j'ai du mal avec cette bouillie que je trouve indigeste.

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Publié le 6 Juin 2025

Une bande de jeunes se réunit pour fêter le départ de leur pote au Japon. Mais l'arrivée d'une grosse bestiole dans les rues de New York va quelque peu gâcher la soirée.

C'est un film de gros monstre en found footage, et c'est plutôt réussi. Les effets spéciaux tiennent bien la route, l'intégration de la caméra est plutôt bien faite, les personnages sont peut-être un peu trop superficiels pour qu'on s'attache vraiment. Dans tous les cas c'est un bon divertissement.

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Publié le 6 Juin 2025

C'est un film à sketchs : Oracio (Bruno Podalydès) et Catherine (Karin Viard) sont deux agents immobiliers de l'agence Wahou !, qui font visiter une grande et belle maison et un T2.

Et c'est souvent amusant, rarement drôle malheureusement. Pourtant j'ai de la sympathie pour tous ces acteurices qui viennent faire leur numéro (Denis Podalydès, Sabine Azéma, Agnès Jaoui…), les personnages sont souvent réussis, c'est écrit avec soin. Mais il manque la folie loufoque des Deux Alfred pour vraiment m'emporter.

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