Publié le 31 Mars 2025

Anders arrive à la fin de sa cure de désintoxication. Il passe la journée à Oslo pour passer un entretien d'embauche, et en profite pour revoir ses vieux amis.

Je n'arrive pas à comprendre comment travaille Joachim Trier : par moments c'est filmé avec le cul, en caméra au poing mal foutue ; et parfois il filme avec sensualité les personnages, et fait même quelques travellings d'une grande élégance… Je ne vois pas de cohérence dans tout ça, et j'ai passé une partie du film à ronchonner, une autre à me dire que c'était bien fichu – au milieu de tout ça un gros bloc ni bien ni mal.
Le récit est beau mais triste, plein d'une mélancolie tragique. Mais je crois que je suis resté un peu dehors, sans être vraiment ému, sauf à la fin ; sans savoir ce qu'il m'en restera dans quelques semaines – surtout que je me suis rendu compte en cours de route que j'avais déjà vu ce film, et que je l'avais totalement oublié.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma

Publié le 26 Mars 2025

Dans un futur indéterminé, des explorateurs polaires découvrent sous la calotte polaire l'impossible : les restes d'une cité datant de plus de 900 000 ans ! L'exploration détruit en partie les vestiges de ce monde englouti (oui c'est de l'archéologie à la dynamite plutôt qu'au pinceau), mais on découvre intact une sorte d'immense œuf ou graine en or. En perçant dedans, on trouve deux humains, un homme et une femme, tous deux plongés au zéro absolu – se pourrait-il qu'iels soient dans une forme d'hibernation, et donc encore en vie ?
Eh bien il semble que oui, et qu'Éléa soit en pleine forme après ce sommeil de presque 1 million d'années (!) Quelques jours encore pour réussir à traduire ses paroles, et toute l'humanité est prête à écouter son récit.

Mon résumé couvre la première moitié du livre, et je trouve que c'est la partie la plus intéressante. Même si les méthodes de travail des scientifiques sont particulièrement bourrines, cette exploration et le mystère qui se dévoile petit à petit est passionnant à suivre.
La suite du roman est principalement constitué des évènements qui ont conduit à la chute de Gondawa, le pays d'Éléa – en gros, pan pan la guerre boum boum ça explose tout – et aussi les conflits dans le présent du roman – parce que les impressionnantes technologies de Gondawa attirent les convoitises du monde entier. Et j'avoue avoir un peu décroché : peut-être que ces histoires de guerre et de bagarres ne me passionnent pas, peut-être que c'est un peu trop long. Même si Barjavel s'en sort bien dans la technique d'écriture de cette partie, on perd le merveilleux et l'éblouissement du début. Il y a tout de même des choses intéressantes dans la description de l'utopie que représente – l'égalité quasiment parfaite, la quasi-absence d'argent… – ainsi que dans ces défauts – c'est aussi un totalitarisme panoptique.
C'est dommage que le roman soit aussi rempli de remarques sexistes et racistes – en particulier sexistes, quasiment toute les apparitions des (rares) personnages féminins sont accompagnées d'un commentaire sur leur physique… Je n'ai pas souvenir d'avoir trouvé ce défaut dans Ravages.

Voir les commentaires

Publié le 17 Mars 2025

Pierre (Swann Arlaud) est un petit paysan qui gère un troupeau d'une trentaine de vaches laitières. Il a très peur de la maladie dont tout le monde parle en ce moment, une fièvre hémorragique très contagieuse, qui conduit à tuer des troupeaux entiers. Alors quand une de ses vaches présente tous les symptômes, il décide de se débarrasser de l'animal lui-même – passant outre les avertissements de sa sœur vétérinaire (Sara Giraudeau).

Hubert Charuel a grandi dans une ferme, qui fait office de décor à son film ; son père, sa mère et son grand-père figurent dans le film : on devine une vraie connaissance du milieu agricole, et un désir de rendre au plus juste le quotidien d'un paysan, son rythme de vie, ses angoisses. Swann Arlaud, qui est présent dans quasiment tous les plans, porte formidablement le récit, les vaches sont elles aussi très bien, la réalisation est sobre mais maitrisée, c'est un très bon premier film.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #France

Publié le 14 Mars 2025

Les cousins que tout oppose David et Benji (Jesse Eisenberg et Kieran Culkin) partent en Pologne sur les trace de leur grand-mère juive, qui a fui son pays natal après la Seconde guerre mondiale.

