C'est un film à sketchs : Oracio (Bruno Podalydès) et Catherine (Karin Viard) sont deux agents immobiliers de l'agence Wahou !, qui font visiter une grande et belle maison et un T2.
Et c'est souvent amusant, rarement drôle malheureusement. Pourtant j'ai de la sympathie pour tous ces acteurices qui viennent faire leur numéro (Denis Podalydès, Sabine Azéma, Agnès Jaoui…), les personnages sont souvent réussis, c'est écrit avec soin. Mais il manque la folie loufoque desDeux Alfredpour vraiment m'emporter.
Dans ce village des Carpathes, les habitants craignent plus que tout les Ochis (des sortes de rhinopithèques), et Maxim (Willem Dafoe) est bien déterminé à apprendre à tous les gamins du coin comment les chasser. Mais quand la jeune Yuro (Helena Zengel) découvre un bébé Ochi trop mignon, elle est bien déterminée à le ramener à sa famille.
C'est un film sans grande originalité, dont l'histoire est la même que celle de Dragons ouLe Peuple loup : un père convaincu de la méchanceté de créatures plus ou moins magiques, qui élève seul un enfant qui découvre qu'en fait on s'était trompé sur ces créatures, une apparition de la mère/sorcière porteuse d'un savoir unique et méprisé par les hommes, etc. À ceci près que ces deux films sont plus réussis, mieux écrits, avec des personnages moins caricaturaux et plus d'originalité dans le traitement. Bien que tout ça soit très oubliable, je crois que j'ai quand même plutôt bien aimé ce film, principalement parce que la photo et les paysages sont très beaux.
C'est dur de parler de ce livre sans spoiler, alors je suis bien obligé de mettre ce bandeau d'avertissement :
Commençons par le début : les furtifs sont des animaux incroyables, passés inaperçus depuis des millénaires (millions d’années ?). Ils se cachent dans les coins et recoins, au point que quand ils sont vus, ils meurent, ou plutôt se suicident par « céramification » : il ne reste d'eux plus qu'une sorte de sculpture en céramique, indéchiffrable et opaque. Ils se recomposent et s’hybrident avec les animaux et plantes qui l’entourent ; ils chantent, manient langue et syllabes (ce sont des choses que l'on apprend au fur et à mesure de la lecture).
Le roman se déroule dans un proche futur dystopique, qui prolonge ce qui existe déjà : omniprésence numérique, traçage permanent, notation continue, privatisation des villes et des corps (la bague panoptique, les taxilles, les vendiants, les drones, etc.)… Cette description, sans être vraiment nouvelle, est très forte. Les personnages principaux vivent plutôt dans les marges, en mode zadistes ; d'abord chasseurs de furtifs, ils vont développer un attachement à ces bestioles au fur et à mesure qu'il en apprennent sur eux.
Il y a plein de choses intéressantes dans ce roman. J'ai vraiment été embarqué pendant les 200 premières pages, par l'univers dystopique, par la découverte et l'émerveillement face aux furtifs.
Mais le livre finit par s'essouffler, pour une raison simple : IL EST BEAUCOUP TROP LONG ! Ça en devient totalement indigeste, d'autant plus que Damasio a l'air de chercher à mettre dans ce livre tout ce qui l'intéresse : des assauts des zadistes sur des tours privées, des réflexions philosophiques, une critique de la technostructure, d'autres bagarres de zadistes, des relations à l'enfant, une critique des technologies de surveillance, des jeux sur le langage, encore des bagarres, une élection présidentielle techno-fasciste… Et en plus le livre n'en finit pas de finir, comme s'il y avait 30 minutes de scènes post-générique qui n'apportent plus rien au livre (avec encore des bagarres et des assauts de zadistes). Cette longueur noie le propos politique (sans surprise c'est plutôt un livre de gauchiste) ; elle donne l'impression (comme l'a dit T.) qu'aucun éditeur·ice n'a travaillé sur ce livre – peut-être qu'iel aurait pu remarquer ces défauts.
Un autre point que m'a dérangé pendant la lecture : certains personnages parlent pendant des pages et des pages des furtifs comme s'ils avaient tout compris, alors que ce sont surtout des élucubrations plus ou moins fumeuses, sans aucun fondement. C’est dommage que personne (à commencer par Damasio) n’ait l’air de s’en rendre compte.
Tout le développement sur la langue des furtifs (qui rejoint les amours de Damasio sur les jeux de mots) est étonnamment un peu pauvre, et un peu tristement calquée sur le français : alphabet latin, vocabulaire français, comme si notre langue était le plus haut niveau de poésie et qu’il n’était pas possible d’envisager une autre langue poétique (je pense évidemment à Borges, mais aussi à Premier contact…) On ne saura d'ailleurs jamais comment la troupe d'aveugles a pu décoder l'écriture/les glyphes des furtifs… tout ça n'a pas vraiment de sens.
Comme dans La Horde du contrevent, Damasio donne la parole à plusieurs narrateur·ices, ce procédé est parfois intéressant, parfois artificiel ; certains personnages ont une langue jolie mais un peu caricaturale, en particulier Tony, le « jeune de banlieue poète de la rue ».
Et puis c'est dommage que Damasio ait encore écrit un livre de mec. Si c'est moins caricatural que dans La Zone du dehors, c'est vraiment gênant que les personnages principaux soient des hommes, que les femmes soient des personnages plus ou moins oubliables, voire juste de love interests des personnages masculins. Je le pardonne d'autant moins que Damasio est un gauchiste, et qu'il est forcément au courant de toutes les questions féministes.
Je ne lui pardonne pas non plus l'emploi de l'insulte « enculé » à plusieurs occasions.
* * *
Ci-dessous un résumé plus long, à partir de mes notes de lecture (c'est un très long résumé, pourtant il omet plein de passages).
Lorca Varese passe avec brio son examen de chasseur de furtifs : il est engagé au Récif, un groupe militaire secret dédié à la chasse aux furtifs.
Il essaye de retrouver son ancienne femme, Sahar, enseignante pirate, mais la police arrive, course poursuite et fuite. Iels finissent par arrivent à prendre du temps pour discuter : Lorca est persuadé que leur fille disparue a été enlevée par des furtifs ; Sahar pense qu’il déraille et que leur fille est certainement morte.
Une première chasse dans un ancien centre commercial, chaotique, ratée, mais pleine de beauté musicale grâce à Saskia : elle pense qu’il est possible de dialoguer avec les furtifs, que l’approche sonore sera plus instructive que l’approche visuelle. Lors de cette chasse, Saskia a enregistré un son : une comptine de Tishka. Lorca pense que sa fille s’est hybridée, et qu’elle est devenu un furtif : ils peuvent s’hybrider avec d’autres animaux ou des plantes, donc pourquoi pas des humains ?
Arshavin, le chef du récif, se rend à une audition pour assurer le budget, annonçant la nouvelle approche centrée sur le son, afin d'ouvrir un dialogue.
Sur une île autonome sur le Rhône, habitée en grande partie par des Balinais, Lorca rencontre une sorte de sage qui lui dit des trucs sur sa fille. Il parle avec un esprit, il s’avère que c’est un furtif ! Saskia se trouve bête à ne chercher à dialoguer que par la musique, d'autres ont des années d’avance sur eux.
L’assaut/guérilla/réappropriation d’un immeuble de haut prestige, à laquelle participe le Récif : le but est de se rapprocher de Toni, un brillant graffeur qui s’intéresse aux glyphes laissés par les furtifs avant de se céramiser.
Toni a trouvé un glyphe sous un toboggan que fréquentait Tishka, identique à celui trouvé dans la chambre de la petite fille après sa disparition. Lorca entraîne Sahar vers dans leur ancien appartement, surveillé par toutes les polices du coin, pour vérifier. Iels arrivent à entrer, le glyphe est là mais il est récent. Lorca et Sahar entendent la voix de leur file les appeler : il semble qu'elle est là. Lorca arrive à échapper aux flics, presque en transe : Sahar pense qu’il a du furtif en lui à ces moments là.