Les deux personnages principaux et leurs interactions pleines d'amour/haine sont intéressants : Jesse Eisenberg dans son rôle d'introverti ; Kieran Culkin incarne un personnage plus solaire, charismatique, que tout le monde adore, et en même temps maladroit voire malaisant, et manquant singulièrement d'empathie.
Le film reste un peu trop à distance pour être émouvant – ce qui est pas mal pour un film qui parle entre autre des rescapés de la Shoah. Mais c'est ce duo qui intéresse Jesse Eisenberg, et finalement la Pologne, l'histoire juive, le génocide, ne sont qu'un décor. C'est film agréable à regarder, mais je ne suis pas sûr qu'il m'en reste quoi que ce soit dans un mois.

Voir les commentaires

Publié le 12 Mars 2025

Tiphaine et Gauthier ont déjà une fille, qui comme quasiment tous les (rares) enfants qui naissent en Europe, est une « fragile » : elle est victime d'une défaillance du chromosome X qui provoque un retard de développement physique et mental, et une certaine émotivité qui peut pousser jusqu'à l'agressivité. Cela n'empêche pas Tiphaine d'aimer profondément sa Madeleine, même si elle ne la voit finalement qu'assez peu depuis l'a emmenée dans un centre éducatif pour Fragiles.
Mais aujourd'hui Tiphaine a la chance d'être sélectionnée pour participer au Programme, qui permet à un échantillon de femmes d'avoir des enfants « sains », avec l'aide de techniques ultra-modernes. C'est une bonne nouvelle, probablement ? Elle a du mal à se projeter dans cette grossesse, et les relation avec Gauthier se tendent de plus en plus… Les choses ne s'arrangent pas à la naissance de Nolan, qui semble lui jeter des regards hostiles, et paraît anormalement précoce…

Il est inévitable de penser à La Servante écarlate de Margaret Atwood (j'avoue ne pas l'avoir lu, j'ai juste vu les premières saisons de la série) : dans les deux cas on trouve une société totalitaire, un État qui cherche à maitriser les naissances et le corps des femmes – beaucoup moins violemment dans Fragile/s. Il y a aussi beaucoup de différences ; mais une fois qu'on a dit ça, on n'a finalement pas dit grand-chose du livre de Nicolas Martin, ancien brillant animateur de la Méthode scientifique sur France Culture.
C'est un livre très riche, avec de nombreuses couches qu'il faudrait prendre le temps de déplier. L'écriture est très soignée, et utilise plusieurs modes de récit (narrateur omniscient, journal intime, retranscription d'un enregistrement audio…), qui à chaque fois relance le récit d'une nouvelle manière. Les personnages sont incarnés, le récit est prenant, par moments un peu flippant, c'est souvent émouvant, c'est malin et vertigineux. Bref, c'était super !

Voir les commentaires

Publié le 2 Mars 2025

Issu d'un viol d'un marin anglais sur une Africaine destinée à l'esclavage en Amérique, Tituba nait au XVIIe siècle à la Barbade. À la mort de sa mère, elle apprend auprès d'une grand-mère adoptive à soigner et à pratiquer une douce magie. Par amour, elle se met au service d'une femme haineuse ; à la mort de cette dernière elle est rachetée par un pasteur encore plus horrible qui lui fait traverser l'océan pour aller s'installer sur le continent, dans une campagne sombre et inhospitalière. C'est là, à proximité de Salem, qu'on l'accuse d'être une sorcière, elle, Tituba, qui ne sait pas faire du mal.

Marise Condé s'inspire de la « confession » qu'une certaine Tituba à donnée lors des fameux procès des « Sorcières de Salem ». On ne sait quasiment rien d'elle ; une Noire, une esclave, qui se serait soucié de consigner sa vie, ses aspiration, ses origines ? M. Condé lui offre un destin, une vie tragique et belle, et surtout une voix (le roman est écrit à la première personne). C'est un très beau roman, emprunt de la tragédie de l'esclavage, mais pourtant plein de vie et d'énergie.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #littérature, #France

Publié le 22 Février 2025

Tout le monde connait l'histoire de Truman, le héro involontaire d'une télé-réalité.

Et c'est toujours aussi bien presque 30 ans après. C'est malin, bien vu, très bien écrit, savamment construit, cynique et un peu claustro.

Voir les commentaires

Rédigé par Vincent Sorel

Publié dans #cinéma, #États-Unis