Trois hypothèses: 1. les furtifs sont des éponges à émotion, et c'est grâce à leurs émotions qu'ils arrive à communiquer avec Lorca et Sahar. 2. Trishka s’est hybridée avec un furtif. 3. Elle a été enlevée par un taré mais communique avec un furtif qui essaye de retrouver ses parents.
Arshavin passe son temps à couvrir les actions illégales de ses membres ; en échange, il finit par obliger Lorca et Sahar à porter un anneau panoptique.
Un groupe littéraire d'aveugles dirigés par Louise Christofol parvient à comprendre/dialoguer avec les furtifs : le Récif doit les infiltrer. Le « swykemg », l’écriture en mouvement et combinatoire des furtifs (à partir de l’alphabet latin ???) Les furtifs parlent, mais est-ce un jeu de pures sonorités, ou un travail sur le sens lui-même ? Échange de théories (plus ou moins fumeuses) sur les furtifs entre Louise Christofol et Saskia. Le glyphe dans la chambre de Tishka « ta? » peut recouvrir 8 lettres, des milliers de mots, des millions de combinaisons possibles. Tout le monde fait joujou avec mais ça ne donne rien. Mais ta = chat dans la langue de la fillette, est-ce une façon de se demander si elle est toujours leur fille, leur petit chat ?
Le philosophe Varech dans son château d’eau « de paysan » (parce que c'est sale, passons sur le terrifiant classisme de cette remarque p. 530), il fait de la philosophie oiseuse, mais il a une bibliothèque-furtif, un furtif hybridé avec une bibliothèque, on ne sait pas trop mais c'est impressionnant.
Lorca et Sahar vont dans la montagne, ils couchent ensemble et Trishka la furtive leur apparaît. C’est leur fille, hybridée, joueuse, joyeuse, dans le noir total parce qu’il ne faut pas la regarder sous peine de mort. Le RAID arrive, fuir, se cacher, fuir. Le Récif, la brigade militaire chasseuse de furtifs, est dissoute, la sécurité intérieure prend le relais et ça va pas rigoler.
La prise de l’île privée de Porquerolles. Le ministre de l’intérieur qui parle des furtifs comme d’une menace, Lorca, Sahar et Trishka sur liste noire, ennemis publics n°1. Les insurgés de Porquerolles se préparent à l’assaut de la police, à défendre l’île et la famille. Dans la violence de la bataille, Sahar regarde sa fille qui se céramifie.
Le ministre de l’intérieur, devenu président, veut l’éradication des furtifs.
Une sorte de cérémonie musicale au cours de laquelle Trishka ressuscite.
Une tentative de sauver les furtifs qui se transforme en traquenard, en massacre. Lorca meurt pendant la bataille.
Finalement les gens se mettent à avoir de la sympathie pour les furtifs, le président est destitué, des ZAD essaiment un peu partout et tout le monde a l'air content (il y a encore des batailles mais j'ai commencé à décrocher).
Un sénateur vient de mourir : il faut lui trouver un remplaçant, quelqu'un qui ne pose pas trop de question, qui puisse être manipulé facilement, bref qui ne se mette pas en travers de la route de Joseph Paine (Claude Rains), l'autre sénateur de l'État, à la solde de l'industriel Jim Taylor (Edward Arnold). Ils trouvent quelqu'un qui fera l'affaire : Jefferson Smith (James Stewart), un brave gars à la tête d'un mouvement scout. Mais évidemment, ça ne se passera pas comme prévu, et avec l'aide de son assistante Clarissa Saunders (Jean Arthur), Smith va s'opposer à la corruption.
C'est un grand classique du cinéma américain, que j'avais découvert étudiant en compagnie d'A.&A. C'est un bon film, même si son patriotisme un peu naïf et sa glorification du « bon sens » de l'homme ordinaire est un peu datée… Il y a un peu de cynisme, de l'humour qui adoucit le propos du film, il y a également une certaine tendresse (naïve) envers les enfants qui me rappelle un peu le cinéma de tonton Steven.
C'est bien filmé, avec soin et élégance ici ou là, sans être incroyable non plus ; sur certaines scènes des jumps cuts sont assez surprenants. Les acteurices sont évidemment très bien.
Ça commence en Algérie, avec Ali le grand-père, devenu riche par hasard, grâce à une presse à huile d’olive déposée par les flots. Il croit fermement que c'est juste le destin, mektoub. Il a fait la guerre 39-45 en France mais n’en parle pas ; il a eu plusieurs femmes, et enfin un premier fils, Hamid.
Puis c'est la guerre d’Algérie, et l'arrivée du FLN. Ali se méfie d’eux, de leur amateurisme et de leur violence : il choisit plutôt de discuter avec les militaires français. Quand les choses se corsent et que les affrontements s’intensifient, Ali comprend que ses jours sont comptés dans son village : il ne lui reste alors plus qu'à partir en France, ce pays si lointain dont il a la nationalité sans même en parler la langue.
Ce sont les bidonvilles du camp de Rivesaltes qui accueillent Ali et sa famille (sa femme Yema, les enfants Hamid, Dalila et Kader). Après quelques mois, ils sont installés au Logis d’Anne (près d'Aix-en-Provence), où Ali travaille à l’Office national des forêts – il est une des petites mains qui entretiennent les bois.
La famille est ensuite réinstallée, aux côtés d’autres Algérien·nes, dans une cité HLM à Flers, et c'est à l'usine qu'Ali est embauché – dans des conditions déplorables. Hamid, qui apprend vite de devient un bon élève, devient l'écrivain public, l'avocat, l’assistant de tous les adultes de la cité, qui ne savent pas lire le français.
En arrivant au lycée, Hamid (toujours excellent élève) commence à se politiser, dans l’effervescence qui suit Mai 68. Le fossé se creuse de plus en plus avec son père, incapable d’expliquer la suite d’événements qui l’ont forcé à quitter l’Algérie.
Le bac en poche, Hamid s'amuse avec ses amis Gilles et François ; il fait aussi face au racisme, ou à des Algériens qui accusent Hamid d'avoir un père traître à l’Algérie. Les trois amis passent un été à Paris, Hamid y rencontre Clarisse et s’installe avec elle.
Il a honte de son histoire et a peur qu’elle le juge ; cette « guerre du silence » dure sans doute trop longtemps mais elle prend fin. Hamid rencontre les parents de Clarisse (des bourgeois de province mal à l’aise face à leur beau-fils, qui le cachent en ne parlant que de la pluie et du beau temps) ; Clarisse rencontre les parents d’Hamid (la barrière de la langue, la réconciliation tacite avec le père d’Hamid).
Clarisse et Hamid ont quatre filles : Myriem, Pauline, Naïma et Aglaé.
Naïma travaille dans une galerie d’art contemporain. Christophe, le galeriste/amant, lui propose de s’occuper de la rétrospective de Lalla, un peintre et dessinateur algérien, de la génération d’Ali. Sévèrement malade, Lalla raconte ses années algériennes à Naïma, qui se rend compte qu’elle ne connaît rien de ce pays, et constate que son père Hamid reste silencieux sur ses souvenirs.
Elle doit traverser la Méditerranée pour récupérer des originaux, et ce voyage algérien ne pourra pas être seulement professionnel. Elle y rencontre des hommes accueillants, se retrouve un peu perdue dans ce pays d'où elle vient sans le connaître. On lui propose d’aller voir le village de son grand-père, perdu dans la montagne, « aux mains des barbus »… Naïma est à la fois en terrain familier et étrangère à ces gens de sa famille qu’elle rencontre.
À son retour en France elle est au centre de l'attention de sa famille : c'est probablement la première à être retournée en Algérie ! Sa grand-mère Yema aimerait y retourner, mais elle n'y connaît plus personne : « je ne voudrais pas rentrer chez moi et dormir à l’hôtel ». Ça se termine par l’exposition des œuvres de Lalla.
* * *
Cette vaste fresque sur l'Algérie, sur les Harkis et les générations qui suivent est très belle. On y devine une belle part d'autobiographie ; le roman a l'avantage de combler les vides laissées par l'histoire familiale. L'écriture est subtile et efficace, sans effets inutiles, d'une grande finesse dans le travail sur les personnages.
J'ai l’impression de m'être un peu documenté sur l’Algérie et son histoire coloniale, et pourtant rien de tout ce savoir n’arrive à la hauteur de ce roman pour me faire comprendre cette histoire – je suis par ailleurs bien conscient que ce livre n’est pas un cours, et qu'il est par définition plein de vides. Mais passer autant de temps avec ces personnages m'en offre une expérience sensible (les oliviers et les montagnes algériennes, la boue des camps, l'impossible silence dans lequel les harkis se murent…) qui me restera sans doute longtemps en mémoire.
Figurez-vous que je n'avais JAMAIS vu La Grande vadrouille. Oui, je sais, c'est incroyable, je ne suis pas un bon français, que voulez-vous.
Je fais quand même un bref résumé pour mon moi du futur : trois parachutistes britanniques sont forcés d'atterrir sur Paris occupée par les Nazis. Ils vont essayer de se retrouver les uns les autres, puis de passer en zone libre. Sur leur chemin, ils rencontrent Augustin Bouvet, peintre en bâtiment (Bourvil), le chef d'orchestre Stanislas Lefort (Louis de Funès) et la jeune et jolie Juliette (Marie Dubois).
Le film contient les éléments de base de la comédie française de l'époque : des quiproquos à foison ; un duo que tout oppose (principe que reprendra Veber ici ou là) ; des rebondissements à n'en plus finir ; des séquence de drague un peu gênantes mais somme toute très prudes. Malgré quelques longueurs, je me suis bien amusé ; c'est pas toujours très surprenant mais dans l'ensemble plutôt bien écrit, les scènes d'action/aventure sont bien fichues, les ressorts comiques marchent plutôt bien.
Est-ce que c'est le meilleur film de l'histoire du Cinéma français ? probablement pas, mais c'est un bon film, représentatif de son époque sans avoir trop mal vieilli.
Le principal problème de ce film est qu'il est trop long ; et il est trop long parce qu'il y a deux films dans Oppenheimer.
Le premier raconte la carrière du physicien américain : ses années d'études en Europe où il rencontre tous les grands noms de la physique quantique (Ernest Rutherford, Paul Dirac, Max Born, Werner Heisenberg…) ; ses premières années en tant que chercheur aux États-Unis… jusqu'au projet Manhattan, et à la folle (et effrayante) aventure de l'invention de la bombe atomique.
Le deuxième film se penche sur l'audition aux allures de procès d'Oppenheimer1 : en gros, dans les années 1950, alors que le maccarthysme rend tout le monde fou, on accuse le physicien d'être un communiste et de ne plus être digne de diriger des recherches aux nom des États-Unis ; derrière tout ça on peut aussi lire la jalousie (peur ?) de certains face à l'influence politique qu'Oppenheimer a acquis sur les sujets scientifiques et militaires.
Les deux films peuvent avoir leur intérêt, mais c'est compliqué de raconter le procès sans raconter la bombe : Nolan choisit donc de tout raconter.
J'ai honnêtement bien aimé le premier film sur la carrière d'Oppenheimer, malgré ses quelques longueurs (évidemment) ici ou là. Mais c'est un biopic finalement assez classique, et j'imagine que Nolan cherchait à aller plus loin, d'où l'idée de centrer le film sur le procès/audition, qui enchâsse le film, et qui ponctue le récit ici ou là – il y a d'ailleurs des effets de retournement de situation un peu merdiques. Mais au lieu de rendre l'ensemble plus riche et intéressant, ça l'alourdit, et le complique avec une tonne de personnages dans lesquels on se perd – la chronologie n'est par ailleurs pas toujours simple à suivre.
Passé ça, les acteurs sont très bien (c'est clairement un film de mecs), la mise en scène et la composition des plans très belle. La musique est par contre pas intéressante et BEAUCOUP TROP omniprésente, appuyant par sa longueur le fait que certaines scènes n'en finissent pas de s'éterniser.
1. Ce n'est pas réellement un procès, puisque personne n'est condamné, et qu'il s'agit juste de savoir si les habilitations d'Oppenheimer peuvent être reconduites (c'est d'ailleurs une précision importante dans le déroulé) ; mais ça ressemble quand même vachement à un procès (à charge, bien sûr).